mercredi 30 septembre 2009

La Promesse de l'aube de Romain Gary


Note: 8/10

Dans ce livre autobiographique, Romain Gary raconte, entre autres, son enfance en Russie, ses années vécues en Pologne, son arrivée en France, ses débuts d'écrivain ou encore son engagement dans l'Armée de l'Air durant la Deuxième Guerre Mondiale. Mais La Promesse de l'aube est avant tout une formidable déclaration d'amour à sa mère, une ancienne actrice, excentrique et grande admiratrice de la France, dont les espoirs fous poursuivront l'auteur tout au long de sa vie, jusqu'à leur réalisation.

Romain Gary est l'un de mes auteurs favoris et il est toujours intéressant de plonger dans l'intimité de ses auteurs chouchous pour mieux appréhender leur oeuvre. La Promesse de l'aube m'a ainsi aidée à mieux comprendre les choix de vie et le parcours assez exceptionnel de cet auteur. Les passages sur la recherche d'un pseudonyme ou son avis sur le suicide sont, pour la même raison, passionnants.

Le style est toujours fabuleux et les anecdotes sur la vie de Romain Gary m'ont à plusieurs reprises faite sourire. Le personnage de sa mère est tout simplement fantastique. J'ai toutefois été quelque peu gênée par certaines répétitions mais dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce livre.

Après la lecture de la Promesse de l'aube, j'ai voulu savoir si tous les éléments du récit étaient véridiques ou s'il s'agissait d'une autobiographie romancée. En faisant des recherches sur internet, j'ai été intriguée par les nombreuses versions de sa biographie, en particulier les éléments concernant son enfance. Roman Kacew (son vrai nom) aimait en effet se créer de nombreuses personnalités et je n'ai pas été capable de démêler les mystères de son origine (russe, lithuanienne, polonaise?), ou l'identité de son père (le livre contient une allusion à la possible filiation de Gary avec l’acteur Ivan Mosjoukine). J'ai également trouvé intéressant que l'auteur occulte complètement ses origines juives dans ce récit. Toutes ces incertitudes donnent, à mon avis, encore plus d'intérêt à la Promesse de l'aube, ce récit de la vie de Romain Gary telle qu'il voulait bien nous la présenter et qui laisse passablement de non-dits, renforçant ainsi le mystère entourant ce grand écrivain.

Je vous recommande donc vivement ce récit touchant et dont la fin est absolument bouleversante.

Je partage avec vous cet extrait que j'aime beaucoup sur l'amour inconditionnel de sa mère, cette "promesse de l'aube":

"Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours." p.38

"Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele d'Annunzio, Ambassadeur de France - tous ces voyous ne savent pas qui tu es! Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports: - Alors, tu as honte de ta vieille mère?"

Lu dans le cadre du Challenge Blog-O-Trésors de Grominou - 2/4

GARY Romain, La Promesse de l'aube, ed. Gallimard (folio), 1980, 391p.

mercredi 23 septembre 2009

Paris-Brest de Tanguy Viel


Pour ceux qui aiment: Le concept "du livre dans un livre"

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas aimé ce livre. Le narrateur de Paris-Brest nous dresse un portrait au vitriol de sa famille à l'occasion de son retour dans le Finistère pour les fêtes de fin d'année. Il nous fait part de souvenirs d'enfance et nous raconte l'exil de ses parents, la fortune inattendue de sa grand-mère ou encore son amitié avec le fils Kermeur. La réalité se superpose aux éléments de fictions contenus dans le roman qu'écrit le narrateur pour se décharger de tous les secrets familiaux.

J'ai trouvé l'histoire de Paris-Brest peu crédible et les personnages caricaturaux, sans être aussi horribles que le narrateur essaie de nous le faire croire. Le style de Tanguy Viel m'a également déplu. Au dos de mon édition, une journaliste du Temps décrit le style de Viel comme étant "d'une remarquable économie". Je ne peux que contredire ce jugement (d'ailleurs, les commentaires de la couverture ne semblent pas concerner le livre que j'ai devant moi). J'ai trouvé l'écriture répétitive et la ponctuation très aléatoire. Tanguy Viel affiche un désamour flagrant des points finaux et ses phrases à rallonge ont beaucoup gêné ma lecture.

Un exemple: "Alors dès que j'ai compris que mes parents allaient revenir s'installer en Bretagne, dès que je l'ai senti dans la voix de ma mère, dans le ton mielleux de ma mère qui évoquait l'idée d'un retour, dès que j'ai senti le triomphe de ma mère j'ai commencé à mettre mes affaires dans des cartons, mes livres surtout dans des cartons tandis qu'elle négociait déjà l'achat d'une maison sur la côte et négociait avec mon père pour savoir où ils achèteraient, dès lors que mon père avait prévenu qu'il était hors de question de s'installer à Brest, en pleine ville, hors de question de devoir se passer une écharpe sur le nez pour sortir de chez lui, qu'à la condition d'être hors de la ville il voulait bien revenir dans le Finistère, à condition d'habiter au plus loin du stade de football, à condition d'avoir la mer pour seule voisine" p. 142 (ponctuation recopiée fidèlement)

Paris-Brest restera donc pour moi une lecture sans grand intérêt et son style très "parlé", genre "one man show", n'a pas su me plaire, ni même me faire sourire.

Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.

D'autres avis chez Yohan, Flora, Sophielit et Marie-Claire qui ont apprécié, et chez Bookomaton et Sandra M., qui sont plus sceptiques.

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010/catégorie roman

VIEL Tanguy, Paris-Brest, ed. Les Editions de Minuit, 2009, 190p

mardi 15 septembre 2009

Le Jeu de l'Ange de Carlos Ruiz Zafón


Note: 3/10
Pour ceux qui aiment: L'Ombre du vent au risque pourtant d'être déçus.

Depuis que je me ballade sur la blogosphère, le nom de Zafón et de son roman, L'Ombre du vent revient régulièrement comme un livre à ne pas manquer. Je suis d'habitude assez méfiante avec les bestsellers, mais quand Blog-O-Book a proposé de recevoir un exemplaire du nouveau livre de cet auteur, j'ai sauté sur l'occasion. J'ai donc abordé cette lecture sans avoir lu L'Ombre du Vent.
Après des années de misère, David Martìn est devenu un écrivain à succès. Cependant, quand la chance commence à tourner, David va être poussé à accepter une proposition étrange d'un éditeur français, Andreas Corelli: écrire un texte sacré qui servira de base à une nouvelle religion. Du jour où David accepte, sa vie va basculer dans un monde étrange et effrayant.

Partie avec des a prioris négatifs, je dois avouer avoir été, dans un premier temps, séduite par Le Jeu de l'Ange. J'ai beaucoup aimé l'ambiance un peu gothique et triste de ce Barcelone des années 20 et les références à l'Exposition Universelle. J'ai trouvé les personnages, en particulier le libraire Sempere et Isabella, très attachants et les dialogues un peu taquins et ironiques m'ont plu. J'ai même accroché à l'histoire, malgré les longueurs et les digressions philosophiques et religieuses de l'auteur, plutôt communes mais que Zafón semble élever au rang de révélations. J'ai même fait abstraction de mon irritation face à l'épisode du Cimetière des Livres, totalement inutile mais repêché de son précédent opus. J'ai trouvé ce passage déplacé et, à mon sens, recycler ses précédents livres dénote tout de même d'un manque d'imagination.

Je suis donc restée captivée par ce livre jusqu'à la page 400 environ et là... tout s'est effondré. L'intrigue principale disparait totalement, le narrateur, plutôt calme et indifférent, se transforme en un tueur n'éprouvant aucun remords, l'histoire devient tout à fait illogique et aucune vraie conclusion n'est apportée au mystère développé pendant près de 400 pages. Pour couronner le tout, la fin est totalement risible, voire presque malsaine.

Je suis donc énormément déçue d'avoir lu 537 pages mais de rester complètement sur ma faim. Du coup, j'hésite vraiment à lire L'Ombre du Vent. J'ose encore espérer que ce dernier vaut vraiment la peine et que Carlos Ruiz Zafón s'est simplement reposé sur les lauriers de la gloire pour ce nouveau livre.
« Je t'emmènerai dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire... »

"Dans la turbulente Barcelone des années 1920, David, un jeune écrivain hanté par un amour impossible, reçoit l'offre inespérée d'un mystérieux éditeur: écrire un livre comme il n'en a jamais existé, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d être tués», en échange d'une fortune et, peut-être, de beaucoup plus.
Mais du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique de destruction se met en place autour de lui, menaçant les êtres qu'il aime le plus au monde. En monnayant son talent d'écrivain, David aurait-il vendu son âme au diable ?
Pour reprendre sa liberté et sauver la femme qu'il aime, David puise ses forces dans la Barcelone envoûtante du Cimetière des livres oubliés, où se côtoient des êtres abandonnés de l'humanité mais aussi des personnages attachants, uniques, puissants, à l'image de ceux qui ont fait de l'Ombre du vent un immense succès international.

Ecrivain catalan, Carlos Ruiz Zafón est né en 1964. L'Ombre du vent, son précédent roman, a reçu le prix Planeta (2004), le Prix du meilleur livre étranger - roman 2004, et a été sélectionné pour le prix Femina étranger. Il s'est vendu à dix millions d'exemplaires dans le monde. Carlos Ruiz Zafón vit aujourd'hui à Los Angeles, où il est également scénariste."

Je remercie encore Blog-O-Book, qui, en partenariat avec les éditions Robert Laffont, m'a permis de me faire une idée sur ce livre phare de la rentrée littéraire. Je vous invite à lire les autres avis très partagés, répertoriés sur ce site.
ZAFÓN Carlos Ruiz, Le Jeu de l'Ange, ed. Robert Laffont, 2009, 537p.
ZAFÓN Carlos Ruiz, El Juego del Àngel, ed. Vintage, 2008, 672p.

lundi 14 septembre 2009

La "Shortlist" du Man Booker Prize

Et voilà, les vacances sont déjà terminées et je fais mon retour sur la blogosphère, reposée, rassasiée de gelati et totalement satisfaite de mon petit séjour en Toscane et à Rome. Vivement l'année prochaine!

Pour revenir aux choses sérieuses, j'avais promis de vous tenir au courant des avancées du Man Booker Prize. Le mardi 8 septembre, la shortlist, composée des 6 derniers ouvrages en compétition a été publiée. Il s'agit de:

1. A. S. Byatt, The Children's Book - Une saga familiale faite de secrets et de mystères.
2. J. M. Coetzee, Summertime - Le 3ème volume des mémoires fictives de J.M Coetzee.
3. Adam Foulds, The Quickening Maze - Une fiction inspirée de la vie du poète John Clare et de son séjour dans un asile de fous.
4. Hilary Mantel, Wolf Hall - Une fiction autour de Thomas Cromwell. Avis aux fans des Tudors.
5. Simon Mawer, The Glass Room - La Tchécoslovaquie durant la 2ème Guerre Mondiale.
6. Sarah Waters, The Little Stranger - Un récit psychologique et surnaturel avec comme toile de fond une maison hantée.
Les favoris sont toujours Hilary Mantel et Sarah Waters. Il est en effet peu probable que J.M. Coetzee remporte le prix pour la 3ème fois ou même A. S. Byatt pour la deuxième. Beaucoup de personnes voudraient voir Sarah Waters l'emporter mais The Little Stranger semble soulever moins d'enthousiasme que Fingersmith. Et vous, qu'en pensez-vous?
Rendez-vous le 6 octobre pour le résultat final.

samedi 12 septembre 2009

Enfant 44 de Tom Rob Smith


Pour ceux qui aiment: Gorky Park de Martin Cruz Smith (qui est classé juste à côté en libraire et qui a, selon moi, du souci à se faire)

ATTENTION COUP DE COEUR

Leo est un agent du MDG (ancêtre du KGB) et il est convaincu que le bien être de l'Etat prime sur la vie de ses concitoyens. Cependant, quand il est muté près de l'Oural et qu'il découvre le meurtre d'une adolescente présentant des similitudes étranges avec un "accident" survenu à Moscou, il commence à enquêter, au risque d'être taxé d'agitateur dans un Etat communiste où le meurtre est impossible.

J'ai tout simplement dévoré ce livre. Le suspense est haletant et il est impossible de lâcher Enfant 44 avant de connaître le fin mot de l'histoire. L'enquête est très bien construite et les personnages sont attachants, remplis de doutes, de peur ou de haine. Le personnage principal de Enfant 44 est cependant la Méfiance, omniprésente dans cette URSS des années 50, où tout le monde est un coupable potentiel. L'ambiance du livre en est parfois oppressante et on en viendrait presque à douter de la bonne volonté de son voisin. (Heureusement, je suis revenue à un état normal à la fin du livre ;-))

Enfant 44 est un excellent polar historique, avec des éléments relativement précis sur la vie en URSS dans ces années et sur le fonctionnement du MDG. Il est également intéressant de savoir que l'auteur s'est largement inspiré de la vie d'Andreï Chikatilo, un tueur en série qui a traumatisé l'URSS entre 1978 et 1990.

Je vous recommande donc vivement ce livre qui a pour seul défaut d'être parfois trop "hollywoodien" alors que l'URSS des années 50 était rarement le théâtre d'événements heureux. Cet aspect n'a toutefois pas échappé à Hollywood, et Enfant 44 devrait prochainement être adapté par Ridley Scott. Une adaptation qui parait logique, tellement le style du livre est proche d'un script, avec un rythme soutenu mais peu de descriptions. Je comprends d'ailleurs que le style puisse ne pas plaire. Alors oui, Enfant 44 est peut-être un roman moyen mais pour moi, il est définitement un excellent thriller.

***ATTENTION SPOILER***
J'ai quand même été déçue pas la fin que j'ai trouvée assez improbable, genre "Léo, super héros" qui s'échappe du train et pour qui tout finit bien. Cependant, j'ai reçu de mon homme le 2ème roman de Tom Rob Smith, The Secret Speech, qui reprend les même personnages. Est-ce le début d'une série avec Léo comme inspecteur fétiche??? Cela pourrait expliquer que l'auteur n'ait pas voulu tuer son héros dans Enfant 44 ( et oui, pourquoi tuer la poule aux oeufs d'or tout de suite?). En attendant, je me réjouis de lire ce 2ème opus, tout en redoutant d'être très déçue. A suivre...
***FIN SPOILER***

Sachez encore que Enfant 44 a été sélectionné pour la Longlist du Man Booker Prize 2008, fait assez exceptionnel pour un thriller.

Un suspense inouï qui vous prend à la gorge, le portrait d'un homme en quête de vérité, ou péril de sa vie et de celle des siens, la restitution magistrale de cette implacable machine à broyer les hommes que fut le système soviétique. Le premier roman d'un jeune auteur qui fait une entrée fracassante sur la scène littéraire internationale.

Hiver 1953, Moscou. Le corps d'un petit garçon est retrouvé sur une voie ferrée. Agent du MGB, la police d'Etat chargée du contre-espionnage, Léo est un officier particulièrement zélé. Alors que la famille de l'enfant croit à un assassinat, lui reste fidèle à la ligne du parti : le crime n'existe pas dons le parfait État socialiste, il s'agit d'un accident. L'affaire est classée mois le doute s'installe dans l'esprit de Léo. Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Léo est contraint à l'exil avec sa femme, Raïssa, elle-même convaincue de dissidence. C'est là, dans une petite ville perdue des montagnes de l'Oural, qu'il va faire une troublante découverte : un autre enfant mort dans les mêmes conditions que l'" accident " de Moscou. Prenant tous les risques, Léo et Raïssa vont se lancer dans une terrible traque, qui fera d'eux des ennemis du peuple...
Tom Rob Smith est né à Londres en 1979, d'une mère suédoise et d'un père anglais. Diplômé de l'université de Cambridge, il a passé un an en Italie dans un atelier d'écriture. Il a ensuite travaillé comme scénariste pendant cinq ans. Enfant 44, son premier roman, a été sélectionné pour le prestigieux Man Booker Prize et sera bientôt adapté au cinéma par Ridley Scott. Tom Rob Smith vit à Londres.

D'autres avis, certains beaucoup moins enthousiastes, chez Sandra M., Flora, Bookomaton, Armande et Marie-Claire

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010/catégorie policier

SMITH Tom Rob, Enfant 44, ed. Belfond, 2009, 396p
SMITH Tom Rob, Child 44, ed. Simon & Schuster Ltd, 2008, 480p

mercredi 2 septembre 2009

Seta (Soie) de Alessandro Baricco


Note: 7/10

En prévision d'un petit voyage en Toscane, j'ai voulu me remettre dans le bain de l'italien. J'ai donc décidé de lire cette petite nouvelle d'Alessandro Baricco dans sa version originale.

Seta est un récit très poétique sur les allers-retours de Hervé Joncour entre la France et le Japon encore secret des années 1860, avec comme toile de fond le commerce des vers à soie. Lors de l'un de ces séjours, Hervé Joncour fera une rencontre inoubliable. Seta est une histoire relativement simple, d'amour mais surtout de fidélité.

J'avais déjà été plus que séduite par Novecento, qui reste l'un de mes livres préférés. Dans Seta, le style de Baricco est toujours aussi magnifique et les métaphores tout simplement parfaites. Un exemple: Teneva gli occhi fissi sulle labbra di Hervé Joncour, come se fossero ultime righe di una lettera d'addio. p. 25

Je ne peux que conseiller à ceux qui comprennent l'italien de tenter l'expérience en langue origniale, tellement la musicalité et le rythme (avec des répétitions de paragraphes) de Baricco sont sans pareil. Tout comme sa pièce Novecento, ce récit mériterait d'être lu à voix haute pour vraiment l'apprécier.

Je suis donc, à nouveau totalement séduite par le style, mais je dois avouer que l'histoire en elle-même m'a moins embâllée. J'ai eu de la peine à croire aux personnages (la femme mystérieuse ou Mme Blanche) et je n'ai pas retrouvé la pointe d'humour que j'ai tellement aimé dans Novecento. Je ne peux d'ailleurs que vous conseiller de découvrir cet auteur par ce dernier.

Era d'altronde uno di quegli umonini che amano assistere alla propria vita, ritenendo impropria qualsiasi ambizione a viverla.

BARICCO Alessandro, Seta, ed. Rizzoli, 1996, 100p
BARICCO Alessandro, Soie, ed. Gallimard (folio), 2001, 142p

Quant à moi, sur ces notes italiennes, je vous dis à dans 10 jours. Arriverderci e Leggete bene!