vendredi 29 avril 2016

Une autre vie de S. J. Watson

Pour ceux qui aiment: La fille du train de Paula Hawkins

Quand elle apprend la mort de sa petite soeur Kate, tuée en pleine rue à Paris, Julia est dévastée. Alors que l'enquête piétine, elle décide de quitter Londres, sa vie et sa famille en apparence si parfaites, pour rejoindre Anna, la colocataire de Kate et ainsi tenter de se rapprocher de sa soeur disparue.

Très vite, Julia se rend compte qu'elle ignorait beaucoup de choses sur sa soeur, et en particulier son utilisation intensive des sites de rencontre. Et si son meurtre était la conséquence d'un flirt qui aurait mal tourné avec l'un de ses correspondants? Pour en avoir le coeur net, Julia reprend le compte de Kate et tente de reconstruire la vie en ligne de sa soeur. Mais prise dans les rouages du web, Julia est embarquée dans un jeu dangereux où vie réelle et fantasmée vont très vite s'entremêler.

Suspens préservé, tension palpable, Une autre vie est un bon page turner que j'ai lu avec plaisir. Julia est un personnage intéressant et bien construit, femme au foyer au visage très lisse mais au passé compliqué. Bien qu'elle semble parfois très naïve et que je n'ai pas forcément éprouvé beaucoup de sympathie pour elle (comme pour Rachel dans le livre de Hawkins d'ailleurs), j'ai eu envie de la suivre sur la pente dangereuse qu'elle décide d'emprunter. L'auteur n'évite pas tous les stéréotypes mais offre au lecteur une intrigue suffisamment originale pour m'avoir accrochée. 

J'ai peut-être trouvé le thème des rencontres sur internet un peu facile, un peu trop vendeur, mais il est ici bien traité. Qui se cache réellement derrière l'écran et chacun de nous ne porte-t-il de toutes façons pas un masque, même dans la vraie vie? Quelques coïncidences un peu trop grosses sur la fin mais dans l'ensemble, l'intrigue tient bien la route. 

Je peine à vous faire une critique plus construite sur cette lecture qui fonctionne très bien sans être non plus woaw. "Le maître du thriller psychologique" évoqué sur la quatrième de couverture, je n'irais probablement pas jusque là (mais je n'ai pas lu Avant d'aller dormir, alors qui sait). A emporter dans votre sac de plage cet été, pourquoi pas?

Femme au foyer, Julia mène une vie bien rangée à Londres avec son mari et son fils. Lorsqu’elle apprend la mort de sa jeune sœur, Kate, victime d’une agression à Paris, près du canal de l'Ourcq, elle est sous le choc. Les deux sœurs, dont les relations n'ont jamais été faciles, s'étaient perdues de vue. Ne parvenant pas à faire son deuil, Julia décide d’aller à Paris afin d’en savoir plus sur la vie que menait Kate. Là, elle apprend que cette dernière fréquentait assidûment les sites de rencontre en ligne. Le doute s’insinue alors dans son esprit : et si la mort de sa sœur n’était pas due à une simple agression mais à une mauvaise rencontre ? Ne pouvant se débarrasser de cette idée obsédante, Julia décide de se faire passer pour Kate sur le site Internet d’escorts que celle-ci utilisait. Mais, à l’âge des bilans, des remises en question, des ambitions laissées derrière elle, Julia ne réalise pas qu’elle est en train de jouer un jeu dangereux à double titre. Si elle a en effet raison sur les circonstances de la mort de sa sœur, elle prend tous les risques. Et en goûtant à une autre vie, plus excitante, que va-t-il rester de la sienne ?

Avec Avant d’aller dormir, S.J. Watson avait réussi le tour de force de nous donner un roman au suspense impressionnant, doublé d’un portrait de femme inoubliable. On attendait la suite avec une certaine angoisse. Pourrait-il faire aussi bien ? On a maintenant la réponse. Non, il n’a pas fait aussi bien ; il a fait encore mieux. Et le thriller psychologique a trouvé son maître.

WATSON S. J., Une autre vie, ed. Sonatine, octobre 2015, 432p., traduit de l'anglais (Royaume Uni) par Sophie Aslanides 
WATSON S. J., Second life, ed. Harper, juin 2015, 416p. 

mercredi 13 avril 2016

Tag: Le pourquoi du comment...

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas répondu à un tag. Alors quand Clara a pensé à moi, je me suis dit, soyons fous. Voici donc quelques révélations sur mes petites manies de lectrices. 
 
Que penses-tu des adaptations cinéma ? 
Ben ça dépend hein. J'aime rarement les adaptations des livres que j'ai lus. On s'est automatiquement fait une idée des personnages, des paysages et des ambiances et il est rare de les retrouver exactement dans les adaptations. Après, il y a des exceptions, comme les Harry Potter et même certaines adaptations que j'ai trouvées meilleures que les livres, car débarrassées des longueurs (pas taper, mais je pense aux Seigneur des anneaux, dont j'avais trouvé le troisième tome interminable et même si le troisième film n'est pas exactement court, au moins on zappe tout le retour dans la Comté) ou le style pas franchement recherché (Games of Thrones, Outlander, Divergente, dont je n'ai pas réussi à lire plus de 10 pages. I know, I know!)
 

Quel marque-page utilises-tu ? 
Un peu de tout, je ne suis pas très fétichiste de la chose.  

Quel est ton coup de cœur 2015 ? 
Dur dur... Probablement Cataract City de Craig Davidson. Vivement son prochain roman et pour patienter, allez jeter un oeil à l'intro pleine d'humour de son site.

Comment classes-tu tes livres ? 
Ca c'est le point chaud du moment avec Mr. Z. Je classe par genre d'abord (roman, non-fiction, histoire, environnement, sport, beaux-livres, policier) puis par maison d'édition. Mr. Z est un adepte du classement alphabétique que je trouve perso peu pratique vu les allers-venus de ma PAL. Si vous avez des arguments béton pour ma défense, n'hésitez pas ;-)

Quels sont tes blogs de lecture préférés ? 
Ca c'est la question à se faire quelques amis et beaucoup d'ennemis! J'ai plusieurs centaines de blogs dans mon reader, que je suis quand j'ai le temps et que je commente quand j'ai vraiment le temps. Mais il y a quelques blogs que je visite plus systématiquement, comme celui de Keisha, A Girl, Clara, Sandrine, Marie-Claude, Electra, Cuneipage, etc etc. 

Des petites habitudes inavouables quand tu lis ? 
Non, je ne vois pas. En même temps, quand je lis, je lis, je ne fais pas 10 autres trucs en même temps. 

Un auteur contemporain que tu aimerais rencontrer et pourquoi ? 
Il y en a beaucoup, on est moyennement gâtés niveau rencontres d'auteurs ici en Suisse. Parmi mes dernières lectures, j'aimerais beaucoup discuter avec Julien Donadille qui m'a bluffée avec son premier roman.

Où achètes-tu tes livres (neufs et occasion) ? 
J'achète un peu des deux, chez des libraires, des bouquinistes ou sur internet. Vu l'état actuel de ma PAL, j'essaie de limiter les achats mais mes bonnes résolutions passent souvent aux oubliettes face à un livre d'occasion. 

En ce moment, quel genre de littérature lis-tu le plus ? 
Des romans contemporains. J'essaie de varier les genres justement.

Un livre à la fois ou plusieurs ? 
Généralement un à la fois, sauf quand je bloque et que j'ai besoin d'air.

Quelle est ta lecture en cours ? 
Justement un roman sur lequel je bloque, à savoir Morphine de Twardoch que je traine depuis pas mal de semaines.

Sur quel site communautaire en rapport avec la lecture aimes-tu aller ?  
Principalement Babelio, mais je suis également inscrite sur Libfly et Goodreads

Livre papier ou numérique ? 
Les deux, même si je préfère quand même le papier, car je feuillette et reviens souvent en arrière pour relire des pages ou corner des passages que j'ai aimés. 

Quel est ton endroit préféré pour lire ? 
Au lit, avant de dormir, un rituel incontournable pour que je puisse m'endormir. Ou dans le bain, avec les risques de noyade à cause justement de mon entrainement lecture-dodo. Pas toujours top!




Invite cinq amis à y répondre : 
Marie-Claude, Elletres, A Girl, Alex et Lewerentz, si le coeur vous en dit...

mardi 5 avril 2016

Vie et oeuvre de Constantin Erod de Julien Donadille

Rentrée littéraire Hiver 2016

Pour ceux qui aiment: Un Américain bien tranquille de Graham Greene

Au début des années 90, Yves Kerigny accepte le poste de jeune attaché culturel, en charge de la bibliothèque de l'ambassade française à Rome. Au fil des jours, il fait la connaissance et se lie d'amitié avec son voisin, le mystérieux Constantin Erod. Ce dernier, héritier de la famille royale du petit état slave de Slovanie, coule des jours heureux dans la ville éternelle. Mais les conflits et le démantèlement de la Yougoslavie ouvre soudainement des perspectives nouvelles et une chance de mettre fin à son long exil. 

Quinze ans plus tard, Yves est convoqué par l'ambassade de Slovanie suite à la mort de Constantin. Ce dernier, jugé à La Haye pour crime de guerre, lui aurait légué le contenu d'un coffre, qu'il est aujourd'hui seul à pouvoir ouvrir.

J'avoue, je n'attendais pas grand-chose de ce roman pioché dans le flot de la rentrée littéraire de janvier. Je redoutais le côté un peu sombre, guerre de Yougoslavie, petit état Slave, etc. Mais une vingtaine de pages ont suffi à me rassurer et je ressors enchantée de la lecture de ce premier roman. 

Bien plus que la Yougoslavie, qui sert ici uniquement de toile de fond, Vie est Oeuvre de Constantin Erod est un roman d'ambiance qui aborde de manière beaucoup plus général l'amitié, les faux-semblants, la littérature et l'écriture, les ressorts diplomatiques ou encore l'Italie des années 90 à travers les impressions et les rencontres d'Yves. 

La jolie plume de l'auteur sert admirablement bien ce roman que j'ai trouvé très fin. Julien Donadille se concentre sur une petite galerie de personnages, qu'il exploite à merveille et qu'il prend le temps de bien étoffer. On s'attache au final très vite à ce petit microcosmos romain, de Constantin et ses amis slovanes, à la tenancière bougonne du café du coin. Les descriptions de Rome sont de plus magnifiques et j'ai adoré visiter la ville en compagnie d'Yves et de Constantin. J'ai même corné quelques pages, histoire de reproduire quelques balades romaines lors d'une future visite.

Si je devais trouver un petit bémol, ce serait peut-être la fin un peu trop "mystérieuse". Donadille aurait pu donner plus de réponses à son lecteur, en particulier sur les choix de Constantin. Je pensais que le contenu de coffre serait plus éclairant, et s'il offre une jolie perspective au roman, il soulève de nouvelles interrogations sans résoudre vraiment celles déjà existantes. Dans ce sens, le roman reste vraiment centré sur le ressenti d'Yves, sur sa vision à la fois limitée et parfois très naïve des choses, mais aussi romantique et nostalgique de la ville et des événements. Un parti pris intéressant mais peut-être un peu frustrant!

Je retiens au final la très belle ambiance de ce roman et ses personnages attachants. L'atmosphère créée par l'auteur autour de cet état de Slovanie est vraiment une réussite et je reste impressionnée par la maitrise de ce jeune auteur, avec qui j'adorerais discuter plus longuement de ce roman plein de fausses pistes. On en a peu parlé sur la blogo et dans la presse, mais n'hésitez pas à faire la connaissance de cet étrange et complexe personnage qu'est Constantin Erod. 

Un jeune attaché culturel à l’ambassade de France à Rome au milieu des années 1990 fait la connaissance du prince héritier de Slovanie. Ce doux vieux monsieur, Constantin Er d, a avec lui des conversations charmantes, il est affable et attachant. A la suite des guerres yougoslaves, Constantin devient roi de Slovanie. Et c’est avec consternation que le jeune homme découvre par les médias quel usage sanglant M. Er d fait de son pouvoir recouvré.

Quinze ans après ces événements, il est convoqué à l’ambassade de Slovanie à Paris pour y apprendre que son « ami » maintenant mort lui a légué un bien dont on ignore la nature. Que contient le coffre ? Qu’a été la vraie vie de Constantin Er d ? Celle d’un vieux monsieur exquis, ou celle d’un roi tyrannique ? Peut-on vraiment connaître les hommes ?
Un roman tout en intrigues et en pièges, en sous-entendus et en mensonges, sur les postures et les mensonges de la personnalité. 

DONADILLE Julien, Vie et Oeuvre de Constantin Erod, ed. Grasset, janvier 2016, 320p.

vendredi 1 avril 2016

Top 3 zéro-livre de mars 2016: Les génériques de série

Pas de poisson d'avril aujourd'hui mais un top 3 de mes génériques de série préférés de ces derniers mois.

Pendant longtemps, quand je regardais une série, j'avais tendance à zapper le générique. Comme je regarde souvent la tv en différé, j'ai cette grande joie de pouvoir presser sur forward, histoire de ne pas à avoir à me taper pour la x-ième fois l'intro de mes séries fétiches. Mais voilà, ça c'était avant, car depuis quelque temps (et des séries comme Games of Thrones) ces quelques secondes en début d'épisode me semblent de plus en plus travaillées et accrocheuses. J'y suis du coup plus sensible, au point d'avoir regardé systématiquement ces trois génériques, histoire d'être transportée instantanément dans l'ambiance de la série.

Outlander - Skye Boat Song 


Composée par Bear McCreary, interprétée par Raya Yarbrough et basée sur un poème de Robert Louis Stevenson (Sing me a Song of a Lad that is Gone), Skye Boat Song est tout simplement parfaite. Si la série en elle-même me laisse parfois un peu dubitative, je continue ma découverte des épisodes presque uniquement pour le plaisir de la réentendre (et ok, un peu aussi pour les pectoraux de Jamie). En un peu plus d'une minute, et grâce également aux magnifiques images du générique, je suis transportée vers les Highlands et vers ces paysages brutes que j'ai tant aimés. Tout simplement un sans faute à mon avis.

Occupied - Black and Gold 


Dans un genre complètement différent, j'aime également beaucoup le générique punchy de cette série politique norvégienne, par le chanteur local Sivert Hoyem. La série, basée sur un livre de Jo Nesbo, est d'ailleurs très bien aussi et la réflexion environnementale vraiment passionnante. Vivement la saison 2.

X-files: Aux frontières du réel


Début mars, j'ai fait un grand saut dans le temps dès les premières notes de ce générique. La saison 10 d'X-files qui s'est ouverte sur le générique original avec visages juvéniles des acteurs et plein de sons synthé un peu pourris mais so 90's, m'a ramenée à mon adolescence en moins de 5 secondes. J'ai adoré retrouver Mulder et Scully et j'ai trouvé les épisodes de cette nouvelle saison plutôt réussis, en particulier les épisodes 3 et 5, complètement décalés. Bref, top nostalgie!

Et vous, êtes-vous sensibles aux génériques de séries et lesquels?