vendredi 26 juin 2015

Sortie noire de Christian Laurella

La vie d'Elisabeth, retirée dans une petite maison de campagne, est soudainement bouleversée par l'arrivée d'un courrier lui annonçant la prochaine libération d'un criminel du nom de Daniel Pessard. Après vingt ans passés derrière les barreaux, ce dernier va en effet bénéficier d'un régime de semi-liberté.
Une simple lettre qui va pourtant enclencher un mécanisme infernal pour les personnes gravitant autour d'Elisabeth et de Daniel.

J'avais bien aimé l'extrait lu de ce roman de Christian Laurella et j'avais donc accepté de recevoir Sortie noire malgré mon côté très tatillon (pour ne pas dire chi...) pour tout ce qui ressemble à un polar ou à un thriller. Au final, je suis déçue. Malgré l'idée de départ plutôt alléchante, qui laissait entrevoir un jeux du chat et de la souris assez palpitant, j'ai trouvé Sortie noire assez plat et peu entrainant.

Je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, trouvant les personnages peu crédibles et un peu too much, que ce soit dans leurs comportements ou dans les dialogues qui manquent de naturel. L'intrigue alterne entre le récit de Daniel, mélange du parfait psychopathe violent et de l'homme paumé à la recherche d'amour, et celui de la machiavélique et caricaturale Marlène. Les autres personnages sonnent tout aussi faux et stéréotypés, entre le repenti sympa, le gardien de prison salaud, la victime pas si innocente, et j'en passe. S'y ajoutent des rebondissements et faux-semblants à la pelle, qui s'enchainent à la vitesse grand V et qui m'ont malheureusement larguée dès la moitié du livre.

J'ai fini le livre sans grand intérêt mais, à la lecture des autres avis de la blogosphère, je suis clairement du côté des schtrumpfs grognons sur ce coup-là. Ne vous arrêtez donc pas à mon avis! 

Après vingt ans passés derrière les barreaux, Daniel‚ prisonnier modèle et complètement amnésique‚ bénéficie d'un régime de semi-liberté et trouve un emploi dans une menuiserie. En parallèle‚ deux femmes, dont l'une est au service de l'autre, habitent une maison isolée en province. L'arrivée d'une lettre annonçant la libération de Daniel va bousculer l'apparente quiétude qui semblait être le quotidien des deux femmes et allumer un feu d'enfer dans la maison.

Je remercie les éditions Taurnada pour l'envoi de ce roman. 

LAURELLA Christian, Sortie noire, ed. Taurnada, octobre 2014, 304p.  

lundi 15 juin 2015

Les Réponses d'Elizabeth Little

Pour ceux qui aiment: The Bling Ring de Sofia Coppola

Après dix ans passés en prison, la jeune héritière Janie Jenkins retrouve la liberté grâce à un vice de procédure. Mais la société, et en particulier un blogueur zélé, est loin de vouloir lui laisser refaire sa vie. Il faut dire que sa condamnation pour le meurtre affreux de sa mère, une belle et riche philanthrope, a fait la une de tous les tabloïds. 
De son côté, Janie est bien décidée à profiter de cette aubaine pour tenter d'éclaircir les événements de cette funeste journée. Car si les preuves accumulées contre elle sont irréfutables, Janie elle, trop ivre la nuit du meurtre, n'en a gardé presque aucun souvenir.

Dès les premières pages, j'ai été séduite par le personnage de Janie Jenkins, sorte de Paris Hilton à l'humour corrosif et au sens de la réplique aiguisé. Habituée toute jeune au luxe et au glamour de la société de Los Angeles, son arrivée dans une petit ville du Middle West à la recherche d'indices sur le meurtre de sa mère donne lieu à des réflexions pinçantes mais vraiment drôles.

"Parce que personne - personne - ne fantasme davantage sur les jolis prénoms qu'une fille qui s'appelle Jane. Et avec de bonnes raisons, hein. Je veux dire, même nos Jane les plus illustres sont des coinçées de première. Jane Austen, Jane Eyre, Jane Doe? Vielle fille, bonne poire, cadavre. C'est un miracle que je m'en sois aussi bien sortie." p.22

"Les hautes herbes ondulaient dans la brise. Mes mains se crispèrent sur le volant. J'avais l'impression de m'enfoncer dans un immense océan vert à l'approche d'un orage d'été, que l'eau devenait de plus en plus profonde, que le courant m'emportait vers des lieux où je n'avais pas forcément envie d'aller et qu'à tout moment la houle risquait de me...
Putain, sérieux, parfois j'ouvre la bouche et c'est comme si je récitais une rédaction de collégienne. Tout ce que je voulais dire, c'est que j'avais peur." p.62

Malgré son petit côté insupportable d'enfant gâtée, que même dix ans de prison n'ont pas su gommer, Janie est un personnage fort, drôle, agaçant mais touchant et sympathique auquel on s'attache immédiatement et que l'on suit avec impatience tout au long de son enquête.

Elizabeth Little nous offre également une image peu reluisante de la communauté des starlettes bling bling et autres hit girls et plus généralement de notre société futile et voyeuriste, où tout le monde peut se transformer en paparazzi-inquisiteur. Un roman moderne et enlevé qui m'a donc tenue en haleine.... jusqu'à son dénouement que j'ai trouvé raté et assorti de quelques incohérences. Dommage dommage!

Un premier roman plein de charme et de fiel avec un personnage mordant et une ambiance "Simple Life" qui déménage. Mais une déception sur la toute fin.

Après un procès qui a passionné l’Amérique, la jeune Janie Jenkins est reconnue coupable de l’assassinat de sa mère, la très fortunée et très mystérieuse Marion Elsinger. Dix ans plus tard, suite à une enquête sur la manipulation de preuves par le laboratoire de police scientifique de L.A, Jenkis sort de prison, sa libération scandalise le pays, convaincu de la culpabilité de la riche héritière.
Janie est-elle coupable ou innocente ? Elle-même n’en a pas la moindre idée. Trop ivre la nuit du meurtre, elle n’a plus aucun souvenir de ses faits et gestes. Ne lui reste en mémoire que les deux derniers mots prononcés par sa mère, deux mots mystérieux qui vont la conduire à aller chercher les réponses à toutes les questions qu’elle se pose dans une petite ville du Middle West.

Rares sont les auteurs de thrillers qui dès les premières pages capturent à ce point l’attention du lecteur pour ne plus la lâcher. Avec son premier roman, et une héroïne à laquelle on s’attache instantanément, Elizabeth Little réussit cet exploit et rejoint d’emblée le club très fermé des S.J. Watson, Harlan Coben, Mo Hayder et autres Gillian Flynn. Faisant preuve d’un sens du suspense impressionnant, elle nous offre ainsi une intrigue machiavélique, proprement addictive, doublée d’une réflexion passionnante sur les travers de notre société
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Merci Olivier!

LITTLE Elizabeth, Les Réponses, ed. Sonatine, mars 2015, 432p., traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Sibony
LITTLE Elizabeth, Dear Daughter, ed. Viking, juillet 2014, 388p.     

lundi 1 juin 2015

Le liseur de Bernhard Schlink

Pour ceux qui aiment: Terminus Allemagne d'Ursula Krechel

Dans l'Allemagne d'après-guerre, Michaël, jeune adolescent de quinze ans, fait la rencontre d'Hanna, une femme rude et mystérieuse de vingt ans son ainée. Très vite cependant, une aventure nait et fait découvrir à Michaël l'amour et la sensualité. Leurs rencontres, faites de rituels répétés au fil des jours, se terminent par la lecture à haute voix de Michaël à l'attentive Hanna.
Plusieurs années se sont écoulées et Michaël et Hanna se sont perdus de vue après ce fol été. C'est pourtant dans des circonstances exceptionnelles, celle du procès de gardiennes d'un camp de concentration, que les deux anciens amants vont se revoir. La suite d'une histoire d'amitié et d'amour qui tente de surmonter tout jugement moral.

De Bernhard Schlink, je n'ai lu jusqu'ici que La Circoncision, dont on retrouve le thème des interrogations allemandes des générations d'après-guerre. Qui est responsable des atrocités de la guerre? Jusqu'à quand? Jusqu'à quelle génération? Peut-on vraiment juger le comportement des protagonistes de la guerre qui vivaient dans un contexte complètement différent? Et qu'aurions-nous fait à leur place?

Beaucoup d'interrogations morales, qui semblent occuper une bonne partie de l'oeuvre de cet auteur. Et je dirais, tant mieux, car Bernhard Schlink est manifestement doué pour créer des intrigues toutes simples mais qui nous questionnent tout au long de la lecture.

J'ai ainsi beaucoup aimé ma lecture du Liseur et les réflexions auxquelles elle amène. Cependant, il m'a personnellement manqué quelque chose pour en faire un grand roman. Peut-être est-ce les rebondissements de l'intrigue un peu gâchés par mes souvenirs du film de Stephen Daldry (que j'avais en passant bien aimé)? Ou alors l'écriture un peu plate de Schlink. Le tout se lit en effet sans effort et avec intérêt mais je ne me suis pas arrêtée sur une phrase flamboyante ou un passage particulièrement bien écrit. 

Au final, Le liseur offre une intrigue percutante pour un bon livre; rien de plus, rien de moins!


Pas de quatrième de couverture cette fois-ci. Ma version Folio détaille presque chaque étape du livre...


Lecture faite dans le cadre du Blogoclub. Les autres billets ici. J'ai encore Le week-end de cet auteur dans ma PAL sur lequel je me pencherai avec plaisir. 

SCHLINK Bernhard, Le liseur, ed. Gallimard, coll. Folio, 1996, 243p., traduit de l'allemand (Allemagne) par Bernard Lortholary
SCHLINK Bernhard, Der Vorleser, ed. Diogenes Verlag, 1995