lundi 23 février 2009

Wildlife de Richard Leakey


Note: 9/10
Pour ceux qui aiment: Gorilles dans la Brume de Diane Fossey mais en plus politique

Wildlife, Mon combat pour sauver les trésors naturels en Afrique est l'autobiographie de l'homme extraordinaire qu'est Richard Leakey. Je ne résiste par à vous en faire un résumé mais pour ceux qui préfèrent avoir la surprise, sautez le prochain paragraphe.

Kenyan blanc, Richard Leakey est le fils des paléontologues reconnus Louis et Mary Leakey. Il a lui-même fait d'importantes découvertes dans ce domaine, en particulier lors de ses recherches, dans les années 70, près du lac Turkana au Kenya, où il découvrit un Homo habilis et un Homo erectus. Il a publié de nombreux livres sur ce sujet.
En 1989, il est nommé par le Président kenyan Daniel arap Moi à la tête du département de la faune sauvage qu'il réformera complètement et qui deviendra le Kenyan Wildlife Service. On doit à M. Leakey la formation de troupes de rangers armées et organisées de manière militaire afin de lutter contre le braconnage des éléphants et des rhinocéros. Il faut savoir que dans les années 80, la situation était dramatique, la population des éléphants avaient chuté et l'espèce était menacée. Des touristes avaient également été tués par des bandes armées probablement somaliennes dans le parc Tsavo. Richard Leakey a lutté pendant plusieurs années et heureusement avec succès, contre ce phénomène. Il commença par brûler 12 tonnes d'ivoire (valant plusieurs millions) puis il défendra l'interdiction du commerce de l'ivoire par CITIES. (Je profite ici pour rappeler que cette interdiction est aujourd'hui remise en question par les pays du sud de l'Afrique, le Zimbabwe en tête).
Son engagement et son opposition à la conservation basée sur les communautés lui attireront de nombreux ennemis et il finira par être accusé de corruption, sera écarté du KWS et remplacé par son "ennemi idéologique" David Western. Il sera également victime d'un étrange accident d'avion dans lequel il perdra ses deux jambes. Il est aujourd'hui l'un des membres fondateurs du parti d'opposition Safina.

Ce livre n'est bien sûr pas de la grande littérature mais il est passionnant. Pour tous ceux qui partent en safari au Kenya pour admirer les nombreux éléphants dans le Parc National de Tsavo, ce livre est indispensable pour comprendre que tout ça est aujourd'hui possible grâce au combat de Richard Leakey.

Figure légendaire de la défense de l'environnement et de la protection des espèces en voie de disparition, l'anthropologue Richard Leakey raconte sa bataille contre l'extermination des éléphants en Afrique. Pendant plus de dix ans à la tête de « Wildlife », organisation pour la sauvegarde de la vie sauvage, chargé de la gestion des réserves naturelles kényanes, il s'est opposé, par tous les moyens, aux braconniers sans scrupules qui alimentent le trafic de l'ivoire. Impliqué corps et âme dans cette bataille au point d'avoir frôlé la mort, Richard Leakey n'a rien perdu de son opiniâtreté : ce témoignage passionné nous le prouve et nous rappelle qu'il est urgent de défendre l'avenir écologique de la planète face à la seule logique de l'argent.

Wildlife, Mon combat pour sauver les trésors naturels de l'Afrique, Richard Leakey, ed. Albin Michel, 2002, 300p

lundi 16 février 2009

The End of Poverty par Jeffrey Sachs


NOTE: 6/10

Jeffrey Sachs est un économiste reconnu, Directeur de l'Earth Institute de l'Université de Columbia, conseiller de Kofi Annan sur les questions de développement et un des initiateurs des Millenium Development Goals. Il a également conseillé les gouvernements de plusieurs économies en transition, auprès desquels il prônait une « shock therapy » pour endiguer l’inflation galopante et libéraliser le marché. Il a été élu plusieurs fois parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde par le Times Magazine.
J’ai lu The End of Poverty il y a déjà quelques temps, après avoir suivi une conférence de Jeffrey Sachs sur la possibilité d’une Révolution verte en Afrique. Son ton et son énergie, inhabituels dans ce genre de conférence, m’avaient plu et j’avais finalement décidé de lever mes réticences pour son livre. Il faut dire qu’après avoir vu la moitié des stars d’Hollywood se balader avec The End of Poverty sous le bras durant le concert Live Aid, et SURTOUT à cause de la préface de Bono (un économiste reconnu, comme tout le monde le sait) j’avais émis de profonds doutes sur le sérieux de ce livre.
Quand est-il donc ??? The End of Poverty décrit le plan de Jeffrey Sachs pour éradiquer l'extrême pauvreté (personnes vivant avec moins d'1$ par jour) d'ici à 2025. Au fil des chapitres, l'auteur nous explique que les pays les moins développés sont bloqués dans une trappe à la pauvreté et qu'il suffirait d'augmenter l'aide au développement pour qu'ils atteignent le premier échelon de ce qu'il appelle "l'échelle du développement économique". Pour ce faire, il recommande donc, entre autres, que les états respectent leur engagement à fournir 0,7% de leur PNB à l'aide au développement. Jeffrey Sachs fait également le point sur les désavantages géographiques et climatiques des pays les moins développés ainsi que sur l’influence de maladies telles que le SIDA ou la malaria.
J’ai lu avec attention le chapitre sur l’encouragement à l’agriculture par la distribution de graines et d’engrais, une idée qui prend de plus en plus de sens actuellement avec la crise mondiale des denrées alimentaires. Le récit de ses expériences en Bolivie, Pologne ou Russie est également plein d'enseignements et ses critiques sur la Banque Mondiale et le FMI sont plus que pertinentes. Cependant, d'autres idées sont totalement loufoques à mon sens, en particulier l'idée simpliste de prendre l'argent aux riches pour donner aux pauvres, digne d'un Robin des Bois. La naïveté et la simplicité avec lesquelles certaines théories sont exposées m'ont également énervé mais je pense que là était son but: faire un livre économique accessible par un large public. La préface de Bono est bien là pour nous le rappeler.
En conclusion, je conseillerais ce livre à toutes les personnes intéressées par les problèmes de développement sans avoir de grandes bases économiques. Pour ceux qui ont déjà des connaissances en économie du développement, The End of Poverty reste intéressant mais peut irriter par son ton "D'économie pour les Nuls". Une dernière précision, je crois que ce livre n'est malheureusement pas encore traduit en français mais il est disponible en anglais et en allemand.

The End of Poverty, Jeffrey Sachs, ed. Penguin, 2005

vendredi 13 février 2009

Quelle famille! de Tom Sharpe

Note: 1/10
Pour ceux qui aiment: l'humour british, style absurde

"Quelle Famille" de Tom Sharpe est loin d'être un coup de coeur. J'ai d'ailleurs vraiment dû me forcer pour arriver au bout de ce livre, mais comme je déteste abondonner un livre... J'ai trouvé ce livre ennuyeux, vraiment pas drôle et même vulgaire. Cette histoire de nains, de femme obèse, mais où l'auteur veut-il en venir? Peut être que les fans du genre pourront m'expliquer...
Allez, un aspect positif de ce livre: il m'a confirmé que je n'ai pas un sens de l'humour à l'anglaise. N'étant pas fan des Monty Python, j'aurais dû me méfier. Je saurai pour la prochaine fois.

Il est d'une méchanceté inouïe et déteste la terre entière à commencer par sa propre famille! Quel motif haineux peut donc bien pousser Lord Putrefact, l'un des plus riches industriels d'Angleterre et l'un des plus originaux, à inviter en sa demeure le jeune et virulent professeur Walden Yapp, connu pour ses opinions extrémistes?On retrouvera dans ce scénario désopilant ce concentré d'Angleterre farfelue, modèle de ces productions type Monty Python que nous envions tant à nos voisins d'outre-Manche et dont Tom Sharpe s'est fait le plus valeureux des hérauts.
Quelle Famille, Tom Sharpe, Ed. 10/18, 2001