jeudi 28 mai 2009

Le Petit Grumeau illustré de Nathalie Jomard


NOTE: 8/10
Pour ceux qui aiment: Pénélope Bagieu, ce livre étant une sorte de "Joséphine enceinte"

En début de semaine, j'ai découvert sur le blog de Lou ce petit livre qui vient tout juste d'être publié. Hier, en visite chez le libraire, je n'ai pas pu résister à le feuilleter, l'air de rien tout d'abord, puis à carrément m'asseoir pour le lire (j'avais un peu de temps à tuer, et quoi de mieux que de s'occuper les zygomatiques, plutôt que d'acheter une 20ème jupe que je ne porte jamais chez H&M, hein?). Bref, au final, je n'ai pas résisté et j'ai acheté Le Petit Grumeau illustré pour ma soeur, fière "propriétaire" d'un grumeau depuis bientôt deux ans. J'espère juste qu'elle ne visite pas trop souvent ce blog, pour ne pas gâcher la surprise, mais je ne pouvais pas résister à vous parler de ce livre.

Le Petit Grumeau illustré relate, en dessin, les joies et désespoirs de la maternité, le grumeau désignant le bébé, le marmot, le boutchou etc. Nathalie Jomard, illustratrice et jeune maman d'une grumette, a puisé dans son expérience pour nous livrer des dessins savoureux sur son blog, dessins récoltés et complétés ensuite pour former ce petit recueil.

J'ai plongé avec un grand plaisir dans l'univers grumeautique de Nathalie Jomard. Et ce n'était pourtant pas gagné d'avance, car les grumeaux et moi, ce n'est pas une grande histoire d'amour. Mais en tante pas (trop) indigne, j'ai bien observé le spécimen grumeau de la famille, et de nombreuses planches de Nathalie Jomard m'ont faite sourire. En plus d'un humour qu'on sent emprunt de situations vécues, Nathalie Jomard a également un excellent coup de patte et ses dessins sont vraiment agréables. Propriétaire d'un chat traumatisé par neveu-grumeau, j'ai tout particulièrement aimé les Pitoyables mésaventures de Chat-Bouboule à Grumoland.

En conclusion, un cadeau idéal pour toutes les futures et actuelles grumeautisées, mais qui convient également très bien aux papas et aux grumeauphobes (j'en suis bien la preuve).

Pour prolonger le plaisir, vous pouvez faire un tour sur le blog de l'auteur.

JOMARD Nathalie, Le Petit Grumeau illustré, ed. Michel Lafon, 2009

lundi 25 mai 2009

Petit phénomème en librairie: Guérisseurs de Magali Jenny


Voilà déjà plusieurs mois que ce livre m'intrigue et que je suis avec attention son incroyable succès dans les librairies suisses. Je précise que je n'ai pas acheté ce livre, pour diverses raisons, et je ne peux donc pas vous faire part de ma critique, mais j'aimerais vous faire partager ce petit clin d'oeil, made in Switzerland.

Les guérisseurs, rebouteux et faiseurs de secret ont une place importante dans la tradition de la Suisse romande. Correspondent à cette appellation des personnes qui ont un don ou qui exercent une certaine forme de médecine traditionnelle, telle que le magnétisme. Une large palette de maladies et blessures peuvent être traitées et chaque guérisseur a sa spécialité. Parmi les plus répandues, on trouve le traitement des angoisses, des entorses, des brûlures, des verrues ou encore la prévention des hémorragies durant les opérations. Les techniques sont également très différentes: certains rebouteux "guérissent" par le toucher, d'autres en établissant un lien à travers une photo, ou encore par téléphone. Je sais que ces croyances peuvent paraître totalement dépassées mais en Suisse romande, beaucoup de gens font appel à ces personnes, et certains guérisseurs sont même contactés par les hôpitaux.

Quant est-il du livre de Magali Jenny? En fait, Magali Jenny a étudié le phénomène pour son mémoire de fin d'études en ethnologie. Les éditions Favre ont ensuite flairé le bon filon et lui ont proposé de remanier son étude pour la rendre accessible au grand public et d'y ajouter une liste de plus de 230 rebouteux de Suisse, avec adresses et spécialités. Depuis lors, le succès est phénoménal. Le livre est sorti en novembre et dès janvier, plus de 20'000 copies avaient trouvé preneurs, un chiffre exceptionnel pour le petit marché de la Suisse romande. Selon le directeur de Payot, Pascal Vandenberghe, interviewé par le Matin, ceci correspondrait à un tirage de 800 000 exemplaires en France. Pour comparaison, le dernier livre de Jacques Chessex, Un juif pour l'exemple, se vend à environ 10'000 copies et est considéré comme un succès en librairie. Le livre de Magali Jenny en est déjà à sa 4ème édition et, à mon avis, le cap des 30'000 doit être maintenant largement franchi. Il semblerait que la liste des rebouteux constitue l'attrait principal pour les acheteurs. Cependant, plusieurs personnes, surtout dans les milieux académiques, affirment qu'avoir accepté d'ajouter cette liste à la fin de son étude ethnologique, dans un but commercial, décrédibilise Magali Jenny pour ses futures recherches.

Pour ma part, je trouve le sujet d'analyse vraiment passionnant. N'aimant pas tellement tout ce qui est ésotérique et non-scientifique, je peine à croire aux réels dons de ces guérisseurs. Cependant, ma mère y a eu recours pour me soigner d'une grave brûlure lorsque que j'étais enfant, et force est de constater que ça avait marché. Du coup, je suis intriguée par le sujet et je pencherais plus pour l'étude originale de Magali Jenny. Quant à la liste, il est vrai que l'aspect commercial et publicité pour les rebouteux me gêne, surtout en sachant que de nombreux guérisseurs ne demandent pas à être rétribués pour leurs services (mais acceptent les dons, évidemment). Cette liste répond cependant, au vue du succès du livre, à une réelle demande.

Voilà, je serais curieuse de connaître votre avis sur ce livre. Pour ma part, je reconnais en tous cas à Magali Jenny, le mérite d'avoir mis en lumière une intrigante tradition romande...

Un autre article tiré de 24 heures sur le sujet.

JENNY Magali, Guérisseurs: rebouteux et faiseurs de secret en Suisse romande, ed. Favre, 2008, 228p.

mardi 19 mai 2009

La Fille Perdue de D.H. Lawrence


NOTE: 5/10
Pour ceux qui aiment: D.H. Lawrence. Je sais, ce n'est pas vraiment original mais je crois que cet auteur a un style bien à lui et qu'on adhère ou pas.

La Fille Perdue raconte l'histoire d'une jeune fille de bonne famille anglaise, Alvina, au début du 20ème siècle. Habitant la ville minière de Woodhouse, elle est soumise à toutes sortes de conventions, qui lui sont dictées par la morale et par son statut social. Elle va cependant s'affranchir des attentes qui pèsent sur elle et de ce milieu qui la destine à n'être qu'une charmante épouse, et va délaisser (on pourrait même dire échapper à) trois fiancés respectables, pour s'enfuir avec un saltimbanque italien, Ciccio. Eperdument amoureuse de ce dernier, au delà de toute raison, elle le suit en Italie, dans son petit village des Abruzzes et se "perd" physiquement et moralement.

Je suis totalement partagée sur ce livre. Pour commencer avec les notes positives, j'ai beaucoup aimé le thème de l'affranchissement de cette femme, qui fait ses propres choix, contre l'avis de sa famille et de toute la société, pour fuir un destin pré-déterminé. La Fille Perdue est dans ce sens une ode à la liberté de penser. La critique de la société anglaise du début de siècle est également savoureuse: sur ce point, j'ai beaucoup aimé la première partie du livre sur le père d'Alvina, un tailleur qui propose des vêtements trop anti-conformistes pour les habitants de Woodhouse. J'ai également lu avec beaucoup d'intérêt les passages sur le début du cinéma et les autres entreprises du père d'Alvina. Cependant, j'ai trouvé les chapitres qui traitent des Natcha-kee-Tawara, la troupe d'artistes dont Ciccio fait partie, ennuyeux et terriblement longs. Heureusement, le livre se rattrape sur la fin, avec le départ d'Alvina et de Ciccio pour l'Italie, à la veille de la Première Guerre mondiale. Ces quelques derniers chapitres sont vraiment excellents et on sent que les descriptions de cette Italie pré-industrielle sont directement inspirées du séjour de l'auteur dans ce même village des Abruzzes. Le style de D.H. Lawrence devient plus lyrique, avec beaucoup de descriptions de paysages, de fleurs, opposées au caractère un peu rustre des Italiens. Cette partie italienne est malheureusement trop courte à mon goût et arrive bien tard dans l'histoire.

Vous allez me dire, pourquoi une note de 5/10 alors? Pour deux raisons principales. La première, et pas des moindres, est que j'ai trouvé l'histoire peu vraisemblable. D.H. Lawrence fait une sorte d'éloge à l'amour charnel. Cependant, le personnage de Ciccio m'a donné l'impression d'être un idiot, inculte et un peu sauvage, qui refuse de discuter sérieusement avec Alvina et dont la conversation est plus que limitée. Alors oui, je suis peut être trop "conventionnelle", mais l'amour charnel, ça va un moment. Je doute qu'une héroine telle qu'Alvina puisse se contenter d'un Ciccio. Quant aux autres amourettes d'Alvina, j'ai vraiment senti que le livre était écrit par un homme, et les sentiments et impressions semblent juste décalés, irréalistes et improbables, au contraire d'un livre de Jane Austen par exemple. Au final, je n'ai pas vraiment vibré avec les personnages.
Le deuxième point gênant de ce livre est tout simplement le style de D.H. Lawrence. Et là, je sais que cet auteur est un monument de la littérature anglaise, mais j'ai trouvé son style trop répétitif. Des comparaisons et des descriptions entières, répétées dans la même page, cassent vraiment le rythme du livre, qui pourrait facilement être raccourci d'une centaine de page. Ok, là j'exagère un peu mais bon... De plus, je déteste l'emploi des "mais" en début de phrase, à moins que ce ne soit un effet donné par le traducteur. Sur ce point, j'accorde donc à D.H. Lawrence le bénéfice du doute.

Au final, La Fille Perdue est un bon livre, sans plus, que je ne re-lirai sans doute pas, et qui ne m'a pas vraiment donné envie de découvrir d'autres romans de l'auteur tels que L'Amant de Lady Chatterley. Cependant, la partie sur l'Italie m'ayant vraiment plue, je me tournerai plus volontiers vers ses récits de voyages sur l'Italie, tels que Twilight in Italy ou Sea and Sardinia.

Alvina, une jeune fille de bonne famille désargentée, découvre l'amour entre les bras d'un Italien, beau mais un peu fruste. Au mépris de toutes les conventions, elle le suit dans son pays. Perdue pour la morale, perdue dans un monde primitif dont elle n'a pas les clés, Alvina se découvre elle-même. Peinture au vitriol de la société de province, fresque historique de l'Angleterre et de l'Italie au seuil de la Première Guerre mondiale, hymne à l'amour charnel et à l'instinct vital : trois motifs qui s'entremêlent ici dans un récit vigoureux, d'une fraîcheur déconcertante. Par l'auteur de L'Amant de Lady Chatterley.

Un avis plus enthousiaste chez Armande.

Je remercie BOB et les éditions Livre de Poche pour cet envoi, qui m'a permis d'enfin découvrir cet auteur.


LAWRENCE D.H., La Fille Perdue, ed. Livre de Poche (LGF), 2007, 537 p.
LAWRENCE D.H., The Lost Girl, Cambridge Edition, 1981 (texte de base pour la traduction)

jeudi 7 mai 2009

Les Arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann


NOTE: 9/10
Pour ceux qui aiment: This thing of Darkness de Harry Thompson, un roman sur l'expédition de Darwin, publié presque en même temps que le livre de Kehlmann.

Je sais ce que vous êtes en train de vous dire: un livre sur la vie d'un explorateur-géographe et d'un mathématicien allemands du XIXème siècle, très peu pour moi. Mais j'espère pouvoir vous faire changer d'avis avec ce billet.

Les Arpenteurs du monde relate bien la vie de deux génies allemands, Alexander von Humboldt et Carl Friedrich Gauss. Le premier, considéré comme un père fondateur de la géographie physique, est principalement connu pour son voyage en Amérique du Sud, durant lequel il fit d'importantes découvertes, notamment l'existence du canal naturel entre l'Orénoque et l'Amazone, et dont il ramena de nouvelles espèces végétales, animales et minérales. Le deuxième, surnommé le "Prince des Mathématiques", élabora de nombreuses théories sur les probabilités et la compréhension des nombres, et apporta beaucoup à l'astronomie. Le titre fait référence à une de leur activité commune: l'arpentage ou la mesure d'un terrain, une activité qui demandait beaucoup de patience et de connaissances à l'époque où les satellites n'existaient pas.
Les Arpenteurs du monde n'est cependant pas un livre d'histoire de la science, mais bien un roman d'aventures, de vie et de découvertes. Avec comme point de départ ces deux scientifiques contemporains, Daniel Kehlmann tisse, avec maestria, des liens entre leurs vies, jusqu'à une rencontre organisée à l'apogée de leur gloire. L'auteur réussit à nous transporter à cette époque, qui voit naître un vrai désir de comprendre le monde et où les sciences prennent de plus en plus d'importance. J'ai été enchantée par l'ambiance de ce XIXème siècle, qui découvre la montgolfière, le spiritisme, les phénomènes volcaniques ou encore de nouvelles planètes. Daniel Kehlmann parvient à rendre le milieu parfois austère de la science, accessible, passionnant et même sympathique, grâce à ses personnages attachants, que ce soit Humboldt, l'éternel célibataire (il était très probablement homosexuel) et Gauss qui se sent enfermé dans un monde trop lent et bête pour lui. Sur ce dernier point, je vous livre un petit passage que j'ai beaucoup aimé:"C'était étrange et injuste, dit Gauss, et une illustration parfaite du caractère lamentablement aléatoire de l'existence, que d'être né à une période donnée et d'y être rattaché, qu'on le veuille ou non. Cela donnait à l'homme un avantage incongru sur le passé et faisait de lui la risée de l'avenir. " p.9

J'espère avoir réussi à vous transmettre tout le plaisir que j'ai eu avec cette lecture. Je n'ai qu'un conseil, FONCEZ! En plus Les Arpenteurs du monde vient de sortir en Babel. Quant à moi, je vais me précipiter et acheter le nouveau livre de Kehlmann, Gloire, dont j'ai lu une très jolie critique chez A girl from earth.

L'un est le grand explorateur Alexander von Humboldt (1769-1859). Il quitte la vie bourgeoise, se fraye un chemin à travers la forêt vierge, rencontre des monstres marins et des cannibales, navigue sur l'Orénoque, goûte des poisons, compte les poux sur la tête des indigènes, rampe dans des cavités souterraines, gravit des volcans, et il n'aime pas les femmes. L'autre est Carl Friedrich Gauss (1777-1855), "Prince des Mathématiques" et astronome. Il saute de son lit de noces pour noter une formule, étudie la probabilité, découvre la fameuse courbe de répartition en cloche qui porte son nom, calcule l'orbite de la planète Cérès avec une exactitude effrayante, et il déteste voyager. Un jour, cependant, Humboldt réussit à faire venir Gauss à Berlin. Que se passe-t-il lorsque les orbites de deux grands esprits se rejoignent ? Deux fous de science - leur vie et leurs délires, leur génie et leurs faiblesses, leur exercice d'équilibre entre solitude et amour, ridicule et grandeur, échec et réussite - rendus tangibles grâce à l'humour et l'intelligence d'un jeune prodige de la littérature allemande.
Daniel Kehlmann vit à Vienne (Autriche). Après avoir passé son adolescence à lire Nabokov et Borges, il publie son premier roman à vingt-deux ans. Depuis, il a étudié la philosophie et la littérature puis écrit sept livres, dont le roman Moi et Karninski (Actes Sud, 2004). Lauréat d'une dizaine de récompenses, dont le prix Candide (2005), il a reçu, en 2006, le prestigieux prix Kleist. Les Arpenteurs du monde, le plus grand succès littéraire allemand depuis des décennies, sont en cours de traduction dans une trentaine de pays.

KEHLMANN Daniel, Les Arpenteurs du monde, ed. Actes Sud, 2006, 299p
KEHLMANN Daniel, Die Vermessung der Welt, ed. Rowohlt Reinbek, 2005, 304p

Pour avoir plus d'informations sur von Humboldt cliquez ici. Et pour ceux que le nom Humboldt titille des souvenirs de cours de géographie, il s'agit du courant marin de Humboldt, qui part de l'Antarctique et longe ensuite les côtes du Chili et du Pérou, ce qui vous empêche durant vos vacances de vous baigner dans le Pacifique ;-) Pour plus d'informations sur Gauss et pour comprendre un PEU plus ses apports aux mathématiques (et oui, on est pas tous des génies), c'est par ici.

vendredi 1 mai 2009

The Viceroy of Ouidah de Bruce Chatwin


NOTE: 8/10
Pour ceux qui: planifient un séjour au Bénin et tous les autres qui aimeraient se plonger dans l'ambiance si particulière de Ouidah

Lors de mon séjour en Afrique de l'Ouest, je suis passée par la charmante ville de Ouidah, au Bénin, capitale du Vodou. J'ai alors entendu parler d'un certain Francisco Felix da Souza, un marchand d'esclave brésilien, nommé Vice-Roi de Ouidah par le roi Ghézo, après avoir aidé ce dernier à prendre le pouvoir, et héros d'un livre de Bruce Chatwin. De retour à la maison, je me suis donc mise à la recherche de ce livre.

The Viceroy of Ouidah est donc l'histoire de Francisco Manoel da Silva, personnage directement inspiré de Francisco da Souza. A l'origine, Bruce Chatwin voulait écrire une biographie fidèle de ce personnage, mais le sujet avait déjà été traité de manière très précise par Pierre Verger. Il décida donc d'écrire une version courte et romancée de la vie si particulière de cet homme.
On découvre donc Dom Francisco de son enfance au Brésil, à sa mort, en passant par son arrivée au Bénin en tant que marchand d'esclave et son amitié avec le roi de Dahomey. Le récit débute, cependant, au XXème siècle, avec la réunion familiale annuelle de tous les descendants da Silva afin d'honorer leur ancêtre commun. Il faut dire que Francisco da Souza est connu pour avoir eu plus de 63 enfants et 1000 femmes et ses descendants se répartissent aujourd'hui dans tout l'Afrique de l'Ouest. Vous pouvez d'ailleurs jeter un coup d'oeil au site web de la famille.

Il est difficile de parler plus en détails de l'histoire sans en dévoiler tout le contenu. Je peux vous assurer, cependant, que le personnage de Dom Francisco vaut la peine d'être découvert. Le style de Bruce Chatwin est tout simplement magnifique, en particulier ses descriptions de personnages et de lieux, et le lecteur est vraiment plongé dans les différentes atmosphères, que ce soit Ouidah, le Brésil, le palais d'Abomey et ses têtes coupées par l'armée des Amazones ou la route des esclaves.
Si je devais trouver un défaut à ce livre, c'est peut être sa brièveté. 101 pages ne permettent pas à l'auteur de traiter toute l'étendue de cette histoire et certains événements auraient pu être beaucoup plus développés. En tournant la dernière page, j'ai ressenti le besoin d'en savoir plus sur l'original Dom Francisco, sur les rois d'Abomey et sur la traite des esclaves, histoire de démêler la fiction du réel. Un livre donc à découvrir, pour son sujet si étonnant et pour Bruce Chatwin qui mérite définitivement d'être mieux connu dans les pays francophones.

Fransisco Manoel da Silva, a poor Brazilian, sailed to the African Kingdom of Dahomey in the early 1800s, determined to make his fortune in the slave trade. Armed with nothing but an iron will, he became a man of substance in Ouidah, and friend to the mad, mercurial king. It was a relationship fraught with danger, an da Silva never made the triumphant return to Brazil of which he had dreamed. He did, however, found a remarkable dynasty; an enormous brood of mulatto children, all called da Silva, ensured that his name was still honoured by a highly miscellaneous clan over a century later, an outpost of Brazil in Africa...

CHATWIN Bruce, The Viceroy of Ouidah, ed. Vintage Classics, 1998, first published in 1980, 101p.
CHATWIN Bruce, Le Vice-Roi de Ouidah, ed. Grasset, 2003, 165p

Un film est également tiré de ce livre mais je ne l'ai pas encore vu. Il s'agit de Cobra Verde de Werner Herzog.