mardi 31 mars 2015

Top 3 zéro-livre de mars 2015: Spécial Angleterre avec beaucoup de cocos dedans

Après un mois de pause à cause d'un agenda sur- surchargé, je reprends ma petite rubrique zéro-livre avec une spéciale Angleterre.

Vous ne le savez probablement pas, mais à part les livres, je suis une grande fan d'équitation et une amoureuse de la race pur-sang anglaise en particulier. Alors quand Mr. Z me propose d'aller visiter les centres historiques de cette race, vous pensez bien que j'ai planté tout mon travail et que j'ai fait mon sac. Le top 3 de ce séjour restera:

1. Le tour offert par Discover Newmarket: Newmarket, c'est une petite ville du Suffolk, à environ 100km au nord de Londres. Mais c'est avant tout la Mecque des courses de pur-sangs depuis le 17ème siècle déjà. Discover Newmarket offre différents tours privés et c'est vraiment la manière idéale pour découvrir cette ville à l'aspect classique mais qui abrite pourtant plus de 3'000 chevaux de course. 
La visite commence généralement le matin par les galops d'entrainement sur Warren Hill, une petite colline juste en-dehors de la ville, où s'entrainent chaque matin une centaine de futurs cracks. Il est ensuite possible de visiter des écuries et de caresser la nouvelle pouliche de la Reine, ou le futur grand espoir de l'entraineur. Notre visite s'est terminée au Haras National, où au détour d'un parc on croise un poulain de Frankel (invaincu en 14 courses, dont la saillie vaut tout de même environ £125'000, gloups!) ou un ancien vainqueur du Grand National en 2004, Amberleigh House, qui, à plus de 20 n'a plus grande gueule mais coule des jours heureux dans son parc. Bref, une organisation tip top, une guide passionnée rien que pour nous, du soleil, des chevaux... Une merveilleuse journée!


copyright: Equidia
2.  La Cheltenham Gold Cup: Apogée de la saison des courses d'obstacles en Angleterre, j'ai trouvé l'ambiance du festival de Cheltenham plutôt relax et les gens semblaient être là pour les chevaux et les courses plutôt que pour se pavaner comme à Ascot. Bon, il y avait quand même un nombre hallucinant de chapeaux et de bêtes mortes portés autour du cou, de talons et de mini-jupes alors qu'il faisait 6 degrés (on est en Angleterre) mais bilan de la journée super positif. On se prend très vite au jeu, les chevaux sont magnifiques, l'adrénaline monte et nous avons même fait un bénéfice en pariant. Le spectacle des gens vaut presque autant le détour que celui des courses: un concentré de l'Angleterre, de ces différentes classes où l'argent ne fait pas forcément tout. Intéressant!


3. Et pour terminer ce week-end sous le signe du cheval, nous avons mangé le meilleur steak....  de boeuf (ha ha, ça aurait été plutôt ironique) de toute ma vie au Restaurant Hawksmoor de Air Street (près de Picadilly à Londres). Vous allez me dire, un steak, rien de bien original! Et pourtant, plus jamais je ne regarderai un steak de la même manière. A tester absolument!

Je suis consciente que ce billet sera peut-être du chinois pour certains. Promis, je reviens très vite avec des livres, qui ne parlent même pas de chevaux. Ouf!

 

dimanche 22 mars 2015

La mer d'innocence de Kishwar Desai

Pour ceux qui aiment: les enquêtes de Mma Ramotswe d'Alexander McCall Smith

Simran Singh, travailleuse sociale indienne au fort goût pour l'aventure et les enquêtes, prend quelques jours de vacances mérités avec sa fille Durga à Goa. Mais derrière les paysages paradisiaques de ses plages, Goa cache aujourd'hui une réalité bien plus sombre. C'est ce que Simran va vite découvrir, quand on lui demande de résoudre la disparition d'une adolescente britannique qui semble s'être brûlée les ailes dans cet ancien paradis hippie. 

Ces dernières années, j'ai lu plusieurs articles sur Kishwar Desai et ses romans qui dénoncent les réalités sociales de l'Inde d'aujourd'hui. J'ai donc saisi l'occasion de découvrir cette troisième enquête de Simran, prenant comme décors Goa, nouvelle destination balnéaire à la mode, et le sujet au combien brûlant en Inde des viols. Publié en anglais en 2013, La mer d'innocence est en effet clairement inspiré par la révolte de l'auteur face au sort de Jyoti, l'étudiante en médecine violée dans un bus de Delhi, dont on suit l'évolution de l'affaire au fil du livre. Le roman lui est d'ailleurs dédicacé, ainsi qu'à Scarlett Keeling, une jeune britannique tuée à Goa en 2008 dans des circonstances proches de celles décrites dans le livre, "et aux milliers de femmes violées et assassinées en Inde - dans l'espoir qu'elles obtiennent justice un jour."

Il y a beaucoup de colère et de hargne dans ce livre, et on sent le désir profond de Kishwar Desai de dénoncer l'inertie de la société indienne face à la violence faite aux femmes. Dans un même temps, le lecteur découvre une ville de Goa bien loin des images peace and love des années 70's, gangrénée par les trafics de drogues et la corruption omniprésente. La mer d'innocence ressemble ainsi à un vrai plaidoyer, fortement inspiré par des faits divers réels, au dépend parfois de l'intrigue qui tourne parfois en rond. L'enquête m'a ainsi semblé un peu longuette et la résolution de l'affaire se fait au final un peu aux dépends de Simran. 

Si vous cherchez un roman policier palpitant, passez donc votre chemin. Pareil si vous prévoyez des vacances à Goa (bonjour les cauchemars pré-départ). Si vous souhaitez par contre en apprendre plus sur la face sombre de l'Inde, n'hésitez pas à plonger dans les aventures de Simran Singh. Sans m'être particulièrement attachée à cette enquêtrice, je continuerai pour ma part volontiers de découvrir l'Inde d'aujourd'hui, pas toujours toute noire je précise, avec Kishwar Desai.

Goa, ancien paradis hippie, est une nouvelle destination à la mode pour les jeunes du monde entier. Sauf qu’une jeune touriste britannique y est agressée par des Indiens puis portée disparue…
Simran Singh, piquante travailleuse sociale, y passe justement ses vacances avec Durga, sa fille adoptive, quand elle reçoit une vidéo sur son téléphone portable qui va donner une tournure totalement inattendue à son séjour. ­Commence alors une longue enquête pleine de rebondissements, et la découverte pour le lecteur d’un Goa assez terrifiant ! Trafics de drogue, disparitions inexpliquées de touristes, meurtres, mafia… Kishwar Desai s’attache une nouvelle fois à dénoncer la violence et la corruption qui sévissent en Inde, et sa maîtrise du suspense ne fait que se confirmer !

Kishwar Desai est née en 1956 dans le Punjab (Inde) où son père était chef de la police. Elle a publié chez le même éditeur, Témoin de la nuit et Les origines de l'amour

Je remercie Babelio et les éditions de l'Aube pour l'envoi de ce roman. 

DESAI Kishwar, La mer d'innocence, ed. de l'Aube, janvier 2015, 331p., traduit de l'anglais (Inde) par Benoîte Dauvergne
DESAI Kishwar, The Sea of Innocence, ed. Simon & Schuster, mai 2013, 368p. 

tous les livres sur Babelio.com

A voir aussi absolument, si le sujet vous intéresse, India's Daughters, le reportage de la BBC sur le drame de Delhi, qui a été interdit en Inde. Une décision incompréhensible! Le documentaire dénonce  bien sûr les actes atroces perpétrés par ces six hommes, mais montre également le fossé incroyable qu'il existe entre modernisation de l'Inde et le traditionalisme de sa société. Mais my god, les entretiens et la force des convictions de ces hommes, qui arrivent à justifier des actes atroces. J'en ai encore des frissons...