vendredi 28 mai 2010

Grand Prix des Lectrices de ELLE: Les résultats

Vous le savez déjà sûrement, les résultats du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 sont tombés mercredi soir et seront annoncés officiellement dans le ELLE d'aujourd'hui. Les gagnants sont donc: cliquez sur l'image pour les billets correspondants

catégorie roman: Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé, Editions de l'Olivier



catégorie policier: Les Visages de Jesse Kellerman, ed. Sonatine


catégorie document: L'Homme qui m'aimait tout bas d'Eric Fottorino, ed. Gallimard


Je ne vous cache pas que je suis déçue des résultats. Je n'ai pas vraiment été séduite par Ce que je sais de Vera Candida et j'ai trouvé L'Homme qui m'aimait tout bas merveilleusement bien écrit mais très dérangeant voire sans grand intérêt pour le lecteur par son contenu. Par contre, je suis très contente du prix accordé aux Visages de Kellerman que j'ai trouvé original et bien construit et je fais un petit clin d'oeil à Olivier qui sera sûrement très content également de ce résultat ;-) Un excellent début pour la jeune maison d'édition Sonatine sur laquelle je vais définitivement garder un oeil attentif.

Voilà, la belle aventure ELLE s'arrête ici, enfin pas tout à fait, car il me reste encore trois billets à publier sur mes lectures du prix. Encore une fois, une très bonne année ELLE à toutes les nouvelles jurées et bon week-end à tous!

mercredi 26 mai 2010

Grand Prix des Lectrices de ELLE: Le Bilan


Voilà presque une année que l'aventure ELLE a commencé pour moi et à l'approche de l'annonce des résultats, qui aura lieu à Paris ce soir, j'ai décidé de dresser un petit bilan de cette aventure.

Après la grande excitation du début, je me suis peu à peu installée dans un rythme de croisière pour mes lectures. Heureusement, je n'ai pas eu trop de peine à respecter les délais pour l'envoi de mes commentaires. J'ai cependant parfois regretté de ne plus pouvoir lire autant la presse qui est normalement un passage obligé de ma journée. Ma PAL a également grandement souffert: je l'ai en effet pratiquement abandonnée durant toute la durée du prix. Un agenda de lecture assez contraignant donc mais l'expérience en valait largement la chandelle.

Côté lecture, il y a eu quelques coups de coeurs, plusieurs belles découvertes mais également plusieurs livres "boulets" pour lesquels j'ai vraiment dû me faire violence. C'est le jeu! Je me réjouissais tout particulièrement de la catégorie document, une section que j'oublie souvent de visiter lors de mes excursions en libraire. Après des débuts manqués, j'ai repris du poil de la bête sur la fin avec des documents historiques passionnants. J'attendais quand même plus de livres un peu "sérieux" sur la crise économique, le changement climatique, l'histoire (en particulier avec l'anniversaire de la chute du Mur de Berlin). Est-ce que parce qu'on lit un magazine féminin, on ne peut s'intéresser qu'aux déboires des relations parents-enfants plutôt qu'à l'actualité? Côté romans, je n'ai étonnement pas eu de coups de coeur même si plusieurs livres m'ont enchantée. Enfin, pour ce qui est des policiers, un genre pour lequel je suis assez exigeante n'étant pas très bon public, je suis passée du chaud au froid avec des thrillers très réussis et d'autres complètement clichés.

J'ai beaucoup aimé partager mes impressions avec mes collègues jurées-blogueuses. Nos avis parfois totalement opposés (surtout avec Marie-Claire ;-)) sont le signe de la belle diversité du jury. Je salue donc Marie-Claire, Le Bookomaton, Armande, Sandra M., Flora, Sophielit, Snowball, Jostein, Kornaline et toutes les autres qui sont venues poster des commentaires sur ce blog. J'espère que l'aventure vous a plu. Je remercie également la rédaction d'ELLE pour la très bonne organisation de ce prix. Je regrette simplement de ne pas pouvoir me rendre à la remise des prix de ce soir. La rédaction nous avait donné la date provisoire du jeudi 27 mai avant de l'avancer d'un jour. Malheureusement, ayant déjà réservé mon billet de TGV, hôtel, etc et ne pouvant me rendre à Paris en plein milieu de semaine, je louperai donc cette soirée, la rencontre avec les auteurs et le cocktail dînatoire (et oui, il n'y a pas que la nourriture spirituelle dans la vie) pour moins de 12h. Je profiterai quand même d'un petit séjour parisien de quatre jours...

Sans rien révéler des résultats, voici "mes gagnants": (cliquez sur l'image pour le billet correspondant)

Catégorie roman: ou

Catégorie policier: ou

Catégorie document:ou

Voilà, comme je serai à Paris ces prochains jours, j'espère pouvoir vous donner les résultats très vite, probablement vendredi en même temps que l'annonce officielle dans le ELLE. En attendant, je souhaite une très belle aventure aux nouvelles jurées pour le Prix 2011, en particulier Ankya qui a eu une crise d'hystérie similaire à la mienne à l'annonce de sa sélection ;-). J'espère que tu prendras beaucoup de plaisir cette année et je me réjouis de suivre cette aventure sur ton blog.

A très bientôt pour les résultats et la clôture de l'aventure ELLE 2010.

mardi 25 mai 2010

Les saisons de la solitude de Joseph Boyden

Les saisons de la solitude nous emmène à la rencontre de la communauté indienne de Moosonee, au nord de la province canadienne d'Ontario. A travers les récits croisés d'Annie, une jeune femme indienne à la recherche de sa soeur Suzanne, et celui de son oncle Will, plongé dans le coma, le lecteur découvre la vie de cette famille Cree, écartelée entre les traditions ancestrales de son peuple et les affres du 21ème siècle.

Avant d'aborder cette lecture, je craignais un peu que ce livre reprenne le mythe du bon indien, proche de la nature et supérieur à nous, pauvres citadins. N'ayant pas (encore) lu le premier livre de Joseph Boyden, Chemin des âmes, je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais les nombreuses louanges lues ici et là sur vos blogs me laissaient cependant espérer un bon moment de lecture.

Et ce fut le cas. Loin des clichés mentionnés ci-dessus, Les saisons de la solitude décrit un univers non pas idéalisé mais au contraire emprunt d'une violence brute. Joseph Boyden aborde ainsi à la fois les thèmes plutôt attendus de la nature et de la chasse mais parle aussi d'alcoolisme, de violence et de drogue et emmène même le lecteur à la découverte du milieu de la mode de Toronto, Montréal et New York et de celui des bikers. Au final, Les saisons de la solitude est un récit résolument moderne, et, je pense, plutôt fidèle à la condition des Indiens d'aujourd'hui. L'ambiance est prenante et la construction et la distillation des éléments de l'intrigue vraiment très réussie.

Un très beau roman donc, dont les 500 pages s'avalent toutes seules et qui trouvera certainement à se faire une petite place dans vos PAL.

Traduit en quinze langues, salué par Jim Harrison, Le chemin des âmes, premier roman aussi ambitieux qu'obsédant, a révélé Joseph Boyden comme l'un des meilleurs écrivains canadiens. Les saisons de la solitude reprend la trame de cette oeuvre puissante, entremêlant deux voix et deux destins : Will, un ancien pilote, plongé dans le coma après une agression ; Annie, sa nièce, revenue d'un long et pénible voyage afin de veiller sur lui. Dans la communion silencieuse qui les unit, se lisent leurs drames et conflits les plus secrets. Prend alors forme une magnifique fresque individuelle et familiale, celle des Indiens d'Amérique d'aujourd'hui, qui nous entraîne de l'immensité sauvage des forêts canadiennes aux gratte-ciel de Manhattan. Ce roman saisissant, porté par la poésie brute de Joseph Boyden et l'humanité de son regard, a été couronné à l'automne 2008 par le plus grand prix littéraire canadien, le Giller Prize.

Livre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 / catégorie roman

BOYDEN Joseph, Les saisons de la solitude, ed. Albin Michel, coll. Terres d'Amérique, août 2009, 507p., traduit de l'anglais (Canada) par Michel Lederer.
BOYDEN Joseph, Through Black Spruce, ed. Penguin Canada, 2008

vendredi 21 mai 2010

Les Visages de Jesse Kellerman


Ethan Muller est un jeune galeriste new-yorkais. Il découvre un jour, dans d'étranges circonstances, le travail artistique d'un asocial, Victor Crake, mystérieusement disparu en laissant derrière lui des centaines de cartons de dessins. Ethan s'enthousiasme pour le génie de cet inconnu et l'exposition organisée dans sa galerie est un succès. Mais quand un policier à la retraite croit reconnaitre dans les dessins de Victor Crake des enfants assassinés bien des années plus tôt, Ethan se lance à corps perdu à la recherche de la vérité sur cette affaire.

Les Visages me faisait envie depuis quelques mois déjà et j'ai sauté de joie en apprenant qu'il ferait partie de la sélection ELLE. Rassurez-vous, je n'ai pas été déçue. L'intrigue est très bien construite et le style est, à mon avis, bien au-dessus de la moyenne des romans policiers.

J'ai beaucoup aimé la forme du "polar involontaire". En effet, le narrateur, Ethan, est un galeriste et il nous raconte son histoire sous forme de confessions, en interpellant parfois le lecteur. On évite ainsi les ficèles habituelles de la vie du commissariat, de l'inspecteur un peu paumé mais héroïque, de la belle et fragile victime etc. Dans ce sens, Les Visages est le parfait contraire de Sauver sa peau, un autre polar sélectionné dans cette catégorie par le Prix ELLE. Ici, aucun cliché, simplement la vie d'un homme normal, embarqué dans une histoire exceptionnelle.

Si je devais chercher la petite bête, je dirais que j'ai ressenti un petit "coup de mou" dans la deuxième partie, mais au final, ce rythme un peu plus lent entre bien dans la forme du livre décrite ci-dessus, pour laquelle une fin trépidante n'aurait pas convenu.

Un polar décidemment original, mais peut-on vraiment le classer comme un polar alors qu'il présente bien plus qu'une simple enquête, en particulier une intéressante histoire familiale. A Lire!

Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession. C'est le début d'une spirale infernale à l'intensité dramatique et au coup de théâtre final dignes des plus grands thrillers. Bien loin des polars calibrés habituels, Jesse Kellerman, styliste hors pair, nous offre ici un roman d'une indéniable qualité littéraire qui, doublée d'une intrigue machiavélique, place d'emblée le livre au niveau des plus grandes réussites du genre, tels Mystic River, de Dennis Lehane, ou L'Analyste, de John Katzenbach.
Jesse Kellerman est né en 1978. Il est le fils des écrivains Jonathan et Faye Kellerman. Les Visages est son premier roman publié en France.


Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE / catégorie policier

D'autres avis répertoriés sur Blog-O-Book.

KELLERMAN Jesse, Les Visages, ed. Sonatine, octobre 2009, 472p., traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Julie Sibony.
KELLERMAN Jesse, The Genuis, ed. Putnam Adult, avril 2008, 384p.

mardi 18 mai 2010

Le testament caché de Sebastian Barry


Pour ceux qui aiment: L'Irlande

Le testament caché regroupe les récits croisés de Roseanne, une vielle femme de 100 ans, internée dans l'asile psychiatrique de Roscommon depuis de nombreuses années et celui du Docteur Grene, psychiatre chargé d'évaluer Roseanne en vue de la fermeture définitive de l'asile. Au fil de leur entrevues ainsi que des confessions de chacun recueillies dans des carnets intimes, le lecteur découvre l'histoire de ces deux personnages et plus généralement de l'Irlande.

Je ressors de cette lecture un peu mitigée. Je ne connais pas très bien l'Irlande et son histoire et j'ai donc apprécié découvrir plus en détails la guerre civile et ses conséquences pour l'histoire de ce pays. La trame est également touchante et j'ai aimé la forme de ce livre, avec l'alternance entre les confessions de Roseanne et celles du Docteur Grene.

Malheureusement, j'ai trouvé le rythme de ce livre un peu lent. J'ai eu l'impression de ne pas avancer et j'ai trouvé plusieurs chapitres des confessions du Docteur Grene sur la relation avec sa femme assez rébarbatifs. J'ai également eu beaucoup de peine à m'habituer au style de Sebastian Barry. Je ne peux pas dire si la traduction est un bon reflet du style de l'auteur (selon Mr. Z qui a lu A Long Long Way, ça a l'air d'être le cas) mais l'écriture est trop lyrique pour moi.

Petit extrait:

"Je crois que la seule chose que nous puissions offrir au ciel est la sincérité humaine. Je veux dire, aux portes de saint Pierre. Avec un peu de chance, cela sera comme le sel dans des royaumes sans sel, comme des épices dans les pays du Nord. Quelques grammes dans la besace de l'âme, offerts au moment où nous demandons à entrer. Ce qu'est la sincérité divine, je l'ignore. Mais je dis cela afin de m'armer de courage pour ma tâche. " p.107

Enfin, j'ai été déçue par le twist final que j'ai trouvé plutôt inutile. J'aurais préféré une fin plus réaliste ou du moins plus simple.

Un moment de lecture qui reste agréable mais qui ne comble pas mes attentes. Je ne suis pas sûre de poursuivre ma route avec cet auteur. J'ai l'impression que tous ses livres se ressemblent et traitent du même sujet. Je piquerai peut-être quand même A Long Long Way, vu qu'il se trouve déjà dans la bibliothèque familiale.

Roseanne McNulty a cent ans ou, du moins, c'est ce qu'elle croit, elle ne sait plus très bien. Elle a passé plus de la moitié de sa vie dans l'institution psychiatrique de Roscommon, où elle écrit en cachette l'histoire de sa jeunesse, lorsqu'elle était encore belle et aimée. L'hôpital est sur le point d'être détruit, et le docteur Grene, son psychiatre, doit évaluer si Roseanne est apte ou non à réintégrer la société. Pour cela, il devra apprendre à la connaître, et revenir sur les raisons obscures de son internement. Au fil de leurs entretiens, et à travers la lecture de leurs journaux respectifs, le lecteur est plongé au coeur de l'histoire secrète de Roseanne, dont il découvrira les terribles intrications avec celle de l'Irlande. A travers le sort tragique de Roseanne et la figure odieuse d'un prêtre zélé, le père Gaunt, Sebastian Barry livre ici dans un style unique et lumineux un roman mystérieux et entêtant.

Sebastian Barry est né à Dublin en 1955. À la fois romancier, poète et dramaturge, il est reconnu comme l'une des voix les plus importantes de l'Irlande d'aujourd'hui. Ses romans Annie Dunne et Un long, long chemin ont paru aux Éditions Joëlle Losfeld respectivement en 2005 et 2006. Le testament caché figurait sur la shortlist du Man Booker Prize 2008, et a obtenu le prix Costa Book of the Year cette même année. Il a également décroché en 2009 le prix Hughes and Hughes Irish Novel of the Year.


Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 / catégorie roman

D'autres avis répertoriés chez Blog-O-Book.

BARRY Sebastian, Le testament caché, ed. Joelle Losfeld, septembre 2009, 329p., traduit de l'anglais (Irlande) par Florence Lévy-Paolini.
BARRY Sebastian, The Secret Scripture, ed. Faber and Faber, avril 2008, 320p.

vendredi 14 mai 2010

The Secret Speech (Kolyma) de Tom Rob Smith

Pour ceux qui aiment: Enfant 44 (of course) mais aussi La vengeance dans la peau de Robert Ludlum

Le premier livre de Tom Rob Smith, Enfant 44, fait partie de mes coups de coeur 2009. Autant dire que je n'ai pas résisté longtemps avant d'acheter la suite.

On retrouve en effet dans ce deuxième opus Leo et les autres personnages d'Enfant 44 en 1956, dans un contexte poststalinien. Une confusion extrême règne peu après la mort de Staline, quand son successeur, Khrushchev, prononce devant le 20ème Congrès du Parti communiste le fameux "Secret Speech" qui condamne le culte de la personne de Staline et la tyrannie exercée durant ses années de pouvoir. Ce discours va semer la panique parmi les membres du parti et les officiers du MDG, devenu depuis KGB, obligés d'assumer leur responsabilité faces aux violences commises par le passé. Ces chamboulements ne vont pas épargner Leo et vont l'amener à découvrir les goulags de Sibérie, les bas-fonds de Moscou contrôlés par les gangs criminels des vory et Budapest, en pleine révolution contre l'occupation soviétique.

Je redoutais cette lecture car je pressentais une déception pour cette suite, sortie très (trop) rapidement après le succès d'Enfant 44. Et la déception fut bien au rendez-vous. Je n'ai en effet pas ressenti la tension et l'impatience éprouvées à la lecture des premières aventures de Leo. Le côté trop hollywoodien qui m'avait déjà un peu gênée dans Enfant 44 est ici encore accentué et j'ai vraiment eu parfois l'impression de lire un scénario de film d'action. Un petit regret également concernant l'abandon du côté plus policier pour le genre roman d'action à la Jason Bourne. Dommage car je trouvais le concept de roman policier en URSS plutôt intéressant. Enfin, un petit bémol supplémentaire pour l'édition en anglais qui présente tous les dialogues en italique. Grrrr!

The Secret Speech n'est toutefois pas un mauvais roman, il souffre simplement de la comparaison avec son prédécesseur. L'intrigue reste prenante et le contexte historique est toujours aussi passionnant. Si vous avez aimé Enfant 44, vous lirez sûrement avec plaisir cette suite.

The Soviet Union 1956: after Stalin's death, a violent regime is beginning to fracture. It leaves behind a society where the police are the criminals, and the criminals are innocent. Stalin's successor Khrushchev pledges reform. But there are forces at work that are unable to forgive or forget the past. Leo Demediov, former MGB officier, is facing his own turmoil. The two young girls he and his wife Raisa adopted have yet to forgive him for his past in the brutal murder of their parents. They are not alone. Leo, Raisa and their family are in grave danger from someone with a grudge against Leo. Someone transformed beyond recognition into the perfect model of vengeance. Leo's desperate, personal mission to save his family will take him from the harsh Siberian Gulags, to the depths of the criminal underworld, to the centre of the Hungarian uprising and into hell where redemption is as brittle as glass.

Pour plus d'informations sur le Secret Speech et sur ses vastes implications, vous pouvez consulter la page wikipedia (en anglais).

SMITH Tom Rob, The Secret Speech, ed. Simon and Schuster, avril 2009, 449p.
SMITH Tom Rob, Kolyma, ed. Belfond, janvier 2010, 402p.

lundi 10 mai 2010

Diane Arbus de Violaine Binet

Violaine Binet dresse, dans ce livre, le portrait de la photographe américaine Diane Arbus. Née dans une famille aisée de Manhattan, surprotégée durant toute son enfance, Diane Arbus n’aura de cesse de photographier les « freaks », les rebus de notre société. Ses portraits, reflets sans fard de l’humanité, sont devenus des icônes de l’Amérique des années 60 et leur auteur un mythe.

Violaine Binet passe en revu la vie de l’artiste : son enfance aisée, son mariage passionné avec Allan Arbus, ses débuts de photographe dans leur studio de mode, son évolution jusqu’à la photographie d’art, jusqu’à la fin de sa vie et son suicide en 1971. J’ai trouvé intéressant que l’auteure ne se focalise pas uniquement sur la période artistique de Diane Arbus, mais tente de donner au lecteur une vue plus générale, un réel parcours de vie, qui permet d’appréhender les motivations et la personnalité de Diane Arbus.

Cependant, il manque à Diane Arbus un réel souffle qui ferait revivre la photographe. Le fond Diane Arbus est géré par sa fille Doon, et l’accès aux sources primaires est très contrôlé. Violaine Binet n’a pu consulter les lettres et autres documents de ce fond, et s’appuie donc sur quelques interviews faits en 2006, notamment avec son mari, Allan Arbus et sa soeur, Renee Nemerov Brown, mais principalement sur des ouvrages déjà publiés, en particulier Diane Arbus, an Aperture Monograph, Revelations : Diane Arbus ou encore l’ouvrage de Patricia Bosworth. N’ayant pas lu ces ouvrages, je ne peux réellement juger de l’apport du livre de Violaine Binet, mais à plusieurs reprises, j’ai ressenti que l’auteure recourrait à des interprétations subjectives en raison de son manque d’informations primaires. En particulier, la fin de vie de Diane Arbus m'a semblé totalement fantasmée.

Ce manque d’informations s’exprime également dans les diverses transgressions que l’auteure fait sur la vie d’autres personnages entourant Diane Arbus. Si la découverte du milieu des débuts de la photographie d’art est sans aucun doute intéressante, ces éléments semblent parfois servir à combler « les vides » laissés par le manque de sources primaires.

Concernant la forme, le style est sans prétention et facile à lire. Toutefois, j’ai trouvé irritant l’emploi de mots anglais, tels que "breakfast", "teenager" ou encore "date" (pour rendez-vous) qui ne se justifie pas. Enfin, même si Violaine Binet ne se focalise pas sur l’analyse des œuvres de Diane Arbus, j’aurais apprécié que cet ouvrage soit accompagné de quelques photographies, ces dernières étant souvent dépeintes par l'auteure sans que l'on sache, finalement, à quoi elles ressemblent.

En conclusion, un ouvrage qui m'a permis de mieux découvrir cette photographe, mais qui n'apporte, vraisemblablement, que peu d'éléments inédits.

A Londres, en janvier 2006, l'exposition consacrée à la photographe Diane Arbus s'achève en triomphe. La presse entière acclame ce travail longtemps jugé dérangeant, voire " pervers ", comme le disait Susan Sontag. Les collectionneurs s'arrachent les tirages à prix d'or. Quelqu'un manquerait-il à la fête ? Diane Arbus n'est plus là. En juillet 1971, à l'âge de 48 ans, un jour de moite chaleur new-yorkaise, un ami la trouve les veines tranchées dans sa baignoire. Diane Arbus, née Nemerov sur Central Park West, petite fille gâtée de la grande bourgeoisie juive américaine, puis mère de famille se levant à 5 heures du matin pour courir les cirques ou les asiles psychiatriques, est une exploratrice du Barnum américain. Passée par la photographie de mode, travaillant pour Condé Nast, Harper's Bazaar ou Vanity Fair, elle s'émancipe vite, se brûle au contact des damnés de la ville. C'est l'une des premières, sinon la seule avec Lisette Model, à saisir les ombres errantes de Manhattan : elle flashe au vif avaleurs de sabre, femmes à peau de serpent, nudistes militants, aliénés hilares, géants, jumelles sibyllines au regard de glace, photographiés dans des hôtels miteux ou des recoins hors la loi de Central Park. " Je suis née tout en haut de l'échelle et, toute ma vie, j'en ai dégringolé aussi vite que j'ai pu ", disait-elle. Dans cette biographie riche d'éléments inédits, portrait de femme fragile, Violaine Binet revisite l'une des grandes artistes de la photographie du vingtième siècle. Violaine Binet a été rédactrice en chef adjointe à Vogue pendant treize ans. Diane Arbus est son premier livre


Livre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010/catégorie document

BINET Violaine, Diane Arbus, ed. Grasset et Fasquelle, septembre 2009, 280p.




Pour un très bel aperçu du travail de Diane Arbus, vous pouvez consulter cet album online. Cliquez ici!


jeudi 6 mai 2010

Le Guérisseur d'Inger Ash Wolfe


Port Dundas, petite ville tranquille du Canada. Hazel Micallef, chef de la police, s'occupe des occasionnels accidents de la route et autres beuveries du weekend, malgré ses 61 ans et d'atroces maux de dos. Le meurtre de Delia Chandler, une habitante de 81 ans en phase terminale d'un cancer, retrouvée presque décapitée, va cependant troubler la placide routine de Port Dundas. Quand d'autres meurtres de malades en fin de vie surviennent dans la région, Hazel Micallef se lance à la poursuite d'un tueur en série d'un genre tout particulier.

Le Guérisseur est un polar plaisant, avec une idée de départ plutôt originale. En effet, peut-on parler de meurtre si la victime est consentante? L'était-elle vraiment? Comment le meurtier trouve-t-il ses victimes? Que recherche-t-il? Au fil des pages, on comprend peu à peu les raisons et les mécanismes de cette série de meurtres, grâce à l'avancée de l'enquête de Hazel Micallef et de son équipe, mais aussi, parrallèlement, en suivant le meurtrier dans sa quête.

Une enquête plutôt originale donc, mais un roman qui ne reste cependant pas sans défaut. J'ai trouvé le personnage d'Hazel Micallef intéressant mais les autres personnages du récit manquent de profondeur. La fin est également un peu bâclée. J'ai de plus été gênée pas le discours que j'ai perçu comme moralisateur sur le principe du "suicide assisté", une pratique rentrée plus ou moins dans les moeurs en Suisse, mais que l'auteur semble désapprouver.

Enfin, je suis légèrement irritée par l'intrigue sur l'identité de l'auteur. Les premières pages du livre nous annoncent un "auteur nord-américain connu". Je ne désapprouve pas l'idée d'écrire sous pseudonyme pour changer de registre ou pour s'assurer du regard neuf du lecteur, mais pourquoi alors l'annoncer au début du livre??? Tout cela sent un peu trop le coup marketing à mon goût. Pour lever le mystère, il s'agirait en fait du l'auteur canadien Russell Smith, que personnellement je ne connais pas...

En résumé, un polar original mais pas indispensable.

A Port Dundas, petite commune somnolente du Canada, Hazel Micallef, chef de police (par intérim) depuis plusieurs années déjà, 61 ans, divorcée, tourmentée par des maux de dos épouvantables, essaie vainement de noyer sa douleur dans les anti-inflammatoires et le whisky. Un jour semblable à tous les autres, un drame effroyable vient ébranler la quiétude de cette ville endormie. Une de ses habitantes est retrouvée sauvagement assassinée. La victime est une femme de 81 ans, atteinte d'un cancer en phase terminale. Son corps est découvert à son domicile, la gorge tranchée, exsangue et la bouche tordue en un affreux rictus. Jamais on n'a vu telle abomination dans la région. Mais deux jours plus tard, une affaire étrangement similaire est recensée à quelques centaines de kilomètres de là. Peu à peu, les cas se multiplient et Hazel se retrouve lancée à la poursuite d'un tueur en série bien particulier qui sillonne le pays d'ouest en est, mû par une macabre mission...

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE /catégorie policier

D'autres avis recensés chez Blog-O-Book.

WOLFE Inger Ash, Le Guérisseur, ed. Fleuve Noir, octobre 2009, 346p.
WOLFE Inger Ash, The Calling, ed. Bantam Press, avril 2008, 400p.

lundi 3 mai 2010

Salon du Livre de Genève


Je suis sur les rotules après un week-end exténuant mais tellement excitant. Car oui, le Salon du Livre de Genève se tenait la semaine passée et je n'ai bien sûr pas pu résister.

Une édition un peu décevante tout de même: beaucoup de stands non-littéraires, moins de maisons d'éditions ou sur des stands plus petits, beaucoup moins d'auteurs "intéressants" présents, une exposition de peinture Vallotton très lisse à mon goût... Bref, une édition un peu en dessous selon moi.

Rassurez-vous, cela ne m'a pas empêché de faire une razzia côté bouquins et comme d'habitude, le coin des soldes des livres en anglais a souffert le plus de mes assauts.

A ma décharge, la liste ci-dessous comprend aussi les livres achetés par mon homme qui malheureusement a bon goût et plusieurs de ses livres vont sûrement finir sur ma PAL.

Liste des folies:

1. Gaston Paul-Effa, Cheval-Roi
2. William Easterly, The White Man's burden - Un grand classique très controversé que je voulais lire depuis un moment.
3. Georgina Harding, The Solitude of Thomas Cave
4. Paul Theroux, The kingdom by the sea
5. Gerard Donovan, Julius Winsome - Repéré sur plusieurs blogs
6. Justin Cartwright, The song before it is sung
7. Lloyd Jones, The book of fame
8. Susan Richards, Chosen by a horse - Impossible de résister pour une grande fan de chevaux comme moi. Je l'ai déjà entamé et vous en aurez donc très vite des nouvelles.
9. Michael Holman, Fatboy and the dancing ladies - Pour revenir à mes lectures africaines.
10. Lydia Millet, Le coeur est un noyau candide - Repéré sur un blog mais je ne sais plus qui. Un livre très intriguant que je me réjouis de découvrir. Merci encore Olivier.
11. Rebecca Solnit, A field guide to getting lost
12. Uzodinma Iweala, Beasts of no nation
13. Heman Melville, Billy Budd and Other Stories
14. Kurt Vonnegut, Cat's Cradle
15. Daniel Defoe, A Journal of the Plague Year
16. Naguib Mahfouz, Akhenaten, Dweller in Truth - Un auteur ayant reçu le Prix Nobel que je ne connais pas du tout.
17. Dorothy Parker, The Collected Dorothy Parker
18. Cioma Schônhaus, The Forger
19. Alan Duff, Once were warriors - Pour rester dans l'ambiance de mon voyage en Nouvelle-Zélande.
20. Mark Lynas, Six Degrees - Un livre un peu apocalyptique sur le changement climatique.
21. Martin Meredith, The State of Africa - Je cherchais depuis longtemps un bon livre résumant l'histoire du continent africain depuis l'indépendance et celui-ci a vraiment l'air pas mal.
22. Natalie Angier, The Beautiful Basics of science

Hum hum, no comment (enfin si, vous pouvez, mais soyez indulgents) ! Et vous, qu'avez-vous pensé de ce Salon?