mardi 25 août 2009

The Secret History de Donna Tartt


Note: 7/10
Pour ceux qui aiment: Un mélange entre l'ambiance académique et mystérieuse du Cercle des Poètes Disparus et Crime et Châtiment de Dostoïevski

Kalistina et Calypso ont eu la bonne idée de lancer une lecture commune pour ce livre de Donna Tartt qui traînait dans ma PAL depuis quelques temps déjà. C'était donc une excellente occasion pour le lire et j'ai profité de mon séjour en Grèce pour le finir.

Donna Tartt nous emmène dans l'Université américaine de Hampden, avec le narrateur Richard Papen, nouveau venu qui intègre une classe très sélecte d'étudiants classiques, principalement tournés vers le Grec Ancien. Ces derniers essaient de réinventer leur quotidien selon des préceptes antiques, mais ils vont très vite dépasser les limites de la morale actuelle et commettre un crime qui aura des conséquences toute leur vie. Le livre s'ouvre d'ailleurs sur la mort de l'un d'eux, Bunny. Le livre revient ensuite sur les événements qui ont conduit à ce meurtre et sur ses conséquences.

Plusieurs éléments de ce livre m'ont plu. J'ai beaucoup aimé les descriptions des personnages que Donna Tartt développe à merveille. Les caractères sont approfondis, excentriques, détaillés et sans s'identifier à eux (mis à part peut-être à Richard), on s'attache vraiment à eux. L'ambiance du campus est également très bien décrite: Donna Tartt jongle entre les cours mystiques de leur professeur emblématique Julian, et les très communes "beuveries" d'étudiants. Enfin, le style est vraiment très agréable.

***SPOILER POTENTIEL******
Le point fort de ce livre est, à mon sens, sa capacité à nous faire accepter les agissements de ces étudiants comme totalement logiques et justifiés. Donna Tartt a réussi à me faire haïr Bunny et ses manières vulgaires et j'étais presque soulagée de le voir mourir. On fait donc face, dans ce livre, à des meurtriers éduqués et de bonne famille, qui parviennent à convaincre le lecteur du bien-fondé de leurs actes. L'opposition entre le premier meurtre, incontrôlé et sauvage, et celui de Bunny, calculé et réfléchi, et également très intéressante.
**** FIN SPOILER******

Cependant, contrairement à de nombreuses personnes qui considèrent ce livre comme un pur chef d'oeuvre, je suis beaucoup moins enthousiaste. Pour moi le livre culmine à la fin du Livre I, donc environ à la moitié du livre. Et ensuite? Pendant plus de 300 pages, nous suivons les personnages sur le dur chemin de la culpabilité et là, tout le souffle de l'histoire retombe complètement. J'ai cru, jusqu'à la dernière page, à un retournement de situation extraordinaire, car à la vue de toutes ces critiques élogieuses, je ne pouvais pas croire que là était toute l'histoire. Mais non, rien (ou presque) n'est venu et je me suis presque ennuyée durant tout le Livre II. J'avais peut-être fondé trop d'espoirs sur ce livre, j'attendais plus de mystère comme le titre français, Le Maître des Illusions, me le prédisait, mais non! Je ressors donc de cette lecture déçue. Ce livre restera pour moi un bon moment de lecture, surtout pour sa première moitié, mais en aucun cas un coup de coeur.

Under the influence of their charismatic classics professor, a group of clever, eccentric misfits at an elite New England college discover a way of thinking and living that is a world away from the humdrum existence of their contemporaries. But when they go beyond the boundaries of normal morality their lives are changed profoundly and for ever

TARTT Donna, The Secret History, ed. Penguin, 1993 (1st published 1992), 629pTARTT Donna, Le Maître des illusions, ed. Pocket, 2004, 704p

vendredi 21 août 2009

Chroniques de la rentrée littéraire


Je suis un peu à la traîne mais j'ai découvert ce matin ce site, auquel plusieurs d'entre vous participez déjà. Il s'agit du site Chroniques de la rentrée littéraire qui s'est fixé pour objectif (très) ambitieux de chroniquer tous les livres de la rentrée littéraire de septembre.

Si vous êtes comme moi et que chaque année vous êtes complètement perdue en septembre face à la masse de nouveautés, ce site sera sans contexte d'une aide précieuse.

Allez donc y jeter un coup d'oeil, les premiers billets sont déjà disponibles. En attendant, je souhaite beaucoup de réussite à ce site.

mardi 11 août 2009

La "Longlist" du Man Booker Prize 2009

En dehors des grands prix littéraires français, il y a un prix auquel j'attache beaucoup d'importance et il s'agit bien sûr du Man Booker Prize.

Le 28 Juillet, la longue liste, c'est à dire les 13 titres encore en course, a été rendue publique. Il s'agit de:

1. A. S. Byatt, The Children's Book
2. J. M. Coetzee, Summertime
3. Adam Foulds, The Quickening Maze
4. Sarah Hall, How to paint a dead man
5. Samantha Harvey, The Wilderness
6. James Lever, Me Cheeta
7. Hilary Mantel, Wolf Hall
8. Simon Mawer, The Glass Room
9. Ed O'Loughlin, Not Untrue & Not Unkind
10. James Scudamore, Heliopolis
11. Colm Toibin, Brooklyn
12. William Trevor, Love and Summer
13. Sarah Waters, The Little Stranger
Je n'ai malheureusement lu aucun de ces livres mais n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires si vous en avez lu. En surfant un peu sur les blogs anglophones, il semblerait que les favoris (parmi les bloggeurs, mais bien sûr rien d'officiel) sont Brooklyn de Colm Toibin, The Little Stranger de Sarah Waters et William Trevor avec Love and Summer. Chez les bookmakers, Wolf Hall de Hilary Mantel, un livre sur Thomas Cromwell (avis aux fans de la série les Tudors) semble avoir les faveurs des miseurs. Pour la suite des événements, je vous donne rendez-vous le 8 septembre pour l'annonce de la shortlist et le 6 octobre pour l'annonce du gagnant. En attendant, je vous invite à participer au sondage de ce mois sur les prix littéraires.

Concernant les billets à venir, j'ai décidé d'attendre la publication du ELLE de septembre pour vous faire part de mes impressions sur cette 1ère sélection du jury. Je vous donnne donc rendez-vous la première semaine de septembre et réjouissez-vous, car il y a du très lourd dans ce premier paquet de lectures.

mercredi 5 août 2009

Petit cours d'Histoire Suisse dans le tram


Pour vous faire patienter jusqu'au billet sur ma première lecture pour le jury de ELLE, à savoir Enfant 44, qui est, jusqu'à maintenant, très prometteur, j'aimerais vous faire part d'un petit clin d'oeil survenu ce matin dans le tram de Genève, alors que je me rendais à mon travail.

Arrivés près de l'Université Dufour, un petit garçon demanda à son père, une envie de connaissances brillant au fond des yeux, qui était l'homme qui trône fièrement sur son cheval, en face de l'entrée du Parc Bastion. Le père expliqua que la statue qui, je le rappelle trône près de l'Université DUFOUR, représente "le Général Guisan qui a défendu la Suisse dans les 1600 quelque chose". Bon, j'accorde au père l'heure matinale et la lassitude face à cet âge qui veut toujours tout savoir sur tout, mais quand même, induire ces pauvres bambins en erreur dès leur plus jeune âge et ensuite se plaindre quand ils ramènent des notes inférieures à la moyenne en histoire, c'est quand même injuste.
J'ai vraiment dû me mordre les lèvres pour ne rien dire (et oui, il est bien que les enfants de cet âge continuent à idolâtrer leur papa). Je ne résiste toutefois pas à faire un petit résumé ici.

Cette belle statue équestre représente en fait le Général Guillaume-Henri Dufour (1787-1875), qui est quand même une grande figure de l'Histoire suisse. Il est, par exemple, à l'origine de la proposition du drapeau carré, rouge à croix blanche de la Suisse. En tant qu'urbaniste, il a également participé à l'aménagement de Genève. Il est cependant principalement connu pour avoir été un des co-fondateurs et premier président de la Croix Rouge. Enfin, c'est également le Général Dufour qui mena l'armée suisse en 1847, lors de la Guerre civile du Sonderbund contre les 7 cantons catholiques dissidents (Uri, Schwytz, Unterwald, Lucerne, Zoug, Fribourg et le Valais), guerre qui conduira à la Constitution de 1848 et à la définition de l'Etat fédéral que l'on connait aujourd'hui. A cette occasion, le Général Dufour fut salué pour son humanité et pour avoir conclu le conflit en 25 jours, avec un minimum de pertes des deux côtés.

Le Général Dufour est donc un personnage central, et même en tant que Valaisanne, canton catholique qui fut vaincu par son armée, je pense qu'il est attristant que ce personnage ne soit pas plus connu de la population et surtout des pères dans le tram.

Quant au Général Henri Guisan (1874-1960), autre grande figure de l'Histoire suisse, il fut le commandant en chef de l'armée suisse durant la Deuxième Guerre Mondiale et l'auteur du concept de Réduit National consistant à replier l'armée dans les régions alpines en cas d'invasion.

La morale de ce clin d'oeil, c'est que l'Histoire suisse est malheureusement très peu connue. Ceci ne veut pas dire que tous les Suisses sont nuls en histoire, mais que notre Histoire n'est tout simplement pas enseignée en classe. Durant toute ma scolarité, je ne me rappelle pas d'un seul cours qui traitait de l'Histoire de notre pays, alors que j'ai dû étudier la Révolution Française, événement majeur, je vous l'accorde, au moins 10 fois. J'ose espérer que cette situation a un peu évolué, car je pense que la connaissance de notre Histoire est fondamentale pour comprendre la construction si particulière de la Suisse et pour faire face aux défis nationaux actuels.

Je souhaite donc à tous les Suisses de découvrir notre Histoire passionnante, j'espère que ce petit garçon dans le tram aura un bon professeur d'histoire qui rectifiera l'erreur de son papa et tiens, je souhaiterais même au Général Khadafi d'également prendre des cours d'Histoire suisse au lieu de débiter des âneries sur la nécessité de "démanteler la Suisse et de RENDRE (sous-entendant que ces cantons leur aient un jour appartenu) la partie alémanique aux Allemands, la francophone aux Français et l'italophone à l'Italie", le Grison restant apparemment le seul canton de la Confédération Helvétique.

lundi 3 août 2009

De retour


Je suis de retour après une semaine magnifique en Grèce. Je n'ai pas vraiment eu le temps de faire du farniente livre en main sur la plage car on a beaucoup marché, vagabondé et exploré. En plus, comme beaucoup de trajets se sont faits en bâteau et que, pas de bol, j'ai le mal de mer, je n'ai pas pu lire sur le ferry. Mais bon, j'ai quand même réussi à finir Le Maître des illusions que j'ai bien aimé mais pour lequel vous devrez attendre le 25 août, date de la publication des billets de la lecture commune lancée par Kalistina et Calypso.

En attendant, avec une semaine de retard (ça commence bien) je vais attaquer la séléction de septembre du Prix ELLE qui me donne vraiment l'eau à la bouche. A tout bientôt pour les premiers billets.