mardi 31 mai 2011

The Turn of the Screw (Le Tour d'écrou) d'Henry James


Pour ceux qui aiment: Les Autres, le film d'Alejandro Amnàbar

The Turn of the Screw est le récit d'une jeune fille, engagée comme gouvernante pour veiller sur deux petits orphelins, Miles et Flora, autant charmants qu'intelligents. Cependant, quelques jours après son arrivée, d'étranges apparitions vont venir troubler la routine paisible du domaine de Bly. Epaulée par Mme Grose, notre narratrice va tout faire pour défendre ses deux petits protégés de ces étranges phénomènes, mais Miles et Flora sont-ils aussi innocents qu'ils ont en l'air?

Premier constat: Henry James a un style admirable mais compliqué et ma lecture en vo s'est avérée plus difficile que prévue. La seule première phrase du livre m'a fait retenir mon souffle:

"The story had held us, round the fire, sufficiently breathless, but except the obvious remark that it was gruesome, as, on Christmas eve in an old house, a strange tale should essentially be, I remember no comment uttered till somebody happened to say that it was the only case he had met in which such a visitation had fallen on a child."

Autant dire qu'il faut être bien réveillé pour suivre ces phrases à rallonge et à la construction parfois surprenante où l'auteur démontre son amour de la virgule. Dans l'ensemble, j'ai cependant beaucoup aimé l'écriture d'Henry James, même si je ne suis pas sûre de tenter ses oeuvres plus longues en version originale.

Quant à l'histoire, j'ai trouvé l'ambiance très réussie. Le lecteur est plongée au coeur de Bly, dans un huis-clos où flotte un nuage de mystère. La tension monte au fil des pages tout comme l'impatience et les attentes du lecteur. Dans ce sens, je ne peux que contredire Miss Emilie G., la propriétaire précédente de mon exemplaire, qui s'exclame en bas de page 69 "J'en ai marre, c'est trop nul". Au contraire, Henry James m'a vraiment prise dans ses filets... sauf que, arrivée à l'ultime phrase, je me suis dit: "Tout ça pour ça!". Trop d'éléments sont restés en suspens à mon goût, trop d'inconnus sur le caractère de l'oncle, la faute commise à l'école par Miles, les objectifs de Miss Jessel et de Quint, le rôle de Miles et Flora etc, comme si l'auteur n'avait pas su conclure son histoire. J'ai donc été déçue par la fin du récit et les zones d'ombres qui persistent après lecture, un aspect qui me gêne souvent alors que je sais que cette liberté donnée aux lecteurs plait à d'autres et permet des débats intenses sur l'interprétation de ce roman.

Une ambiance mystérieuse et tendue, un style à découvrir (à tête reposée) mais une conclusion un peu frustrante.

The new governess is in sole charge of two orphan children. Although they are both remakably well-behaved, intelligent and affectionate, she becomes increasingly uneasy. Especially after she sees a stranger seemingly in search of something - or someone; a man whom she discovers is dead, like her predecessor. She then must fight a frigthening battle for her pupils and against the forces of evil, a battle in which her victory will be even more terrible. The Turn of the Screw is a subtle and unconventional ghost story that concentrates on the psychological rather taht the actual. It is open to widely different interpretations. Are the ghosts a real danger to the children or merely imagined by a lonely and susceptible woman? But what is certain is that the novel exerts a chilly and lasting power over the reader's imagination.

Lecture commune avec L'or des chambres. Allez vite voir ce qu'elle en a pensé. D'autres avis également sur Blog-O-Book.

Je profite également d'inscrire cette lecture à mon challenge Petit Bac d'Enna, catégorie objet.

JAMES Henry, The Turn of the Screw, ed. Penguin, coll. Penguin Popular Classics, 1994, 1ère publication 1898, 121p.

Et alors Henry James, à classer en littérature britannique ou américaine?

vendredi 20 mai 2011

Millénium Tome 1: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson


Pour ceux: qui jouent les irréductibles et n'ont pas encore succombé à cette série

Après avoir été condamné pour diffamation contre le grand industriel Wennerström, Mikael Blomkvist décide de s'éloigner temporairement de la rédaction du magazine Millénium dont il est le co-fondateur. Henrik Vanger, ancien directeur d'un des grands groupes industriels suédois, lui propose justement de travailler pour lui pendant une année sur la petite île d'Hedebyön. Le vieil homme souhaite élucider, plus de quarante ans après le drame, la mystérieuse disparation de sa nièce, Harriet. Bientôt aidé de Lisbeth, une étrange jeune femme aux extraordinaires capacités d'investigation, Mikael va découvrir qu'il n'est pas toujours bon de remuer le passé.

ENFIN me direz-vous, E.N.F.I.N!!! Rendez-vous compte: cette trilogie dort dans ma bibliothèque depuis sa sortie en 2006 et ce n'est que suite à l'organisation d'une lecture commune par Manu et Cynthia que j'ai décidé de sortir ce premier tome d'une retraite totalement imméritée. Mais voilà, quand j'entends trop parler d'un livre, je n'arrive pas à me décider à le lire. Plusieurs spécimens semblables des coups de coeur de la blogosphère dorment d'ailleurs toujours dont ma PAL, comme Sukkwan Island, Prodigieuses créatures, La Séance, etc...

Revenons cependant à ce Millénium. Comme je pense être parmi les dernières à lire ce premier tome, je ne vais pas trop m'étendre. Il suffit de dire que j'ai vraiment accroché à cette histoire et que j'ai trouvé l'intrigue très bien construite. La résolution de l'énigme est amenée progressivement et avec talent en évitant le fameux "indicedelamortdesvingtdernièrespagesquiexpliquetoutetremettoutencause". Millénium est également bien encré dans le monde moderne avec un emploi accru des nouvelles technologies, sans non plus trop en faire ou tomber dans la facilité des photos zoomées qui restent nettes. Mais pourquoi cette obsession avec les iBook, genre la p.223 qu'on dirait copiée d'une pub Apple? Oublions ce petit détail, l'intrigue de Millénium est réaliste et se tient, et j'ai également apprécié les petites immersions dans le milieu économique et financier.

C'est cependant les personnages de ce premier tome qui m'ont le plus séduite. Je les ai tous trouvés très bien construits et attachants. Rien n'est tout blanc ou tout noir et chaque personnage présentent des zones d'ombres et une tonne de défauts. J'ai adoré Lisbeth dont les remarques cinglantes m'ont à plusieurs reprises fait éclater de rire, j'ai aimé Erika, femme de pouvoir et amie fidèle, Henrik, le vieux sage roublard et bien sûr Mikael, l'anti-héros assumé.

Un polar qui aura patienté bien trop longtemps dans ma PAL. Une lecture haletante et une galerie de personnage totalement réussie que je me réjouis de retrouver dans les prochains tomes.

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. Lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.

A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre qui l'entourent, dans -Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette ; Millénium 3 -La Reine dans le palais des courants d'air.

Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l'économie et des reportages de guerre en Afrique, était le rédacteur en chef d'Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d'une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.

Allez vite voire les avis de Manu, Cynthia et DeL.

J'ai maintenant très envie de voir l'adaptation TV/film de ce premier épisode. Est-ce que je risque d'être déçue?

LARSSON Stieg, Millénium Tome 1: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, ed. Actes Sud, juin 2006, 574p., traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
LARSSON Stieg, Millenium: Män som batar kvinnor, ed. Norstedts Forlag, 2005

jeudi 19 mai 2011

Citation du jeudi (13)

Toujours sur une idée de Chiffonnette:

"C'est vrai il fait jour. Et après?
Voudrais-tu déjà te lever?
Pourquoi parce qu'il fait jour faudrait-il se lever?
Est-ce qu'on s'est couché à cause des ténèbres?
L'amour qui, par une nuit d'encre, nous conduisit ici
Saura même en plein jour nous faire garder le lit".

Petit poème récité par un personnage du bouddha de banlieue d'Hanif Kureishi, p.58. J'ignore si c'est tiré d'une autre oeuvre. Si vous avez des infos, n'hésitez pas... Concernant le livre, c'est une lecture en demi-teinte pour le moment car je peine à réellement entrer dans l'ambiance et le style South London et 70's. A suivre le 1 juin en lecture commune avec Anne, Saraswati et Lounima.

mardi 17 mai 2011

Room d'Emma Donoghue


Pour ceux: qui ont suivi avec effroi les affaires Kampusch et Fritzel

Jack a cinq ans et vit avec sa maman dans une petite pièce. Ses journées sont rythmées par les différents jeux inventés par Ma, ses émissions préférées à la télévision qu'il pense être le reflet d'un monde imaginaire, et les visites d'Old Nick, leur seul lien avec l'extérieur, ce grand inconnu. Mais quand sa mère lui explique que tout un monde existe en dehors de la pièce, c'est tout son univers qui s'effondre.

Room, shortlisté pour le Man Booker Prize, a été une des petites sensations littéraires de ce début d'année chez nos voisins anglophones. Tout d'abord très dubitative sur le narrateur enfant (cinq ans en plus...), un procédé qui me plait rarement, je dois avouer avoir été séduite par ce roman.

Jack est un enfant de cinq ans singulier, totalement "retardé" par certains aspects mais d'un autre côté excellent lecteur et capable de compter sans difficulté. A travers son récit, au ton si particulier, le lecteur entre vraiment dans l'intimité de Jack et de Ma et partage leur emploi du temps chronométré, partagé entre jeux, éducation physique, chants et repas. Jack est un personnage attachant, perturbé par le monde qu'il découvre et les jeux de mots et images qu'il ne comprend pas. Il nous offre ainsi quelques belles réflexions sur notre société et notre comportement. Le personnage de Ma est tout aussi fascinant et on ne peut qu'admirer son ingéniosité pour occuper et protéger Jack et sa persévérance face à cette situation cauchemardesque. J'ai aimé découvrir le monde de ces deux personnages et leur évolution, influencée par le décalage de leurs sentiments envers la pièce qu'ils habitent (Room): seul univers connu et familier pour Jack contre prison pour Ma. Le seul petit bémol, et ce serait plutôt une petite irritation, concerne l'obsession de Jack pour l'allaitement. Ok, d'accord, donner le sein à un gamin de cinq ans est "anormal" et peu figurer la symbiose qui existe entre Jack et Ma. Mais tout de même, y-a-t-il besoin de revenir la dessus si souvent?

Room est un roman inspiré des faits divers cités plus haut qui ont fait froid dans le dos à toute la planète. Emma Donoghue a su écrire un récit douloureux mais attachant sur la relation fusionnelle d'une mère et de son fils et sur l'apprentissage et le développement d'un enfant. Tout en restant relativement proche de ce que les victimes de ces drames ont dû vivre, Room ne verse jamais dans le voyeurisme macabre ou le sensationnalisme mal placé. Sans que ce soit un coup de coeur, c'est tout simplement un récit bien foutu et bien pensé, avec un style original et un suspens maintenu. Il devrait sans aucun doute faire des ravages à sa sortie en français (ça ne devrait pas trop tarder). Préparez-vous!

"It's Jack's birthday, and he's excited about turning five. He lives with his Ma in Room, which has a locked door and a skylight, and measures 11 feet by 11 feet. He loves watching TV, and the cartoon characters he calls friends, but he knows that nothing he sees on screen is truly real - only him, Ma and the things in Room. Until the day Ma admits that there's a world outside..."

Lecture commune avec Virginie et Valérie dont je suis curieuse de connaitre l'avis. A voir aussi le site du livre.

DONOGHUE Emma, Room, ed. Picador, décembre 2010, 401p.

mardi 10 mai 2011

Indignez-vous de Stéphane Hessel


Le phénomène en librairie de ces derniers mois, c'est bien lui: Indignez-vous, court (très court) essai de Stéphane Hessel, a surpris tout le monde en s'adjugeant les premières places des ventes et en s'écoulant à plus d'un million d'exemplaires en France. A moins d'avoir vécu sur une autre planète ces six derniers mois, vous n'avez tout simplement pas pu échapper à ce raz-de-marée.

A 93 ans, Stéphane Hessel, résistant, diplomate engagé et éternel militant, appelle à l'indignation contre toutes les injustices de ce monde, car "le motif de la résistance, c'est l'indignation". Similaire à une longue lettre à la jeunesse et à la société, Indignez-vous survole les engagements de Stéphane Hessel et les idéaux qui y sont rattachés: le Conseil National de la Résistance, la rédaction de la Déclaration Universelle des droits de l'homme, l'Algérie, la Palestine, la perte des acquis sociaux, etc. Face à ces situations, l'auteur critique l'indifférence égoïste et prône l'engagement, la non-violence et l'insurrection pacifique.

Beaucoup d'idées contenues dans ce court essai, mais pour un résultat qui se révèle malheureusement très creux. Après 15 minutes et 13 pages de lecture, j'ai l'impression de n'avoir rien lu de substantiel, d'informatif ou de profond. Pire, j'ai tiqué sur plusieurs phrases et prises de position simplistes et réductrices, telles que

"l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie" p.3, digne d'un ado boutonneux avec t-shirt de Che Guevara; ou encore

"le Hamas (...) n'a pas pu éviter que des rockets soient envoyées sur les villes israéliennes" p.9

D'ailleurs, le choix de la Palestine comme "principale indignation" m'a énervée. Que les choses soient claires, je suis d'avis que chaque partie à ce conflit a, à son actif, un lourd casier et je ne soutiens aucun camp en particulier. Je regrette simplement que Stéphane Hessel ait choisi de mettre en lumière, parmi toutes les sources d'indignation qui existent aujourd'hui sur cette terre et les nombreuses causes défendues tout au long de sa vie, la plus politisée de toutes, faisant ainsi d'Indignez-vous un pamphlet politique plutôt qu'un appel neutre et noble.

Je ne vais pas décortiquer plus loin cet essai, car ce serait le considérer pour quelque chose qu'il n'avait jamais vocation à être. J'ai l'impression que l'énorme succès d'Indignez-vous à démultiplié les attentes. Le lecteur pense y trouver de grandes vérités et des explications irrévocables sur le monde d'aujourd'hui et sur la façon d'y faire face, alors que Stéphane Hessel ne propose à la base qu'un petit texte personnel et subjectif sur sa vision des choses et sur ses expériences de vie.

Un essai au retentissement incroyable pour un contenu toutefois assez plat et superficiel. Cela n'enlève en rien à l'intérêt du personnage que je trouve, à chacune de ses apparitions, touchant et impressionnant. Indignez-vous relaye un message fort, contenu dans le titre de l'essai à lui-seul, le reste étant à mon avis plutôt dispensable.

« 93 ans. La fin n'est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance ! » Quelle chance de pouvoir nous nourrir de l'expérience de ce grand résistant, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l'homme de 1948, élevé à la dignité d'Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d'honneur !
Pour Stéphane Hessel, le « motif de base de la Résistance, c'était l'indignation. » Certes, les raisons de s'indigner dans le monde complexe d'aujourd'hui peuvent paraître moins nettes qu'au temps du nazisme. Mais « cherchez et vous trouverez » : l'écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l'état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au « toujours plus », à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu'aux acquis bradés de la Résistance - retraites, Sécurité sociale... Pour être efficace, il faut, comme hier, agir en réseau : Attac, Amnesty, la Fédération internationale des Droits de l'homme... en sont la démonstration.
Alors, on peut croire Stéphane Hessel, et lui emboîter le pas, lorsqu'il appelle à une « insurrection pacifique ». Sylvie Crossman

Le phénomène est loin de prendre fin vu qu'Indignez-vous a été traduit en plusieurs langues. Les éditions de l'Aube ont également publié en mars Engagez-vous qui promet d'aller plus en profondeur à travers des entretiens entre Stéphane Hessel et Gilles Vanderpooten.

HESSEL Stéphane, Indignez-vous, ed. Indigène, coll. Ceux qui marchent contre le vent, octobre 2010, 32p.

mercredi 4 mai 2011

Salon du Livre de Genève


Et voilà, le 25ème Salon du livre et de la presse de Genève a déjà refermé ses portes. Le bilan des organisateurs est positif malgré une légère baisse de fréquentation (84'000 entrées) due en grande partie aux vacances scolaires et à un ciel bleu éclatant.

Il est vrai que dimanche le soleil brillait dehors, mais le besoin d'aller renifler le livre neuf, feuilleter les nouveautés ou encore chasser un bon livre pour améliorer le potager de mon balcon (conseils bienvenus) était plus fort. Je n'ai par contre pu m'empêcher de remarquer que les allées étaient bien plus larges, les stands des éditeurs réduits, les auteurs rares, l'espace consacré au Salon du livre parsemé de petits coins cafés... Bref, je fabule peut-être mais j'ai l'impression qu'il y a de moins au moins de livres au Salon du Livre et de plus en plus de stands de police, UNIGE et associations pour libérer le Tibet ou résoudre la faim dans le monde. Pas que je sois contre la formation ou la société civile, loin de là, mais voilà, quand je vais au Salon, je viens tâter du livre et pas du prospectus.

Heureusement, ces rencontres ont égayé ma visite:

- J'ai eu la chance de discuter avec Louis-Philippe Dalembert, l'auteur de Noires Blessures, qui est vraiment sympathique et disponible et qui m'a donné envie de lire son livre Rue du Faubourg Saint-Denis. Il faut dire qu'en citant des passages de La Vie devant soi de Romain Gary, il ne pouvait que me convaincre. En attendant, je vous encourage à découvrir son dernier livre, une des belles surprises de ce début d'année.

- L'exposition sur l'Art de la Franc-maçonnerie était intéressante, informative et plutôt bien présentée.

- Et bien sûr, le stand des soldes anglais, que par pur respect pour la tradition, je me suis foooorcééée à dévaliser.
- The other hand de Chris Cleave: J'ai noté depuis un moment Et les hommes sont venus mais pourquoi ne pas commencer par ce livre-ci de l'auteur et son épisode mystérieux de la plage...

- Imperial Bedrooms (Suite(s) Impériale(s)) de Bret Easton Ellis: Choisi par Mr. Z car pour ma part, j'ai des gros doutes sur cet auteur, un mauvais feeling, un a priori stupide. Mais bon, seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

- Georgina, Duchess of Devonshire (Georgina, duchesse de Devonshire) d'Amanda Foreman: Ayant beaucoup aimé le film The Duchess, j'avais bien envie d'en découvrir plus.

- The Maytrees (L'amour des Maytree) d'Annie Dillard: Auteure que je n'ai encore jamais lue mais qui a reçu le Pulitzer en 1975.

- One in Three d'Adam Wishart: Un livre sur la recherche sur le cancer. Pas drôle, je sais, mais ça a l'air vraiment intéressant.

- An open swimmer de Tim Winton: parce que j'ai une envie d'Australie.

- The Wild Places de Robert Macfarlane: Un tour d'horizon des endroits encore sauvages de la Grande-Bretagne.

- Darkmans de Nicola Barker: Shorlisté pour le Booker 2007. Un pavé qui a l'air étrange mais terriblement intriguant.

- Timoleon Vieta, Come Home (Timoléon, chien fidèle) de Dan Rhodes: Un livre "hilarant" selon la couverture. Oui, oui, il m'arrive de lire des livres drôles et là, il est question de chien et d'Italie donc...

- The Sale of the Late King's Goods de Jerry Brotton: Toujours en phase livres d'histoire.

- Shah of Shahs (Le Shah) de Ryszard Kapuscinski: Mr. Z est fan. Il faudrait peut-être que je m'y mette aussi, probablement avec Ebène qui me tente beaucoup.

- The Simple Art of Murder de Raymond Chandler: parce qu'apparemment c'est un scandale que je ne connaisse pas cet auteur.

- The Legend of Colton H. Bryant (Une vie de cow-boy: La Légende de Colton H. Bryant) d'Alexandra Fuller: Deux livres de cette auteure trainent encore dans ma PAL mais voilà, des livres à 1-2 euros, je ne résiste tout simplement pas, surtout que celui-ci vient apparemment de sortir en français.

- We are now beginning our descent (Nous commençons notre descente) de James Meek: parce que Mr. Z a beaucoup aimé The People's Act of Love.

- Chosen forever de Susan Richards: parce que j'avais bien aimé son premier livre, Chosen by a horse et que j'ai bien envie de connaître la suite.

- The Outlaw Sea (Cargos hors la loi: Un monde de crimes et de chaos) de William Langewiesche: Un livre qui a l'air passionnant et affolant sur la gestion du transport maritime.

Voilà, comme d'hab, on n'y a pas été avec le dos de la cuillère. Si vous avez des conseils sur le livre qu'il faut lire, là, tout de suite, des coups de coeur ou des envies de lectures communes, n'hésitez pas.

Pour en revenir au Salon, après ces achats compulsifs, et en voyant Mr. Z marcher penché sous le poids du sac, je ne me suis plus trop attardée et j'ai gardé l'oeil fixé sur le tapis rouge pour ne pas succomber à toutes les autres tentations. Ma bibliothèque est pleine et je n'ai plus une minute pour lire. Ce blog tourne d'ailleurs au ralenti car je lis pour mes LC de mai mais je reviens vite avec pleins de billets.