vendredi 23 décembre 2011

David Attenborough et un peu de poésie en image avant Noël

Je jongle en ce moment avec trois livres dont aucun n'a été écrit par un auteur anglais mais j'avais quand même envie d'attaquer ce mois anglais organisé par Cryssilda, Lou et Titine.

Alors que Noël approche, je voulais vous parler d'une légende de la BBC et idole des amoureux de la nature, qui se retrouvera probablement au pied du sapin de nombreux britanniques demain: Sir David Attenborough.

David Attenborough, aujourd'hui âgé de 86 ans, a rejoint la BBC en 1950, où très vite il devient la voix et l'image des documentaires scientifiques et animaliers avec des séries comme Zoo Quest, Life on EarthThe Living Planet ou The Trials of Life qui révolutionneront le genre. 

J'ai découvert David Attenborough sur le tard mais depuis plusieurs années, je suis époustouflée par les documentaires qu'il présente ou commente. Alors évidemment, c'est toute une équipe qui nous offre ces images et dans ce domaine, la BBC n'a selon moi tout simplement pas d'égale. Mais la voix si particulière d'Attenborough en est presque indissociable, surtout pour toute une génération anglaise qui a grandi avec ces documentaires. 

Alors si vous n'avez pas encore trouvé de cadeau pour l'un de vos proches, pourquoi ne pas jeter un oeil à la longue liste de DVD mettant en scène cette légende de la télévision britannique. 

Ou une série commentée par David Attenborough:

J'ai un petit faible pour Planet Earth (Planète Terre) que j'ai trouvé magnifique et qui est justement disponible en français. Mais pourquoi ne le sont-ils pas tous??? 


Et pour finir de vous convaincre, voici une petite vidéo diffusée récemment après le dernier épisode de Frozen Planet


JOYEUSES FÊTES A TOUS!!!

lundi 28 novembre 2011

C'était pas ma faute de Kristof Magnusson

Kristof Magnusson réunit trois personnages dans son deuxième roman, C'était pas ma faute: Jasper Lüdemann est un trader allemand, installé à Chicago. Employé moyen, il rêve de se voir confier les rênes des grosses opérations qui lui donneraient enfin accès aux bonus de fin d'année. Henry LaMarck est un auteur confirmé et déjà récompensé par un Pulitzer mais en manque cruel d'inspiration pour son nouveau roman que tout le monde attend... et tout particulièrement Meike Urbanski, sa traductrice allemande, qui a désespérement besoin de travailler. Tous ces personnages vont se retrouver à Chicago dans une suite de quiproquos mêlant littérature et grande finance internationale. 

Ce livre est une vraie belle surprise. J'ai tout de suite été attirée par le côté finance de ce roman. Et oui, je sais, l'économie a mauvaise presse sur la blogo littéraire mais il se trouve que c'est un sujet qui me passionne. Mais je vous rassure tout de suite, il n'est absolument pas nécessaire d'avoir des notions d'économie pour apprécier ce livre. Vous comprendrez par contre comment des séismes bancaires ont pu être provoqués par un seul trader à la Jérome Kerviel. 

J'ai beaucoup aimé découvrir les liens entre ces personnages et leur voix respectives à travers l'alternance des narrateurs. Ce genre de récit me laisse souvent une impression un peu artificielle, que je n'ai pas du tout ressentie ici. L'auteur tisse en effet sa toile avec finesse et les trois histoires s'emboitent parfaitement et naturellement. J'ai de plus trouvé les personnages attachants, plein de défauts et de faiblesses. Embarqués dans une suite d'évenements qui les dépassent, ils se retrouvent tous à une période charnière de leur vie. 

Il est, au final, difficile de parler de ce roman qui peut paraître, à première vue, banal mais qui par sa simplicité, sa construction intelligente et son style agréable, fonctionne parfaitement. Kristof Magnusson nous offre un moment de lecture tout simplement jouissif. La littérature allemande a décidément beaucoup à offrir...

Jasper Lüdemann, trader dans une grande banque d’investissements à Chicago, a réussi à être promu à la salle des opérateurs de marché et ne vit que pour l’avancement de sa carrière. Meike Urbanski est traductrice de Henry LaMarck, un auteur de best-sellers qu’elle essaie de retrouver à Chicago car il n'a pas rendu le manuscrit qu’elle doit traduire, ce qui menace sa survie économique. Elle ne sait pas que sa conscience professionnelle de traductrice qui pose des questions mettant l’auteur face à ses négligences et sa désinvolture ont fait d’elle la bête noire de l’écrivain, qui s’emploie à l’éviter. Henry LaMarck pour sa part ne peut plus écrire et s'est réfugié incognito dans un hôtel. Ces trois personnages vont se chercher et se croiser, multiplier les quiproquos dans cette histoire d’argent, de littérature et d’amour. L’écrivain tombe en effet amoureux d'une photo du jeune banquier au regard désespéré devant l’effritement des cours boursiers. Jasper essaie d’impressionner Meike rencontrée dans un café et de la draguer avec une maladresse impressionnante, tout en essayant de dissimuler une erreur de transaction qui mènera sa banque à la faillite, et qui va permettre au lecteur de comprendre les faiblesses du système financier et son fonctionnement. Tous les trois se retrouvent obligés de fuir et iront par hasard chercher refuge au même endroit, pour le plus grand plaisir du lecteur… 

C’était pas ma faute est le deuxième roman de l'auteur islando-allemand Kristof Magnusson, né en 1976 à Hambourg. Après un service civil auprès des sans-logis à New-York, cet organiste de formation a étudié à l'Institut littéraire de Leipzig puis à l'Université de Reykjavik. Maintenant installé à Berlin, il vit de sa plume et de ses traductions de l'islandais (poésies et sagas). Sa comédie Crèche pour hommes (2005) a été représentée dans plus d'une trentaine de théâtres, à Berlin. L'adaptation du roman présenté ici a également été mise en scène à Bâle, où elle connaît actuellement un franc succès. Son premier roman, Retour à Reykjavik, a été couronné par le prix littéraire autrichien de Rauris en 2006.


Un grand merci à Babelio et au aux éditions Métailié pour l'envoi de ce livre. 

MAGNUSSON Kristof, C'était pas ma faute, ed. Métailié, septembre 2011, 288p., traduit de l'allemand (Allemagne) par Gaëlle Guicheney
MAGNUSSON Kristof, Das war ich nicht, ed. Verlag Antje Kuntsmann GmbH, 2010



samedi 19 novembre 2011

The Women (Les Femmes) de T.C. Boyle


Pour ceux qui aiment: Loving Frank de Nancy Horan

Frank Lloyd Wright, certainement l'un des plus grands architectes du 20ème siècle, admiré aujourd'hui pour son architecture organique et des bâtiments mémorables comme le Guggenheim de New York ou la Fallingwater House, était à son époque également connu pour ses frasques. De sa fuite avec sa voisine Mamah Cheney, laissant derrière eux époux et enfants, aux crises de jalousie de sa deuxième femme, Miriam, la vie de Frank Lloyd Wright n'a été qu'une succession de scandales étalés systématiquement dans la presse de l'époque. 

C'est de cette relation si étrange que Frank Lloyd Wright entretiendra toute sa vie avec "ses" femmes dont traite ce livre. L'auteur déroule cette succession d'aventures à l'envers, en commençant par la troisième femme de l'architecte, la jeune Olgivanna. Au fil des pages, le lecteur fait connaissances avec les autres femmes ayant partagé la vie de Wright, mais c'est avant tout ce dernier que le lecteur découvre: un artiste égocentrique, un génie ignorant la morale et les conventions de l'époque, un grand architecte baignant dans le luxe mais toujours à cours d'argent, un être à la fois touchant et détestable, un mégalomane à l'aura certaine. 

J'ai beaucoup aimé ce livre, un parfait complément à ma lecture coup de coeur de Loving Frank. Si j'avais été vraiment touchée par le personnage de Mamah dans ce dernier, j'ai ici aimé en découvrir plus sur Frank et sur le reste de sa vie. Il est également très intéressant de découvrir ce personnage à travers les yeux d'un auteur homme, qui semble avoir éprouvé plus de clémence pour Wright que Nancy Horan. J'ai également trouvé la forme de Les Femmes excellente et intelligente, avec une tension qui augmente jusqu'à cette fin au final presque identique dans les deux livres. Une similitude vraiment intéressante d'ailleurs, quand on considère à quel point ces deux livres sont différents autrement. 

J'ai trouvé le choix du narrateur, un ancien apprenti japonais de Frank Lloyd Wright, brillant. J'ai beaucoup aimé ses petites apartés et j'aurais même voulu en apprendre plus sur le microcosmos de Taliesin. Le style de T.C. Boyle est toujours aussi accrocheur. Petit extrait sur les joies de la conduite:

"The whole business was complicated by the fact that the ragtop didn't seem to want to go up, so that my face was exposed not only to the glare of the sun and a withering cannonade of dust, chicken feathers and pulverized dung, but to the stares of every stolid Wisconsinite I passed along the way. The ruts were maddening, the potholes sinks of discolored water that seemed to shoot up like geysers every fifty feet. And the insects: I'd never in my life seen so many insects, as if spontaneous generation were a fact and the earth gave them up like grains of pollen, infinite as sand, as dust. They exploded across the windscreen in bright gouts of filament and fluid till I could barely make out the road through the wreckage." p.4

Cette lecture confirme également que je préfère cet auteur dans ses livres plus "historiques" que dans ses intrigues plus modernes. Du coup, j'ai encore plus envie de lire Water Music qui est dans ma PAL depuis un sacré moment. 

Mon seul bémol concerne peut-être la deuxième partie, centrée sur le personnage de Miriam que j'ai trouvée exaspérante mais qui semble avoir fasciné l'auteur. J'aurais volontiers coupé quelques passages mais Les Femmes a été, dans l'ensemble, un excellent moment de lecture. 

Un livre fort sur la vie mouvementée d'un grand architecte. La construction et le style de T. C. Boyle sont brillants et la vie de Frank Llyod Wright si mouvementée et théâtrale que l'intrigue de ce livre ne peut être que passionnante. Je crois avoir toutefois préféré le livre de Nancy Horan. Quoiqu'il en soit, je conseille ces deux livres sans restriction.  

Welcome to the troubled, tempestuous world of Frank Lloyd Wright. Scandalous affairs rage behind closed doors, broken hearts are tossed aside, fires rip through the wings of the house and paparazzi lie in wait outside the front door for the latest tragedy in this never-ending saga. This is the home of the greatest architect of the twentieth century, a man of extremes in both his work and his private life: at once a force of nature and an avalanche of need and emotion that sweeps aside everything in its path. Sharp, savage and subtle in equal measure. The Women plumbs the chaos, horrors and uncontainable passions of a formidable American icon. 

Lecture commune avec Cynthia, Manu, Nina et Valou que je remercie pour leur patience. Je précise qu'il n'est pas encore minuit, donc je suis presque à l'heure... enfin, si on oublie que cette LC était originellement prévue pour octobre. Hum Hum!

BOYLE T.C. The Women, ed. Bloomsbury, mars 2010, 451p. 
BOYLE T.C. Les Femmes, ed. Livre de Poche, février 2011, 704p. 

dimanche 13 novembre 2011

Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas


D'Artagnan, un jeune Gascon, débarque à Paris avec la ferme ambition de devenir mousquetaire. Mais son caractère de feu va très vite lui attirer les foudres puis l'amitié sans faille des fameux trois mousquetaires du Roi, Athos, Porthos et Aramis. Face aux manigances du Cardinal Richelieu et de Milady, les quatres amis vont devoir s'armer de courage pour protéger leur vie et les intérêts de la Reine, Anne d'Autriche.

Enfin, le voilà ce billet sur Les Trois Mousquetaires qui poireaute dans mes brouillons depuis bien deux mois. Mais il est en même temps si difficile de parler d'un tel classique, surtout quand on en ressort un peu déçue.

Alors rassurez-vous, j'ai quand même passé un bon moment. Comment ne pas vibrer pour Athos? Comment ne pas avoir envie de clamer haut et fort la devise des mousquetaires, même dans un train bondé en rentrant du travail? Comment ne pas détester Milady? Dumas emmène son lecteur dans un tourbillon de capes et d'épées mais.... je dois avouer que je n'ai pas été totalement embarquée, sans pouvoir vraiment l'expliquer.

Peut-être est-ce le personnage de d'Artagnan dont l'orgueil et l'indécision m'ont au final plus énervée que je n'ai admiré son courage?
Peut-être l'intrigue que j'imaginais plus trépidante, surtout pour un roman-feuilleton? J'ai par exemple trouvé la préparation du siège de La Rochelle ou le séjour de Milady en Angleterre vers la fin du livre beaucoup trop lents.
Peut-être est-ce le style que je croyais plus travaillé, plus riche?

Au final, je suis heureuse d'avoir découvert ce classique mais comme pour Huckleberry Finn, je crois que j'aurais mieux apprécié ce livre adolescente. Je ne suis pas sûre encore de me lancer pour la suite, du moins pas tout de suite, mais ma curiosité me poussera sûrement à découvrir ce que nos quatre mousquetaires sont devenus, vingt ans après.  

J'en profite pour inscrire cette lecture pour mon challenge nécrophile, proposé par Fashion, catégorie auteur enterré à Paris, au Panthéon, où il a été transféré en 2002.

En passant, j'ai vu après ma lecture, l'adaptation Les Trois Mousquetaires de Richard Lester, souvent considérée comme la plus fidèle. C'était à la fois très 70's, drôle et ... mhhh... étrange. J'avais l'impression, que le film allait basculer en p*rno à tout instant. Est-ce moi qui ai l'esprit mal tourné ou quelqu'un d'autre l'a vu?

DUMAS Alexandre, Les Trois Mousquetaires, ed. Les Presses de la Renaissance, 1969, publié pour la première fois en 1844, 576p.

jeudi 3 novembre 2011

J'ai craqué!!!


J'avais toujours dit que je n'achèterais pas de liseuses tant qu'elles ne passeraient pas en dessous de la barre des $100. C'est chose faite depuis quelques semaines avec la nouvelle série des kindle d'Amazon et il ne m'a pas fallu longtemps avant de céder à la tentation. 

Rassurez-vous, je n'abandonne pas le livre papier pour autant. Je pense même utiliser mon kindle principalement pour les classiques plutôt que pour les nouveautés, que je préfère toujours avoir en papier, en concret, à moins bien sûr que ce soit un Guerre et Paix bis, ce dernier ayant eu raison de mes épaules et de mes petits poignets. 

Pour ceux qui hésitent, n'ayant pas encore bien testé la bête, je ne peux pas vous donner beaucoup plus de détails, mais sachez que je suis soufflée par l'écran et sa technologie e-ink. Confort de lecture, prise en main et taille vraiment au top. Bref, je suis, a priori, une nouvelle kindleisée satisfaite. 

Allez, je vous laisse, je file télécharger tous les Rougon Macquart, histoire d'inaugurer la chose en beauté. 

dimanche 30 octobre 2011

Close-up de Michel Quint


Pour ceux qui aiment: Fakirs d'Antonin Varenne

Miranda, la quarantaine et un regard lavande, exerce ses talents de voyante et ses numéros de close-up au Quolibet, un cabaret miteux de Lille. Un soir, elle reconnait dans le public Bruno Carteret, l'homme qui a brisé sa vie autrefois. Elle décide alors de se venger et lui prédit sa mort avant le vendredi 13. Quand Bruno est attaqué quelques jours plus tard, il se réfugie auprès de Miranda afin d'échapper à cette sinistre prédiction.

Close-up fait partie des trois premiers romans publiés de la nouvelle collection Vendredi 13 des éditions la branche. Patrick Raynal, directeur de collection, a réuni 13 auteurs français autour du thème du vendredi 13, avec au final 13 romans noirs qui devraient, par la suite, être adaptés par Agora Films. Pour plus d'informations sur cette collection, je vous invite à lire le très appétissant dossier de presse à cette adresse

Mais revenons au livre de Michel Quint. Tout d'abord, je dois préciser que je n'avais jusqu'ici jamais lu cet auteur malgré l'énorme succès rencontré par Effroyable jardin. Pour une raison totalement stupide d'ailleurs, vu que malgré l'attrait du sujet, je n'ai jamais réussi à passer outre la couverture et cet horrible clown (et oui, chacun ses phobies. Il paraît pourtant que cette couverture a été choisie par l'auteur). C'est donc avec une grande curiosité que j'ai découvert Close-up (à la couverture beaucoup plus attirante et intrigante). 

Premier constat: Michel Quint, c'est un vrai style. Mélange de gouaille des bas-fonds et de métaphores recherchées, de phrases parfois courtes, parfois extrêmement travaillées. Dès les premières pages, j'ai été soufflée par ce style que j'ai trouvé original, intéressant mais surtout si personnel. C'est une écriture qui, je pense, peut lasser sur la longueur, mais qui, sur 207 pages, m'a totalement enchantée. Petit extrait de la première page pour vous mettre dans l'ambiance:

"Le Quolibet, cabaret-bar, musique, attractions diverses, vedettes internationales de la télévision. Derrière le battant, on se tape le nez dans une sorte de grande muleta de velours cramoisi qui pend là, juste contre, pour museler le froid au bord d'un court couloir éclairé faible par les photos sous cadres luminescents des artistes présents ou passés dont le génie relève le magnétisme du lieu. Puis on donne encore du front dans un autre chiffon doux, comme ces bêtes taureaux des dimanches, et nous y voilà."

Pour le reste, Michel Quint nous plonge dans une ambiance, mélange de cabaret et de grande finance, qui m'a un peu fait penser à Fakirs. Mais là où je n'avais pas du tout été séduite par le côté très glauque du roman d'Antonin Varenne, j'ai ici apprécié le côté mystérieux mais accueillant du Quolibet et l'intrigue prenante de Close-up. Le lecteur suit, impatient, les quelques jours précédant la mort annoncée de Bruno et ses tentatives pour empêcher ce funeste destin et découvrir son commanditaire. La petite troupe du Quolibet qui l'accompagne forme une galerie de personnages attachante et burlesque. L'intrigue, sans être haletante et pleine de rebondissements, retient son lecteur jusqu'à la fin. L'ensemble est plutôt fin et j'ai pensé tout au long du roman que cette histoire ferait un bon film, intrigant sans avoir besoin d'en faire trop. C'est donc avec plaisir que j'ai découvert dans le dossier de presse que cette adaptation était prévue. 

Au final, un très bon roman, avec une intrigue bien construite, une ambiance séduisante, des personnages attachants et un style vraiment intéressant. Je ne dis pas que ce livre restera une lecture inoubliable, mais c'est définitivement une réussite, qui me donne à la fois envie de découvrir l'oeuvre de Michel Quint (en passant outre les vilains clowns), et le reste de cette collection. 

Au Quolibet, un cabaret miteux de Lille, Miranda fait un numéro humoristique de voyance. Un soir, elle reconnaît dans le public un important promoteur qui lui a causé du tort autrefois. Décidée à se venger, elle lui prédit sa mort avant le vendredi 13. L'homme est très vite victime d'une tentative de meurtre. Poursuivi, il se réfugie auprès de Miranda pour qu'elle lui prédise le danger à tout instant. Elle se retrouve à le protéger, à risquer sa vie pour ce type qu'elle hait et dont elle souhaite la ruine.

Né en 1949, autrefois Professeur de lettres classiques puis de théâtre, Michel Quint a publié vingt-cinq romans, au ton souvent noir. Son roman Billard à l'étage (Ed Rivages) a reçu le Grand Prix de la littérature policière en 1989. C'est avec Effroyables jardins en 2000 qu'il est révélé au grand public. Grand succès en librairie qui sera porté à l'écran par Jean Becker.

Je remercie chaleureusement les Editions la branche et  Les Agents Littéraires pour l'envoi de ce livre. N'hésitez pas à participer au Challenge - Rentrée littéraire de ce dernier site qui vise à encourager les petits éditeurs.

QUINT Michel, Close-up, coll. Vendredi 13, Editions la branche, octobre 2011, 207p. 

samedi 22 octobre 2011

Danser au bord des abîmes de Bettina

Mélinée Mauvert, jeune femme un peu perdue, a trouvé un crénau qui ne connait jamais la crise: la mort. Elle écrit en effet des éloges funèbres et, de client en client, elle plonge dans la vie d'inconnus, tout en essayant de se trouver elle-même.

C'est grâce à Neph que j'avais originellement entendu parler de Danser au bord des abîmes, livre auto-publié chez L'atelier des Métamorphoses. J'avais d'abord lu une première version du livre en pdf avant que l'auteur m'envoie très gentiment la version corrigée qui réunissait deux tomes des aventures de Mélinée. J'ai donc redécouvert ce livre et je trouve enfin le temps de vous en parler.

Détestant, comme Mélinée, les enterrements tristes et impersonnels, j'ai tout de suite était tentée par le thème de ce roman et j'ai trouvé l'idée de base excellente. Le lecteur suit le quotidien de Mélinée et sa relation tumultueuse avec XL, tout en découvrant les destins très différents de ses clients: Lucien, désirant lire son éloge avant de mourir, qui emmène Mélinée dans son passé intriguant, digne d'un conte des milles et une nuit; Virginie, pour laquelle Mélinée va se transformer en vraie détective; mais encore Slavoj, Simon et Sybille avec qui notre héroïne découvre une vie de misère et la basfonds d'une société qu'elle ne soupçonnait pas.

J'ai aimé les réflexions sur la mort et la vie que l'auteur glisse dans ce roman. Oui, je sais, comme ça, ça ne parait pas très joyeux mais il n'y a rien de macabre dans ce livre qui s'intéresse plus au sujet de manière "sociologique". J'ai également beaucoup aimé la première partie, où l'on en apprend progressivement plus sur le passé mystérieux de Lucien, mêlé à l'histoire de l'Algérie. L'écriture de Bettina est également très intéressante, mélangeant un style parfois très classique et travaillé et une langue plus directe et "parlée".

Malheureusement, j'ai trouvé la seconde partie plus lente et pas forcément très captivante. Mélinée s'éloigne un peu de son occupation originelle et son quotidien plutôt banal avec XL prend le dessus. Surtout que bon, je suis peut-être franchement difficile avec la gente masculine, mais à mon avis, ce XL est quand même un vrai loser ;-). La construction est aussi un peu trop schématique avec l'introduction, dans le fil du roman, de plusieurs manuscrits écrits par les clients de Mélinée et des rencontres et mésaventures qui s'accumulent un peu trop. Enfin, j'avoue rester un peu sceptique sur la fin qui m'a déconcertée.

En conclusion, Danser au bord des abîmes est une lecture sympathique avec une idée de départ vraiment intéressante. J'ai tout particulièrement aimé la première partie, bien construite et bien écrite, qui mélange le quotidien d'une jeune femme bousculée par la vie, à celui d'une famille marquée par l'histoire algérienne. La seconde partie m'a malheureusement moins plu et j'ai peiné à arriver au bout du livre qui fait quand même 494 pages. Une lecture pas parfaite donc mais loin d'être inintéressante. 

Je tiens à remercier Bettina pour sa générosité et surtout pour sa patience. J'ai trouvé passionnant de suivre la création et l'évolution de ce livre. Entre mes deux lectures, j'ai noté un progrès certain et beaucoup d'améliorations, c'est pourquoi je ne me fais pas de souci pour ce livre. Je pense qu'il mérite vraiment de trouver ses lecteurs même si, à mon avis, quelques corrections restent à faire. Si vous voulez vous aussi suivre les pas de ce livre, rendez-vous sur le blog de l'auteur ou sur L'atelier des Métamorphoses pour le commander. Un autre avis chez Yv.

Une jeune femme, Mélinée Mauvert,par l'intermédiaire de son métier, doit enquêter sur la vie d'un homme qui va mourir. Cette aventure l'entraîne, entre rêve, Histoire et réalité, joie et mélancolie, à la rencontre d'êtres attachants ou repoussants aux apparences mythologiques. Certains d'entre eux lui donneront la force de vivre et de se battre, d'autres, l'envie de fuir ou le sentiment du dégoût. 
Saura-t-elle devenir la femme libre et vivante qu'elle rêve d'être dans ce monde ? Pourra-t-elle être son propre Pygmalion? 
Entre fable, conte et roman, on rit parfois, mais on s'effraie aussi de l'incohérence des êtres, d'un monde où la folie et la mort sont à l'oeuvre, et où l'amour lui-même semble n'être qu'un songe. 


Bettina est née en 1957 à Autun. Elle vit actuellement en Bourgogne. Ce récit est le premier roman qu'elle publie.

BETTINA, Danser au bord des abîmes, éditions L'atelier des Métamorphoses, 2011, 494p.

mercredi 19 octobre 2011

And the winner is...


Le Booker Prize 2011 a été annoncé hier soir and the winner is: 

Julian Barnes avec The Sense of an Ending

Favori depuis le début chez les bookmakers, Julian Barnes remporte ainsi la mise après avoir été shortlisté trois fois sans succès pour Arthur et George en 2005, England, England en 1998 et Le Perroquet de Flaubert en 1984.

Alors, un futur ajout à votre PAL ou vous passez votre tour pour cette année? Pour vous aider à faire votre choix, voici la présentation du livre par le Booker Prize, suivie d'une mauvaise traduction by me (pas facile ces deux premières phrases):

Tony Webster and his clique first met Adrian Finn at school. Sex-hungry and book-hungry, they would navigate the girl-less sixth form together, trading in affectations, in-jokes, rumour and wit. Maybe Adrian was a little more serious than the others, certainly more intelligent, but they all swore to stay friends for life. Now Tony is in middle age. He's had a career and a single marriage, a calm divorce. He's certainly never tried to hurt anybody. Memory, though, is imperfect. It can always throw up surprises, as a lawyer's letter is about to prove.

"Tony Webster et sa clique ont fait la connaissance d'Adrian Finn à l'école. Avides de sexe et de livres, ils formaient un groupe soudé durant leur dernière année de gymnase, privés de filles, mais partageant leurs déboires, blagues, rumeurs et un humour bien particulier. Peut-être qu'Adrian était un peu plus sérieux que les autres, certainement plus intelligent, mais ils ont tous juré de rester amis pour la vie. Aujourd'hui, Tony a la quarantaine. Il a eu une carrière et un unique mariage, un divorce plutôt calme. Il n'a certainement jamais essayé de faire du mal à qui que ce soit. La mémoire est cependant imparfaite. Elle peut toujours faire resurgir quelques surprises, comme une lettre venant d'un avocat est sur le point de le prouver." 

Si vous hésitez, sachez qu'il ne fait que 160 pages. Pour ma part, ce n'est pas une priorité LALesque vu que 1) j'ai un millier de livres à lire; 2) dont Arthur et George et Metroland de Julian Barnes qui sont déjà dans ma PAL; et 3) d'autres shortlistés et longlistés 2011 m'attirent plus pour le moment. 

Pour plus de détails, je vous invite à aller voir du côté du site du Man Booker Prize ou du Guardian qui parle de la controverse autour de la sélection de cette année considérée comme trop "populaire" et pas assez "littéraire". 

vendredi 14 octobre 2011

Blog-Anniversaire: déjà trois ans

Ce blog est en friche depuis quelques semaines (mois mais chut, relativisons!). J'ai tout simplement trop de boulot en ce moment mais réjouissez-vous, la lumière est au bout du tunnel. Je passe aujourd'hui même mon dernier examen et je devrai donc être beaucoup plus disponible dès mon retour ce dimanche. 

Je ne pouvais par contre laisser passer les trois ans de ce blog sans un petit message. Ben oui, ce n'est pas parce qu'il se fait vieux, qu'il ralentit la cadence, qu'il radote un peu, qu'il faudrait le ranger aux oubliettes. Je suis pour le respect des ainés moi, Monsieur! Donc voilà, je ne vais pas répéter tous les remerciements d'usage, vous savez probablement à quel point j'apprécie nos échanges, votre fidélité, les commentaires que vous laissez, etc. Ces échanges me sont presque devenus indispensables et malgré le peu de temps à ma disposition en ce moment, je ne peux tout simplement pas imaginer me priver de cet espace. 

Par pure tradition (vielle d'une année), voici le TOP TEN des billets consultés cette année:

1. La Promesse de l'aube de Romain Gary (2ème en 2010)
2. Enfant 44 de Tom Rob Smith (3)
3. La vie d'une autre de Frédérique Deghelt (1)
4. Indignez-vous de Stéphane Hessel (-)
5. Apocalypse bébé de Virginie Despentes (-)
6. Peer Gynt d'Henrik Ibsen (-)
7. Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma (-)
8. L'argent d'Emile Zola (7)
9. Le cerveau de Kennedy d'Henning Mankell (4)
10. Maus d'Art Spiegelman (-)

Un TOP 3 inchangé donc avec juste un échange de place et Romain Gary en première place. Yes Go Go Romain!!! Peu de nouveautés au final dans ce classement à part les gros blogbusters de l'année que sont Apocalypse bébé et Indignez-vous mais un mélange que je trouve plutôt intéressant. 

Voilà, le billet "Perles des mot-clés" devrait suivre dans quelques jours, tout comme, ENFIN, mon billet sur Les Trois Mousquetaires qui est en gestion depuis bientôt 2 mois, ainsi que Danser au bord des abîmes qui attend depuis presque aussi longtemps. Suivront plusieurs billets sur la rentrée littéraire (c'était le moment) et une lecture commune de Les Femmes de T. C. Boyle pour le 22 octobre. 

A tout bientôt!

lundi 19 septembre 2011

Arrêt Wagram de Samuel Delage

Yvan Sauvage est un expert d'art et commissaire-priseur réputé. Ses compétences sont d'autant plus appréciées qu'il s'investit totalement dans son travail depuis la disparition, une année plus tôt, de sa fille Aurélia. Sa vie va cependant basculer encore d'avantage lorsque, du jour au lendemain, il est forcé d'embarquer pour New York où il doit travailler pour un réseau de malfaiteurs. 

Avec ce deuxième roman, Samuel Delage aborde une palette ambitieuse de thèmes, notamment le marché de l'art, la génétique ou encore les essais pharmaceutiques. Etant une adepte des ventes aux enchères et vivement intéressée par toutes les avancées scientifiques, je ne pouvais qu'être attirée par ce thriller. Et j'ai plutôt bien fait, car j'ai passé un bon moment avec cette lecture. J'ai trouvé le personnage d'Yvan attachant et le suspens plutôt bien maîtrisé. Le rythme est soutenu, même haletant, et le lecteur ne s'ennuie pas une minute tout au long de ces 250 pages. 

Cependant, Arrêt Wagram n'est pas dénoué de certains défauts propres aux premiers (enfin deuxième mais vous suivez la logique) romans. J'ai parfois trouvé l'accumulation des thèmes un peu trop lourde: on a l'impression que l'auteur a voulu mettre toutes ses idées dans ce roman. J'ai ainsi trouvé le versant scientifique de ce roman parfois superflu et j'aurais par exemple préféré une intrigue vraiment centrée sur le marché de l'art et le kidnapping d'Yvan pour ce premier volume. Pour le quart d'heure de la lectrice pinallieuse, je dois aussi dire que j'ai été perturbée par l'absence d'interligne entre certains paragraphes. On passe ainsi de Paris à New York, de personnage en personnage sans pause, d'une ligne à l'autre. Si cette mise en page donne vraiment l'impression d'une intrigue qui se déroule à cent à l'heure, j'avoue avoir parfois peiné à suivre le rythme (je me fais vieille, que voulez-vous). Enfin, je regrette une conclusion un peu hâtive et peut-être trop facile.

Malgré quelques incohérences et faiblesses, j'ai passé un bon moment avec Arrêt Wagram, au point de rester éveillée jusqu'à 2h du matin, alors que je tombe de fatigue, pour connaître le fin mot de l'histoire. Un bon début donc pour Samuel Delage et un auteur que je suivrai avec plaisir dans le futur, surtout que son prochain roman, Code Salamandre, à paraître le 6 octobre, suit à nouveau les aventures d'Yvan Sauvage en se penchant sur le mystère de Chambord. Comment résister?

Menacé par une puissante organisation l'obligeant à se livrer à un trafic d'oeuvres d'art, Yvan Sauvage doit disparaître sans un mot et tout abandonner. Ses ravisseurs prétendent détenir sa fille, Aurélia. Dans un chassé-croisé entre Paris et New York où se mêlent argent, pouvoir et recherche scientifique, Yvan arrivera-t-il à s'extirper de cette vaste toile d'araignée et à retrouver sa fille?

Samuel Delage, 32 ans, ingénieur informatique, passionné par la lecture, l'écriture, le cinéma et la musique. 

Je remercie chaleureusement l'auteur pour l'envoi de ce livre et pour sa disponibilité.

DELAGE Samuel, Arrêt Wagram, ed. Les Nouveaux Auteurs, coll. Poche, juin 2011, 250p.      

samedi 17 septembre 2011

Nagasaki d'Eric Faye


Depuis quelques temps, Shimura-san a l'étrange impression de ne plus être tout seul chez lui. Il commence à contrôler la nourriture stockée dans son réfrigérateur et le niveau du jus d'orange, jusqu'à ce que ses soupçons deviennent obsédants et que ses doutes soient confirmés. 

Ce court roman d'Eric Faye est inspiré de faits réels survenus au Japon en mai 2008. C'est un roman emprunt de routine et de solitude, raconté par Simura-san, un météorologue d'une cinquantaine d'années à la vie vide et sans aspérité. Quand ce dernier devient le héros d'une histoire sensationnelle qui le propulse à la une des médias, la platitude de sa vie lui apparaît soudain trop clairement. 

Avec Nagasaki, Eric Faye, auteur français, a totalement réussi à m'embarquer dans une ambiance japonisante. J'ai beaucoup aimé la simplicité de ce récit, dépourvu de tout sensationnalisme. Nagasaki pourrait être que le témoignage sincère d'un quotidien bouleversé, mais l'auteur nous pousse subtilement à une réflexion sur la vie et nos relations aux autres. J'ai également beaucoup aimé le style d'Eric Faye que je ne connaissais pas du tout avant la découverte de ce livre et avec qui j'ai bien envie de continuer ma route (recommandations bienvenues). 

Un petit récit calme (devrais-je dire zen?) et touchant abordant pourtant des thèmes lourds comme la solitude et les regrets. Une roman s'inspirant d'un fait divers hors du commun pour nous raconter le quotidien plat d'un homme seul. Une belle lecture humaine et plus profonde qu'il n'y paraît. 

Tout commence par des disparitions, des déplacements d’objets. Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. Cet un homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure. Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Car dans ce monde contre lequel l’imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s’est produit. 

"Comme je l'apprendrais plus tard lorsqu'un inspecteur me rappellerait, les agents avaient trouvé porte close chez moi. Aucune fenêtre ouverte, ce qui les avait étonnés. Après avoir forcé la serrure, ils avaient été plus intrigués encore de ne mettre la main sur personne à l'intérieur. Or tout était bien fermé. Croyant à une farce, ils avaient failli repartir tout de suite. L'auteur de cette plaisanterie l'aurait payé cher, monsieur Shimura, me ferait-il remarquer. Par acquit de conscience, toutefois, ils avaient fouillé chaque pièce. C'est dans la dernière, la chambre aux tatamis..."

Éric Faye a publié chez Stock Croisière en mer des pluies (1999), Les cendres de mon avenir (2001), La durée d’une vie sans toi (2003), Mes trains de nuit (2005), Le syndicat des pauvres types (2006), L’homme sans empreintes (2008), et Nous aurons toujours Paris (2009).

Lecture commune avec Charmant petit monstre et Canel. Allez vite voir ce qu'elles en ont pensé. 
J'inscris également cette lecture au Challenge Petit Bac d'Enna, catégorie lieu. 

FAYE Eric, Nagasaki, ed. Stock, août 2010, 108p. 

P.s. Pour la petite anecdote, je viens de lire dans un journal très très sérieux, rubrique people of course, qu'il était arrivé la même chose à Pamela Anderson. Une inconnue habitait en effet chez elle depuis quelques jours sans qu'elle s'en soit rendue compte. No comment!

mercredi 14 septembre 2011

Enfin!: la shortlist du Booker Prize 2011


Vous avez certainement déjà tous lu l'information mais comme c'est une tradition de ce blog, voici enfin la shortlist du Booker Prize, annoncée le 6 septembre:

1. Julian Barnes, The Sense of an Ending: Un court roman de 150 pages, à la limite de la nouvelle, sur la mémoire et sur le fait de vieillir. Tony, le narrateur, se rappelle de ses amis d'enfance et de son premier amour avant de voir ses souvenirs magnifiés confrontés à la réalité.

2.Carol Birch, Jamrach's Menagerie: Le récit de Jaffy Brown, qui quitte une Angleterre victorienne pour l'Indonésie, à la recherche d'un dragon des mers pour l'excentrique Mr. Jamrach. Un récit épique sur l'Angleterre du 19ème siècle, également sélectionné pour le Orange Prize.

3.Patrick deWitt, The Sisters Brothers: La remise en question de deux frères, tueurs professionnels dans la Californie de la ruée vers l'or. Un récit drôle et dynamique

4.Esi Edgyan, Half Blood Blues: Un roman d'amitié et de trahison dans le Berlin du début des années 40 et le monde des cabarets. Sid revient à Berlin, 50 après la disparition de son ami, le trompettiste de jazz noir, Hieronymous Falk, arrêté dans un café en 1940.  

5.Stephen Kelman, Pigeon English: Un premier roman sur un petit garçon de 11 ans, récemment arrivé du Ghana, qui se lance dans une enquête après avoir assisté à un meurtre.

6.A.D. Miller, SnowdropsLe récit de Nick, un avocat britannique, plongé dans le chaos d'une Russie totalement corrompue. 

Chez les bookmakers anglais, Julian Barnes est toujours favori, suivi, dans l'ordre, de Carole Birch, A.D. Miller, Stephen Kelman, Esi Edgyan et Patrick deWitt. Le gagnant sera annoncé le 18 octobre et j'espère cette fois être à l'heure. 

A part ça, j'ai au moins 5 billets en retard. J'ai enfin envoyé hier un papier que j'avais à rendre pour mes études et je respire déjà un peu mieux. Il me reste encore 2 examens à passer dans 4 semaines et j'espère ensuite pouvoir reprendre un peu plus sérieusement en main ce blog pour sa troisième année. A tout bientôt!

vendredi 19 août 2011

Witch Light (Un bûcher sous la neige) de Susan Fletcher

Pour ceux qui aiment: Danse avec les loups, le film de Kevin Costner

1692. Un pasteur jacobite parcourt l'Ecosse à la recherche de preuves qui condamneraient "l'usurpateur" du trône britannique, le roi orange, William III, permettant ainsi le retour du roi James II. Bloqué par l'hiver à Inverary, le pasteur Charles Leslie décide de rendre visite à la sorcière enfermée dans le cachot de la ville en attendant d'être amenée au bûcher au retour du printemps. Cette dernière, nommée Corrag, accepte de témoigner sur le terrible massacre de Glencoe auquel elle a assisté, à condition de pouvoir partager avec Charles Leslie le récit de sa vie.

On ne présente presque plus ce roman tellement il a fait parler de lui sur la blogosphère. Très vite tentée par vos billets élogieux, je trouve enfin le temps de me laisser emporter vers les Highlands par Susan Fletcher. J'étais presque sûre d'attaquer un livre coup de coeur ... et pourtant, au final, on le frôle sans pour autant l'atteindre. 

Commençons cependant par ce que j'ai aimé: Witch Light est un roman à la construction totalement réussie. Susan Fletcher alterne le récit de Corrag fait à Charles Leslie et les lettres de ce dernier à sa femme Jane. J'ai beaucoup aimé ce dialogue aux deux voix si opposées: Corrag nous emmène dans un récit où la nature est prépondérante et où l'émerveillement pour les petits événements de ce monde est constant. Corrag est un personnage très moderne en définitive: instinctive, éprise de liberté, à contre-courant de la société de son époque, alors que Leslie est totalement empreint des contraintes religieuses de son temps. Ses lettres rappellent constamment le lecteur à la pensée du 17ème siècle, qui voyait dans les âmes libres un signe du démon. 

Le style de Susan Fletcher, plutôt lyrique et travaillé, m'a également séduite, tout comme le contexte historique du roman et le voyage dans les Highlands. A l'image de Leslie, Corrag m'a complètement embarquée dans son univers et en plein été lémanique, j'avais l'impression de respirer l'air des glens écossais. 

Une ambiance, un style, une construction qui m'ont donc charmée... mais, il y a un mais... j'ai trouvé que le récit tirait un peu en longueur et les nombreuses répétitions, que ce soit dans le récit de Corrag ou les lettres de Leslie ont parfois "cassé" ma lecture. J'ai également été moins séduite par le côté plus sentimental du roman et par sa fin. 

SPOILER (surlignez pour lire)

Dans une interview de l'auteur, j'ai lu qu'elle avait prévu de faire mourir Corrag sur le bûcher mais qu'au fil du roman, elle n'avait pu se résoudre à laisser mourir son héroïne et ne pouvait pas croire que Leslie ne tenterait pas quelque chose pour la sauver. Pour ma part, j'aurais trouvé une fin tragique plus "réaliste". 

Un livre qui passe donc très proche du coup de coeur pour son ambiance, son contexte et pour l'ode à la nature qu'il nous offre mais que j'aurais volontiers raccourci. Le style de l'auteur est cependant magnifiquement maîtrisé et je poursuivrai probablement ma route avec elle. 

"We - the witch-called-ones - were meant to have less light in us, less goodness than the normal folk. But I have as much light in me as the next soul."

1692. Corrag, a wild young girl living in the mountains of Scotland, has been imprisoned as a witch. Terrified, in a cold, filthy cell, she awaits her fate of death by burning - until she is visited by Charles Leslie, an Irishman, hungry to question her. For Corrag knows more than it seems: she was witness to the bloody and brutal Massacre of Glencoe. 

But to reveal what she knows, Corrag demands a chance to tell her true story. It is a tale of passion and courage, magic and betrayal, and the difference that a single heart can make to the great events of history

Lecture commune avec CanelSophie et DeL. Allons vite voir ce qu'elles en ont pensé. 

FLETCHER Susan, Witch Light, ed. Fourth Estate, mars 2011, 356p. Originellement publié sous le titre Corrag
FLETCHER Susan, Un bûcher sous la neige, ed. Plon, août 2010, 400p. 

dimanche 14 août 2011

Appel aux bénévoles pour Le livre sur les quais, 2-4 septembre

Je relaie aujourd'hui un appel aux bénévoles pour la deuxième édition du Livre sur les quais qui se tiendra à Morges (Suisse) du 2-4 septembre.

Si vous avez un peu de temps à donner à cette manifestation très sympa, n'hésitez pas:

Bonjour, 

Le premier week-end de septembre approche à grand pas, avec son Livre sur les quais à Morges (2-4 sept) ! 

Pour mener à bien son organisation, un staff d'une centaine de personnes participera à recevoir nos 260 auteurs invités, organiser les 80 conférences et rencontres prévues, les 7 croisières littéraires ou encore accueillir plus de 30'000 visiteurs sous la tente de dédicaces. 

Venez partager avec nous cette aventure ! 

Vous pouvez apporter votre aide une matinée, une après-midi, une journée2 jours ou même 3 jours ! 
En tant que bénévole, 15% de réduction sur l'achat des livres vous est offert ! 

Il suffit d'un clic et vous voilà inscrit pour cette aventure : http://lelivresurlesquais.ch/benevoles

Et d'un autre clic pour faire passer ce message autour de vous ! 

Un grand merci et une toute bonne journée

lundi 8 août 2011

La Longlist du Man Booker Prize 2011

Avec un peu de retard et pour ceux qui, comme moi, avaient loupé l'info, la Longlist du Man Booker Prize 2011 a été annoncée le 26 juillet:

1. Julian Barnes, The Sense of an Ending: Un court roman (150 pages). J'avoue que je n'ai pas très bien encore saisi de quoi il s'agissait mais beaucoup parlent d'un récit nostalgique et très intense.

2. Sebastian Barry, On Canaan's Side: Le récit de la vie de Lilly Bere, qui court de la Première Guerre mondiale sur plus de sept décennies, de l'Irlande aux Etats-Unis.

3. Carol Birch, Jamrach's Menagerie: Le récit de Jaffy Brown, qui quitte une Angleterre victorienne pour l'Indonésie, à la recherche d'un dragon des mers pour l'excentrique Mr. Jamrach. 

4. Patrick deWitt, The Sisters Brothers: La remise en question de deux frères, tueurs professionnels dans la Californie de la ruée vers l'or. Les critiques comparent ce livre à un western à la sauce des frères Cohen.

5. Esi Edgyan, Half Blood Blues: Un roman d'amitié et de trahison dans le Berlin du début des années 40 et le monde des cabarets. 

6. Yvette Edwards, A Cupboard Full of Coats: Un premier roman avec pour cadre l'East End des années 70, sur la quête de rédemption de Jinx, hantée par la mort de sa mère dont elle est en partie responsable. 

7. Alan Hollinghurst, The Stranger's Child: L'histoire croisée de deux familles à travers les décennies, centrée autour d'un poème écrit lors de l'été 1913. 

8. Stephen Kelman, Pigeon English: Un premier roman sur un petit garçon de 11 ans, récemment arrivé du Ghana, qui se lance à la recherche d'un meurtrier. 

9. A.D. Miller, Snowdrops: Le récit de Nick, un avocat britannique, plongé dans le chaos d'une Russie totalement corrompue.  

10. Alison Pick, Far to Go: Un roman historique sur la montée du nazisme en Tchécoslovaquie à travers la vie d'une famille juive. 

11. Jane Roger, The Testament of Jessie Lamb: Un récit apocalyptique sur un futur très proche où toutes les femmes enceintes sont condamnées à mourir.

12. Patrick McGuinness, The Last Hundred Days: La vie d'un étudiant anglais durant les cent derniers jours de la dictature des Ceausescu en Roumanie. 

13. D.J. Taylor, Derby Day: Un autre roman victorien autour du monde des courses hippiques. 

Les favoris chez les bookmakers sont pour le moment 1) Alan Hollinghurst (4/1); 2) Julian Barnes (6/1); 3) Carol Birch (8/1); and 4) D.J. Taylor (8/1). En terme de vente sur Amaz*n.co.uk, Julian Barnes se place en tête de liste (à la 21ème place des ventes, après la liste infinie des méthodes Dukan, sigh!), suivi d'Alan Hollinghurst à la 51ème place et Sebastian Barry à la 74ème place. 

Pour ma part, je suis très très tentée par Jamrach's Menagerie de Carol Birch, The Testament of Jessie Lamb de Jane Roger et Derby Day de D.J. Taylor. 

Et vous, des ajouts à vos LAL/PAL en perspective?

La shortlist des six finalistes sera annoncée le 6 septembre. J'essaierai d'être bien au rendez-vous cette fois. 

vendredi 5 août 2011

Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas .... ou pas!

Aujourd'hui, j'étais sensée publier un billet sur Vingt ans après d'Alexandre Dumas en lecture commune avec Belledenuit, A Girl from Earth et Calliope. Et là, c'était franchement très très optimiste de ma part vu que je n'avais toujours pas lu Les Trois Mousquetaires. Par précaution, j'avais annoncé que je me contenterais peut-être de ce premier opus mais même là....

Alors je vous rassure, je suis bien décidée à lire Dumas. D'ailleurs, j'ai bien commencé Les Trois Mousquetaires et j'en suis même à la moitié du livre. Je suis, bien sûr, sous le charme de Porthos, d'Aramis, de d'Artagnan et (surtout ;-)) d'Athos mais ma lecture est fortement ralentie pour deux raisons:

Tout d'abord, en parlant à mon cousin de cette lecture, il m'a proposé d'échanger mon exemplaire poche contre l'exemplaire de notre grand-mère qu'il avait gardé chez lui. Du coup, je lis ce livre avec encore plus d'émotion mais la reliure en cuir et le poids du livre fait que ce n'est plus franchement très pratique de transbahuter mes mousquetaires partout avec moi. J'ai même une très grande envie de m'acheter une liseuse là (recommandations bienvenues). 

De manière plus générale, j'ai commencé cette semaine mon nouveau job. Je suis super excitée car c'est enfin un emploi dans mon domaine de prédilection (l'environnement), que le job est passionnant, motivant, inspirant, enrichissant et j'en passe... MAIS il y a beaucoup plus de responsabilités, beaucoup plus d'heures de travail et donc beaucoup moins de temps à consacrer à la lecture et à ce blog. 

Tout ça pour dire que je ne vous quitte pas (je suis bien trop accro de toutes façons), mais j'aurai probablement moins de temps pour passer chez vous. 

J'arrête de vous raconter ma vie (pour justifier une fois encore d'avoir loupé la date d'une LC, hum hum). Je vous parle bien évidemment très vite de Dumas, de Susan Fletcher, de John Donne et de pleins d'autres. 

vendredi 29 juillet 2011

Gourou de Camille de Casabianca


Pour ceux qui aiment: Le film Le Gourou et les femmes de Daisy von Scherler Mayer

Paul Balanda est sur le point de gagner une fortune en vendant le brevet d'une vache génétiquement modifiée qui produit du lait maternel. Les acheteurs américains insistent cependant pour que le contrat soit également signé par la femme de Paul, Michelle, à l'origine de la découverte. Seul problème, Michelle a profité de la dernière absence de son mari pour partir s'isoler dans un ashram indien et elle n'est pas prête à revenir. Paul a trois jours pour la ramener et sauver sa société. 

Camille de Casabianca est écrivain et cinéaste et cette double casquette se ressent à la lecture de ce nouveau roman. L'intrigue de Gourou est en effet très "scénarisée". Paul nous fait part du récit de ces quelques jours qui vont bouleverser sa vie, à la première personne, dans un style parlé et plutôt direct. Pas de grandes descriptions littéraires ou d'effets de styles compliqués, Camille de Casabianca va droit au but et privilégie les effets comiques de situation plutôt que la forme. Tout au long de ma lecture, j'ai ainsi pensé que cette histoire ferait une très bonne comédie à la française. Ceci n'est, bien sûr, en rien une critique mais ce style très cinématographique et le nombre limité de descriptions m'a parfois fait perdre le fil des nombreux personnages. 

J'ai toutefois passé un bon moment avec Gourou. J'ai beaucoup aimé le personnage de Paul, intéressé uniquement par la signature de son contrat, qui se retrouve malgré lui embarqué dans la vie d'un ashram. J'ai beaucoup ri à ses réflexions sur ce business de la spiritualité et sur ces occidentaux aisés venus chercher la vérité auprès d'un gourou indien. Sous des aspects légers et comiques, Camille de Casabianca distille également des idées intéressantes sur la recherche scientifique, le génie génétique et le duel entre préoccupations mercantiles et besoin de religieux de notre époque. Son livre se révèle ainsi, sous ses airs de vaudeville, plus profond qu'il n'y parait. 

Un roman sympa, souvent drôle, et parfois plus sérieux. Une sorte de récit initiatique à la sauce indienne avec un narrateur, motivé uniquement par l'appât du gain qui va, au fil des jours, trouver le Sens profond de la vie. Une lecture idéale pour l'été et un roman que je verrais avec plaisir adapté au cinéma. 

Paul, chef d'une entreprise de génie génétique au bord de la faillite, a trois jours pour sauver sa société. Le salut dépend de la signature de sa femme, partie chercher la sagesse dans un monastère en Inde. Il l'y rejoint avec l'intention de la ramener à Paris, mais elle ne veut rien savoir. Prêt à tout pour la convaincre, il est loin d'imaginer jusqu'où cela va l'entraîner.

Tendre et moqueur, Gourou interroge notre époque et son "air du temps" : couple qui tente de se refaire, interrogations éthiques, exotisme, rencontre de deux civilisations, l'une cherchant à s'émanciper de traditions ancestrales, l'autre à dépasser ses rapports purement marchands... Le rythme est haletant, le ton est celui de la comédie, mais une comédie résolument sentimentale.

Camille de Casabianca est cinéaste et écrivain. Elle a publié entre autres, Le Lapin enchanté (Seuil, 2005) et Nouvelles du cinéma (Léo Scheer, 2010). 

Je remercie Les Agents Littéraires  et les éditions Léo Scheer pour l'envoi de ce livre. 

J'inscris également cette lecture à mon challenge Petit Bac d'Enna, catégorie Métier.

de CASABIANCA Camille, Gourou, ed. Léo Scheer, avril 2011, 232p.