lundi 31 janvier 2011

Le malade imaginaire de Molière par la Compagnie Uranus


Argan, malade imaginaire et adepte des purges et autres saignées, décide de marier sa fille, Angélique, au fils de son médecin, Diafoirus. Catastrophée par la nouvelle, Angélique, amoureuse du beau Cléante, se tourne vers sa fidèle servante, Toinette. Cette dernière décide de mettre au point un stratagème qui révèlera les intentions de chacun. Satire de la médecine et comédie de caractère, Le malade imaginaire est la dernière pièce écrite par Molière.

J'ai beaucoup aimé cette pièce présentée en ce moment au Théâtre Pitoëff à Genève. La Compagnie Uranus offre en effet aux spectateurs une version très "pop" de la pièce de Molière.

La transposition des oeuvres classiques à un contexte moderne est risquée et le résultat est bien trop souvent simpliste et éloigné de l'esprit original de la pièce. La Compagnie Uranus s'en sort cependant très bien: les costumes complètement délirants des acteurs, tout droit sortis d'un placard des années 60-70, l'utilisation de perruques et la mise en scène de Valentine Sergo font de cette adaptation une réelle réussite, enjouée et dynamique, mais fidèle au texte de Molière.

De plus, les acteurs sont tous excellents: lors du salut, j'étais même étonnée de voir qu'ils n'étaient que sept sur scène et je n'avais absolument pas reconnu certains acteurs jouant deux rôles.

L'humour universel et intemporel de Molière est toujours aussi efficace, ici encore renforcé par une adaptation complètement délurée. N'hésitez pas si vous êtes sur Genève, vous avez jusqu'au dimanche 6 février pour aller voir cette pièce.

Argan est malade. Du moins le croit-il et s'en plaint-il auprès de toute sa famille. Sa servante Toinette n'y croit guère. Sa fille Angélique ne se soucie que de son amour pour Cléante. Sa femme Béline, quant à elle, est plus préoccupée par les écus que par les remèdes... Monsieur Purgon, lui, médecin de son état, s'en soucie très sérieusement; c'est sont métier. Monsieur Diafoirus, autre médecin, s'en réjouit aussi; c'est son gagne-pain. Et pensez! Un client pareil! Mais, après tout, de est-il malade?

Le Théâtre en Cavale, Le malade imaginaire par la Compagnie Uranus
Mise en scène: Valentine Sergo
Avec: Dimitri Anzules, Imanol Atorrasagasti, Jacques Maeder, Maria Mettral, Fanny Pelichet, Valentine Sergo et Daniel Vouillamoz.
Théâtre Pitoëff, Genève
14 janvier - 6 février 2011
www.cavale.ch

vendredi 28 janvier 2011

Tag en retard, comme d'hab!

Mango m'a taguée en... 2010 et je réponds enfin à l'invitation:

1. Pourquoi avez-vous créé un blog?

Autour de moi, beaucoup de gens lisent parmi ma famille et mes amis, mais peu sont des LCAs dévoreurs d'ouvrages à la chaine. Il y a deux ans, j'ai découvert le monde des blogs et j'ai très vite eu envie de créer un espace pour échanger sur mes lectures et en parler sans saouler tout mon entourage, avec des gens qui comprendraient mes folies acheteuses et ma PAL qui dépasse la centaine. Ce blog est un peu comme une thérapie en fait!

2. À quel type de blogs participez-vous?

Principalement les blogs littéraires, les seuls où je laisse vraiment des commentaires. Mais je zieute également les blogs BD et quelques blogs politiques ou scientifiques.

3. Votre marque de maquillage préférée?

N'étant PAS DU TOUT du matin, il ne faut pas trop m'en demander. Je me limite donc côté maquillage à du mascara et un coup de crayon. Mes marques préférées sont Occitane, Body Shop et Bourjois.

4. Votre marque de voiture préférée?

Je ne suis pas du tout accro aux voitures et tant qu'elles roulent et qu'elles ne consomment pas trop... Mais j'aime bien les Volvo pour leur côté pratique et les Mini Cooper.

5. Votre produit de maquillage indispensable et votre gadget préféré?

Voire plus haut: mascara, crayon pour les yeux et pas de gadget, mon sac est déjà bien assez lourd avec les livres que je me trimballe.

6. Votre couleur favorite?

Réponse fluctuante mais souvent en phase bleue.

7. Votre parfum?

J'en ai plusieurs, en ce moment c'est Diesel Feminine mais j'aime aussi le Lolita Lempicka ou Wish de Chopard.

8. Votre film préféré?

Trop dur comme question... Aucun ne sort vraiment du lot mais parmi les films que j'aime toujours revoir il y a des films aussi différents que Forrest Gump, Pretty Woman, L'auberge espagnole, L'armée des 12 singes, Telma et Louise, The Last King of Scotland, etc. Je suis franchement bon public au cinéma, contrairement à la littérature où je suis souvent le schtroumpf grognon.

9. Quel pays aimeriez-vous visiter et pourquoi?

J'aimerais tous les visiter, mais les envies récentes sont le Pérou, l'Inde, le Botswana, l'Islande, le Chili-Patagonie, la Tanzanie et la Crimée. Ca va pas être simple de choisir le prochain voyage...

10. Quel serait le monde du travail idéal pour vous?

A L'EXTERIEUR! Je peine vraiment à rester au bureau toute la journée et je rêve d'un boulot en plein air. Malheureusement, j'ai deux mains gauches donc il me reste à trouver un job intello mais de terrain, quitte à partir loin pour faire de la recherche in situ et à l'air libre. A voir dans les prochaines années...

Voilà, apparemment un tag similaire a déjà pas mal circulé, je tague donc Anne et Delphine dont j'ai découvert les blogs en 2010 et que j'apprécie déjà beaucoup et une nouvelle venue, Carolune.

jeudi 27 janvier 2011

Citation du jeudi (8)


"I believe it then to be quite simply true that books have their own very personal feeling about their place on the shelves. They like to be close to suitable companions, and I remember once on coming into my library that I was persistently disturbed by my "Jane Eyre". Going up to it, wondering what was the matter with it, restless because of it, I only after a morning's uneasiness discovered that it had been placed next to my Jane Austens, and anyone who remembers how sharply Charlotte criticised Jane will understand why this would never do."

Hugh Walpole, These Diversions: Reading, 1926


Mauvaise traduction de moi:

Je crois donc qu'il est tout simplement vrai que les livres ont des sentiments très personnels concernant leur emplacement sur une étagère. Ils aiment être à proximité de compagnons convenables, et je me souviens d'avoir été très perturbé, un jour en entrant dans ma bibliothèque, par mon "Jane Eyre". Allant à lui, me demandant quel était le problème, inquiet et agité, j'ai découvert, après une matinée de malaise, qu'il avait été placé à côté de mes Jane Austen, et toute personne qui se souvient de la façon dont Charlotte a fortement critiqué Jane comprendra pourquoi ça ne pouvait jamais marcher.

A vos bibliothèques, il est temps de s'assurer qu'aucune guerre littéraire ne se perpétue sur vos étagères...

lundi 24 janvier 2011

Les trésors de la mer Rouge de Romain Gary


Pour ceux qui aiment: Qu'est-ce que je fais là de Bruce Chatwin

Les trésors de la mer Rouge rassemble une série d'articles originellement écrit pour France-Soir en 1970, puis publiés par Gallimard en 1971. Romain Gary emmène le lecteur sur les routes désertiques de Djibouti et du Yémen, à la recherche de "diamants humains".

Romain Gary décrit à merveille, dans ce court texte, une région délaissée et une armée française abandonnée, passée du contrôle des colonies à des activités humanitaires "bricolées". De ce texte émerge avant tout un sentiment de solitude et une ambiance de fin du monde. L'auteur, fidèle à sa réputation de "collectionneur d'âmes" que lui a attribuée le New York Times, nous offre également une intrigante galerie de personnages: parfois attachants comme Dominique Ponchardier, ambassadeur de Djibouti, hanté par l'assassinat de son fils par l'OAS ou ces militaires désabusés et perdus dans ce coin d'Afrique; parfois mystérieux comme le doux rêveur Machonnard ou l'espion yougoslave à la solde des chinois.

Plus roman d'ambiance et galerie de portraits que récit de voyage, Les trésors de la mer Rouge est un très beau texte, à la fois drôle et tragique, sur une région et une génération qui se remet doucement de la colonisation.

"Si ma moto est anglaise, la route que je suis depuis mon départ de Sanaa est chinoise: ici et là, les tombes de ses pionniers, chacune ornée d'une étoile rouge et d'une photo de Mao. On a ainsi l'impression que Mao est enterré partout, ce qui promet de belles querelles, dans mille ans, au sein de l'Eglise maoïste, quant au lieu sacré où reposent les restes du prophète" p. 81

La collection Folio 2euros est souvent idéale pour découvrir un auteur; ce n'est toutefois, selon moi, pas le cas pour ce livre-ci. Romain Gary fait en effet référence à son oeuvre et à quelques épisodes de sa vie et je pense qu'un lecteur n'ayant jamais lu Gary, ou du moins La Promesse de l'aube, pourrait se sentir un peu perdu. Pour les autres, Les trésors de la mer Rouge permet de se replonger avec plaisir dans l'écriture merveilleuse de cet auteur. Je dois toutefois avouer que ce n'est pas mon texte préféré de Gary, peut-être en raison de la région visitée qui m'attire peu au final.

Un très beau texte qui permet de prolonger la découverte de cet auteur dans un voyage au coeur du désert.

" Les trésors que j'ai ramenés de là-bas sont immatériels et, lorsque la plume ne s'en saisit pas, ils disparaissent à jamais. Le romancier que je suis, amoureux de ces diamants éphémères, parfois très purs, parfois noirs, mais toujours uniques et bouleversants dans leur mystérieux éclat, est parti à leur recherche vers cette mine de richesse et de pauvreté inépuisable que l'on appelait jadis l'âme humaine - je dis "jadis", car le mot est passé de mode, avec son écho d'au-delà. " De Djibouti au Yémen, Romain Gary sillonne les terres brûlées et hostiles pour en rapporter un témoignage d'une rare force.


Cette lecture s'inscrit dans le cadre du Challenge 2euros de Cynthia ainsi que du Challenge Nécrophile de Fashion, catégorie auteurs suicidés (sigh!).






GARY Romain, Les trésors de la mer Rouge, ed. Gallimard, coll. Folio 2euros, novembre 2009, première parution 1971, 123p.

jeudi 20 janvier 2011

Citation du jeudi (7)


"C'était un signe de faiblesse que de quémander une belle mort alors que, déjà, une belle vie, c'était beaucoup demander."

Lydia Millet, Le coeur est un noyau candide

Petit extrait de ma lecture du moment, parsemée de très jolies citations dans un texte un peu barré. Il me reste une centaine de pages à lire de ce petit pavé Lot49. Je vous en reparle donc très bientôt.

mercredi 19 janvier 2011

Simon's Cat: Beyond the fence de Simon Tofield


Pour: Les fans et tous ceux qui vivent sur une autre planète et n'auraient pas encore entendu parler de ce phénomène

Quand Simon tente de donner une douche à son fameux chat, s'en est trop pour ce dernier qui décide de quitter la maison pour partir à l'aventure avec un baluchon rempli de croquettes. A travers la campagne anglaise, Simon's Cat va rencontrer une foule d'animaux, vivre à la dure avec un chat de ferme et connaître l'éternel challenge de trouver de quoi rassasier son incroyable estomac.



Impossible de se retenir d'éclater de rire à la lecture de ce deuxième opus des aventures de Simon's Cat. Simon Tofield frappe une nouvelle fois très fort, tout en réussissant à innover grâce à un dessin plus complexe et détaillé et des décors de campagne, de forêt et de ferme.

J'ai hurlé de rire à certaines planches et même la jaquette est toute une histoire. Comme d'autres, j'ai peut-être préféré le premier opus, effet de nouveauté sans doute, mais ne vous privez pas de cet album: bonne humeur garantie.

A lire et à offrir sans retenue!

Simon Tofield's first book, Simon's Cat was a Sunday Times bestseller in the United Kingdom and has been published in over twenty countries around the world. This new book combines Simon's love for cats and the British countryside.

La bande annonce:



Le site officiel où vous retrouverez toutes les vidéos, y compris la nouvelle vidéo sur Noël.

TOFIELD Simon, Simon's Cat: Beyond the fence, ed. Canongate, octobre 2010
TOFIELD Simon, Simons' Cat se fait la belle, ed. Fleuve Noir, novembre 2010

jeudi 13 janvier 2011

Citation du jeudi (6)

Toujours sur une idée de Chiffonnette:

"Promising to love each other for richer of for poorer, in sickness and in health - even promising to forsake all others - had been no problem, but it was a good thing the Book of Common Prayer didn't say anything about marrying our libraries and throwing out the duplicates. That would have been a far more solemn vow, one that would probably have caused the wedding to grind to a mortifying halt"

Anne Fadiman, Ex Libris: Confessions of a Common Reader, 1998

Mauvaise traduction par mes soins (si vous avez des améliorations à suggérer, n'hésitez pas, surtout pour la fin):

"Promettre de s'aimer pour le meilleur et pour le pire, dans la santé et la maladie - même promettre d'abandonner tous les autres - ne fut pas un problème, mais heureusement que le Livre de prière ne dise rien sur le fait de devoir marier nos bibliothèques et jeter toutes les livres à double. Ceci aurait été un voeu bien plus solennel, qui aurait probablement causé la fin brutale de notre mariage."

Je partage décidemment bien des choses avec cette Anne Fadiman. En passant, son livre Ex-libris: Confessions d'une lectrice ordinaire est traduit aux éditions Mille et une nuits.

Heureusement, peu de doublons avec Mr. Z, mais je n'ose imaginer si nous devions séparer nos bibliothèques. Bon j'ai pris quelques devant en inscrivant mon nom dans tous ses livres (Gnak gnak! On n'est jamais trop prudent). Mais non, je plaisante!

Et vous, c'est chacun pour soi à la maison ou avez-vous fait le grand saut vers une bibliothèque commune?

mercredi 12 janvier 2011

Cachez ce mot que je ne saurais voir


Vous en avez déjà sûrement entendu parler ces derniers jours, je reprends toutefois l'information car je la trouve tout simplement désolante et ridicule:

Un petit éditeur d'Alabama a fait scandale la semaine passée en annonçant avoir remplacé le mot "nègre" (nigger) par celui d'"esclave" (slave) dans sa nouvelle édition d'Huckleberry Finn de Mark Twain. L'éditeur va jusqu'à qualifier sa décision de geste de compassion, évitant ainsi à cette oeuvre "une censure préventive". L'auteur de cette nouvelle version, Dr Alan Gribben de l'Auburn University, Montgomery, a en effet remarqué que le lectorat actuel était très mal à l'aise à la lecture de cette oeuvre en raison de ces termes raciaux ("the N-word") et qu'ainsi, les écrits de Mark Twain étaient souvent supprimés des programmes scolaires.

Hum... Laissez-moi vous aider, cher lecteur, à comprendre cette logique imparable: je censure un texte majeur de la littérature américaine pour éviter qu'il ne soit censuré par la suite par d'autres institutions. Logique non? Je suis certaine que cette argumentation serait reprise avec plaisir par de nombreux régimes à travers le monde...

Le plus absurde dans cette histoire, c'est que le livre de Twain est en quelque sorte un pamphlet antidiscriminatoire qui met en scène un homme raciste se remettant en question et changeant peu à peu ses conceptions grâce à Jim, un esclave noir en fuite. Quoiqu'il en soit, je trouve absolument choquant de modifier des oeuvres qu'elles soient littéraires ou artistiques, pour la simple raison qu'elles nous mettent mal à l'aise. N'est-ce d'ailleurs pas le but de la grande littérature, nous pousser à nous questionner? Offrir un reflet de la société, qui bien sûr évolue avec le temps? La compréhension du contexte d'une oeuvre n'est-elle pas cruciale pour le développement du sens critique des étudiants? Si nous commençons à modifier les oeuvres passées pour les adapter à notre société lisse et insipide, où nous arrêterons-nous? Après le cigare de Churchill, "Les dix petits Indiens" d'Agatha Christie, la censure du film The Dam Busters, verrons-nous toutes les oeuvres passées remastérisées aux goûts de notre époque? Allez, je propose pour commencer d'effacer toutes les représentations misogynes de la femme qui perturbent ma vie de lectrice. Il y a du boulot!

Le pire dans cette histoire, c'est que cette maison d'édition, qui se définit comme une "risk-taking, socially conscious publisher" a pour but de publier des oeuvres "which enhances our understanding of who we are and which asks us to stretch in our understanding of others" (qui améliorent la connaissance de qui nous sommes et qui nous poussent à dépasser notre connaissance des autres"). C'est en tous cas un joli coup de pub qu'elle s'est offert ici avec cette polémique qui a traversé les frontières.

Je ne vais pas plus m'étendre sur ce sujet déjà largement commenté. Je voulais quand même vous proposer ici plusieurs liens si vous voulez pousser plus loin:

- Un joli clin d'oeil du dessinateur Beeler, publié dans The Washington Examiner et repris par le Courrier International.

- Le site de l'éditeur, pas mécontent de son effet d'annonce ("unprecedented media coverage").

- L'article publié sur le blog La république des livres de Pierre Assouline

- L'article du New York Times (en anglais)

- L'article du Guardian (en anglais)

- Une liste d'oeuvres polémiques contenant le mot "nègre" qui devrait être précieuse à tous les adeptes de la censure. What's next? Full Metal Jacket? Graham Greene? (en anglais)

Allez j'inscris dès aujourd'hui dans mon programme 2011 la lecture (ou relecture) de plusieurs oeuvres de Twain, avant qu'elles ne soient censurées de ce côté de l'Atlantique. Si d'autres personnes sont tentées par une lecture commune, faites-moi signe. C'était le coup de gueule du jour, je reviens très vite avec mon billet sur Simon's Cat et promis je serai beaucoup moins en colère. Bonne journée à tous!

vendredi 7 janvier 2011

Il était une fois l'URSS de Dominique Lapierre


Pour ceux qui aiment: Les enfants de Staline d'Owen Matthews

Dominique Lapierre et Jean-Pierre Pedrazzini, âgés respectivement de vingt-cinq et vingt-sept ans, reçoivent l'autorisation exceptionnelle de parcourir l'URSS en voiture, en 1956. Dans un pays qui se remet lentement du choc provoqué par le fameux discours de Khrouchtchev condamnant les crimes de l'ère stalinienne, les deux jeunes reporters du Paris Match, accompagnés de leurs épouses et d'un couple de journalistes russe, vont parcourir plus de 13'000 kilomètres à travers l'URSS, de la Pologne jusqu'au Caucase, à la rencontre des habitants de l'autre côté du rideau de fer.

Depuis mon adolescence, j'admire la capacité de Dominique Lapierre à rendre l'Histoire passionnante et humaine. Il était une fois l'URSS ne déroge par à la règle: Dominique Lapierre offre au lecteur, en plus du récit de leur incroyable aventure, des portraits de travailleurs soviétiques, de la vendeuse du Goum de Moscou, au paysan des kolkhozes ukrainiens. En racontant leurs vies, Dominique Lapierre lève ainsi un coin de voile sur une partie du globe et un régime resté longtemps mystérieux et effrayant.

J'ai bien aimé ce "road-trip" en URSS, teinté d'idéalisme et d'humanisme. Les discussions de l'auteur avec Slava, leur accompagnant russe, idéologue et communiste convaincu, sont plutôt savoureuses et les routes de l'URSS réservent quelques belles surprises à nos journalistes.

Dominique Lapierre nous livre un récit journalistique, évitant la plupart du temps les jugements de valeur, pour simplement nous décrire ce qu'il voit, ce qu'il l'étonne. J'aurais peut-être souhaité un peu plus de profondeur, que ce récit plutôt court et les années écoulées ne permettaient peut-être pas. Les répétitions sur le caractère exceptionnel de ce voyage sont parfois un peu irritantes, mais ce livre ayant été écrit en 2005, on peut comprendre que l'auteur essaie de rappeler l'ambiance de méfiance absolue qui régnait entre les deux blocs à l'époque. J'ai également trouvé la fin presque un peu "voyeuse" même si elle reste très émouvante.

Un très beau récit, court, simple et objectif, d'un voyage à la rencontre du peuple soviétique de 1956. Loin des clichés véhiculés par les événements macro-politiques, Dominique Lapierre nous offre le portrait d'un pays qui représentait encore la plus grande menace de l'Occident. Une aventure formidable pour deux jeunes journalistes et un bel appel idéaliste à la solidarité des peuples, lancé en pleine Guerre Froide.

Fascinés par les grands raids automobiles du début du siècle, Dominique Lapierre, vingt-cinq ans, et Jean-Pierre Pedrazzini, vingt-sept, tous deux reporters à Paris Match, arrachent l'autorisation de parcourir l'Union soviétique de Khrouchtchev en voiture, accompagnés de leurs femmes. A bord d'un break Simca bicolore " Marly ", les quatre jeunes Français vont vivre treize mille kilomètres d'aventures. De la Pologne à l'Oural, de la Biélorussie au Caucase, des clochers du Kremlin aux palais des tsars sur les bords de la mer Noire, ils découvrent des lieux mythiques et des paysages de rêve et, surtout, ils font la connaissance des Russes. Au fil de leurs rencontres, se pose une question obsédante : comment le régime soviétique a-t-il réussi à persuader un peuple privé de liberté qu'il était le plus heureux de la terre ? Au-delà de l'incroyable voyage, une plongée dans un monde qui n'appartient ni à l'enfer ni au paradis, mais à l'histoire des hommes.

Dominique Lapierre est le coauteur, avec Larry Collins, de Paris brûle-t-il ?, ... Ou tu porteras mon deuil, Ô Jérusalem, Cette nuit la liberté, Le Cinquième Cavalier et New York brûle-t-il ? Seul, il a écrit : La Cité de la joie, Plus grands que l'amour, Mille Soleils et, avec Xavier Moro, Il était minuit cinq à Bhopal. Ses best-sellers ont été adaptés au cinéma et lus par plus de cent millions de lecteurs dans le monde.

Cette lecture est ma petite contribution à la Semaine Russe lancée par Cryssilda et Emma. Un livre qui a également réveillé mon envie de visiter la Crimée. Mr.Z, si tu passes par là...

LAPIERRE Dominique, Il était une fois l'URSS, ed. Robert Laffont, octobre 2005, 185p.

jeudi 6 janvier 2011

Citation du jeudi (5)

On continue sur une idée de Chiffonnette:

"Some friends of theirs had rented their house for several months to an interior decorator. When they returned, they discovered that their entire library had been reorganized by color and size. Shortly thereafter, the decorator met with a fatal automobile accident. I confess that when this story was told, everyone around the dinner table concurred that justice had been served."

Anne Fadiman, Ex Libris: Confessions of a Common Reader (1998)

Mauvaise traduction par mes soins:

"Des amis à eux avaient loué leur maison pour plusieurs mois à un décorateur d'intérieur. Quand ils sont revenus, ils ont découvert que leur bibliothèque entière avait été réorganisée par couleur et par taille. Peu après, le décorateur est décédé dans un accident de voiture. J'avoue que quand nous avons entendu cette histoire, tout les invités autour de la table étaient d'accord pour dire que justice avait été rendue."

Ca peut paraitre horrible mais en même temps, gare à celui qui ose réarranger ma bibliothèque. Je suis un vrai petit tyran et le tout est classé par maison d'édition avec des étagères spéciales pour les polars, les livres sur la biologie/écologie/conservation, les livres sur le sport (pour Mr. Z), les BDs et les livres d'économie, d'histoire ou de sciences po. Une vraie maniaque je vous dis.

Et vous, peux-t-on s'approcher de votre bibliothèque sans que vous lâchiez les chiens? Comment classez-vous vos livres?

mercredi 5 janvier 2011

Billet barbant mais qui va m'aider à m'y retrouver dans tous ces challenges 2011

2011 commence à peine et pourtant, j'ai déjà réussi à m'inscrire à un nombre incroyable de challenges. Mon planning lectures 2011 s'annonce chargé. Etant très nulle pour tout ce qui s'approche d'une lecture imposée, je ne garantis absolument pas le respect de ces bonnes résolutions mais j'espère au moins que tous ces challenges donneront une sorte d'orientation à mes lectures 2011. Voici donc l'effroyaaaaable liste:

Challenge Coups de coeur de la blogosphère de Theoma: (date limite 30 juin 2011)

J'ai déjà lu Le coeur cousu de Carole Martinez. Il me reste à lire Disgrace de J.M. Coetzee et peut-être Hunger Games de Suzanne Collins.

Challenge 2 euros de Cynthia: (pas de limite de temps)

A venir prochainement Les trésors de la mer Rouge de Romain Gary et peut-être d'autres au cours de l'année.

Challenge Caprice de Cocola: (fin 31 décembre 2010 mais je vais essayer de me rattraper en 2011)

Le monde connu d'Edward P. Jones choisi pour moi par Fleurdusoleil

Challenge Petit Bac d'Enna: (fin 31 décembre 2011, liste provisoire)

Prénom: Peer Gynt d'Henrik Ibsen
Lieu: Nagasaki d'Eric Faye
Métier: Gourou de Camille de Casabianca
Animal: Oeil-de-chat de Margaret Atwood
Végétal: Celle qui plante les arbres de Wangari Maathai
Objet: The Turn of the screw d'Henry James
Sport/loisir: Le Liseur de Bernhard Schlink

Challenge Nécrophile de Fashion: (fin 31 décembre 2011, liste provisoire)

Auteurs décédés dans des circonstances particulières: The Adventures of Huckleberry Finn de Mark Twain, mort comme prédit au lendemain du passage de la comète Halley.
Auteurs suicidés: Les trésors de la mer Rouge de Romain Gary et peut-être du Hemingway
Auteurs morts avant 35 ans: Probablement Emily Brontë ou alors Katherine Mansfield (décédée à pile poil 35 ans) ou alors Je jure de m'éblouir d'Eveline Mahyère (qui marche aussi pour les auteurs suicidés, mais c'est horrible ce que je dis...)
Auteurs enterrés à Paris: Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas

Challenge Elisabéthain d'Isil et Cryssilda: (fin 31 décembre 2011)

Prévu en 2011: Ma grande découverte de Shakespeare (si je comprends quelque chose à la version VO) et peut-être une petite sortie au Globe en octobre.

Challenge Nature Writing de Folfaerie: (fin 31 décembre 2011)

Tous les livres nature writing qui trainent dans ma PAL, un peu délaissés cette année. Probablement Jack London, Colin Thubron, Edward Abbey, Gerald Durrell, Alan Tennant...

- Le aye-aye et moi de Gerald Durrell

Challenge Une année en Russie de Pimpi: (reconduit en 2011)

J'essaierai de me lancer pour Crime et Châtiment de Dostoïevski ou alternativement pour Le Maître et Marguerite de Boulgakov.

Challenge Women BD de Theoma: (fin 31 décembre 2011)

J'ai bien envie de me remettre à la BD cette année et ce challenge de Theoma va sûrement m'aider à le faire. Il me reste à trouver une bonne bibliothèque... Edit 17.02: Je suis très tentée par Trop n'est pas assez d'Ulli Lust et je commencerai sûrement par là...

Challenge Dürrenmatt par mes soins: (fin 31 décembre 2011)

Je vais lire au moins La visite de la vielle dame (auf Deutsch, si je comprends encore quelque chose) et j'espère aussi La Panne.

Blog-o-trésors de Grominou: (fini depuis décembre 2009 mais je n'en démords pas)

Il me reste à lire 1984 de George Orwell. Obstinée vous dites?

Hommage à Beryl Bainbridge par mes soins: (pas de limite de temps. Si vous en lisez un, faites moi signe et j'ajoute un lien vers votre billet)

Je vais essayer de lire un autre livre de cette auteur cette année, probablement Georgie ou La Couturière.

Je me tâte encore pour le Challenge Dumas d'Ankya, un auteur que j'aimerais lire cette année encore. Ca me semble un peu trop optimiste mais qui sait....



LECTURES COMMUNES

3-9 janvier: Semaine Russe de Cryssilda et Emma : Il était une fois l'URSS de Dominique Lapierre

21-27 février: Semaine Nordique de Cryssilda et Emma:
- Un billet sur la gestion du loup en Suède
- Peer Gynt d'Henrik Ibsen
-Le dîner de Babette, une nouvelle de Karen Blixen se passant en Norvège et adaptée au théâtre.

1 mars: Blogoclub sur le thème de l'Afrique: Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma

10 mars: Le aye-aye et moi de Gerald Durrell avec Keisha

30 mars: L'immeuble Yacoubian d'Alaa El Aswany avec Canel et L'Ogresse

17 mai: Room d'Emma Donoghue avec Virginie et Valérie

20 mai: Millenium de Stieg Larsson avec Manu, Cynthia, DeL et peut-être Claudialucia

31 mai: Le tour d'écrou d'Henry James avec L'or des chambres

1 juin: Le bouddha de banlieue d'Hanif Kureishi avec Saraswati et Lounima

15 juin: Disgrâce de J.M. Coetzee avec Hélène

15 juillet: Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer avec Canel, DeL et Sofynet

17 juillet: Huckleberry Finn (ou une autre lecture de Mark Twain) avec Nathalia

5 août: Vingt ans après ou, si je n'ai pas réussi à suivre, au moins Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas avec A Girl from earth, Belledenuit, Calliope et probablement Karine:)

19 août: Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher avec Canel et Sophie

1 septembre: Le Maître et Marguerite de Boulgakov pour le Blogoclub

17 septembre: Nagasaki d'Eric Faye avec Charmant petit monstre et Canel

19 novembre: Les femmes de T-C Boyle avec Manu, Cynthia, Lou, Anne(Des mots et des notes), Mademoiselle Valou et Anne (De poche en poche)

1 décembre: Blogoclub sur le thème du voyage avec L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet de Reif Larsen

15 décembre: Millenium II: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette de Stieg Larsson avec Cynthia et Manu

15 décembre - 15 janvier: Mois anglais de LouCryssildaTitine

Voilà, comme on dit, YAPLUKA ;-)

mardi 4 janvier 2011

Bilan 2010

Une vague anti-bilan souffle sur la blogosphère et pourtant, moi j'aime bien les bilans (ça doit être mon petit côté suisse).

Avant d'attaquer mes lectures 2011, je ne résiste donc pas à vous offrir mon TOP 5 de l'année 2010. Au final, et malgré de belles découvertes, cette année fut assez pauvre en coups de coeur. Il faut dire aussi que je suis une grande difficile et exigeante pinailleuse. Voici quand même cinq lectures qui m'ont marquée cette année, des lectures coup de poing qui m'ont tout de suite enthousiasmée ou d'autres qui se sont imposées au fil des mois. J'ai nommé (sans ordre particulier):




Les enfants de Staline d'Owen Matthews

Loving Frank de Nancy Horan

La synthèse du camphre d'Arthur Dreyfus

Un autre monde de Barbara Kingsolver

Lait Noir d'Elif Shafak



Côté challenges, je ne m'en suis pas trop mal sortie, il faut dire que j'avais été plutôt sage:


Challenge "Une année en Russie" de Pimpi: REUSSI

Guerre et Paix de Léon Tolstoï


Challenge Safari Littéraire de Tiphanya: REUSSI

Epouses et assassins de Kwei Quartey

Les amants de la terre sauvage de Katherine Scholes




Challenge Caprices de Cocola : EN ATTENTE

Je n'ai malheureusement pas eu le temps de lire Le monde connu d'Edward P. Jones proposé par ma challengeuse fleurdusoleil mais ce n'est que partie remise.


Challenge 2 euros de Cynthia: REUSSI (un challenge flexible comme je les aime ;-))

La Circoncision de Bernhard Schlink

Et dans les prochains jours: Les trésors de la mer Rouge de Romain Gary




Hommage à Beryl Bainbridge (qui se poursuit en 2011 si parmi vous des lecteurs sont tentés par la découverte de cette auteure britannique décédée en 2010).

Every Man for Himself de Beryl Bainbridge


Je vous concocte pour demain un billet "bonnes résolutions" avec tous les challenges et lectures communes auxquels je me suis inscrite pour 2011... et la liste est si longue que je peine à m'y retrouver moi-même.

Encore une fois, BONNE ANNEE A TOUS et je vous souhaite à tous d'excellentes lectures pour 2011!