vendredi 27 janvier 2012

United Colors of Crime de Richard Morgiève

Pour ceux qui aiment: Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme de Cormac McCarthy

1951: Chaim Chlebeck, fossoyeur de la mafia new-yorkaise, s'enfuit au Texas après avoir éliminé Bobby 5 As, un mafiosi d'un clan adverse, et emporté avec lui une mallette remplie de dollars que ce dernier transportait. La sanction survient cependant des mains de voyous mexicains, qui le laissent défiguré et à moitié mort au milieu du désert. Chaim est alors recueilli par un étrange couple formé de Dirk, un scientifique allemand exilé avant la guerre, et d'une jeune indienne borgne. 

Qu'il est difficile de résumer United Colors of Crime, le dernier livre de Richard Morgiève. Comment rendre compte de cette histoire au rythme soutenu, mettant en scène une galerie de personnages aussi riche que complexe, et consistant en un mélange surprenant de genres littéraires? 

United Colors of Crime, c'est d'abord l'histoire d'une résurrection et de rédemption: Chaim, déjà "mort" une première fois pendant la guerre sur les pentes de Monte Cassino, reconverti en mafiosi new-yorkais en pleine montée du maccarthysme, puis tueur en cavale, va se voir offrir le choix d'une troisième vie, dans un décor digne d'un western. 

C'est aussi une série de personnages étonnante, entre un shérif désabusé, un infirme francophile, des espions communistes revanchards, un sorcier indien, un mafiosi sous thérapie, une momie abandonnée au milieu du désert et j'en passe. 

Un mélange détonnant donc mais qui ne tombe jamais dans la caricature ou l'absurde. Richard Morgiève décrit aussi bien la condition indienne dans une Amérique triomphante mais corrompue et l'opposition entre ville et désert, deux mondes toutefois aussi impitoyables l'un que l'autre. Une histoire de passion et de vengeance à la fois violente et sentimentale.

Enfin, United Colors of Crime c'est un style abrupte et rythmé:

"On ne comprend jamais l'histoire d'un autre, songe Chaim, on écoute en vain pour parler à son tour et n'être pas plus entendu. La vie est un conte mais qui vit l'oublie, seuls les morts se remémorent les pages les plus captivantes des fables qu'ils on illustrées." p.42

"Il était devenu un fidèle de la consommation de masse. Produire/acheter/mourir. Il collaborait comme tout le monde, pas besoin de lever la main et de dire "Heil, Hitler!" Il suffisait d'avoir un compte en banque. Plus tard, il s'était acheté une cravate chic pour se nouer à la Grande Lâcheté, être tenu en laisse par le Libre-Échange, auquel, contre de l'argent, il avait vendu son libre-arbitre." p.93

Un récit étrange et hétéroclite qu'on lit en un seul souffle. Une intrigue relativement complexe dont certains détails m'échapperont probablement au fil des mois, mais l'impression de maîtrise du récit ressentie à la lecture de ce roman restera certainement. 

1951, la guerre froide, le mccarthysme et les rouges, l'amour et la vengeance, en avoir ou pas : United Colors of Crime n'est pas une publicité pour la mafia, c'est l'histoire vraie de Chaim Chlebeck, alias Ryszard Morgiewicz. Dandy qui dégaine trop vite, Chaim se retrouve en cavale au Texas, dans un décor de western : Indiens, shérifs, voyous, tueurs maîtres-chanteurs et momie, morts en tout genre. Entre fiction et réalité, United Colors of Crime mêle aventure, amour et politique à un rythme infernal.

Déjà auteur d une trentaine de romans, dont Un petit homme de dos et Vertig (Prix Wepler 2005), Richard Morgiève s'est aperçu en 2009 qu'il avait perdu, en cours de route, son identité. En ouvrant un tiroir, il a retrouvé son acte de naissance. Il était né Morgiewicz, comme cet oncle supposé mort à Monte Cassino, qui lui a inspiré Chaim. United Colors of Crime est un voyage littéraire et romanesque vers ces origines oubliées.

Je remercie Carnets Nord pour l'envoi de ce livre et ce surprenant moment de lecture. Bravo aussi pour cette magnifique couverture. 

MORGIÈVE Richard, United Colors of Crime, ed. Carnets Nord, janvier 2012, 320p. 

lundi 23 janvier 2012

L'Aventurière des Sables de Sarah Marquis

Pour ceux qui aiment: Afrika trek d'Alexandre et Sonia Poussin ou les récits de Mike Horn

En 2002, Sarah Marquis, jeune aventurière suisse, décide de se lancer dans un tour d'Australie à pied et en solitaire. Après avoir pris le départ le jour de ses 30 ans, elle va parcourir 14'000 kilomètres en un peu plus de 17 mois, affrontant des conditions extrêmes: des déserts où les températures s'élèvent à plus de 50 degrés, aux nuits froides; de la sécheresse qui rend l'accès à l'eau incertain, aux tempêtes et orages soudains. 

Sarah Marquis jouit d'une certaine notoriété en Suisse et cette aventure australienne en est probablement à l'origine. J'ai suivi de loin ses différentes aventures, à travers les articles de presse et son blog, et quand une amie m'a proposé le livre, ma curiosité a pris le dessus. 

Commençons par quelques bémols: il y a pour moi une grande différence entres ce genre de récit d'aventuriers et les textes d'auteurs-voyageurs que j'affectionne beaucoup. L'aventure de Sarah Marquis est sans conteste admirable, mais la forme de ce récit est plus "orale" que littéraire. Au final, ce livre est une suite d'anecdotes, sans réel style, sans construction, comme si Sarah était assise en face de vous et vous racontait son périple. Sarah Marquis est avant tout une aventurière et j'ai ressenti ce livre comme une obligation pour elle, une source essentielle de revenus et de publicité, dont elle pourrait aisément se passer. Ma foi, tout le monde n'a pas une âme d'écrivain... 

Mise à part ceci, le récit de l'aventurière des sables m'a impressionnée. En partant à travers les déserts les plus isolés d'Australie, Sarah Marquis a dû repousser ses limites physiques et mentales. Le lecteur devient spectateur de sa lutte pour la survie, assistant à ses parties de chasse au lézard et à ses rencontres parfois surprenantes faites au long du parcours. Malheureusement, le manque de descriptions empêche souvent le lecteur de vraiment cheminer avec Sarah Marquis ou de s'identifier à elle. Sarah est avare de mots pour décrire ce qui l'entoure, dans cette aventure solitaire qui même a posteriori semble ne pas pouvoir être partagée. 

J'avoue également que certaines remarques de l'auteur sur les Australiens blancs peu recommandables comparés aux aborigènes si purs et respectueux m'ont agacée. Heureusement, la rencontre avec D'Joe, la boule de poils canine secourue en chemin m'a fait craquer. Quelques passages me sont d'ailleurs parus très familiers:

"En ce qui concerne la première nuit, il la passe accroché à un arbre proche de ma tente. La deuxième, je lui prends par mégarde la tête dans le fermeture éclair... il en a déjà repéré le confort intérieur. Puis la nuit suivant, il est indélogeable du fond de ma tente où il a élu domicile, bien avant que j'aie eu le temps de voir son petit manège. C'est ainsi qu'il passe le reste de ses nuits australiennes collé à moi; à mes pieds au début de la nuit puis, durant celle-ci, il gagne du terrain et remonte méticuleusement jusqu'à atteindre le sommet de ses espérances... Juste avant les premières lueurs du jour, je le retrouve à côté de moi, la tête tout près de mon visage à me lécher le bout du nez." p.198

Enfin, j'ai trouvé la fin étrange, presque bâclée. Tout s'accélère, comme si l'épuisement physique ne permettait pas à Sarah de se remémorer ces derniers mois afin d'achever son récit. La dernière étape du périple est ainsi complètement survolée. 

Plusieurs petits bémols pour ce récit au niveau "littéraire", mais la performance demeure. Une aventure dure et exigeante dans laquelle l'auteur peine cependant à nous embarquer. L'Aventurière des Sables reste cependant une lecture intéressante et je lirai probablement la suite des périples de Sarah Marquis, même si je préfère presque suivre ses aventures sur son blog ou en conférence. 

"Au fil des pages, entrez dans le fabuleux périple retracé par Sarah et laissez-vous charmer par les déserts australiens que l'aventurière a sillonnés pendant son voyage de 17 mois. De la première à la dernière page de son récit, elle retrace sa quête de l'absolu à la découverte de son «moi» profond. Sans jamais songer à l'abandon de sa mission, cette jeune femme vient de passer 510 jours à parcourir, seule, le continent australien. Face à l'ingratitude de Mère Nature, elle a su se montrer humble pour affronter son destin en repoussant ses limites physiques et mentales. Elle va se baser sur son expérience pour survivre... en utilisant son flair, ses astuces et ses techniques de pointes empruntées à l'armée américaine. La plupart du temps, les proies poursuivies seront plus rapides qu'elle. Par moments la nature a pitié et lui laisse manger à sa faim. Elle n'aura d'autres repères que ses précieuses cartes topographiques accompagnées de sa boussole qu'elle ne quitte jamais.Voyagez dans les méandres des son esprit et goûtez à ses réflexions face à cette immensité. De la Suisse à l'Australie, de la sécheresse aux pluies torrentielles, du plat d'insectes à la choucroute, de sa vie de femme à ses pensées altruistes, laissez- vous porter, pas à pas à travers ces contrées de sable rouge..."

Sarah Marquis parcourt en ce moment l'Asie, de la Mongolie à l'Australie. Vous pouvez suivre son périple sur son blog.  

Je remercie Quip pour le prêt de se livre. Promis, je parcours les Andes tout bientôt. 

MARQUIS Sarah, L'Aventurière des Sables, éditions du Roc, novembre 2004, 287p. 

dimanche 15 janvier 2012

Bilan 2011: et ben c'était le moment!!!

Un bilan 2011 le 15 janvier, oui oui, je sais, ça craint un peu. C'est comme un bêtisier en mars ou un Swiss Awards 2011 le 14 janvier 2012, mais comme ces deux derniers exemples sont bien réels, je me suis dit que tout était maintenant permis.

Surtout que j'ai une bonne excuse: j'ai passé deux magnifiques semaines en Andalousie, à profiter du soleil et des tapas et à admirer ce coin de notre continent fascinant et vraiment dépaysant. Si je trouve le temps, je vous en parlerai plus en détail bientôt.

Tout ça pour dire que je n'ai pas eu une minute pour faire un petit bilan de cette année de lecture, alors que je trouve l'exercice toujours intéressant. Surtout que là, constat terrible, je me retrouve avec un bilan plutôt mitigé: j'ai moins lu mais surtout, j'ai l'impression d'avoir moins bien lu!!! Alors bien sûr, plusieurs livres m'ont beaucoup plu cette année mais au final, avec le recul, peu de lectures 2011 rejoindront mon panthéon "the best of the best books". Soit je deviens plus difficile, soit je m'égare et il est temps de revenir aux sources: plus de voyage, de nature et d'Afrique, des thèmes un peu délaissés cette année?

Parmi cette année en demi-teinte, je suis quand même obligée de vous parler de THE livre de l'année. Je ne l'ai pas inclus dans mes coups de coeur lors de la rédaction de mon billet, tout simplement parce que ce n'est pas un livre qu'on "aime" mais en faisant l'inventaire de toutes mes lectures 2011esque, il sort vraiment de la mêlée et restera certainement comme une de mes lectures les plus marquantes:

Disgrace de J.M. Coetzee

Je vous conseillerais bien à tous de vous jeter dessus si vous ne l'avez pas lu mais comme il m'a déprimée pour bien une semaine après lecture, je préfère vous mettre en garde. Lecture choc à éviter en période de déprime!

Bon, pour que vous ne croyez pas que je suis une vieille pénible, voici quand même trois livres que j'ai beaucoup aimés cette année:



A savoir:
127 heures d'Aron Ralston, qui a su me garder en haleine et me faire trembler en m'embarquant totalement au fond d'un canyon. 
Room d'Emma Donoghue que j'ai trouvé original et bien construit avec un narrateur-enfant qui ne m'a même pas ennuyée (et ça, c'est suffisamment rare pour le souligner).
L'immeuble Yacoubian d'Alaa El Aswany, que j'ai trouvé vraiment passionnant dans le contexte présent.

Côté challenge, je vous étonne à peine si je vous dis que je suis loin d'avoir honoré tous mes "engagements". Mais j'ai quand même fait de belles découvertes grâce à ces challenges et je remercie donc les organisatrices pour tout leur travail. J'ai ainsi lu:

Challenge Coups de coeur de la blogosphère de TheomaLe coeur cousu de Carole Martinez et Disgrace de J.M. Coetzee;

Challenge 2 euros de Cynthia
Les trésors de la mer Rouge de Romain Gary;

Challenge Petit Bac d'Enna, pour lequel il me manque les catégories végétal et sport/loisir:

PrénomPeer Gynt d'Henrik Ibsen 
LieuNagasaki d'Eric Faye
MétierGourou de Camille de Casabianca
Animal: Oeil-de-chat de Margaret Atwood
ObjetThe Turn of the screw d'Henry James;

Challenge Nécrophile de Fashion pour lequel il me manque l'auteur mort avant 35 ans:

Auteurs décédés dans des circonstances particulières: The Adventures of Huckleberry Finn de Mark Twain, mort comme prédit au lendemain du passage de la comète Halley
Auteurs suicidés: Les trésors de la mer Rouge de Romain Gary
Auteurs enterrés à Paris: Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas;

Challenge Nature Writing de FolfaerieLe aye-aye et moi de Gerald Durrell.



Je remercie également tous les participants au Challenge Dürrenmatt à savoir Lewerentz, Liza Lou, Cécile, Gridou, Schlabaya, Daniel Fattore et tous les autres bloggeurs qui m'ont signalé leurs billets. J'ai presque honte car je n'ai pas encore eu le temps de rédiger mon propre billet sur La visite de la vieille dame qui devrait arriver tout bientôt. Ce challenge courrait sur une année mais comme j'ai remarqué qu'il attirait un certain nombre de visites et vu le peu de pages consacrées à cet auteur, je vais continuer à mettre à jour les liens de ce challenge. N'hésitez donc pas à 1) continuer à lire du Dürrenmatt et 2) à me signaler vos billets si vous lisez cet auteur.    


Ayant peu eu le temps de me balader sur la blogosphère ces dernières semaines, je n'ai pas encore pris connaissance de la liste certainement très alléchante des challenges lancés en 2012. Pas d'inscription pour le moment donc. Il y a cependant quelques livres que j'aimerais lire cette année, par exemple:


- Le monde connu d'Edward P. Jones que Fleurdusoleil avait choisi pour moi lors du Challenge Caprice de Cocola il y a déjà 1 an. Je ne désespère pas de pouvoir honorer cet engagement.
- Des BD de dessinatrices pour honorer le Challenge Women BD de Theoma auquel je m'étais inscrite avec pleins de bonnes intentions mais... Aucune excuse à présent vu que j'ai reçu pour Noël Trop n'est pas assez d'Ulli Lust.
- Pleins d'auteurs classiques anglais que je n'ai encore jamais lus. J'ose à peine en faire la liste tellement elle est remplie d'auteurs absolument incontournables, comme par exemple Jane Austen (oui oui, je sais), Dickens (soupir, allez, vous pouvez jeter la première pierre), Shakespeare (non, non, ne me rayez pas de votre GR) ou les soeurs Brontë. Promis, je me rattrape en 2012, surtout qu'avec mon Kindle, je n'ai même plus l'excuse "d'oublier" de passer au rayon classiques lors de mes descentes en librairie. 
- Du nature writing pour revenir aux sources avec du Muir, du Abbey, du Durrell et j'en passe. 
- Des romans d'espionnage, un peu délaissés cette année mais j'ai tout à coup une furieuse envie de Le Carré, Greene, Fleming ou pourquoi pas The Betrayal d'Helen Dunmore qui traine dans ma PAL depuis plus d'une année.
- Wolf Hall d'Hilary Mantel, pavé qui me fait très envie mais dont je repousse toujours la lecture. Vu que je suis plongée en ce moment dans Jonathan Strange and Mr. Norrell de Susan Clarke, qui fait presque 800 pages, on va dire que Wolf Hall sera pour la 2ème moitié de l'année. 
- Le troisième tome de Millénium de Stieg Larson, pour boucler cette série qui jusqu'à maintenant me plait beaucoup. 
- Du Zola, délaissé depuis une année. J'ai d'ailleurs presque envie de reprendre la série depuis le début. 
- Les racines du ciel de Romain Gary. 
etc etc etc... Une liste qui se rallongera certainement au fil des mois. 


Je vous souhaite à tous une très belle année de lecture et je me réjouis de continuer nos échanges en 2012. 

lundi 9 janvier 2012

Millénium II: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette de Stieg Larsson


La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette est le deuxième tome de la fameuse série Millénium. Le lecteur retrouve les héros du premier opus: Mikael Blomkvist, devenu un journaliste-star après avoir fait éclater l'affaire Wennerström; et Lisbeth qui refait surface à Stockholm après plusieurs mois de vagabondage à travers le monde. Mais ce retour discret va très vite être chamboulé par le meurtre sordide d'un couple qui enquêtait sur la traite des femmes auquel elle va être mêlée. Une affaire qui fera réapparaitre les éléments les plus sombres du passé de Lisbeth. 

Sans trépigner d'impatience, j'avais envie de retrouver les personnages de Stieg Larsson et j'ai dévoré en un temps record ce tome II, que j'ai, au final, d'avantage apprécié que l'épisode précédent. 

J'ai retrouvé avec plaisir toute la galerie de personnages découverte dans L'homme qui n'aimaient pas les femmes. J'ai particulièrement aimé en apprendre d'avantage sur le passé de Lisbeth, un personnage fort qui m'avait déjà bien accrochée dans le premier tome. J'ai également trouvé l'intrigue plus réaliste et rationnelle dans ce tome, mais aussi plus "traditionnelle"... mise à part une fin un peu ridicule avec un terminator insensible et cette vengeance familiale un peu too much.(SPOILER)

Dans l'ensemble, et comme pour le premier tome, j'ai passé un très bon moment. Ce deuxième tome est définitivement un bon polar et je me réjouis de retrouver Mikael et Lisbeth dans le dernier opus. Motivées les filles?

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre
histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes
enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.



Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l'économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d'Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d'une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.

Lecture commune avec ManuDeL, Cynthia et George mais les presque 700 pages de ce livre semblent avoir fait des victimes ;-) 

LARSSON Stieg, Millénium II: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, ed. Actes Sud, octobre 2006, 653p., traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
LARSSON Stieg, Flickan som lekte med elden, ed. Norstedts Forlag, 2006.


Allez je file, M6 diffuse ce soir même le premier épisode de la série suédoise que je n'ai toujours pas vu.