vendredi 26 février 2010

Sauver sa peau de Lisa Gardner


Pour ceux qui aiment: Marie Higgins Clark

Annabelle Granger fuit depuis son enfance, emmenée par son père à travers tous les Etats-Unis pour se soustraire à une menace qui reste cependant invisible. Vingt-cinq ans plus tard, une fosse contenant six corps de petites filles est découverte à Boston et parmi les victimes, le nom d'Annabelle Granger est évoqué. Cette dernière décide alors de sortir de l'ombre et de coopérer à l'enquête policière de D.D. Waren et de Bobby Dodge.

Sauver sa peau est un polar plutôt classique. Toutes les ficelles du genre sont bien présentes à savoir les inspecteurs aux passés tourmentés, la jolie victime à protéger, un bel inspecteur respirant la testostérone mais avec quelques fêlures pour le côté attachant, une petite histoire d'amour etc. Dans ce sens, la comparaison de l'éditeur avec Marie Higgins Clark est assez pertinente.

Mais au final, ce livre est, à mon sens, trop cliché. Si l'ensemble n'est pas déplaisant, j'ai trouvé l'enchainement un peu gros, la résolution de l'affaire trop facile grâce au témoin providentiel qui explique tout et la fin plutôt ridicule.

Sauver sa peau restera donc pour moi un polar moyen, pas désagréable mais pas franchement original ou inoubliable. Une lecture de vacances, pourquoi pas...

Elle se croit en sécurité. Mais il attend son heure. Depuis vingt-cinq ans... Sally, Cindy, Lucile... Depuis l'enfance, Annabelle Granger s'est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d'histoire... Sans qu'on lui donne la moindre explication. La découverte, dans une chambre souterraine de l'ancien hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes mortes des années auparavant fait la une des journaux. Un nom sur un médaillon identifie l'une des petites victimes Annabelle Granger. L'heure n'est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l'ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l'attend. Depuis vingt-cinq ans... Le début intrigant d'un suspense qui ne l'est pas moins... et a propulsé Lisa Gardner en tête des listes des meilleures ventes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où elle est considérée aujourd'hui comme l'égale des plus grandes romancières du genre.

En quelques années, Lisa Gardner s'est imposée aux Etats-Unis sur toutes les listes des meilleures ventes. Avec Sauver sa peau, salué par la presse anglo-saxonne comme son meilleur roman à ce jour, elle rejoint dans Spécial Suspense les Mary Higgins Clark et Patricia MacDonald qui ont fait la renommée de la collection.

Livre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE / catégorie policier

D'autres avis chez Sandra M., Snowball, Sophielit, Jostein, Le Bookomaton, Flora et Armande

GARDNER Lisa, Sauver sa peau, ed. Albin Michel, coll. Spécial suspense, septembre 2009, 415p. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Deniard.
GARDNER Lisa, Hide, ed. Bantan Books, janvier 2007, 384p.

lundi 22 février 2010

La Circoncision de Bernhard Schlink


Cinquante ans après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, Sarah, juive américaine, et Andi, un jeune Allemand, essaient de vivre leur amour malgré le poids de l'histoire.

C'est un résumé bien court pour une nouvelle qui offre cependant une réflexion vraiment intéressante. J'ai beaucoup aimé cette histoire simple d'une relation qui débute, qui permet à Bernhard Schlink de développer sur la problématique du fardeau du passé pour les nouvelles générations d'Allemands. En effet, les jeunes Allemands, nés bien après la guerre, doivent-ils porter la culpabilité de leurs ainés? Jusqu'à quand? La Circoncision aborde également la question (brûlante) des relations interculturelles et interreligieuses.

Une très belle nouvelle, dont la réflexion porte bien plus loin que les 85 pages qui la composent.

Après cette première découverte réussie avec l'auteur, je me réjouis de lire les autres ouvrages de Schlink qui trainent dans ma PAL, en particulier Le Liseur et Le Week-end.



Cette lecture fait partie du Challenge 2 Euros de Cynthia





SCHLINK Bernhard, La Circoncision, ed. Gallimard (folio), 2001, 85p.,traduit de l'allemand par Bernard Lortholary et Robert Simon
SCHLINK Bernhard, Die Beschneidung dans Liebesfluchten, ed. Diogenes Verlag, février 2000, 307p.

mercredi 17 février 2010

Les Insomniaques de Camille de Villeneuve


Les Insomniaques raconte la vie des descendants du Marquis Jean-André d'Argentières, avec comme point de départ la mort de ce dernier en 1946. Le lecteur suit quatre générations de cette famille noble à travers les tracas de l'histoire de France, de l'après-guerre jusqu'à l'aube du XXIème siècle. Camille de Villeneuve aborde ainsi la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie, en passant par des thèmes aussi divers que la montée du féminisme en France ou les années SIDA. Les Insomniaques se concentre toutefois principalement sur le déclin de cette noblesse, qui lutte pour conserver ses avantages, et qui préfère s'appuyer sur son passé glorieux plutôt que de s'adapter à une nouvelle époque.

J'aime beaucoup les sagas familiales et les Insomniaques entre totalement dans cette catégorie en suivant l'évolution des Argentières sur un demi-siècle. J'ai bien aimé l'ambiance du livre et les descriptions de cette noblesse confrontée à un nouveau siècle moins clément à leurs égards. Le style est également agréable et plutôt mature pour une auteure de 28 ans. Enfin, j'ai trouvé la généalogie fournie au début du livre très pratique pour suivre tous les personnages et leurs liens familiaux.

Pas de fausse note pour ce livre à première vue et j'ai été séduite par la première partie des Insomniaques. Mais voilà, après plusieurs centaines de pages, j'ai commencé à ressentir une certaine lassitude. J'avais l'impression de lire une succession d'événements sans réels liens et j'ai trouvé que les personnages n'étaient pas traités en profondeur. Le lecteur ne fait que de jongler de l'un à l'autre sans vraiment s'y attacher et donc sans vraiment s'intéresser à leur sort. Je pense que ce livre aurait bénéficié d'être raccourci d'une centaine de pages pour conserver le plaisir du lecteur, qui, à force, se noie dans des événements superflus.

Les Insomniaques demeure toutefois une lecture sympathique. Un bon premier roman pour Camille de Villeneuve, et une auteure sur laquelle je garderai un oeil à l'avenir.

A la mort en 1946 du vieux marquis d'Argentières, ses héritiers se voient contraints de renoncer au train de vie qui fut le leur durant des siècles. Ils vont désormais s'appliquer à en conserver l'essentiel - un château en Anjou et un hôtel particulier à Paris - alors que, pendant plus d'un demi-siècle, la France connaît des bouleversements : guerres d'Indochine et d'Algérie, Mai 68, loi IVG, années Sida, crises économiques, etc. Ces événements, les Argentières les vivront à leur manière, à la fois dans et hors du temps, comme s'ils ne pouvaient pas se laisser emporter au creux du fleuve de l'existence ordinaire. Persuadés d'être protégés par la grandeur passée de leurs ancêtres, ces personnages fiers et fragiles tenteront, tout au long de ce roman foisonnant, de répondre à la question insistante qui leur est posée - à eux, mais aussi à chacun de nous : comment porter le poids d'une histoire familiale ? Ou peut-être, plus encore : comment s'en libérer ?

Camille de Villeneuve a vingt-huit ans. Avec Les insomniaques, elle signe son premier roman.


Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 / catégorie roman

D'autres avis chez Marie-Claire, Sophielit, Armande, Solenn, Flora, Bookomaton et Jostein qui soulignent presque tous le potentiel de l'auteure sans vraiment avoir été séduits par ce premier essai.

de VILLENEUVE Camille, Les Insomniaques, ed. Philippe Rey, août 2009, 603p.

vendredi 12 février 2010

Wiener Dog Art de Gary Larson


Pour ceux qui aiment: Le Chat de Geluck

Histoire de me remonter le moral dans cette grisaille hivernale, j'ai piqué cet ouvrage de Gary Larson dans ma bibliothèque. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, Gary Larson est un dessinateur humoristique américain qui fait des gags sur une planche. Ses thèmes sont souvent très absurdes et mettent en scène des insectes, des chiens ou encore des vaches à caractère humain ou des personnes totalement déconnectées de la planète terre.

J'ai bien aimé cet album de la collection Far Side. J'y ai retrouvé l'humour simple de Gary Larson, ses gags drôles... mais pas hilarants. Avec Gary Larson, on sourit de la situation étrange, sans éclater de rire. Wiener Dog Art comprend également une partie très loufoque sur le teckel (le wiener dog en anglais) dans l'histoire de l'art. Si les planches sont bien pensées, j'ai trouvé cette partie moins drôle que les planches traditionnelles de Larson.

Au final, un album plutôt inégal mais qui m'a quand même reposé les neurones, et un dessinateur à découvrir pour son humour si particulier.

Je ne crois pas que ce livre soit traduit en français mais il existe un album de Gary Larson aux éditions Dupuis. Gary Larson est autrement idéal pour rafraîchir son anglais, le texte dépassant rarement une phrase pour chaque image.

LARSON Gary, Wiener Dog Art, A Far Side Collection, ed. Andrews and McMeel, 1990, 108p.

mardi 9 février 2010

La Nouvelle Zélande: Une île pleine de surprises végétales et animales

Débordée en ce moment, je m'excuse de mon manque de fréquentation de vos blogs. J'ai un boulot monstre que j'essaie désespérément de terminer entre les jours où je reste clouée au lit à cause d'un mauvais refroidissement et d'une récente entorse. Mais je vous rassure, je lis, bien sûr, et j'ai même 4-5 billets en retard.

Pour vous faire patienter, je vous propose ce 2ème épisode de photos. Aujourd'hui, je vous fais découvrir la faune et la flore si particulière de la Nouvelle Zélande. Etant une grande amoureuse de la nature et en particulier de la faune sauvage, je peux vous assurer que je me suis régalée. La Nouvelle Zélande est en effet très attachée à ses spécificités, dûes à son statut insulaire, et les programmes de conservation sont vraiment impressionnants.

Pour commencer, la fameuse "Silver Fern", emblème de la Nouvelle Zélande et les différentes étapes de l'éclosion des branches de ces fougères que je trouve fascinantes.

Les fameux kauris, ces arbres géants qui ont malheureusement été largement abattus.

Je ne connais pas le nom de ces fleurs mais si un botaniste passe par là et peut me renseigner... Photo prise dans le Parc National Abel Tasman.

Un cygne noir



Les otaries que l'on trouve dans l'ile du sud, entre autres près de Kaikoura ou dans le Parc National d'Abel Tasman. Je n'ai malheureusement pas de photos valables des baleines et des dauphins que nous avons pu admirer. Nous avons préféré les filmer pour ne rien perdre du spectacle. Mais c'est une activité incontournable si vous vous rendez en Nouvelle Zélande. Tout simplement magnifique!!!

Le grand absent du voyage: le kiwi. Nous n'avons pas pu admirer cet oiseau nocturne si particulier, endémique à la Nouvelle Zélande et incapable de voler. Je profite pour rappeler que le kiwi est menacé d'extinction en raison de la déforestation et des prédateurs introduits en Nouvelle Zélande (rats, opossums, chats, chiens, furets etc. )


Par contre nous avons aperçu ce tuatara, un reptile préhistorique, seul survivant d'un lignée cousine des lézards, et qui possède toujours un troisième oeil placé au centre du crâne.


Voilà pour ce petit (et très partiel) aperçu des merveilles naturelles de la Nouvelle Zélande. La prochaine fois, je vous emmène au Tongariro Crossing, qui a servi de décors pour les scènes du Mordor.

mardi 2 février 2010

The Great Gatsby de F. Scott Fitzgerald


Parler d'un classique de la littérature américaine n'est pas chose aisée et ce livre a déjà été décortiqué par tellement de personnes que je vais vous épargner une longue analyse.

The Great Gatsby suit les pas de Nick Carraway, un jeune trentenaire de la bonne société du Middle West, qui débarque à New York et s'installe à West Egg, Long Island. Son voisin, Jay Gatsby, va très vite attirer son attention. En effet, renommé pour ses fêtes hallucinantes, Jay Gatsby est cependant la cible des rumeurs les plus folles sur ses origines. Distant de ses invités, Gatsby ne poursuit en fait qu'un seul but: attirer l'attention de la belle et inaccessible Daisy Buchanan.

The Great Gatsby dépeint avec brio la bonne société américaine des années 20, bercée de Jazz et d'alcool. Fitzgerald décrit à merveille cette classe, insouciante, capricieuse, ivre de plaisir, et fuyant toute responsabilité.

J'ai apprécié cette histoire, même si j'ai eu beaucoup de mal à sympathiser avec les personnages tellement leur conduite est difficile à appréhender et parfois condamnable. J'ai, à plusieurs reprises, eu l'impression de rester un peu en marge du récit. Cependant, j'ai beaucoup aimé le thème de la division des classes et les différences de langages, de distractions et d'opinion de chaque groupe, très bien décrites par Fitzgerald. Je pense donc que je relirai ce texte pour m'en faire une opinion plus précise.

Un classique, à la fois récit d'amour, d'ambition, d'espoir et de vengeance. Une brillante peinture sociale de la haute société américaine des années 20, caractérisée par son immoralité. The Great Gatsby est cependant plus un livre à analyser qu'un livre à lire pour le plaisir, et ceci n'est en rien une critique.

J'aurais pu tricher et inclure ce livre dans un challenge Lire en VO, ou 100 ans de littérature américaine, mais il fait en fait partie de mon challenge Blog-O-Trésors (3/4). Un petit conseil cependant à ceux qui voudraient lire ce livre en VO: je dois dire que j'ai trouvé le style et le vocabulaire parfois assez ardus.

FITZGERALD F. Scott, The Great Gatsby, ed. Penguin, coll. Penguin Popular Classics, 1994 (first published 1926), 187p.
FITZGERALD F. Scott, Gatsby le Magnifique, ed. LGF, coll. Livre de Poche, 1976, 250p.