mardi 30 novembre 2010

Le coeur cousu de Carole Martinez


Le coeur cousu suit une lignée de femmes aux pouvoirs et aux dons étranges, reçus dans une boîte transmise de mères en filles. Soledad, la dernière héritière de ce coffret, conte l'histoire familiale et les incroyables et douloureux épisodes vécus par sa mère, Frasquita, la couturière aux doigts d'or. Avec ce premier roman, Carole Martinez emmène le lecteur très loin des premiers frimas de ce mois de novembre, vers l'Espagne et l'Afrique du Nord, dans un monde saupoudré de merveilleux.

Je partais plutôt sceptique sur ce livre que j'imaginais trop "féminin" pour moi, dans le style de Ce que je sais de Vera Candida. Les cinquante premières pages ont d'ailleurs bien failli me décourager avec un style très fleuri et très lyrique, auquel je ne suis pas du tout sensible et que je trouve souvent forcé. Petit extrait du genre de phrases qui a tendance à me gêner:

"Ma mère a fait de moi son vivant tombeau. Je la contiens comme elle m'a contenue et rien ne fleurira jamais dans mon ventre que son aiguille." p.19

"La voix sort d'elle telle de l'eau. Elle jaillit par saccades. La voix déborde, monte à la bouche. Il y en a toujours plus à cracher." p.30

Heureusement, passé ces premières pages, j'ai eu l'impression que l'écriture de Carole Martinez se faisait plus fluide et je suis totalement entrée dans le récit de Soledad. L'auteure a crée un univers envoutant, où le mystérieux et la magie sont partout présents. Et pourtant, le lecteur se laisse embarqué et "croit" à ces personnages et à ces éléments enchantés.

En y réfléchissant, je me suis parfois demandée où l'auteure voulait m'emmener. Le récit de Soledad est de sa famille est comme sans fin, et l'intrigue est au final un peu fourre-tout: un peu de révolution par-ci, une traversée du désert par-là, complété par un vilain ogre. J'ai ainsi eu l'impression que Carole Martinez aurait pu continuer son récit encore longtemps mais s'est comme forcée à y mettre un terme avec cette fin un peu abrupte. Je peine à bien exprimer ce sentiment, mais de toutes façons, cela n'a pas vraiment d'importance car cette impression ne m'est venue qu'après avoir tourné la dernière page, alors que tout au long de ma lecture, j'étais totalement emportée par l'histoire.

Si l'intrigue, construite comme une succession de petits événements, m'a paru, après lecture, un peu décousue (ha ha, un comble pour ce livre), je salue cependant le réel talent de Carole Martinez qui a su créer ce monde à la fois réaliste et merveilleux. Un coup de maître pour un premier roman et une jolie prise de risque avec un sujet à la base plutôt "casse-gueule". Dans une production littéraire française parfois trop calibrée, Le coeur cousu est à la fois un OVNI (ou plutôt OLNI) et une belle réussite. Malgré mes craintes initiales, je suis donc une nouvelle fois contente d'avoir suivi les conseils de la blogo car j'ai passé un très bon moment.

Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

Cette lecture était originellement prévue avec Pickwick qui était, elle-aussi, assez sceptique. Malheureusement, Pickwick semble avoir disparu de la blogosphère sans laisser d'adresse. Quelqu'un a des nouvelles? Je vous invite bien sûr à lire les billets de mes autres comparses Hathaway, Gwanaelle, Valérie et Tinusia (et pourtant je pensais bien être la dernière à lire ce roman).

Cette lecture fait également partie de mon challenge Coups de coeur de la blogosphère de Theoma, pour lequel je pense encore lire Disgrace de Coetzee, si Theoma me permet de jouer les prolongations en 2011 ;-)

MARTINEZ Carole, Le coeur cousu, ed. Gallimard (Folio), 2009, 440p.

vendredi 26 novembre 2010

Les 99 animaux du professeur Peperino de Katrin Wiehle


Pour ceux: qui veulent faire de leur enfant un petit zoologiste

Je parle très rarement d'albums jeunesse sur ce blog pour la simple et bonne raison que je n'en lis presque jamais, n'étant ni prof, ni mère. Mais voilà, en tant que tante pas trop indigne, il m'arrive de passer des heures dans des librairies jeunesse à la recherche de la perle qui fera de mon neveu un futur blogueur littéraire, venant ainsi épauler les encore trop peu nombreux représentants de la gente masculine.

Enfin bref, pour le Neveu de 3 ans en question, je n'ai pas hésité une seconde à acheter ce merveilleux album, le premier de l'illustratrice allemande Katrin Wiehle. En suivant les pérégrinations du Professeur Peperino, le lecteur découvre la faune si riche et variée de notre planète. Chaque planche représente un écosystème, comme la forêt tropicale, la mer ou encore la banquise et les animaux qui le peuplent, avec en prime un intrus que le lecteur s'amuse à identifier. A la fin du livre, tous les animaux sont regroupés et présentés par ordre alphabétique.

Copyright Katrin Wiehle

J'ai aimé au premier coup d'oeil cet album au dessin et aux couleurs très doux. Les animaux sont illustrés de manière créative mais relativement fidèle et je pense que les enfants n'auront pas trop de peine à associer le dessin à l'animal. J'ai également aimé le fait que cet imagier ne se contente pas d'illustrer l'habituel lion, éléphant ou autres animaux de ferme. Au contraire, la grande richesse de la faune est mise en valeur et l'enfant peut ainsi découvrir le morse, le toucan, l'autruche ou encore la hyène. Enfin, je pense que cet album peut accompagner l'enfant tout au long de son apprentissage, des images jusqu'à ses débuts en lecture, grâce au lexique final des animaux.

Un album qui m'a donc enchantée et que je vous conseille, même si je vous avoue que le Neveu était quand même beaucoup plus intéressé par l'énorme camion-grue télécommandé, reçu peu avant. Alala, cette jeunesse!

Le professeur Peperino est un aventurier et un savant. Il parcourt le monde pour recenser les animaux et il les présente aux fils des pages. Un livre-jeu sur les pas du professeur Peperino pour explorer les richesses de la faune autour de la planète et apprendre à connaître l'univers de chaque animal de la banquise à la savane, en avant l'aventure !

Vous trouverez le blog de Katrin Wiehle ici.

WIEHLE Katrin, Les 99 animaux du professeur Peperino, ed. Rue du monde, octobre 2010, 32p.

mercredi 24 novembre 2010

Tag des 15 auteurs


Encore une fois, je réponds avec beaucoup de retard à ce tag pour lequel Véro, La Ruelle bleue, A Girl from earth et Kalistina ont pensé à moi. Et pourtant, je n'ai aucune excuse, car il s'agit de nommer les quinze auteurs qui me viennent à l'esprit en seulement 15 minutes. C'est parti!


1. Romain Gary: Un génie de la littérature française, présent dans mon panthéon des auteurs depuis la découverte au lycée de La vie devant soi. Je lis ses livres à petite dose pour retarder au maximum le moment où je n'aurai plus rien à découvrir de lui. Le prochain sera sûrement Les Racines du Ciel.

2. Emile Zola: Un génie de la littérature française (je me répète, je sais, mais ces deux premiers auteurs sont mes deux auteurs chouchous). Comme pour Gary, je progresse, toujours avec un énorme plaisir, dans la lecture des Rougon Macquart au rythme d'un livre par an (il faut d'ailleurs que je pense à lire la cuvée 2010).

3. Léon Tolstoï: Parce qu'il m'a accompagnée une bonne partie de cette année et que malgré de nombreuses discordes, Guerre et Paix restera une lecture marquante.

4. Richard Leakey pour Wildlife: Parce que son combat pour sauver la biodiversité kenyane m'inspire et parce que pour avoir l'idée de brûler de l'ivoire valant des millions, il faut quand même être sacrément "couillu".

5. Daniel Kehlmann pour Les Arpenteurs du monde: Un auteur qui m'a enchantée avec ce livre et je me suis promise de le suivre. D'ailleurs Gloire m'attend depuis bien trop longtemps.

Ouah... que cinq, ça va être moins facile que prévu.

6. Albert Camus: Parce que tous ses livres me font réfléchir et me donnent envie de profiter à fond de la vie.

7. Nicolas Bouvier: Parce qu'il m'a donné envie de partir sur les routes pour découvrir le monde.

8. Alessandro Baricco pour Novecento: Un livre à la sonorité exceptionnelle et un style complètement à part.

9. Edmond Rostand pour Cyrano de Bergerac: Ma pièce de théâtre préférée que je ne me lasse jamais de relire.

10. Jane Austen: Alors là, c'est le moment des grandes confessions: je n'ai encore jamais lu un de ses livres. J'en ai plusieurs qui trônent fièrement dans ma bibliothèque mais ayant vu plusieurs adaptations et après en avoir tellement entendu parler, j'ai l'impression de connaitre toutes les intrigues. Mais promis, en 2011 je m'y mets, pas besoin de me lyncher sur la place publique ;-)

11. Dominique Lapierre: Un auteur qui a bercé mon adolescence et dont j'admire la facilité à vulgariser et à rendre passionnant les épisodes les plus complexes de notre histoire. De lui, j'ai beaucoup aimé Cette nuit la liberté, La cité de la joie et Mille soleils. J'aimerais également beaucoup lire son récit de voyage Il était une fois l'URSS.

12. Régine Deforges: Une autre lecture d'ado. Je crois avoir lu toute la série des Bicyclette bleue, à part peut-être les tous derniers (après le 7 ou 8ème opus) et c'est une série qui m'a définitivement marquée. Mais j'étais jeuuuuune hein?

13. JK Rowling: Parce que c'est la seule série jeunesse, lue et appréciée à l'âge adulte. Je pense essayer Hunger Games à l'occasion mais je suis quand même méfiante.

14. Dürrenmatt: Un auteur multiple et passionnant que je trouve bien trop rare sur les blogs littéraires.

15. Karen Blixen: Parce que La ferme africaine m'a fait rêver et que j'aimerais moi aussi pouvoir dire "I had (have serait quand même mieux) a farm in Africa".

Et voilà, 15 auteurs, pas forcément mes auteurs favoris, mais 15 auteurs marquants dans ma vie de lectrice. Je me rends compte qu'il y a très peu d'auteurs classiques anglophones pour la simple et bonne raison que je n'ai pratiquement pas lu Dickens, Twain, Brontë et co., pour une raison totalement inconnue d'ailleurs, car ce n'est pas l'envie qui manque. Bref, il y a encore du boulot!

Je ne passe ce tag à personne vu que je suis sûrement la dernière à y répondre.

jeudi 18 novembre 2010

Jours d'enfance de Michiel Heyns


Pour ceux qui aiment: Boyhood de J. M. Coetzee

1968, Orange Free State: A l'occasion d'un match de tennis entre un pensionnat anglais de Bloemfontein et une école technique afrikaner, Fanie van den Bergh refait surface dans la vie de Simon. Ce dernier se souvient alors de leur enfance commune passée dans le village de Verkeerdespruit, des rivalités entre Anglais et Afrikaners, de l'Apartheid et de la politique sud-africaine des années 60 et de l'influence de l'Orange Vroueverniging (OVV), association charitable féminine, autoproclamée juge morale du village. Autant d'événements vécus avec la naïveté d'un enfant qui n'appréhende par entièrement le monde et les conventions des adultes, faisant ainsi de Jours d'enfance un passionnant roman d'apprentissage dans l'Afrique du Sud des années 60.

J'ai vraiment apprécié le point de vue adopté dans ce livre; Michiel Heyns décide en effet de se concentrer sur la vie des blancs d'Afrique du Sud, tout en laissant planer, en toile de fond, l'influence de l'Apartheid et du racisme ambiant sur ces enfants. J'ai ainsi trouvé intéressant de montrer la vie des ces Afrikaners pauvres, une population méconnue et toujours présente en Afrique du Sud.

Cependant, le format des souvenirs successifs provoqués par les retrouvailles de Simon et Fanie semble parfois trop "mécanique" et j'ai trouvé les thèmes de la pédophilie et de l'homosexualité un peu trop omniprésents. J'ai, dans ce sens, préféré l'épisode de Dumbo, le chien de Simon, ou les autres événements plus légers traitant de la vie de tous les jours de ces gamins, isolés du reste du monde.

Dans l'ensemble, j'ai apprécié cette lecture et cette plongée dans un milieu et une atmosphère peu traités en littérature. N'hésitez pas à embarquer pour ce voyage en direction de l'Afrique du Sud et d'une époque révolue.

Décembre 1968, Simon et ses copains du collège anglophone de Bloemfontein, " métropole " de l'Etat libre d'Orange en Afrique du Sud, s'apprêtent à flanquer une dérouillée au tennis aux péquenots d'un collège des environs. Education anglaise contre enseignement afrikaner. Les visiteurs débarquent et, parmi eux, Fanie van den Bergh, un garçon qui a partagé l'enfance de Simon dans un patelin champion de l'apartheid, village de petits et moyens Blancs afrikaners, servi par ses Bantous parqués dans le township. La confrontation sportive ravive des souvenirs oubliés et met en évidence, au passage, les conflits de race et de classe. Heyns choisit d'explorer le fossé entre Anglais et Afrikaners, fossé dont Simon - fils d'un magistrat anglais " libéral " et d'une Afrikaner - est le reflet. Fanie, lui, est issu d'une des familles pauvres de la paroisse, celles dont s'occupent les dames de l'ouvroir sous la houlette du pasteur Claassen. Car le pasteur préside à tout dans ce petit bourg : sa femme transmet sa parole, les autres s'exécutent. Et les déviants, il y en a évidemment quelques-uns, sont impitoyablement chassés - Steve et sa moto, Trevor et sa chemise rose... Pour ces enfants, il y a surtout l'école, où ils apprennent la vie, à défaut d'autre chose : la bêtise tellement humaine, les amitiés compliquées, les expériences sexuelles, mais aussi l'hypocrisie morale et le conservatisme raciste du monde des adultes...

Michiel Heyns a grandi à travers l'Afrique du Sud. Il a fait ses études à l'université de Stellenbosch puis à Cambridge. Professeur d'anglais, il a pu se consacrer pleinement à l'écriture après le formidable succès de ce premier roman en 2002.

Je tiens à remercier Babelio et les éditions Philippe Rey pour l'envoi de ce livre.

HEYNS Michiel, Jours d'enfance, ed. Philippe Rey, août 2010, 282p. traduit de l'Anglais (Afrique du Sud par Françoise Adelstain.
HEYNS Michiel, The Children's Day, ed. Jonathan Ball Publishers, 2002


C'est pas tout ça, mais ce livre m'a furieusement donné envie de cuisiner des vetkoek, ces petits beignets que j'avalais enduits de beurre de cacahouète et de sirop d'érable (oui, oui, je sais, super light et pourtant, chers lecteurs, j'ai même perdu du poids lors de mon séjour sud-africain ;-)). Mhhh!!! Je sens que ce week-end sera huileux. Bon appétit à tous!

crédit photo et recette des vetkoek ici

lundi 15 novembre 2010

The No.1 Ladies' Detective Agency (Mma Ramotswe détective) d'Alexander McCall Smith


Pour ceux qui aiment: Epouses et assassins de Kwei Quartey

A la mort de son père, Precious Ramotswe décide d'utiliser le pécule que ce dernier lui a laissé pour ouvrir la première agence de femme détective du Botswana. Armée de bon sens, de beaucoup d'humanité et d'une bonne dose de clairvoyance, Mma Ramotswe se voit vite confier la résolution des tracas des habitants de Gaborone, que ce soient les affaires d'adultères, de disparitions ou d'employés suspects.

Ce livre est le premier de la série des enquêtes de Mma Ramotswe, personnage attachant et haut en couleur, crée par Alexander McCall Smith. J'ai lu quelque part qu'à la base, Alexander McCall Smith avait écrit une nouvelle mettant en scène une femme détective au Botswana. Cette première nouvelle fut suivie de plusieurs autres nouvelles, par la suite regroupées pour former ce No.1 Ladies Detective Agency. Cela explique peut-être la construction un peu décousue de ce premier opus qui regroupe un ensemble de petites enquêtes sans réel fil rouge. Ce livre permet cependant de faire connaissance avec les personnages sympathiques et récurrents de la série.

J'ai aimé découvrir ce monde coloré et dynamique, loin des clichés mornes de beaucoup de livres sur l'Afrique. Alexander McCall Smith aborde toutefois plusieurs sujets graves tels que la sorcellerie ou les enlèvements d'enfants, mais toujours de manière fraîche et rythmée. J'ai par contre moins aimé le ton naïf et les intrigues un peu trop légères et vite résolues. L'auteur nous livre ici plus un livre d'ambiance africaine qu'un réel roman policier. Je lirai cependant volontiers le deuxième épisode qui, je pense, devrait être plus abouti, sans cependant devenir une grande fan de cette série.

Un livre sympa et qui met de bonne humeur mais dont le côté un peu simpliste ne m'a pas totalement séduite.

Wayward daughters. Missing husbands. Philandering partners. Curious conmen. If you've got a problem, and no one else can help you, then pay a visit to Precious Ramotswe, Botswana's only - and finest - female private detective. Her methods may not be conventional and her manner not exactly Miss Marple, but she's got warmth, wit and canny intuition on her side, not to mention Mr. J. L. B. Matekoni, the charming proprietor of Tlokweng Road Speedy Motors. And Precious is going to need them all as she sets out on the trail of a missing child, a case that tumbles our heroine into a hotbed of strange situations and more that a little danger...

Lecture commune avec Valérie, Jules, Karine:) et Bookworm.

McCALL SMITH Alexander, The No.1 Ladies Detective Agency, ed. Abacus, 2005, 233p.
McCALL SMITH Alexander, Mma Ramotswe détective, ed. 10/18, novembre 2006, 249p.

jeudi 11 novembre 2010

Juliette d'Anne Fortier


Pour ceux qui aiment: Da Vinci Code de Dan Brown

A la mort de sa tante Rose, Julie reçoit une lettre, laissée par cette dernière, lui intimant de se rendre en Italie sur les traces de sa mère, disparue dans un accident de voiture quand Julie et sa soeur jumelle Janice n'étaient encore que des enfants. Dès son arrivée à Sienne, les événements étranges se succèdent et Julie se voit embarquée dans un tourbillon de légendes vieilles de six siècles, avec pour toile de fond la mystérieuse Sienne et l'oeuvre de Shakespeare, Roméo et Juliette.

Que ceux qui fuient à l'évocation du best seller de Dan Brown se ravisent
, Juliette fut pour moi une bien meilleure lecture, au style et à l'intrigue plus travaillés que le Da Vinci Code.

Que ceux qui aiment les mystères et légendes transmis à travers les âges, les chasses au trésor avec des gros méchants aux trousses et les belles passions dévorantes dans le style D.V.C (Da Vinci Code, pour ceux qui ne suivent pas), restez bien assis, ce roman va vous plaire.

Il y a comme ça des moments où j'ai envie d'une lecture légère et la fin de plusieurs mois de révisions d'examens et de tolstoïsme intense semble particulièrement bien s'y prêter. Juliette était donc le candidat idéal. Mises à part les milles tentatives pour dissimuler la couverture (très réussie en passant) qui risquait de détruire ma réputation de lectrice "sérieuse", et bien, force est d'avouer que j'ai passé un réel bon moment.

Alors oui, l'histoire se classe définitivement rayon chick lit à la sauce américaine (I love Uurope) (le tout écrit par une danoise, étrange quand même), oui les personnages sont caricaturaux, oui les effusions de Roméoooo sont un peu harlequinesques et la fin un peu abracadabrante mais le tout se lit sans déplaisir et même avec une certaine frénésie.

J'ai beaucoup aimé l'alternance (merci moman ;-)) entre les chapitres se déroulant en 1340 et l'histoire de Julie, ainsi que les parallèles avec l'oeuvre de Shakespeare. J'ai par dessus tout aimé les descriptions de Sienne, des ses traditions, de ses rivalités claniques et du Palio. Anne Fortier a réellement réussi à me transporter loin de ma petite Suisse pluvieuse vers les terres brûlées de Toscane. Objectif évasion totalement atteint!

Juliette est donc un bon roman détente, qui vous donnera à tous les coups envie de (re)lire Shakespeare (bonne résolution 2011) et de (re)visiter Sienne (deuxième bonne résolution 2011). Tout s'enchaine très bien et malgré quelques passages grandiloquents, ce qui reste de vos coeurs de midinette sera sûrement comblé. Messieurs, passez votre chemin!

A la mort de sa tante préférée, Julie ne reçoit pour héritage qu'une mystérieuse clef, accompagnée de l'adresse d'une banque à Sienne. Elle s'envole aussitôt pour l'Italie et y trouve une liasse de papiers jaunis relatant les amours d'un jeune homme prénommé Roméo avec celle qui est sans doute son ancêtre, la belle Juliette Tolomei. La Juliette de Shakespeare. Alors que Julie déchiffre les parchemins, elle comprend que la sinistre malédiction prononcée six siècles plus tôt plane encore sur sa famille....... Pourra-t-elle échapper au danger qui la guette à vouloir ainsi découvrir son destin ?

Coproductrice de documentaires récompensés aux Oscars, Anne Fortier a grandi au Danemark, et s'est installée aux Etats-Unis pour travailler dans le cinéma. Juliette a été traduit dans 26 pays.

Vu le style très "scénarisé" de ce livre et connaissant les liens que l'auteure entretient avec le cinéma, je ne serais pas étonnée de voir bientôt une adaptation de Juliette... A suivre!

Je remercie Camille des éditions Michel Lafon pour cet envoi.

FORTIER Anne, Juliette, ed. Michel Lafon, septembre 2010, 392p., traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Dutheil de la Rochère.
FORTIER Anne, Juliet, ed. Harper, août 2010, 528p.

lundi 8 novembre 2010

The Economics of Natural Resource Use de John M. Hartwick et Nancy D. Olewiler


Billet plus technique aujourd'hui pour vous présenter ce livre d'économie des ressources naturelles, écrit par deux professeurs de la Queen's University (Canada), John M. Hartwick et Nancy D. Olewiler (nommée ensuite à la Simon Fraser University).

The Economics of Natural Resource Use est un livre d'économie très complet, présentant les modèles de base de la gestion économique des ressources naturelles. Les différents chapitres traitent successivement de:

1. La gestion de la terre (land management);
2. La gestion des ressources non-renouvelables (ressources minières) en incluant les questions d'incertitude, de limite à la croissance et des technologies de remplacement (backstop technologies);
3. Les problématique énergétiques;
4. La gestion des stocks de poisson et la régulation des pêches;
5. la gestion des forêts et des ressources forestières;
6. Les externalités et la pollution;
7. L'approche politique de la gestion des ressources naturelles.

De tous les livres d'économie des ressources naturelles, le livre de Hartwick et Olewiler est, pour moi, celui qui présente les différents modèles de base de la manière la plus claire et complète. Les graphiques aident vraiment à la compréhension et les formules sont suffisamment développées pour être facilement suivies et appréhendées.

Mais voilà, le seul exemplaire que j'ai pu trouver en bibliothèque date de 1986. Trop daté pour un livre académique sur un sujet environnemental, discipline en constante évolution depuis quelques années??? Et bien pas tant que ça! En effet, les modèles de base d'économie des ressources naturelles ont très peu changé, malgré une récente évolution consistant à intégrer les résultats d'autres disciplines d'économie de l'environnement, en particulier les évaluations environnementales. On peut par exemple citer une volonté de plus en plus fréquente d'intégrer les valeurs esthétiques ou de loisirs des forêts dans les modèles économiques de gestion forestières.

The Economics of Natural Resource Use reste donc, selon moi, un très bon ouvrage de référence. Malheureusement, et pour une raison que je peine à comprendre, la maison d'édition Harper Collins a décidé de ne plus éditer l'ouvrage, privant ainsi les étudiants d'un très bon outil d'apprentissage.

Je lance donc un appel: Si vous vendez un exemplaire de la 2ème édition de ce livre, datée de 1997 à un prix raisonnable, je suis preneuse.



Pour ceux qui désespèrent comme moi de mettre la main sur cet ouvrage, vous pouvez également vous rabattre sur Natural Resource and Environmental Economics de Perman, Ma, McGilvray et Common qui se concentre sur des problématiques similaires. Je n'ai malheureusement pas encore trouvé un bon ouvrage sur la question en français. Serions-nous en retard sur ce sujet? Des suggestions?



HARTWICK John M. et OLEWILER Nancy D., The Economics of Natural Resource Use, ed. Harper Collins, 1986, 514p.

Retour à la littérature et à du BEAUCOUP moins sérieux (mais qu'est-ce que ça fait du bien de temps en temps ;-)) dans mon prochain billet avec Juliette d'Anne Fortier.

vendredi 5 novembre 2010

Petites perles des mots-clés


Comme annoncé, voici une petite sélection du meilleur du pire des mots-clés qui ont malencontreusement mener leurs auteurs jusqu'à ce blog cette année:

Les champions de l'ortografe:

The styl of f. scott fitwgerqld in greqt gqtsby
la fame sovage de lafrique

Les tordus:

Est ce qu'il y a en tunisie un homme qui cresse le pied de sa femme
sondage poure travesti
conseils pour être une bonne esclave

Barbara schulz le donneur de bain nue
barbara schulz nue sur la scene du theatre marigny
adresse de femmes pour un petit moment

espion chez le gyneco

récit coïte amants

polar sado-maso

three innoncent girls shirts off adich. html - personne qui est quand même restée plus d'une minute sur mon blog. Etonnant non?

Ils ont frappé à la bonne porte:

déclaration d'amour romain gary - Yes, Romain on t'aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiime
belle lectrice nouvelle - ah non, zut, je ne lis pas vraiment de nouvelles
ceux qui aiment zola - Emiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiile!
mon penchant pour le challenge - une addiction très grave et très contagieuse entre LCAs.

Ils n'ont pas frappé à la bonne porte:

"Mauvaise fille" - ben non, je suis plutôt gentille
fille perdue - la PLUPART du temps, je me débrouille avec une carte
intéret littéraire de la promesse de l'aube - si vous vous posez la question, je ne crois pas qu'on va s'entendre.
raisons de détester titeuf - sa coupe de cheveux idiote?
petit pal geneve - ah ça, ils se sont définitivement trompé de blog.

Les pessimistes:

guerre civil bientot - moui, donc le röstigraben existe mais je crois qu'on est quand même loin de la guerre civile.
gynecologue inutilité - No comment!

Les questions existentielles:

j'ai beaucoup aimé ce livre je suis déprimé en ce moment - ben ça devait être un livre joyeux!
a ton avis combien de livres faut-il par mois pour lire beaucoup - un, c'est déjà pas mal, non?
effet du camphre sur l'amour - ça chauffe?
les raisons qui pousse à lire un rècit de voyage
methode pour comprendre un livre ou autre chose
- ya du boulot!
pourquoi ai-je choisis ce livre - des fois je me le demande aussi.
pourquoi romain gary a ecrit la promesse de l'aube - pour ne pas nous priver d'un merveilleux roman?
qui organise le prix des lectrices de elle - euh... ELLE peut-être?
ou se trouve le mordor - Faut-il rappeler que Le seigneur des anneaux est un roman et que le Mordor n'existe donc pas?

Les secrets des bloggeuses:

gynecologue Ys
Maeve et son esclave


Dérivés de tolstoïsme:

guerre et paix est-ce un bon livre - mon avis sur la question le 31 décembre
temps lecture guerre et paix - lonnnnngtemps, très lonnnnnngtemps!
2020 guerre et paix - ouf, pour ma part je l'ai quand même terminé en 2010.
anna karénine se motiver - je compatis du fond du coeur

Merci Schlink:

adresse pour la circoncision à paris
bien fait de la circoncision

moment circoncision

Les paresseux:

discours de remerciement pour la premiere communion speech
quel est le denouement du roman quand souffle le vent du nord

+ toutes les recherches d'analyses sur The Great Gatsby, La petite fille de Monsieur Linh, L'argent de Zola et la Promesse de l'aube.
A TOUS LES ELEVES RECHERCHANT UN RESUME VITE FAIT: LISEZ CES LIVRES, ILS EN VALENT LA PEINE!!!

Bon week end à tous!

mercredi 3 novembre 2010

Grand Prix des Blogueuses ELLE

Grosse surprise de ce matin: Un moment pour lire est sélectionné pour le Grand Prix des Blogueuses ELLE 2010.

Alors n'hésitez pas à cliquer, les votes courent jusqu'au 30 novembre.


Edit du 2 décembre: Le Blog Coup de Coeur de ELLE catégorie livre a été attribué à Amanda, un prix très mérité et je vous encourage tous à découvrir son blog si ce n'est déjà fait. Deuxième bonne nouvelle, le Prix des internautes a été attribué à un autre blog littéraire, celui de Caroline.
Félicitations aux gagnantes et merci à tous pour vos votes!

lundi 1 novembre 2010

Apocalypse bébé de Virginie Despentes


Valentine, une adolescente désabusée de 15 ans, a disparu. Lucie, dont la mission était de la surveiller est maintenant chargée de la retrouver. Aidée de la Hyène, une légende parmi les enquêteurs privés, Lucie part sur les traces de Valentine, de Paris à Barcelone, à la découverte d'une jeunesse gâchée et d'une société à la dérive.

J'avais pas mal d'a priori sur cette auteure "à scandale". Sans jamais l'avoir lue, j'étais convaincue que Virginie Despentes, avec son style direct et son phrasé plutôt vulgaire n'était pas faite pour moi. Mais quand PriceMinister a proposé ce partenariat, j'ai sauté sur l'occasion de me faire une idée somme toute moins subjective.

Et bien m'en a pris, car je suis plutôt étonnée du résultat. Alors oui, Virginie Despentes n'économise pas sur la vulgarité et sur le parlé "djeun" et même si je n'aime en général pas ce style en littérature, je dois avouer que c'est ici très réussi, mordant, fait de manière fluide et naturelle et que le tout s'intègre totalement à l'ambiance et aux personnages du roman. Je m'attendais également à beaucoup plus de provocations et je n'ai au final retrouvé qu'une scène de partouze lesbienne (une peu inutile d'ailleurs, mais il faut bien mériter sa réputation sulfureuse). Pas de blocage donc du côté de l'intrigue et j'ai même suivi l'enquête avec plaisir.

J'ai également beaucoup aimé l'alternance des chapitres qui se focalisent tour à tour sur les différents personnages du récit. L'auteure nous livre ici un bel éventail de personnalités, de l'écrivain en mal de notoriété à la petite frappe des banlieues de Paris, représentant chacun à leur façon les diverses aspirations de notre société.

Le seul point négatif serait cette fin un peu tirée par les cheveux. Le geste en lui-même ne m'a pas dérangée mais les conséquences, franchement, c'est un peu trop exagéré et digne d'un prédicateur de rue.

Au final, un livre sympa, une écriture singulière mais agréable et une intrigue simple qui laisse la part belle à la psychologie des personnages. Une voix à part dans la littérature française que je relirai volontiers, sans toutefois crier au génie.

Valentine disparue... Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée... Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.

Virginie Despentes est née en 1969 à Nancy. Romancière, elle est l'auteur de Baise-moi (1993), des Chiennes savantes (Grasset, 2001), des Jolies choses (Grasset, prix de Flore 1998), de Mordre au travers (Librio, 1999), de Teen Spirit (Grasset, 2002), de Bye-bye Blondie (Grasset, 2004) et d'un essai, King Kong Théorie (Grasset, 2006). Publiée dans de nombreux pays à l'étranger, Virginie Despentes est également réalisatrice.

Je remercie PriceMinister pour ce duel Despentes-Houellebecq.

DESPENTES Virginie, Apocalypse bébé, ed. Grasset, août 2010, 343p.