mercredi 10 septembre 2014

La shortlist du Booker Prize 2014

Un tout petit billet pour partager la shortlist du Booker Prize annoncée hier. Les 6 romans retenus par le jury sont donc: 

To Rise Again at a Decent Hour de Joshua Ferris (USA)
 
Un roman également shortlisté pour l'International Dylan Thomas Prize, au coude à coude avec le gagnant du Booker 2013, The Luminaries d'Eleanor Catton... Pour ma part, pas plus tentée que cela pour le moment, mais Cuné a aimé.

Paul O'Rourke est un dentiste réputé de New York en pleine crise de la quarantaine. Quand une page Twitter et Facebook apparaissent à son nom et relatent une vie bien plus excitante que la réalité, Paul commence à paniquer. Mais si Paul n'est pas l'auteur de cette vie virtuelle, qui peut bien être responsable? Une crise existentielle sur le mode de la comédie.

The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan (Australie): 
 
Je suis très tentée par ce titre. J'ai lu globalement des avis positifs, même si certains mentionnent un peu d'inégalité entre les parties du roman. Il y a quand même de fortes chances qu'il atterrisse chez moi.
 
Deuxième guerre mondiale, dans un camp de prisonniers de guerre japonais affecté à la construction du chemin de fer traversant la jungle birmane: Dorrigo Evans raconte la folle passion qu'il a vécu deux ans plus tôt avec la femme de son oncle, tout en tentant de survivre et de maintenir le groupe d'hommes sous son commandement face à la maladie et aux privations extrêmes du camp.

 
 
 
We Are All Completely Beside Ourselves de Karen Joy Fowler (USA): 
 
A la base, je n'étais pas plus attirée que cela par ce récit d'ado... C'était sans compter une fois encore sur Cuné, en plus épaulée pour le coup par Cathulu qui ont réussi à me donner une envie irresistible de découvrir ce qui se cache à la page 77 de ce roman. Merci les filles ;-(
 
Le récit tragico-comique de la jeune Rosemary, qui raconte comment sa soeur et son frère ont disparu de sa vie pour ne laisser que le silence d'une famille détruite.

 
 
 
J de Howard Jacobson (UK): 
 
La question Finkler ne me tente pas du tout malgré son prix en 2010. Ce dernier roman n'a pas beaucoup plus éveillé ma curiosité mais le côté dystopie pourrait d'avantage me plaire. 
 
Dans un futur où les allusions au passé sont devenues taboues, mystérieuse et suspectes, deux jeunes gens tombent amoureux. Leur attraction est-elle un hasard, ou a-t-elle été planifiée?

 


 

The Lives of Others de Neel Mukherjee (UK): 

Pas en mood India pour le moment mais la jolie couverture pourrait m'y amener dans les prochains mois. A voir!

Calcutta, 1967: Supratik disparait du foyer familial pour rejoindre le mouvement de rébellion Naxalite. Petit à petit, c'est toute la famille Ghoshes qui se désintègre, dans une société au bord de l'implosion, où les fractures entre les générations deviennent inévitables.

How to Be Both de Ali Smith (UK): 

J'en connais une qui va être contente:-) Flo, la tribune est toute à toi pour en faire l'éloge dès que tu l'auras fini; je suis pour ma part complètement paumée face à ce résumé et l'univers de l'auteur... 

Un roman qui saute d'époque en époque, en adoptant différentes formes et en ignorant les frontières entre réalité et fiction. 







Et vous, ça vous inspire quoi cette shortlist? Des pronostics? Pour le moment, Neel Mukherjee et Ali Smith sont en tête chez les bookies... A suivre le 14 octobre.

lundi 8 septembre 2014

Le livre sur les quais de Morges: c'est déjà fini!

Tout d'abord, désolée pour le long silence de ce blog, en pleine période de rentrée littéraire, alors que tous les amoureux de livres s'activent pour trouver LA pépite parmi les centaines de nouveautés. Ne vous inquiétez pas, je poursuis ma propre quête et j'ai d'ailleurs plusieurs billets en préparation dans mes brouillons. Mais entre de grands changements au travail, des vacances qui approchent et donc des tâches à terminer avant de partir, un grand anniversaire et un petit mariage à organiser, je ne trouve simplement plus le temps pour ce blog ou pour visiter les vôtres. Retour à la normale espéré pour octobre.

En attendant, je voulais vous faire un petit résumé de mon dimanche au Livre sur les quais de Morges, un rendez-vous qui en est aujourd'hui à sa cinquième édition.

Après un été pourri, c'est sous un magnifique soleil que s'est donc déroulée la manifestation cette année. Un temps qui m'a d'ailleurs encouragée à tenter pour la première fois en cinq visites les fameuses croisières littéraires, activité phare du festival. J'ai eu le plaisir d'embarquer sur le bateau Henri Dunant, pour une rencontre, sans photo évidemment, avec l'auteur très secret et ancien agent des forces spéciales britanniques, Andy McNab. Après une introduction très "realpolitik" sur les menaces actuelles, de l'Ukraine à la Syrie, Andy McNab a évoqué sa participation à plusieurs projets Hollywoodiens, et les résultats d'une étude scientifique qui l'a classifié "good functioning psychopathe" bien intégré dans la société (une question d'absence de peur et d'empathie, et de fonctionnement différent du cerveau). Une rencontre intéressante bien qu'au final peu littéraire. Andy McNab reste un personnage intriguant, même si son attitude très détachée à l'évocation des actes criminels qu'on a en partie relié à ses livres m'a mise mal à l'aise. Au final, il ne m'a pas forcément donné envie de lire ses livres, mais la rencontre en petit comité, sur un bateau au milieu du lac Léman reste un concept sympathique (et probablement bénéfique pour les caisses du festival, CHF 10.- le tour d'une heure).

Sinon, peu d'auteurs parmi les 300 présents sous la tente ont retenu mon attention. Il faut dire que l'affluence m'a vit ôté l'envie de me balader. J'ai quand même pris plaisir à discuter avec Ian Manook de son roman Yeruldelgger, que je n'ai toujours pas lu malgré ma passion pour la Mongolie. A mettre dans les objectifs 2015! Et pour les fans, la sortie du deuxième tome est apparemment annoncée pour janvier 2015 et deux autres suivront probablement... J'ai également discuté brièvement avec Paul Lynch, qui avait l'air un peu perdu dans la foule et surpris du bon accueil francophone réservé à son premier roman, le tentant Un ciel rouge, le matin. Le salon ne manquait pas d'autres têtes d'affiche: Douglas Kennedy, Grégoire Delacourt, Emmanuel Carrère, Frédérique Deghelt, etc. mais j'avoue que le monde m'a découragée de trop m'y attarder.

A la place, j'ai suivi la conférence sur la littérature qui s'empare des figures historiques avec Gilbert Sinoué, Anne Cuneo et Lola Lafon. Tous trois ont refusé l'étiquette de romans historiques, préférant parler de littérature tout simplement. Anne Cuneo a expliqué que son travail autour de ses personnages historiques consistait à prendre un squelette et à en refaire un corps, un processus qui nécessite au final autant d'imagination que l'écriture d'une fiction pure. Une image partagée par Gilbert Sinoué qui a toutefois précisé qu'en s'attaquant, dans son dernier roman, à un personnage comme Ghandi, il se devait d'être extrêmement respectueux du fait historique. Traitant d'un personnage encore vivant, Lola Lafon a expliqué que sa démarche avait été légèrement différente, parlant plus d'aller au-delà de l'image. A la question inévitable sur la réaction de Nadia Comaneci, Lola Lafon a confirmé que l'ancienne gymnaste était au courant de la parution du livre et y a réagi de manière très "communiste" en disant ne pas comprendre ce qui avait intéressé l'auteur, qu'elle n'avait fait "que son travail". Enfin tous les trois ont expliqué ne pas vouloir éduquer le lecteur à travers leurs romans; Anne Cuneo ajoutant même, avec son légendaire humour, qu'elle s'en fichait que le lecteur apprenne quelque chose à la lecture de ses livres, que ce n'était pas son but.

Enfin, j'ai aimé les confessions express de Philipp Meyer et d'Alexander Maksik sur leurs années de galère avant la parution de leur roman. Deux personnalités qui m'ont plu et donné envie de découvrir leur livre, respectivement Le Fils qui vient de sortir et La mesure de la dérive. Enfin Donald Ray Pollock, auteur un peu bourru mais plutôt attachant, ayant débuté sa carrière à l'âge de 50 ans, a raconté l'origine de son livre Knockemstiff et l'ambiance très noire mais apparemment inspirante de son enfance. 

Une belle journée au final pour un concept qui me plait toujours autant mais qui gagnerait à rester petit et intime. Le succès du festival rend tout cela difficile mais c'est une reconnaissance méritée pour les organisateurs. 

Vivement l'année prochaine!