mardi 30 juin 2009

Emma's Luck de Claudia Schreiber


Note: 4/10
Pour ceux qui aiment: John Irving en mode agricole

Après la lecture passionnante mais pas vraiment reposante du Monde selon Monsanto, j'avais besoin de quelque chose de plus léger. On reste cependant dans le monde agricole avec ce roman de l'auteur allemande Claudia Schreiber, Emma's Luck.

L'histoire est celle d'Emma, une jeune femme un peu (c'est un euphémisme) bordélique, qui vit seule sur sa ferme et qui considère ses animaux comme son unique famille. Elle s'efforce donc, le moment venu, de leur offrir une mort sans douleur. Malheureusement, ce tableau bucolique est gâché par des problèmes financiers et la grande solitude d'Emma. Le jour où Max, un homme séduisant, s'écrase avec sa Ferrari et un sac rempli de dollars dans sa ferme, Emma est donc bien déterminée à garder ces deux cadeaux de la providence.

Emma's Luck est un livre déroutant. Le mélange des genres est vraiment poussé à l'extrême, avec des passages drôles ou absurdes, suivis de chapitres entiers sur le découpage et dépeçage d'un porc et des descriptions peu ragoûtantes. Claudia Schreiber passe également d'un romantisme presque niais, genre conte de fées, à des passages limite vulgaires. Emma's Luck en devient un livre impossible à classer, ce qui n'est pas en soi une mauvaise chose, mais tous ces mélanges m'ont vraiment embrouillée. J'ai également trouvé la fin trop prévisible.

Emma's Luck n'est donc pas un livre que je recommande, mais si vous tombez dessus avant un trajet en train, il reste divertissant. Quant à l'édition anglaise de John Murray, j'adore la couverture que je trouve très fun et le petit cochon, au début de chaque chapitre, qui grandit au fil du livre.

Emma lives alone in her big farmhouse. Her animals are her family: she talks to her chickens, lies down in the sty next to her pigs and loves her cows. But she also has to make a living. For Emma, this is a natural process. The best she can do is to give her pigs a short, sweet death - and she has developed her very own way of killing, most tenderly...

Apparemment un film allemand est tiré de ce livre. Il s'agit de Le Bonheur d'Emma de Sven Taddicken.

SCHREIBER Claudia, Emma's Luck, ed. John Murray, 2008, 214p
SCHREIBER Claudia, Emmas Glück, ed. Goldmann Wilhelm GmbH, 2005, 192p
SCHREIBER Claudia, Les amis d'Emma, ed. Pocket, 2006, 207p

mercredi 24 juin 2009

Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin


Note: 8/10
Pour ceux qui aiment: Le documentaire Nos enfants nous accuseront de Jeau-Paul Jaud

Lors du Festival du Film Vert de Suisse Romande, un film avait tout de suite attiré mon attention. Malheureusement, au dernier moment, j'avais dû renoncer à assister à la projection. L'Opération Masse Critique de Babelio m'a permis de me rattraper avec le documentaire écrit par la réalisatrice et je suis donc ravie de vous faire partager mes impressions sur Le monde selon Monsanto.

J'avais déjà entendu de nombreuses critiques concernant la firme Monsanto, visant en particulier sa production d'OGM et ses tentatives pour imposer des brevets sur des organismes vivants et des séquences génétiques, au détriment des communautés utilisant ces plantes depuis des nombreux siècles. J'étais cependant loin d'imaginer que la même firme pouvait également être responsable des "catastrophes chimiques" que représentent les PCB, la dioxine ou encore l'hormone de croissance bovine. Le monde selon Monsanto suit la progression historique de la firme à travers ses produits phares (et souvent toxiques).

Plusieurs points importants sont soulevés, tels que le phénomène des revolving doors aux USA (les personnes travaillant pour Monsanto et qui sont ensuite engagées par les agences fédérales, et vice-versa), le manque de tests scientifiques avant l'homologation des produits, la répression des whistleblowers (les personnes qui dénoncent les agissements de leur compagnie) et la corruption employée à des fins commerciales.

Les derniers chapitres sur les OGM et le brevetage du vivant sont absolument capitaux, en particulier à l'heure ou l'Europe et la Suisse doivent réexaminer le Moratorium imposé sur la culture des OGM. Je ne suis pas, à la base, contre la recherche sur les OGM, mais l'acceptation aveugle du principe d'équivalence en substance et la culture d'OGM, sans aucun recul sur leur impact à long terme, sont des pratiques vraiment angoissantes. L'impact des OGM sur la biodiversité représente également, à mon avis, un énorme danger pour l'humanité (n'ayant pas peur des mots). Quant au brevetage du vivant, c'est une pratique révoltante qui a un impact énorme pour les pays en développement. Comment une firme peut-elle déposer un brevet sur le riz basmati, pourtant récolté depuis des siècles en Asie??? Sur tous ces sujets, Le monde de Monsanto constitue une formidable source de renseignements.

L'étude de Marie-Monique Robin est extrêmement bien documentée et enrichie par de nombreuses interviews de chercheurs, d'agriculteurs, de victimes de pollution industrielle et d'hommes politiques. De nombreuses références, sources et notes permettent, à ceux qui le désir, de pousser plus loin la recherche sur les différents sujets. L'ensemble se lit bien et les explications sont claires.

Un tout petit bémol toutefois. Les accusations portées à Monsanto par Marie-Monique Robin, concernant l'utilisation de l'Agent Orange durant la guerre du Vietnam et celle du pesticide Roundup en Colombie dans la lutte contre les cartels de la drogue, ne sont à mon avis pas totalement justifiées. En effet, malgré la catastrophe sanitaire que ces épandages a eu pour les populations (et qui prouvent la toxicité des produits de Monsanto), je pense que le gouvernement américain est le vrai coupable dans l'histoire. Peut-on accuser les producteurs d'armes des dégâts de la guerre? Ou les constructeurs automobiles des accidents de la route? Je sais que cette pratique est de plus en plus courante dans les class actions aux USA, mais pour ma part, je trouve cette dérive stupide.

En conclusion, un livre à lire absolument et pour les paresseux (et oui, le livre fait quand même 360 pages), il existe un DVD du documentaire Le monde selon Monsanto, de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, diffusé par ARTE. Vous pouvez également consulter le blog de Marie-Monique Robin.

Pour un avis divergeant sur ce livre, allez faire un tour chez Isil qui décortique ce livre et argumente très bien son point du vue.

Implantée dans quarante-six pays, Monsanto est devenue le leader mondial des OGM, mais aussi l'une des entreprises les plus controversées de l'histoire industrielle. Dans les dernières décennies, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits (PCB, " agent orange, ou hormones de croissance bovine et laitière). Pourtant, elle se présente aujourd'hui comme une entreprise des " sciences de la vie convertie aux vertus du développement durable. Grâce à la commercialisation de semences transgéniques, elle prétend vouloir faire reculer les limites des écosystèmes pour le bien de l'humanité. Qu'en est-il exactement ? S'appuyant sur des documents inédits, des témoignages de victimes, de scientifiques ou d'hommes politiques, ce livre retrace l'histoire d'un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l'administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu le premier semencier du monde. Et il révèle notamment le rôle joué par Monsanto dans le formidable tour de passe-passe qui a permis l'extension planétaire des cultures OGM, sans aucun contrôle sérieux de leurs effets sur la nature et la santé humaine.

Marie-Monique Robin est lauréate du prix Albert-Londres (1995). Journaliste et réalisatrice, elle a réalisé de nombreux documentaires, couronnés par une dizaine de prix internationaux, tournés en Amérique latine, Afrique, Europe et Asie. Elle est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages, dont à La Découverte : Escadrons de la mort, l'école française (2004, 2008) et L'École du soupçon (2006).


Finalement, je remercie Babelio et les éditions La Découverte et Arte pour cet envoi, la lecture fut plus qu'enrichissante!


ROBIN Marie-Monique, Le monde selon Monsanto, de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, ed. La Découverte et ARTE, 2009, 361p

jeudi 18 juin 2009

Tag des 8 souhaits

Et voilà, je suis taguée pour la première fois (et oui, j'avais réussi à passer entre les gouttes jusqu'à maintenant) et je m'acquitte donc de cette tâche, confiée par Valérie.

Alors, voici les règles :

  • Écrire huit souhaits
  • Dire à quoi font penser les dix mots donnés
  • Dire un mot sur sa tagueuse
  • Taguer 8 personnes et les prévenir

Mes souhaits : Bon, je vais éviter les souhaits genre la paix dans le monde, le droit à l'alimentation etc car après 2 semaines et demi de Conseil des droits de l'homme, j'ai des désirs beaucoup plus terre-à-terre et surtout plus réalisables.

  1. DÉMÉNAGER!!! Alors ça, c'est mon plus grand souhait. Après des problèmes d'humidité dans mon appart, avec moisissures vertes sur tous les murs et pas de chauffage central, je cherche désespérément à emménager dans un petit nid douillet avec jardin. Avis aux propriétaires de l'arc lémanique! Pour ceux qui ne sont pas au courant, le marché immobilier par ici, c'est bouché, bouché, bouché!
  2. Explorer le monde jusque dans ses moindres recoins.
  3. Renouer contact avec des amis perdus de vue depuis que j'ai déménagé pour mes études
  4. Trouver un travail dans mon sujet de prédilection, à savoir l'environnement.
  5. Apprendre le swahili. J'ai commencé il y a quelques années, mais par manque de pratique, j'ai tout perdu.
  6. Avoir plus de temps pour lire et réduire ma PAL.
  7. Acheter un pur-sang anglais, si possible réformé des courses et avoir le temps de m'en occuper.
  8. Plus trivial: enlever la peinture blanche des fesses de mon chien chocolat qui a eu la bonne idée de se coller contre un mur juste repeint.

10 mots donnés:

  • Message : amis
  • Blog : Littéraire
  • Prix : ELLE (youpi youpi youpi, voire message de vendredi)
  • Croix : religion
  • Scrap : euh... ça me fait penser à scrat, l'écureuil de l'Age des Glaces, mais c'est pas vraiment en lien
  • Création : les autres. On est pas trop créatifs dans la famille
  • Bonheur : déménager
  • Vie : profiter
  • Enfant : fuir au pas de course
  • Passion : Équitation

Ma tagueuse : Le blog de Valérie, La Bouquineuse, est en fait le premier blog littéraire que j'ai découvert. Il m'a vraiment donné envie de me lancer et je rêve d'avoir une mise en page aussi réussie que la sienne. Malheureusement, ses billets se font rares et c'est bien dommage, car nous partageons souvent les même lectures et les mêmes avis, et j'aimerais donc pouvoir piquer plus souvent des idées de lectures dans sa PAL.

8 nouvelles victimes: Je ne crois pas pouvoir encore trouver 8 personnes n'ayant pas répondu à ce tag mais je suis sûre qu'Hermione se fera un plaisir (entre tous ses travaux) d'y répondre et j'invite tous les autres qui le souhaitent à le faire.

lundi 15 juin 2009

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel


Note:8/10

Je trouve enfin quelques minutes pour vous parler de ce livre. Beaucoup de billets ont déjà été écrits sur ce petit livre de Philippe Claudel mais rien n'empêche d'insister car il semble faire l'unanimité sur la blogosphère.

L'histoire est celle d'un vieillard, Monsieur Linh, qui fuit son pays en guerre (le Vietnam à première vue) après avoir tout perdu, pour se réfugier dans un pays totalement différent et "sans odeur" (qu'on devine être la France). Il emmène avec lui sa petite fille qu'il ne lâche pas et qu'il chérit plus que tout. Effrayé par ce nouveau pays, il va cependant se lier d'amitié avec M. Bark, un veuf, avec qui il a en commun une profonde solitude et une nostalgie du passé.

Ce livre est vraiment émouvant, sans jamais tomber dans le larmoyant. C'est une histoire d'exode et de solitude mais également d'espoir grâce à la présence de la petite fille. L'amitié entre M. Linh et M. Bark est vraiment touchante car elle dépasse toutes les barrières culturelles, de langue et d'histoire (M. Bark a combattu dans la guerre d'Indochine). La fin est tout simplement parfaite et donne vraiment envie de relire le roman, pour bien saisir toute la subtilité de l'histoire. Elle rappelle également l'ampleur du traumatisme que la guerre peut avoir sur les gens. Un très joli roman, simple mais profond!

C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bâteau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bâteau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette

Un très beau billet sur ce livre chez Pimprenelle.

La petite fille de Monsieur Linh est mon premier livre lu dans le cadre du challenge Blog O trésors. Il va falloir que je me dépêche un peu si je veux réussir ce challenge, surtout maintenant que je vais être très occupée question lecture dès août. (voire article de vendredi Youpiii)!!!


CLAUDEL Philippe, La petite fille de Monsieur Linh, ed. Stock (Livre de poche), 2005, 184 p

vendredi 12 juin 2009

Une "petite victoire" en souvenir de Ken Saro-Wiwa


Juste un petit message aujourd'hui pour vous relayer mon sentiment partagé sur l'annonce, en début de semaine, de l'abandon des poursuites contre Shell par la famille de l'écrivain Ken Saro-Wiwa et d'autres activistes nigériens, en échange de 15,5 millions de dollars.

Pour petit rappel, l'écrivain nigérien, Ken Saro-Wiwa, à la tête du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP), avait été arrêté par les autorités nigériennes, puis pendu en 1995, avec 8 autres activistes, à la suite d'un procès dénoncé par de nombreux gouvernements et défenseurs des droits de l'homme. Ken Saro-Wiwa s'était attiré les foudres du gouvernement nigérien en organisant des manifestations et des actes de sabotage contre Shell, poussant cette compagnie à cesser ses activités au Nigéria. Le MOSOP reprochait à Shell son impact désastreux sur l'environnment de la région, mais demandait également une meilleure répartition des profits du pétrole avec la population et dénonçait la corruption du gouvernement militaire de Sani Abacha.

Les familles des victimes soupçonnent Shell d'avoir été impliqué dans la mort de l'écrivain et des autres membres du MOSOP et d'avoir financé les violents groupes armés du gouvernement nigérien, chargés de protéger les installations pétrolières. Shell a donc décidé de payer ces 15,5 millions de dollars pour s'éviter un procès et des révélations embarrassantes pour la firme anglo-néerlandaise.

Je suis contente pour les familles et pour les ONGs qui vont bénéficier de cette manne de 15,5 millions. Cependant, qu'est-ce que 15,5 millions pour une firme comme Shell? J'aurais aimé de vraies explications, mais Shell a décrit le versement de cette somme comme "un geste humanitaire" et a déclaré "ne rien avoir à se reprocher dans la mort de Ken Saro-Wiwa". Un dénouement donc en demi-teinte à mon avis.

En attendant, cet événement m'a rappelé que le livre de Ken Saro-Wiwa, Sozaboy, sur les enfants soldats au Nigéria durant la Guerre de Biafra, traîne dans ma PAL depuis bien trop longtemps. Un livre à lire donc, en souvenir de ce grand écrivain africain et défenseur des droits de l'homme qui déclarait "the writer cannot be a mere storyteller, he cannot be a mere teacher, he cannot merely X-ray society's waeaknesses, its ills, its perils. He or she must be actively involved in shaping its present and its future." De nobles convictions qui nous ont malheureusement privés bien trop tôt de cet auteur.

Youpiiiiii!!! Jury du Grand prix des lectrices de ELLE 2010

J'ai un boulot de malade à terminer avant de partir en weekend mais je ne pouvais tout simplement pas résister à vous faire part d'une super méga géniale nouvelle que je viens de recevoir...

JE VAIS FAIRE PARTIE DU JURY DU GRAND PRIX DES LECTRICES DE ELLE 2010!!!

Je n'arrive plus à me concentrer sur les nombreux rapports que je dois rendre tellement je suis excitée.

Bon j'ai reçu la nouvelle par ma mère, par téléphone (j'ai remarqué que les paquets peinaient à arriver chez moi donc j'ai mis l'adresse de mes parents) et donc je n'ai pas enregistré tous les détails mais je crois que je fais partie du jury de décembre. L'aventure commence cependant à partir d'août et je me réjouis de partager ces billets avec vous. Je sais que ça va parfois être dur mais je suis sûre qu'au final, cette expérience sera géniale.

Si d'autres bloggueurs/ses ont été sélectionnés, ça serait cool qu'ils s'annoncent ici, pour qu'on puisse sautiller de joie ensemble. Et je tiens aussi à remercier Antigone qui m'a donné envie de m'inscrire à cette aventure.

Quand je serai redescendue de mon étoile, promis je préparerai enfin mon billet sur La petite fille de Monsieur Linh, que j'ai fini depuis plus d'une semaine. A suivre donc en début de semaine prochaine.

Bon week end à tous!!!

mardi 9 juin 2009

Sondage: Où achetez-vous vos livres?

Les librairies n'ont pas trop de souci à se faire, vu que vous êtes 91% à les avoir choisies pour vous procurez vos livres. Je réalise maintenant qu'il aurait été intéressant de mettre comme choix internet et les sites comme Amazon mais je n'y ai malheureusement pas pensé lors de la rédaction de ce sondage. Il faut dire que j'utilise ces sites pour faire des recherches, mais je préfère toujours acheter mes livres en librairie pour les feuilleter, les papouiller, les tripoter, avant acquisition.

Bref, vous l'avez compris, je suis la majorité sur ce coup-là, mais j'avoue également acheter de nombreux livres en seconde main, comme 30% des votants. Mon porte-monnaie apprécie et en plus la plupart n'ont jamais été ouverts.

Le reste des voix, et je précise pour les mathématiciens qu'il était donné le choix de réponses multiples, se partagent entre la bibliothèque (21%), et les prêts entre copines, bloggueuses etc (8%), un dernier élément à développer donc.

Merci à tous les participants (23) et prochain sondage plus estival...

jeudi 4 juin 2009

Le cerveau de Kennedy de Henning Mankell

JustifierNote: 7/10
Pour ceux qui aiment: La Constance du Jardinier de John Le Carré

Pour Le Cerveau de Kennedy, Henning Mankell quitte son inspecteur fétiche, Wallander, et nous emmène sur les pas de Louise Cantor, archéologue, spécialiste de la Grèce Antique. Il est difficile de qualifier ce livre, qui n'est pas tout à fait un roman policier, mais qui reste un livre d'investigation. Le fait que le personnage principal soit une archéologue change cependant la manière d'enquêter, et on assiste plutôt a la reconstruction d'un passé, comme Louise assemble d'habitude les fragments d'un vase antique.

Le cerveau de Kennedy suit Louise sur les traces de son fils Henrik, retrouvé mort dans son lit. Refusant la thèse du suicide, elle s'embarque pour une longue quête de la vérité qui l'emmène de la Suède au Mozambique, en passant par la Grèce, l'Espagne ou encore l'Australie. Elle découvre, petit à petit, son fils sous un jour qu'elle ne soupçonnait pas et plonge avec lui dans une atmosphère pleine de secrets, liés à la recherche d'un vaccin contre le SIDA. Le titre de ce livre peut induire le lecteur en erreur. Si la disparition du cerveau de JFK après son autopsie (qui je crois est véridique, mais comment en être sûre avec toutes les légendes entourant la mort de Kennedy), est exposée dans le livre, cette histoire sert uniquement d'allégorie aux autres terribles secrets qui sont soustraits à la connaissance de la population. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas révéler toute l'histoire, le présentation de l'éditeur s'en charge déjà assez. Je conseille d'ailleurs à ceux qui veulent garder leur plaisir intact d'éviter de la lire.

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre. On s'attache vraiment au personnage de Louise, on sent sa douleur face à la perte de son fils unique, ses doutes, sa solitude, ou encore sa peur face à la vérité qu'elle découvre. Le sujet du livre est vraiment intéressant et on sent que Henning Mankell est touché par cette pandémie du SIDA qui décime l'Afrique. Habitant une partie de l'année au Mozambique, sa perception du sujet est emprunte de vécu. Au final, le livre se lit presque comme un manifeste, appelant le Nord à enfin réagir. Le suspens est cependant bien présent et j'ai été tenue en haleine jusqu'à la fin du livre.
Toutefois, une fois le livre refermé, j'émets un petit bémol car j'ai trouvé qu'il manque une vraie conclusion au Cerveau de Kennedy. Beaucoup de questions restent en suspens, même si on en devine les réponses. Par exemple: d'où vient l'argent d'Henrik? qu'est-ce qui est vraiment arrivé à Aron? quel est le rôle de Lars Hakansson? ou enfin quant est-il vraiment du secret de Christian Holloway et de son fils??? J'ai l'impression que Mankell voulait parler de cette problématique mais a eu peur ensuite de dépasser la réalité pour vraiment conclure son livre. Dans ce sens, j'ai trouvé La Constance du Jardinier de John Le Carré, qui traite d'un sujet similaire, plus réussi. En conclusion, un bon moment de lecture, mais une petite déception sur la fin.

Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponnèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm. Qui a tué Henrik ? Pas un instant Louise ne veut croire que son fils unique se soit suicidé. Avec l'énergie du désespoir et une obstination d'archéologue, elle va tenter de reconstituer fragment par fragment les dernières années d'une vie brutalement interrompue. Secondée par Aron, le père d'Henrik qu'elle a déniché au fin fond de l'Australie, Louise découvre que son fils avait une vie secrète, émaillée d'inquiétantes zones d'ombre. Pourquoi Henrik s'intéressait-il tant au cerveau du président Kennedy, disparu lors de son autopsie ? Pourquoi avait-il un appartement clandestin à Barcelone ? D'où provenaient les grosses sommes d'argent dont il disposait ? Que faisait-il au Mozambique dans un mouroir pour malades atteints du sida ? Quand Aron disparaît brusquement sans laisser de traces, Louise comprend qu'elle est aux prises avec des forces occultes qui la dépassent. Au bord du gouffre mais plus déterminée que jamais, ses pas la conduisent au cœur de l'Afrique. Une vérité effroyable l'y attend. A travers ce récit palpitant et lucide, Henning Mankell exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au lent naufrage d'un continent rongé par le sida.

J'ai en fait lu ce livre en anglais, mais je trouve la couverture française tellement belle que je voulais la partager avec vous.

MANKELL Henning, Le cerveau de Kennedy, ed. Seuil, 2009, 391 p
MANKELL Henning, Kennedy's Brain, ed. Vintage, 2008, 452 p
Titre original: Kennedy's Hjärna, 2005