mardi 27 mars 2012

Petites perles des mots-clés (2)


Petite sélection du meilleur du pire des mots-clés 2010-2011 qui ont mené leurs auteurs ici (mes petits commentaires inutiles en orange, le reste est de la perle 100% originale, orthographe inclue) :

Hey, fais attention à comment tu me parles :
La fille perdue
Boulet jolies lectrices
Dans mon dedans je suis comme toi

Les pervers, toujours et encore :
Barbara schulz nue theatre
Barbara schultz theatre nue photos le donneur de bain : mais c’est pas vrai, cette pièce date de plus de deux ans. Une fois pour toutes, pour être claire, oui, Barbara Schultz était nue sur scène mais sur le ventre et on ne voyait absolument rien.
Apprenti sado maso gyneco
Boite a partouz a vera andalousie
Bonne petite esclave
Circoncision sado maso
Comment apporter les esclaves en France
Dvd de famme qui aime etre exlave dans dongon : non, mais il y a vraiment des gens qui sont graves
Espion chez le gyneco
Etre une bonne esclave
France info faussare
Idee pourire la vie de son pere

Tant mieux, mais au fond, on s’en fiche un peu :
J’ai fait une lecture legere
Je veux lire une histoire d’amour
Je ne prete pas mes livres
Angelique repond elle vraiment à son mari tant que cliente est en scene
Amant g passé un bon moment avec toi
A ton avis combien de livres faut-il lire par mois pour lire beaucoup ?
« j’ai l’impression de n’avoir rien lu de substantiel »
Declaration d’amour sulfureuse pour sa bien aime
Conditions idéals pour lire un livre à la plage
Comment je choisis un livre ?
Je suis pour le livre
Je recycle ce que je mange en Suisse
Jai dailleur un penchant pour la lecture
J’aime pas lire mais je vais lire citation
Le week end ces fait pourquoi

A question stupide, réponse stupide :
Thème du livre « le monde selon monsanto » : monsanto peut-être ?
127h ca fait combien d’heure : 127 ?
Ce que les femmes aiment entendre por etre séduites : quelque chose qui n’est pas pompé sur un blog ?

Mes conseils avisés :
Guerre et paix quelle édition choisir : une version abrégée ? Non, je plaisante mais pour le bien de vos épaules, j’opterais pour une édition en plusieurs volumes (genre folio) ou the must, la version ebook (avec une bonne liste des personnages à portée de soi toutefois).
Guerre et paix, facile a lire ? : No comment !
44 enfant : avez-vous pensé à la contraception ?
Animal à 3 yeux en new zeland : il s’agit du tuatara, un cousin du lézard
Back from london ou back to london : ah ben ça dépend, ça veut juste dire l’un et son contraire.
Bonheur de dames, livre le plus plate : si on parle bien du livre de Zola, alors là, on ne va pas du tout s’entendre.

Non, il s’agit de fiction :
harrison william shepherd existe ? (de L’autre monde de Barbara Kingsolver)
fait réelle de vampire à genève

Les réinventeurs de titres :
Apocalyptic bébé
Comte de bidel bardel
Guerre épé

Les catastrophistes :
Necrologie theroux : ah mais je ne crois pas qu’il soit mort, si on parle bien de Paul Theroux chroniqué ici
Aron ralston mort : mais qu’est-ce que vous avez tous à vouloir tuer les auteurs ?
Apocalypse 3 guerre mondiale novembre 2010 : loupé, mais il reste la fin du monde en 2012
Chat naziste : pauvre minou

Les égarés :
Blog a lire pour le sex
Blog de bebe alessandro
Club fans monty python suisse : oh my god, ce n’est en tous cas pas par ici

Moi pas comprendre :
Lug, glug, fsug, gul, gugl, gull rouen 
Applel se milenim
Annales anglais odenigbo et uguvu expression
Comen baise une famme : enfin si, malheureusement je comprends mais franchement un minimum d’orthographe et surtout un peu d'amour, non?

Je compatis :
Difference prix lunette suisse France : beaucoup beaucoup trop élevée
Comment choisir un livre quand on a une pal énorme ?
Genève mais il est où le soleil

Les divers :
Aye aye méchant : mais non, c’est un peu moche, je vous l’accorde mais en rien méchant
Il ya l’humour jacques chessex : ah bon ? On n’a pas dû lire le même auteur…
La cuisine moleculaire et zola : un surprenant mélange
Le jemenfoutisme des pere

Citation qui me correspond : je propose: «Un égocentrique est une personne de bien peu de goût, beaucoup plus intéressée par elle-même que par moi. » de Ambrose Bierce ?


Je peux également vous faire la liste des livres étudiés l’année passée dans les classes de français, grâce au nombre record de recherches de « résumé complet », « analyse des thèmes », « fin de… », etc. et le palmarès revient à :
1)      Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma
2)      La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel
3)      La Promesse de l’aube de Romain Gary
4)      L’argent d’Emile Zola
5)      Le malade imaginaire de Molière
6)      Les Arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann
Avec en prime les recherches de profs désespérés:
Allah n’est pas obligé ahmadou kourouma comment convaincre quelqu’un de lire le livre
Mais ils ne sont pas sortis de l’auberge :
Cest qui ahmadou karoma
En quoi c’est de l’humour malade imaginaire de molière

Le monde du livre doit également commencer à s’inquiéter, vu le nombre de recherches du style  « version gratuite en ligne » pour des livres édités en 2011. Oui oui, c’est terrible mais il faut encore parfois payer pour lire. Shocking !

samedi 17 mars 2012

Lady Susan de Jane Austen


Pour ceux qui aiment: Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos

Lady Susan, une jeune veuve aussi belle que manipulatrice, est obligée de se réfugier chez son beau-frère, Charles Vernon, pour échapper à un nouveau scandale. Devancée par une réputation de briseuse de mariage, Lady Susan est accueillie avec beaucoup de circonspection par sa belle soeur, Catherine Vernon. L'inquiétude de cette dernière va encore s'accroitre quand son frère, Reginald de Courcy, semble peu à peu succomber aux charmes de Lady Susan. 

Lady Susan est un court roman épistolaire qui sera donc ma première lecture austenienne. Et oui, j'ai vu de nombreuses adaptations de ses romans, lu des centaines de billets sur vos blogs, au point même d'avoir l'impression de tout connaître de son oeuvre ;-), mais je n'avais encore jamais jusqu'ici lu un roman de Jane Austen. 

Je sais que cette oeuvre de jeunesse a parfois déçu les janéites. J'ai pour ma part beaucoup aimé ce petit roman, que j'ai trouvé plus piquant que les autres intrigues de Jane (ou du moins ce que j'en sais, contredisez moi sans hésiter). Alors oui, il est difficile de s'identifier à Lady Susan qui est un vrai dragon sans aucun remords pour les coeurs qu'elle déchire sur son passage, ou à Catherine Vernon qui ressemble vraiment à une concierge commentant tous les faits et gestes de sa belle-soeur, cachée derrière les rideaux d'une fenêtre, ou même à Frederica à la volonté aussi développée que celle d'un poisson rouge. Difficile également d'être charmée par Reginald, qui change d'avis comme de chemise (quoiqu'à cette époque, l'expression avait probablement moins de sens). On est bien loin des personnages forts, charismatiques et attachants à la Lizzie, Darcy ou Elinor. 

Mais justement, j'ai aimé découvrir les petites manigances de Lady Susan et les lettres désespérées de Catherine. Ca doit être mon petit côté sadique (rire!). J'ai trouvé intéressant de voir que Jane Austen jeune semblait avoir un avis plus désabusé de la vie et une vue beaucoup moins fleur bleue. Alors je ne vais pas sur-analyser cette centaine de pages, je laisse cela aux spécialistes en la matière, mais une fois encore, Lady Susan fut pour moi une sympathique découverte, éloignée de l'image que je m'étais faite de l'auteure. 

Un court roman épistolaire, oeuvre de jeunesse de Jane Austen au ton caustique, pour découvrir Jane autrement. Et maintenant que le premier pas est fait, je découvrirai volontier dans les prochains mois les autres romans de cet auteur si cher à la blogosphère.

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

Lu originellement dans le cadre du Blogoclub pour lequel j'ai beaucoup, beaucoup de retard. 


Pour la petite histoire, Lady Susan est également le premier livre lu sur mon kindle, et je dois dire que je suis vraiment satisfaite de l'expérience. Confort de lecture au top et super pratique à transporter dans mon sac (bon vous allez me dire, ce n'est pas Lady Susan qui allait m'arracher l'épaule). La barre de progrès ne remplace pas le plaisir d'avancer dans un livre et il est parfois frustrant de ne pas pouvoir feuilleter les pages pour retrouver un passage, mais dans l'ensemble, la lecture kindle représente un très bon complément à l'objet papier. 

AUSTEN Jane, Lady Susan, ebook
AUSTEN Jane, Lady Susan, ed. Gallimard, coll. 2 euros, 115p., traduit de l'anglais (Grande-Bretagne). Probablement écrit vers 1793-1794 et publié pour la première fois en 1871.

samedi 10 mars 2012

Le théorème de Kropst d'Emmanuel Arnaud


Pour: les fans de Rastignac

Laurent Kropst est élève en première année de maths sup au lycée Louis-le-Grand. Sa vie se résume aux devoirs de physique et au classement général, dont son avenir d'étudiant en école polytechnique dépend. Enfermé dans ce microcosme, la vie en dehors du lycée n'a plus d'importance; jusqu'au jour ou Laurent fait la connaissance de Mélanie et Claudia, deux khâgneuses, des élèves de préparatoire littéraire. A leur contact, Laurent va découvrir un nouveau monde, où le respect s'obtient par les bons mots plutôt que par la bonne formule mathématique. Il réalise aussi que son intuition pourrait bien l'aider à atteindre les échelons supérieurs de la hiérarchie sociale plus rapidement qu'il ne l'avait espéré. 

Tout d'abord, je vais rassurer tous ceux qui sont à deux doigts de zapper ce livre à la seule évocation du mot "théorème" dans le titre. Oui, l'intrigue se passe dans une classe de maths sup, mais le sujet central de ce livre est ailleurs et les quelques démonstrations et raisonnements mathématiques sont tout à fait digestes même pour les plus traumatisés des fonctions et autres intégrales. 

Bien plus que les polynômes de Bernoulli, Le théorème de Kropst nous fait découvrir le quotidien d'une classe de matheux, dont la seule ambition est d'intégrer les grandes écoles polytechniques et d'ainsi atteindre les élites "ingénieuses" de France. J'ai trouvé amusant mais aussi pathétique de découvrir la compétition féroce que se livrent les élèves de la classe de Frazenberg. Il faut dire que le concept des "Grandes Ecoles" est relativement inexistant en Suisse et j'ai donc parfois peiné à comprendre l'importance que cela a en France. Difficile également de déceler où l'auteur se place: est-ce de l'ironie sur ces ados de 18 ans qui considèrent que leur future réussite sociale dépend entièrement d'un devoir de physique ou, au contraire, soutient-il le désir intense de Laurent d'atteindre les élites sociales par tous les moyens?

J'ai ainsi éprouvé un petit malaise à la lecture de ce livre. Que voulez-vous, je trouve l'idée de ces fabriques à élites plutôt stupide, mais le quotidien et l'ambiance de ces écoles sont probablement très similaires à la description qu'Emmanuel Arnaud en fait. Le mélange entre littérature proustienne, cours de physique et déboires d'adolescents est également judicieux et le tout se lit très bien. 

Un bon premier roman avec un thème original mais une intrigue peut-être un peu légère. Un auteur que je suivrai avec plaisir; je serais par exemple curieuse de voir si Emmanuel Arnaud nous emmènera, la prochaine fois, dans un univers qui lui est peut-être moins familier. 

Laurent Kropst est élève en maths sup au lycée Louis-le-Grand. Il doute qu’il existe un monde en dehors des colles de maths, des devoirs de physique et des blagues vaseuses de ses petits camarades. Au-delà de la dixième place au classement général, il ne connaît plus personne. C'est sa vie, son train-train, son sacerdoce. Jusqu’au jour où il prend une tôle monumentale en mathématiques. Pour lui, c’est la fin du monde : l’opprobre, la descente aux enfers au classement général et, surtout l'exclusion, la relégation dans un lycée de seconde zone à la fin de l’année. Il découvre alors qu’on peut changer son destin avec quelques mots et beaucoup de mauvaise foi. 
Dans la foulée, il rencontre les filles du lycée, des élèves d’hypokhâgne, elles lui font découvrir l’autre moitié du monde. Lui qui ne jurait que par les polynômes de Bernoulli se met à lire Proust et à causer Baudelaire à la cantine. Il se rend compte que s'échiner sur des théorèmes n'est pas la seule façon de parvenir à ses fins; l’ascenseur social emprunte d’autres voies, qui ne sont pas toutes très nettes peut-être, mais qui sont quelques fois bien plus rapides. Quand on n’est pas issu du sérail, on se doit d'être prêt à tout. 
Dans un style alerte et ironique, Emmanuel Arnaud nous livre ici un tableau générationnel, mais aussi une plongée singulière dans les méandres du raisonnement mathématique: son roman est une ode à l’intuition, qui réconcilie la science et la littérature.

Emmanuel Arnaud est né en 1979, il a fréquenté les grandes écoles. Il vit à Paris et a publié des ouvrages pour la jeunesse. Le Théorème de Kropst est son premier roman. 

Je remercie Babelio et les édtions Métailié pour la découverte de ce jeune auteur. 

ARNAUD Emmanuel, Le théorème de Kropst, ed. Métailié, janvier 2012, 144p. 

jeudi 1 mars 2012

Der Besuch der alten Dame (La visite de la vieille dame) de Friedrich Dürrenmatt

Quand Claire Zachanassian revient à Güllen, son village natal, tous les habitants se préparent à l'accueillir. Il faut dire que depuis son départ, 45 ans plus tôt, Claire est devenue la veuve d'un milliardaire et les Güllener voit dans la visite de cet "enfant du pays" l'opportunité de remplir les caisses de la ville, désespérément vides. Leurs espoirs sont cependant très vite contrariés par la proposition de Claire Zachanassian: cette dernière promet de donner 1 milliard à la ville si quelqu'un assassine Ill, son petit-ami de l'époque, aujourd'hui épicier du village. 

Der Besuch der alten Dame est une pièce de théâtre en trois actes, écrite en 1955 et jouée pour la première fois en 1956. Cette pièce s'inscrit très bien dans l'oeuvre de l'auteur suisse-allemand Dürrenmatt qui utilise ici une intrigue absurde pour faire passer un message très cynique et pessimiste sur notre société. Dürrenmatt nous fait découvrir les réactions des Güllener, du maire au pasteur, suite à la proposition totalement immorale de Claire Zachanassian. On retrouve également le thème de la Justice, si cher à l'auteur. 

J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Dürrenmatt. Cependant, Der Besuch der alten Dame ne deviendra probablement pas mon oeuvre préférée de cet auteur, que j'affectionne plutôt dans le registre du polar. Vous le savez peut-être, mais moi et l'absurde, ça fait généralement deux et j'ai trouvé ici les personnages très caricaturaux: par exemple, Claire est rafistolée avec des prothèses et entourée d'eunuques et d'une panthère. En comparaison, ce côté absurde m'avait moins gênée dans Die Physiker qui se passait dans un asile de fous, un contexte plus propice pour que mon cerveau cartésien lâche un peu du leste. Ceci mis à part, j'ai aimé découvrir les vues de Dürrenmatt sur notre société vénale et égoïste, où l'argent passe avant l'amitié.

Une tragi-comédie avec un texte original et une belle réflexion, dans une pièce à l'apparence simple et absurde. Le décalage entre cette morale très sombre et pessimiste et ce décors fleuri et exubérant est plutôt déroutant et surprenant. Cette lecture m'a en tous cas donné très envie de découvrir une adaptation de cette pièce aux thèmes finalement transposables à tous les contextes. 

Quelqu'un a-t-il d'ailleurs vu l'adaptation La Rancune (1964) avec Ingrid Bergman ou une autre adaptation?

Reisenden, die ihren Weg über di Strecke Kalberstadt-Kaffigen nehmen, wird hiermit dringend empfohlen, in Güllen nicht auszusteigen. Das Güllener Wirtschaftswunder mit seinem kulturellen Aufschwung und seinem ganzen Wohlstand beruht auf einem Mord, verübt von den Einwohnern des freundlichen Städtchens an ihrem 65jährigen Mitbürger Alfred Ill, welcher nicht besser und nicht schlechter war als sie. Er hatte nur das Pech, vierzig Jahre zuvor an eine junge Güllnerin namens Kläri Wäscher zu geraten, die nachmals, von ihm geschwängert und sitzen-gelassen, in die Welt hinausging und dort zur Multimillionärin Claire Zachanassian wurde. Als solche erscheint sie jetzt wieder in Güllen und wünscht, dass Alfred Ill getötet werde...

Une fois encore, n'hésitez pas à lire cet auteur aux styles si variés. 

DÜRRENMATT Friedrich, Der Besuch der alten Dame, ed. Diogenes Verlag, 1989, 152p., écrite en 1955. 
DÜRRENMATT Friedrich, La visite de la vieille dame, ed. Livre de Poche, 1988, 159p.