jeudi 29 octobre 2009

Le Vampire de Ropraz de Jacques Chessex


Pour ceux qui aiment: Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé

La mort de Jacques Chessex, le 9 octobre 2009, a fait l'effet d'une bombe en Suisse romande. Toute la presse s'est faite l'écho de la disparition de ce grand auteur romand, seul auteur suisse à avoir été récompensé du Prix Goncourt, pour l'Ogre, en 1973.

J'ai pour ma part toujours eu un problème avec cet auteur. Après une lecture très pénible de l'Ogre, et après avoir assisté à plusieurs de ses conférences lors du Salon du Livre de Genève, le personnage m'a toujours laissé une impression plutôt négative. Mais voilà, à quelques jours d'Halloween, j'ai décidé de lire Le Vampire de Ropraz, pour essayer de changer ma perception, un petit hommage posthume en quelque sorte.

Nous sommes en 1903, à Ropraz, un petit village du Jorat vaudois. La tombe de la jeune vierge Rosa, enterrée la veille, a été profanée de manière horrible durant la nuit. Tout le village s'emballe et une chasse au "vampire" se met en marche. Deux autres profanations suivent et l'affaire défraie la chronique et échauffe les esprits.

Ce livre est apparemment inspiré d'un fait divers. Jacques Chessex, qui habitait justement à côté du cimetière de Ropraz, a repris et romancé cette affaire dans ce court récit. J'ai éprouvé, à la lecture de ce livre, un grand malaise. On a le droit tour à tour à des descriptions horribles de découpage de cadavres, beaucoup de sex**, des éléments pédoph***, zooph***, des longues descriptions de péni* (désolée pour les astérisques mais j'essaie d'éviter que mon blog devienne le repère de pratiques douteuses, grâce aux recherches Google), qui font que ce livre est tout simplement repoussant. Je ne suis pas une grande sensible et les images violentes ne me dérangent pas si elles ont pour but de dénoncer, les travers de notre société par exemple. Mais durant tout le livre, je n'ai pu m'empêcher de penser que Jacques Chessex utilise ces images dans le seul but de choquer son lecteur et ainsi de faire parler de lui. Je trouve la démarche tout simplement malsaine.

Au final, j'éprouve moins de dégoût pour le personnage du Vampire de Ropraz que pour son auteur. Cette lecture, loin de me faire changer d'avis, n'aura fait que confirmer mes impressions suite à la lecture de l'Ogre. Je ne lirai probablement pas d'autres oeuvres de Chessex, en particulier Un juif pour l'exemple, où, une fois encore, j'ai l'impression que Jacques Chessex a utilisé un fait sordide et toujours douloureux dans un but que je soupçonne d'être plus commercial que littéraire. Un gâchis pour moi, car force est de constater que l'écriture est belle...

Reste la disparition d'un grand auteur romand, qui repose à présent dans ce même cimetière de Ropraz. Cet avis étant totalement personnel, je ne peux que vous encourager à vous faire votre propre opinion et à découvrir, si ce n'est les idées, au moins le style de Chessex.

Jacques Chessex, 1 mars 1934 - 9 octobre 2009


En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination- meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la " crasse primitive ", la solitude, les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?

CHESSEX Jacques, Le Vampire de Ropraz, ed. Grasset, février 2007, 107 p.

Je vous invite également à lire cet article très intéressant, paru dans Le Temps, le 23 octobre, sur la relève littéraire de Suisse romande.

mardi 27 octobre 2009

L'Intranquille de Gérard Garouste avec Judith Perrignon

Gérard Garouste est un peintre d'art moderne reconnu. Si sa peinture s'expose dans plusieurs galeries à travers le monde, on connait moins les aspects sombres de son créateur. Garouste se livre dans ce texte et nous raconte son père antisémite, son enfance, ses débuts de peintre et tente d'expliquer ses crises de folie qui l'ont mené à plusieurs reprises dans des asiles psychiatriques.

Dans L'Intranquille, Garouste est touchant de sincérité, surtout quand il aborde sa dépression. On sympathise avec sa condition, on admire la persévérance de sa femme et on essaie de comprendre. J'ai également bien aimé les passages sur ses débuts de peintre. J'ai par contre été moins touchée par ses considérations sur la religion, bien qu'elles se justifient dans le texte. Je n'ai pas non plus su apprécier à leur juste valeur les descriptions de ses peintures, vu mon manque de connaissances des oeuvres de ce peintre.

Dans l'ensemble, j'ai apprécié ce texte et à titre de comparaison, j'ai préféré L'Intranquille au texte d'Eric Fottorino qui pour moi présentait peu d'intérêt pour le lecteur. Cependant, je confirme que ce type de texte n'est franchement pas mon genre. Je n'aime pas les introspections et les déballages dans la littérature et je n'aurais jamais choisi ce texte de moi-même. Mais là est tout l'intérêt du Grand Prix des Lectrices de ELLE, sortir de nos petites habitudes...

"Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. À vingt-huit ans, j'ai connu une première crise de délire, puis d'autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris. "

Gérard Garouste est un artiste internationalement reconnu, ses oeuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde. " L'Intranquille " est son premier récit personnel. Judith Perrignon est journaliste et écrivain. Elle est notamment l'auteur, chez le même éditeur, de " C'était mon frère... Théo et Vincent an Gogh " (2006), qui a connu un remarquable succès médiatique et public.


Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 / catégorie document

D'autres avis chez Armande, Sandra M., Marie-Claire et Flora.

GAROUSTE Gérard et PERRIGNON Judith, L'Intranquille, Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, ed. L'Iconoclaste, 2009, 202p.

Image: Le Masque de Gérard Garouste du site de la Galerie Daniel Templon

mercredi 21 octobre 2009

Les pièges du crépuscule de Frank Tallis

Pour ceux qui aiment: Manhattan Freud de Luc Bossi

Voici le quatrième volume de la série des Carnets de Max Liebermann. J'ai cependant lu ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE, sans connaître les épisodes précédents. Heureusement, cela n'a pas vraiment gêné ma lecture.

Frank Tallis retrouve ici son duo: Max Liebermann, jeune psychiatre juif et l'inspecteur Rheinhardt. Ce dernier est appelé sur la scène du meurtre d'un moine, antisémite notoire, qui semble avoir été décapité avec une force surnaturelle. Rheinhardt décide de faire appel à son ami Liebermann pour l'aider dans son enquête.

J'ai trouvé les prémisses de cette histoire vraiment prometteuses. Le contexte de Vienne au début du XXème siècle, qui voit la montée de l'antisémitisme, mais également les débuts de la psychanalyse freudienne (Freud fait d'ailleurs quelques apparitions dans le récit) et les éléments un peu fantastiques de l'enquête m'annonçaient un bon moment de lecture.

Malheureusement, la sauce n'a pas vraiment pris. Les pièges du crépuscule est construit comme si on suivait vraiment le quotidien de Max Liebermann et de ce fait, l'enquête devient parfois secondaire, au profit d'autres petites trames, comme les histoires d'amour de Liebermann, les cas psychiatriques qu'il étudie ou sa passion pour la musique ou la nourriture (beaucoup d'allusions aux excellentes pâtisseries viennoises qui donnent envie mais qui n'ont pas vraiment leur place ici). J'ai eu parfois l'impression que la trame partait un peu dans tous les sens et j'aurais souhaité plus d'attention sur les crimes eux-mêmes. Au final, j'ai trouvé l'enquête un peu bâclée et la fin relativement prévisible.

Je crois donc que là s'arrête mon aventure avec Les carnets de Max Liebermann.

Au début du XXe siècle, à Vienne, le corps d'un moine est découvert devant une des églises de la ville. Le psychiatre Max Liebermann est appelé sur les lieux par son meilleur ami, l'inspecteur Rheinhardt. Il apparaît que la victime, considérée par beaucoup comme un saint homme, était en fait un farouche militant antisémite. Si rapidement les soupçons se portent sur la communauté hassidique, Liebermann cherche une autre vérité à cette pénible affaire. Car pour tous les Juifs de la capitale autrichienne, l'atmosphère se fait de plus en plus lourde, attisée par le maire en personne... Et tandis que la haine grandit, une ombre inquiétante l'accompagne, celle d'une créature de glaise, magique et vengeresse, le golem... L'Anglais Frank Tallis, par ailleurs docteur en psychologie, invente un tandem particulièrement original en associant un policier et un psychiatre détective, tous deux mélomanes de surcroît.

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 / catégorie policier

D'autres avis, tous plutôt mitigés, chez Sandra M., Flora et Marie-Claire.

TALLIS Frank, Les pièges du crépuscule, ed. 10/18 coll. Grands Détectives, 2009, 409p
TALLIS Frank, Darkness Rising, ed. Century, 2009, 391p

vendredi 16 octobre 2009

Mausolée de Rouja Lazarova


Vingt après la chute du Mur de Berlin, les récits sur la vie dans le bloc communiste commencent à fleurir, et après Enfant 44, voici que je reçois, dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE, Mausolée.

Rouja Lazarova nous invite à une plongée dans la Bulgarie communiste, de 1944 jusque à l'aube du XXIème siècle. A travers trois générations de femmes, Gaby, sa fille Rada et sa petite-fille Milena, qui est également la narratrice de ce récit, le lecteur découvre le quotidien du régime communiste, ses privations, ses peurs, sa corruption, ses répétitions et ses absurdités. Rouja Lazarova nous décrit un système cruel, auquel les trois femmes de ce récit vont opposer une résistence minime et silencieuse, mais une résistence tout de même.

J'ai trouvé cette immersion dans la Bulgarie communiste absolument fascinante. Depuis quelques années, j'ai l'impression que le système communiste est parfois un peu idéalisé et que les gens oublient trop facilement les atrocités commises sous l'URSS. Dans ce sens, j'ai trouvé Mausolée très pertinant, car sans forcer sur le dramatique, il nous montre les disparitions quotidiennes, les privilèges des membres du Parti et l'absurdité des décisions prises. J'ai également beaucoup aimé le récit de l'après-1989, avec le chaos des privatisations en masse, l'arrivée du capitalisme acharné et ses laissez-pour-compte.

Le style est agréable mais je dois avouer m'être perdue à plusieurs reprises dans les méandres de ce récit qui regorge de personnages secondaires et dont la chronologie est plutôt aléatoire. Certains éléments sont soulevés puis il faut attendre plusieurs dizaines de pages pour vraiment les comprendre. Cette construction, un peu anarchique, m'a empêchée de toujours apprécier ce récit et fait que j'ai eu du mal à me souvenir de tous les éléments de l'histoire.

Un bon roman donc, mais surtout un beau témoignage fictionnel (même si je soupçonne beaucoup de vécu derrière ce récit). En tous cas, il m'a donné envie de me replonger dans les photos de mon voyage en Bulgarie, en 1990 (et oui, je sais, quelle idée???) où j'ai pu assister à ce grand moment d'histoire.

Bulgarie 1944-1990. Un demi-siècle de communisme, de peurs et de trahisons, quand se taire devient le mot d'ordre de la survie. Gaby, sa fille Rada et sa petite-fille Milena survivent. Mais elles disent aussi leur haine du régime et rient de ses absurdités. En même temps que la peur, elles se transmettent le désir de révolte. Avec férocité. humour et tendresse. Rouja Lazarova raconte le totalitarisme à l'échelle des sans noms.

Née en Bulgarie communiste, Rouja Lazarova vit en France depuis 1991. Mausolée est son quatrième roman.

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010/catégorie roman

D'autres avis, tout aussi charmés, chez Sandra M., Flora, Armande et Marie-Claire.

LAZAROVA Rouja, Mausolée, ed. Flammarion, 2009, 331p.

mercredi 14 octobre 2009

BLOG-ANNIVERSAIRE


Le 14 octobre 2008, j'ai décidé de commencer ce blog, croyant en faire un carnet de lecture à usage plus ou moins personnel. Ne connaissant pas du tout la blogosphère littéraire, je ne pouvais deviner que j'allais devenir totalement accro aux échanges avec d'autres lecteurs passionnés, que ma PAL allait presque tripler en un an (et croyez-moi, si je ne participe pas (encore) à l'objectif PAL, c'est que le monstre est juste invincible) et que je prendrais autant de plaisir à rédiger ces billets.

Ma première idée en ouvrant ce blog était de mettre à l'honneur les récits de voyage et les livres sur l'Afrique, mais depuis que je lis vos blogs, mes lectures se sont tellement diversifiées que cet objectif est passé en arrière plan. Je promets cependant d'essayer d'y revenir un peu dès mai et la fin du Grand Prix des Lectrices de ELLE, qui cette année est plus tourné vers l'ancienne URSS que vers le continent Africain.

Encore un grand MERCI à tous ceux qui passent par ici et qui ainsi contribuent à faire vivre ce blog.

vendredi 9 octobre 2009

L'Homme qui m'aimait tout bas d'Eric Fottorino


Pour ceux qui aiment: L'Invention de la Solitude de Paul Auster

Dans L'Homme qui m'aimait tout bas, Eric Fottorino rend hommage à son père adoptif, Michel Fottorino, un kinésithérapeute originaire de Tunisie, à la suite de son suicide. Le récit alterne entre les interrogations inévitables sur cette mort choisie et des souvenirs de l'auteur qui remontent à la surface, provoqués par des petits gestes ou images du quotidien.

L'Homme qui m'aimait tout bas est un récit très personnel et c'est peut-être là le problème. Les souvenirs évoqués par l'auteur n'ont qu'un intérêt limité pour le lecteur et mettent celui-ci dans une position inconfortable de voyeur. D'un autre côté, Eric Fottorino décide de jouer la carte exhibitionniste en nous faisant partager tous ces moments de vie, mais refuse de pousser le concept jusqu'au bout en nous livrant les réponses à des questions telles que le contenu de la lettre laissée par son père, ou la raison du divorce de ses parents. J'aurais peut-être voulu mieux comprendre cet homme et ses actes, maintenant que l'auteur m'en avait dessiné les contours.

Malgré cela, j'ai été touchée par l'amour que dégage ce récit et la douleur qui transperce les pages quand l'auteur interpelle son père avec l'emploi du "tu", tel un dialogue sans réponse. Le style d'Eric Fottorino est également très beau et ce livre m'a vraiment donné envie de découvrir les romans de cet auteur, tels que Coeur d'Afrique ou Baisers de cinéma.

Un livre qui ne me laissera donc pas une empreinte indélébile mais qui peut apporter un éclairage intéressant aux lecteurs de Fottorino, qui s'est apparemment inspiré à plusieurs reprises de son père pour ses personnages. (L'auteur aurait d'ailleurs pu éviter de citer ses propres livres mais bon...) L'Homme qui m'aimait tout bas permet de découvrir cet auteur, côté intime, pour ensuite peut-être mieux appréhender son oeuvre. A noter également que ce livre faisait partie de la 1ère sélection en lice pour le Goncourt 2009, mais qu'il n'a pas passé le cap du 2ème tour.

Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait " à l'ancienne ", ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. " Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil ", écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.

Éric Fottorino est né en 1960 à Nice. Il est notamment l'auteur de trois romans publiés aux Éditions Gallimard, " Caresse de rouge " (prix François-Mauriac), " Korsakov " (prix des Libraires) et " Baisers de cinéma " (prix Femina).

D'autres avis chez Armande, Marie-Claire, Sandra M., Flora, Audrey A. et Bookomaton

Livre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE/catégorie document

FOTTORINO Eric, L'Homme qui m'aimait tout bas, ed. Gallimard, 2009, 148p.

lundi 5 octobre 2009

AND THE WINNER IS......


...... WOLF HALL de Hilary Mantel

Petite traduction du résumé, à ma sauce:

Dans les années 1520, Henry VIII règne sans partage mais n'a aucun héritier. Le Cardinal Wolsey, son conseiller principal, est chargé d'obtenir le divorce que le Pape refuse au Roi. C'est à ce moment qu'apparaît Thomas Cromwell, le premier subordonné de Wolsey, qui deviendra plus tard son successeur. Cromwell, fils d'un forgeron violent, est un génie politique, un excellent corrupteur, un charmeur, un tyran et un manipulateur. Impitoyable dans la poursuite de ses propres intérêts, son ambition politique et personnelle est sans limite. Il gère son agenda de réformes politiques, jonglant entre un parlement égocentrique et un Roi qui passe de passions romantiques à des rages meurtrières.

Wolf Hall est un vrai roman anglais qui explore la personnalité profonde des personnages et les ficelles de la politique. Avec une belle galerie de personnages et de nombreux rebondissements, Wolf Hall nous montre l'Angleterre des Tudors, comme une société inachevée, pleine de passions, de souffrance et de courage.

Hilary Mantel est née à Glossop, le 6 juillet 1952. Elle a étudié le droit à la London School of Economics et à l'Université de Sheffield. Elle a travaillé dans le social et a vécu au Botswana pendant 5 ans, et en Arabie Saoudite pendant 4 ans. Elle rentre en Grande Bretagne dans les années 80. Ses précédents livres sont Eight Months on Ghazzah Street (1988), Fludd (1989), A Place of Greater Safety (1992) sur la Révolution Française, A Change of Climate (1994) (Changement de Climat, ed. Gaïa), An Experiment in Love (1995), The Giant, O’Brien (1998) , Giving Up the Ghost: A Memoir (2003), Learning to Talk: Short Stories (2003) and Beyond Black (2005) (La Locataire, ed. Joëlle).

Pour ma part, je suis très contente de ce choix et Wolf Hall est déjà en bonne place sur ma LAL.

Pour une interview de l'auteure (en anglais), cliquez ici.

jeudi 1 octobre 2009

Tag des livres


A girl from earth m'a taguée sur ce questionnaire très sympa et après de longues réflexions, voici enfin mes réponses:

1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture?

Toute la série des Oui Oui de Enid Blyton et les versions simplifiées de Jane Eyre de Charlotte Bronte et de Croc-Blanc de Jack London.

2. Quel est le chef-d'oeuvre "officiel" qui te gonfle?
La Métamorphose de Kafka et Madame Bovary de Flaubert (que j'ai promis de relire... un jour)

3. Quel classique absolu n'as-tu jamais lu?
J'ai beaucoup de lacunes côté classiques, mais, eh, je suis encore jeune ;-) Par exemple: 1984 de George Orwell (qui est dans ma liste Blog-O-Trésors), plusieurs Jane Austen, et Le Rouge et le Noir de Stendhal. Il y a encore du boulot!

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as "honte" d'aimer?
Je n'ai pas "honte" mais j'avoue avoir eu une grande phase "Bicyclette Bleue" de Régine Desforges. Et depuis, impossible de passer à côté d'un nouvel opus, même si je les trouve de plus en plus mauvais.

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer?
Dernièrement, je me suis sentie assez seule sur Enfant 44 de Tom Rob Smith, dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE.

6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier?
Wildlife: Mon combat pour sauver les trésors naturels de l'Afrique de Richard Leakey, parce qu'il traite d'un sujet qui me tient à coeur, à savoir la lutte contre le commerce de l'ivoire, et que même si le style laisse à désirer, le récit de Leakey est passionnant.

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer?
Quelle Famille! de Tom Sharpe.

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire?
Je ne relis pas vraiment mais peut-être la série des Rougon Macquart de Zola, j'aime pouvoir faire des nouveaux liens entre les personnages quand j'ai lu un livre supplémentaire de la série.

9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité?
N'importe quel récit de voyage d'Ella Maillart, de Nicolas Bouvier ou de Paul Theroux.

10. Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes?
Euh... Je ne vois pas... Peut-être une petite larme à la fin de L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery

11. Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique?
Je n'irais pas jusqu'à parler de "forte émotion érotique" mais j'ai trouvé, à l'époque lointaine de mon adolescence (j'exagère là...) que les Bicyclettes Bleues comportaient plusieurs scènes assez osées.

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte?
Un énorme pavé dont je repousse toujours la lecture, par exemple Guerre et Paix de Tolstoï ou Les Misérables de Victor Hugo.

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience?
Je ne suis pas trop "suite" mais j'aimerais bien lire le dernier Daniel Kehlmann que j'ai vu en anglais en librairie la semaine passée.

14. Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi?
La trilogie du Seigneur des Anneaux de Tolkien, que je croyais vraiment inadaptable.

Voilà, j'ai vu que beaucoup avaient déjà répondu à ce tag, mais si je ne m'abuse, Hermione, Stephie et Bouquineuse n'y sont pas encore "passées". Si le coeur vous en dit...