mercredi 26 décembre 2012

Petites perles des mots-clés (3)

Avant que cette année s'achève, petit topo des recherches en mots-clés qui vous ont menés sur ces pages:

Ceux qui ont abusé de la moquette:

general caca
girafe écossaise
image de yaourt les plus drole
je fais caca des billets 
un caca qui parle
chaton tente le suicide pour la croquette
 
Les dyslexiques:

"disgrace" de jean-marie coetzee
durrenmatt ecrivain belge
Le corps des femmes wincler
Lovening wrigh et femmes de frank lloyd
loving frank tc boyle
un cheval qui murmure à l'oreille d'un cavaliere

Et le norvégien qui pose définitivement beaucoup de problèmes. Aperçu des orthographes utilisées pour ce pauvre Peer Gynt: Pear Gynt, Peer Gaynt, Peer Gnt, Peer Grynt, Peer Gunt, Peer Guynt, Peer Gybt, Peer Gyent, Peer Gynf, Peer Gyny, Peer to Gynt, Peerginrt, Per Gunt, Per Gynt, Pete Gint, Peter Gynt, Pier Gint, Ppeer Gynt, Peer Grint et Peeter Gynt.

Les paresseux:

Les idee importante de Stephane hessel sur son texte indignez-vous: alors que le texte fait 32 pages...

Et toutes les demandes pour connaitre la fin de La vie d'une autre, Toutes ces vies qu'on abandonne, Le cerveau de Kennedy, Quand souffle le vent du nord, Millénium ou encore L'année brouillard.

On n'est pas sorti de l'auberge:

indignez-vous personnages principaux: Faut-il préciser que ce n'est pas un roman?
je cherche un écrivain de lire benevole: Pour une autobiographie de Justin Bieber?
je veux etre une bonne esclave: Encore une qui a succombé à Fifty Shades
la vie d'une autre tirée de quel livre? :Laissez-moi réfléchir... La vie d'une autre?
le beaux frere qui baise ma famme: L'ambiance du repas de Noël en famille devait être intéressante cette année...
maman me crois que je prepare a l'examen: J'espère que ce n'était pas un examen de français...
Romain Gary la promesse de l'aube qui est l'auteur de ce texte?: Je suis sans voix


Ouais ok, mais on s'en fiche:

moi j'aime bien national geographic
j'ai fini guerre et paix: chapeau bas!
j'aime les limaces
je connais personnellement guillaume musso
je deteste nouvelle zealand
je veux avoir un cerveau cartésien
je veux lire une histoire d'amour

Où je compatis:

amnésique!!!
pas de temps pour lire
pas du matin

Où je partage mes conseils avisés:

tableau de la national gallery: Whistlejacket de Studd, sans hésitation.
prix toile gerard garouste: comme on dit, if you have to ask the price, you can't afford it.
combien de livre dois je lire pour devenir fort en français: encore plus  
endroit paradisiaque en europe: la Corse? au pied du Cervin à Zermatt? sur une falaise près de Santorin?
moment préféré guerre et paix: la fin? Non, je plaisante. Je dirais la partie ou Natacha s'occupe d'Andrei, un des seuls moments où j'ai vraiment accroché à ce roman.

Et toutes les demandes pour un auteur semblable à Guillaume Musso. Marc Lévy? Douglas Kennedy? D'autres conseils?

Là où je ne peux pas vous aider:

a quoi tu pense Karine risley
127 heures philosophie: ouais, je n'irais pas jusqu'à dire que Ralston soit un grand philosphe
film d'un homme qui au moment ou tout le monde allaient voir hitler cour derriere un oiseau se trouve chez une femme: ça évoque quelque chose à quelqu'un?
hilary mantel wolf hall traduction française: LA grande question...
lire millenium gratuitement c'est pas demain la vieille à mon avis...
vos impression blog j ai pas aime au bonheur des dames emile zola: ayant adoré....

Les questions existentielles:

comment font les girafes pour avoir des enfants
comman ce faire aimer grave par une fille kon aime
j'ai 15 ans et je suis sado mazo
a ton avie combien de livres faut-il lire dans un mois
pourquoi Maus dessin en noir et blanc: une question qui semble en titiller beaucoup...

Et pour les profs pas inspirés pour le programme littérature de l'année prochaine, voici le top ten des romans chroniqués ici et étudiés en classe par vos collègues (au vue du nombre de requêtes genre analyse complète par chapitre, thème de ci ou de ça, résumé complet etc de vos élèves paresseux):

1. Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma: gagnant incontesté dans cette catégorie.
2. La promesse de l'aube de Romain Gary: choix que j'approuve complètement, la lecture de Romain Gary ayant été pour moi une révélation au lycée. Mais à mon avis, La vie devant soi est plus adapté...
3. The Great Gatsby de F. Scott Fitzgerald: rude pour des élèves, non?
4. L'Argent d'Emile Zola: pile poil dans l'actualité, on devrait presque le lire en cours d'économie.
5. Le bouddha de banlieue d'Hanif Kureishi: j'avoue que je ne comprends pas vraiment pourquoi lire ce livre en classe.
6. La vie d'une autre de Frédérique Deghelt: mouais, les garçons de la classe doivent apprécier...
7. L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas.
8. Cosmopolis de Don Delillo: Alors là, pauvres élèves! Quoique, les demandes d'analyse et de résumés complets viennent peut-être de gens qui, comme moi, n'ont rien compris au livre ou au film. Désolée, je ne peux vraiment pas vous aider...
9. Peer Gynt d'Henrik Ibsen: Pas plus de chances du côté des analyses sur ce livre, je suis plutôt passée à côté.
10. The adventures of Huckleberry Finn de Mark Twain: oui, mais dans sa nouvelle ou ancienne édition?

ENCORE UN JOYEUX NOËL A TOUS!!!

jeudi 13 décembre 2012

Testament d'une race de Stanislas Kowalski

Pour ceux qui aiment: Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien

Testament d'une race est la confession d'un vieil homme mourant, Kuntara, autrefois chef guerrier de Mania. Dans une longue lettre, Kuntara raconte la perte de son peuple dans une guerre sanglante face aux envahisseurs locustes, des premières initiatives diplomatiques, aux sièges des grandes cités de Mania et des combats sans merci qui s'en suivirent. 

Premier roman auto-publié de Stanislas Kowalski, Testament d'une race fut pour moi une lecture à la fois étonnante et par certains côtés frustrante. J'avais reçu il y a quelques mois un mail de l'auteur, accompagné des trois premiers chapitres du livre. Après avoir lu le début du roman, j'avais été intriguée par cette histoire mélangeant cérémonie d'initiation aux inspirations africaines et peuples légendaires, façon mythologie antique et tolkienienne. Bref, curiosité oblige, je voulais connaitre le sort du peuple de Kuntara et j'ai donc accepté l'offre de l'auteur. 

J'ai au final bien fait, car j'ai passé un bon moment avec Testament d'une race, alors que le genre "fantasy" et les récits épiques ne sont pas forcément ma tasse de thé. Il y a, en effet, de très bonnes choses dans ce roman, à commencer par un style que j'ai trouvé très mature et réussi. C'est assez lyrique et construit, sans devenir lourd ou prétentieux. Il y a de belles tournures de phrases, entremêlées d'un vocabulaire propre à l'univers créé par l'auteur, sans que cela soit rébarbatif. 

Par contre, pour moi, ce livre est une très belle ébauche d'univers, mais il manque plusieurs éléments capitaux pour en faire un vrai bon roman. L'histoire est intéressante et je ne me suis pas ennuyée, mais il lui manque un peu de corps. Tout d'abord les personnages, dont la psychologie n'est pas assez développée, empêchant ainsi qu'on s'y attache. A peine quelques mots sur Karm, le meilleur ami de Kuntara, dont on ne comprend au final pas vraiment les motivations; des enfants et une femme à peine évoqués, dont on se débarrasse et qui refont surface, toujours sans être nommés, devenant tout à coup la raison de vivre de notre héros; une jeune fille à peine rencontrée à qui on donne tous les honneurs alors que Kuntara laisse mourir des gens qui lui sont chers sans cligner des yeux, etc. J'ai trouvé tout cela peu crédible. 

Il manque également un travail de description, primordial à mon sens dans ce genre de roman où tout un monde est créé. Oui, on peut laisser travailler l'imagination du lecteur, mais une base doit être donnée. J'ai ainsi eu de la peine à rentrer dans l'univers de l'auteur, n'ayant pratiquement aucun repère visuel.

Un livre loin d'être sans défaut donc, mais avec lequel j'ai passé un bon moment. J'en ressors avec un sentiment de beau potentiel pour l'auteur mais il manque quelques éléments essentiels pour faire de ce roman un très beau récit épique au lieu d'un bon "scénario" au contenu parfois un peu maigre. 

Kuntara est désormais un vieil homme.
Il relate la destruction de son peuple dans une guerre qu’il n’a pas vue venir.
Il raconte ses projets et les espoirs perdus de sa jeunesse.
Il raconte ses choix d’homme mûr et les combats qu’il a dû mener pour sa patrie, ses compagnons et sa famille.
Il raconte son héroïsme, auquel il ne croit plus lui-même.
Bravoure, vulgarité, altruisme et cruauté se mêlent et interrogent son désir d’être civilisé.


Diplômé de lettres classiques, Stanislas Kowalski a commencé à enseigner il y a une dizaine d’années. Il a notamment des expériences de volontariat de solidarité internationale (VSI). Dans ce cadre, il a enseigné le français dans une université chinoise et a dirigé un centre d’alphabétisation à Djibouti.
Depuis 2005, il est un des rédacteurs du webzine Sanqua : www.sanqualis.com. Dans ses articles, il réfléchit, parmi bien d’autres sujets, sur les cultures lointaines et sur les technologies du futur.
Depuis peu, il publie ses poèmes sur son blog : http://egomet.sanqualis.comTestament d’une race est son premier roman.

Je remercie l'auteur pour l'envoi de ce livre et je vous souhaite plein de succès pour la suite. 

Lecture commune avec Philisine Cave. Allez vite voir son avis.

KOWALSKI Stanislas, Testament d'une race, ed. lulu.com, septembre 2012, 182p. 

mardi 4 décembre 2012

Tigre, tigre! de Margaux Fragoso

Pour ceux qui aiment: Lolita de Vladimir Nabokov

A l'âge de sept ans, Margaux rencontre à la piscine Peter Curran, un homme de cinquante et un ans, qui devient très vite son compagnon de jeux. Margaux est fascinée par la maison de Peter, remplie d'animaux et synonyme de liberté, et ses visites à son nouvel ami deviennent très vite indispensables à son bonheur. Peter incarne peu à peu un père de remplacement, avant d'exiger d'elle des "petits cadeaux", et de devenir, au fil des quinze années de leur relation, son amant et sa prison.

Tigre, tigre! relate l'évolution de ce lien entre une petite fille et un pédophile. Sans essayer d'analyser en profondeur les événements de sa vie, Margaux Fragoso relate avec beaucoup de recul les faits et les mécanismes de manipulation de cette relation. 

En lisant Tigre, tigre!, on oublie parfois qu'on a affaire ici à un témoignage, tellement l'auteur semble distante. Et pourtant, à chaque fois que je me le rappelais, un gros poids s'abattait sur ma poitrine. La façon dont Peter amène Margaux dans cette relation malsaine est tellement bien aboutie, qu'on en a des frissons dans le dos en pensant que beaucoup de petites filles auraient pu se laisser piéger. Et pourtant,  l'auteur ne diabolise pas non plus l'homme qui l'a accompagnée à travers une adolescence difficile, dans une famille complètement brisée... sans le défendre non plus et en étant totalement consciente de l'impact dévastateur qu'il a eu sur elle. Cette lucidité donne à ce livre tout son intérêt. Les faits sont décrits de manière brute, sans larmoiement ou apitoiement, sans être embellis, accentués ou passés sous silence. Tigre, tigre! se lit au final plus comme un documentaire qu'un témoignage mais cela n'enlève rien au récit qui est aussi passionnant que terrifiant. 

Difficile de parler du style, sur lequel on s'attarde peu au final, vu le malaise qu'on éprouve à la lecture de ce livre, mais j'ai su apprécier la plume précise de l'auteur. Il y a aussi un travail de fiction, particulièrement dans la retranscription des dialogues des premières années, qui rend le récit vivant. Par contre, si ce livre a dû être une libération pour Margaux Fragoso, les 400 pages sont assez "pénibles" à lire pour le lecteur. Il y a  un côté voyeuriste assez gênant à rentrer dans cette relation, et j'aurais volontiers interrompu ma lecture ou réduit le rythme. Peut-être qu'un long article plutôt qu'un roman m'aurait mieux convenu sur ce sujet. 

Une relation entre une petite fille et un pédophile dévoilée au grand jour pour un témoignage impressionnant. Une lecture qui met bien évidemment mal à l'aise mais que j'ai appréciée pour sa force et son impact. A lire pour comprendre l'incompréhensible!

Je remercie Oliver de Price Minister pour l'envoi de ce livre. Il a voyagé dans toutes les postes d'Europe mais je suis très heureuse qu'il ait trouvé le chemin de ma boîte aux lettres au final, car c'est une lecture que je n'oublierai pas de si tôt. 

Ma note: 16/20

Par une belle journée d'été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans; il en a cinquante et un. Quand Peter l'invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d'animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d'ami, puis de père, et d'amant. Charmeur et manipulateur, Peter s'insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l'enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée. Lyrique, profond et d'une limpidité hypnotique, Tigre, tigre ! dépeint d'une manière saisissante les forces opposées de l'emprise et de la mémoire, de l'aveu et du déni, et questionne nos capacités de guérison. Un récit extraordinaire qui dévoile de l'intérieur la pensée d'une jeune fille au bord de la chute libre.

Margaux Fragoso est née à Union City dans le New Jersey en 1979. Tigre, tigre ! est son histoire. Il est en cours de publication dans 24 pays. Touchée par la force de ce récit, Marie Darrieussecq en a assuré la traduction.

FRAGOSO Margaux, Tigre, tigre!, ed. Flammarion, août 2012, 407 p., traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Darrieussecq. 
FRAGOSO Margaux, Tiger, Tiger: A Memoir, ed. Farrar, Straus and Giroux, mars 2011, 336p.  

samedi 1 décembre 2012

My Brilliant Career (Ma brillante carrière) de Miles Franklin



Bush australien, fin 19ème siècle: Sybylla est une jeune adolescente de 16 ans avec des rêves plein la tête et une bonne dose de volonté. Prisonnière d'une vie qu'elle déteste sur la ferme de ses parents, où les journées sont rythmées par la traite des vaches et la tournée des bars pour retrouver son père alcoolique, Sybylla voit enfin son avenir s'éclaircir quand sa grand-mère lui propose de venir habiter chez elle. S'ouvre alors un monde de volupté, où Sybylla peut enfin déployer ses ailes, parler littérature et musique et peut-être rencontrer l'amour...

Classique de la littérature australienne, Ma brillante carrière invite dès les premières pages le lecteur à se plonger dans la vie du bush australien des années 1890. J'ai beaucoup aimé cette atmosphère qui m'a réellement transportée vers ces terres brûlées par la sécheresse. Grâce aux différentes fortunes de Sybylla, le lecteur découvre toutes les couches de la société de l'époque, des fermiers à la bourgeoisie du bush, des vagabonds aux "jackeroos". Les formules aussies donnent également un charme certain à ce roman... mais ne simplifie pas toujours la lecture en vo. 

Un contexte et une ambiance que j'ai donc beaucoup aimés découvrir et qui reste l'aspect que j'ai préféré dans ce livre. L'intrigue en elle-même m'a malheureusement moins séduite. Si j'ai été tenue en haleine pendant toute ma lecture et si j'ai trouvé la plupart des personnages plutôt attachants, le personnage de Syb m'a exaspérée. Il y a chez elle un côté égoïste, et une tendance calimero qui m'a gênée et j'ai peiné à voir dans ce personnage l'image féministe dont les critiques parlent souvent. Oui, elle poursuit ses rêves à tout prix mais les références incessantes au fait qu'elle n'est pas assez bien pour si ou pour ça, tout en se pensant si différente de tout le monde m'ont agacée. Une conséquence de l'âge de l'auteur qui était elle-même très jeune à la publication de ce roman?

Miles Franklin m'a également laissée sur ma "fin". L'intrigue aborde des éléments intéressants, comme la carrière de chanteuse ou d'écrivain, les colères d'Harold ou la vie de vagabond, sans au final les exploiter. Et que dire de la partie romantique du roman qui retombe comme un soufflé. J'ai, pour ma part, trouvé cette fin "militante" décevante car trop abrupte et peu argumentée. Miles Franklin sacrifie le romanesque à ses idéaux féministes, sans vraiment pousser la réflexion plus loin. Dommage!

Un récit emprunt de bush australien qui mérite une lecture rien que pour cela mais qui manque de romanesque et de maturité. Beaucoup de bons points qui auraient mérité d'être plus développés mais un résultat plutôt impressionnant au regard de l'âge de l'auteur et de l'époque. Récit de jeunesse, Ma brillante carrière est loin d'être sans défaut, mais il me donne au final très envie de découvrir le personnage intriguant de Miles Franklin et "Her brilliant career" (titre de la biographie de Jill Roe).

Ce chef-d'oeuvre de la littérature australienne contient tous les ingrédients qui font les meilleures recettes littéraires : un cadre exceptionnel, celui des gigantesques espaces australiens apprivoisés petit à petit par des hommes et des femmes aussi courageux que tenaces -, une saga familiale dramatique, une merveilleuse histoire d'amour, et la volonté farouche (le Miles Franklin de réussir une brillante carrière de femme et d'écrivain. Un pari totalement réussi !


Miles Franklin (1879-1954) est un auteur de romans, de nouvelles et d'essais qui sont tous devenus des classiques. Elle a laissé son nom au plus prestigieux des prix littéraires australiens.


Blogoclub: retrouvez tous les autres billets ici.

Un film a apparemment été tiré de ce livre en 1979. Est-ce que quelqu'un la vu?

FRANKLIN Miles, My Brilliant Career, ebook disponible sur le Projet Gutenberg, 1901
FRANKLIN Miles, Ma brillante carrière, Editions de l'Aube, mai 2012, 457p, traduit de l'anglais (Australie) par Nelly Lhermillier

samedi 24 novembre 2012

Fraise et Chocolat d'Aurélia Aurita

Pour: Les déçus de Fifty Shades of Grey et les fans de Fluide Glacial

Fraise et Chocolat c'est le compte-rendu des premier mois de passion molta caliente entre la jeune dessinatrice Aurélia et Frédéric, un quarantenaire qu'elle rejoint au Japon et qui comme le bon vin, s'est bonifié avec l'âge. 

Autant le dire tout de suite, cette BD n'est pas à mettre entre toutes les mains. Car oui, Aurélia et Frédéric passent une grande partie de cet album dans leur lit... dans un placard, par terre, sur une chaise, sur un balcon etc etc. Cependant, même si l'étiquette de BD érotique n'est pas usurpée, à aucun moment on ne tombe dans le trash ou le vulgaire. Bon, on s'entend, je n'irais pas jusqu'à dire que Fraise et Chocolat est plein de finesse mais ce que je retiens avant tout, c'est l'humour des planches. Celles qui donnent son titre à la BD m'ont d'ailleurs arraché un gros éclat de rire dans le train et des regards un peu (trop) insistants (il faut dire que c'était le dernier train, à 1h du mat', et que la compagnie de mon wagon n'était pas des plus recommandables). 

Fraise et Chocolat reste cependant une BD qui aborde le s*xe sans tabou (ce qui n'est pas mon cas sur ce blog, désolée donc pour les astérisque mais j'ai déjà assez de requêtes bizarres qui atterrissent ici) mais sans non plus faire de la surenchère. On en ressort avec l'impression d'avoir assisté aux prémisses d'une belle passion amoureuse, plutôt qu'à une histoire de s*xe graveleuse. 

Pour parler un peu du dessin, le coup de crayon d'Aurélia Aurita est simple, en noir et blanc, plus suggestif que vraiment érotique, qui va des traits fins d'un portrait croqué sur la couette jusqu'aux contours flous d'une montée au septième ciel. Quelques extraits ici.

Fraise et chocolat, c'est l'histoire d'une femme amoureuse et heureuse, pour qui tout roule au lit. C'est drôle, juste, tendre, plein de franchise, et c'est un bon bol d'air frais dans le milieu de la BD, alors pourquoi s'en priver?

Récit hautement érotique, Fraise et Chocolat retrace les premières semaines d'une passion amoureuse à travers le regard d'une jeune dessinatrice de 25 ans. 
Observatrice attentive de ses propres élans, de ses désirs mais aussi de ses doutes, Aurélia Aurita parle d'amour et de sexe avec fraîcheur et franchise. Sa vision ludique et joyeuse, mélange de crudité et de tendresse, est actuellement sans équivalent dans le paysage de la bande dessinée occidentale. 

Aurélia Aurita est née en 1980 en région parisienne. Parallèlement à des études de pharmacie, elle débute une carrière de dessinatrice de BD, publiant ses premières histoires courtes dans Fluide Glacial. Paru en 2003 aux éditions du 9e Monde, Angora, petit album sensuel et troublant, est immédiatement remarqué par la critique. Invitée aux côtés d'auteurs aussi prestigieux que Jirò Taniguchi ou Emmanuel Guibert à participer à l'album collectif Japon, paru fin 2005 simultanément en français chez Casterman, en japonais chez Asukashinsha et en quatre autres langues, elle se rend une première fois dans l'Archipel en octobre 2004. C'est le coup de foundre. Fervente admiratrice de Reiser et Anaïs Nin, et aujourd'hui docteur en pharmacie, Aurélia Aurita n'a plus quitté Tokyo depuis. C'est là qu'elle réalise, en 2005 et dans la plus grande discrétion, les surprenantes pages de Fraise et Chocolat...

AURITA Aurélia, Fraise et Chocolat, ed. Les impressions nouvelles, mars 2006, 142p.

Le deuxième tome m'attend, donc je vous reparle probablement bientôt d'Aurélia Aurita...

vendredi 16 novembre 2012

Les choix secrets d'Hervé Bel

Pour ceux qui aiment détester: Emma Bovary

Années 30, en France: Marie Cavignaux, jeune fille aux rêves démesurés, doit choisir entre son amour pour un petit instructeur français ou un officier des colonies. 
Plusieurs décennies plus tard, Marie est une vielle femme aigrie, irritée par les râles de son mari souffrant, et désespérément seule. 
Entre ces deux Marie, toute une vie a passé, faite de douleurs et de quelques joies, qu'Hervé Bel nous fait découvrir dans son deuxième roman, alternant les époques et construisant un monologue intérieur amer sur l'amour et le bonheur.

Imaginez-vous une Emma Bovary rescapée de sa tentative de suicide (désolée si je spoile, mais qui ne connait pas encore le fin de l'histoire), plus aigrie, plus pingre, plus méchante aussi, transportée au 20ème siècle et vous obtiendrez Marie Cavignaux. Permanente insatisfaite, jalouse maladive, possessive et avec un besoin désespéré d'attention, difficile d'aimer un tel personnage. Et pourtant, le talent de l'auteur réside dans le fait qu'on n'arrive pas à totalement le détester non plus. Quoi de plus triste, en effet, d'arriver au crépuscule de sa vie sans avoir atteint ses rêves? On en vient même à ressentir de la pitié pour Marie, plutôt que de l'animosité.

Moitié roman sur un huis clos étouffant autour du thème de la vieillesse (sujet assez à la mode en ce moment il me semble), moitié recueil de souvenirs qui retrace une partie des grands événements de l'histoire de France du 20ème siècle, entre deuxième guerre mondiale, colonies, guerre d'Algérie et changement de la vie quotidienne, Les choix secrets m'a fait passé un très bon moment de lecture. 

Si parfois j'ai eu du mal à comprendre l'alternance du "je" et du "elle" pour parler de Marie, j'ai aimé le style de Bel, simple mais percutant. Quelques longueurs peut-être, mais cela donne également du relief à ce quotidien répétitif dans lequel sont enfermés les protagonistes. 

Un bon roman à l'intrigue simple mais qui fonctionne parfaitement et le portrait d'une femme que je n'oublierai pas de si tôt.     

Il n'y a plus que la cuisine et le mari, le ciel gris derrière la mousseline des rideaux, et ce présent dont il faut bien se contenter. Le temps n'a fait que traverser son corps. Il est passé, la laissant inchangée dans sa façon d'appréhender les choses et les gens.

Hervé Bel a publié en 2010 un premier roman, La Nuit du Vojd (prix Edmée de la Rochefoucauld). 

Merci à Babelio et aux éditions JC Lattès pour l'envoi de ce livre. 

BEL Hervé, Les choix secrets, ed. JC Lattès, août 2012, 360p. 
tous les livres sur Babelio.com

Et sinon, l'auteur en parle très bien dans cette courte vidéo. Force est de constater qu'il a raison, tout le monde connait une Marie Cavignaux et ça fait de ce livre une lecture triste et puissante. Il explique également l'origine du titre du livre sur laquelle je m'interrogeais.



dimanche 11 novembre 2012

PAL-attaque

"Petit" aperçu des "quelques" acquisitions de ces derniers mois, entre anniversaire, bons cadeau reçus, ventes de livres d'occasion à prix super cassés et voyage londonien. La cata quoi! Pour ma défense, Mr. Z a bien participé aussi.

The wake of forgiveness (Le sillage de l'oubli) de Bruce Machart: repéré plusieurs fois chez vous et dès qu'il y a des chevaux, je suis faible. 

Le Tigre de John Vaillant: parce que j'ai passé un peu de temps cette année sur le sujet et que l'auteur était plutôt sympathique au Livre sur les quais de Morges. 

The Siege de Helen Dunmore: J'ai encore The Betrayal dans ma PAL mais j'arrivais autrement au bout de ma PAL espionnage. 



The Horse Whisperer (L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux) de Nicholas Evans: J'adore le film et je crois savoir que la fin du livre est différente... A suivre!

Beach Music de Pat Conroy: Après Le prince des marées, je cherchais depuis déjà plusieurs années à relire cet auteur. J'espère avoir fait le bon choix sur le titre. Je sais qu'il y a des spécialistes parmi vous...

Encounters with animals de Gerald Durrell: Fan de Gerald Durrell, je n'ai pas résisté quand il a fallu échanger mes livres au nord nord de l'Ecosse.

The Legacy of Hartlepool Hall de Paul Torday: Encore jamais lu cet auteur aux intrigues toujours particulières. 

Fifty shades of Grey (Cinquante nuances de Grey) de E. L. James: Oui, je sais ce que vous pensez, mais quand j'ai vu ce livre abandonné dans notre appart de location de Londres, je me suis dit qu'autant me faire ma propre opinion. 

Blackout de Connie Willis: Malgré les critiques assassines chez nos amis British, rien à faire, l'intrigue m'intrigue...

Karoo de Steve Tesich: Le contraire de Blackout, comment résister aux critiques élogieuses sur ce livre. 

The Casual Vacancy (Place à prendre) de J. K. Rowling: Par curiosité, of course!

The Glass Room (Le Palais de verre) de Simon Mawer: Shortlisté pour le Booker en 2009 face à Wolf Hall et une intrigue sur un appartement à travers les âges plutôt tentante.

The Known World (Le Monde connu) d'Edward P. Jones: Le livre choisi pour moi lors du challenge Caprice il y a déjà plus de deux ans. Quand je l'ai vu en occasion, je me suis dit qu'il était temps que je me rattrape. 

The Handmaid's Tale (La servante écarlate) de Margaret Atwood: Pas franchement convaincue par Oeil-de-chat mais bon, c'est quand même un monument de la littérature contemporaine qui mérite une seconde chance, non?

Nager sans se mouiller de Carlos Salem: Repéré sur la blogo et intriguée par ce polar dans un camp de nudistes.

The Diagnosis d'Alan Lightman: Auteur lu et apprécié par Mr. Z avec Einstein's Dream.

La bâtarde d'Istanbul d'Elif Shafak: Malgré des a priori franchement très très négatifs, cet auteur m'avait surprise avec Lait Noir et ce titre me tentait depuis un moment.

Sacred Hunger de Barry Unsworth: Booker Prize 1992.

The Curative de Charlotte Randall: Un livre que je ne connaissais pas du tout, pris d'occas en raison du sujet, les asiles de fous au 19ème siècle, qui a l'air extrêmement bien traité par cette auteure nouvelle-zélandaise. 

Noir Toscan d'Anna Luisa Pignatelli: Repéré chez Clara et Kathel. Je voulais le lire en italien mais il semble ne plus être édité en version original. Bizarre!

The Hare with Amber Eyes (La mémoire retrouvée) d'Edmund de Wall: Très bonnes critiques anglo-saxonnes et lauréat du Costa Award en 2010.

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert de Joël Dicker: Impossible de passer à côté en ce moment, surtout en Suisse. Joël Dicker et partout et si généralement le "buzz" me donne plus envie de patienter un peu, là, j'ai envie de participer à l'engouement pour ce jeune auteur de chez nous. Et je souligne que le prix très très abordable (même en-dessous du prix en euros) n'est pas non plus étranger à mon achat. Bravo à l'éditeur!

Marie Paradis d'Ania Carmel: Deuxième acquisition suisse (deviendrais-je patriotique?), mais sur kindle cette fois malgré la jolie couverture rose flashy de l'éditeur Bettermann.


Et bon, quand la pile des nouvelles acquisitions dépasse la hauteur de la TV, c'est l'heure d'arrêter de regarder du rugby qui m'intéresse de toutes façons moyennement et de se mettre à la tâche. Ya du boulot!

Si vous avez des suggestions pour m'aider à empoigner la bête du bon côté, par un livre que je vais dévorer en quelques heures, n'hésitez pas.... 

jeudi 1 novembre 2012

L'histoire d'Horacio de Tomás González

Horacio est un homme anxieux: son fils Jerónimo est un saltimbanque, le juge veut lui retirer sa coccinelle VW achetée chez un escroc, il ne trouve pas de taureaux pour ses vaches qu'il bichonne tous les jours, il joue aux courses hippiques mais gagne rarement et préfère emprunter de l'argent à ses frères plutôt que de vendre les antiquités qu'il empile dans son garage. Bref, vous l'aurez compris, la vie d'Horacio est faite de petites chicaneries qui deviennent à ses yeux des obstacles insurmontables, alors qu'autour de lui, s'agite une famille aimante.

L'histoire d'Horacio est le deuxième roman de Tomás González traduit en français après Au commencement était la mer. Je n'avais, pour ma part, jamais entendu parler de cet auteur colombien et j'ai plongé avec plaisir dans cette chronique familiale. Les voix d'Horacio, de sa femme Margarita, de son beau-frère Eladio et de ses frères Elias et Álvaro se suivent pour nous raconter la vie de cette famille. Il n'y a pas vraiment de trame ou d'intrigue dans ce livre, où seuls les mois qui s'écoulent et le vêlage des vaches servent de fil rouge à une suite de petites "tragédies" quotidiennes dans la vie d'Horacio.

J'ai eu de la peine à entrer dans ce livre. Les nombreux personnages, la suite d'événements aléatoire et les discussions qui se chevauchent, m'ont tout d'abord déroutée. Puis, je me suis peu à peu attachée à cette famille, où règne une belle cacophonie. Venant d'une famille où il faut parfois se battre pour pouvoir en placer une (ben oui, on est des pipelettes chez nous), j'ai presque eu l'impression de me retrouver à un déjeuner dominical, et c'est avec un petit regret que j'ai quitté ce foyer colombien haut en couleurs. Et c'est là que je me rends compte que Tomás González a écrit une histoire universelle, sur la famille, la peur de mourir et le temps qui s'écoule, tout en situant son histoire dans un contexte qui pourrait nous paraitre "exotique", à savoir la Colombie et les années 60. Mais au lieu de l'exploiter, l'auteur a préféré gommer complètement ce cadre pour ne garder que les angoisses si communes d'un homme face à la mort. 

Roman polyphonique, suite d'historiettes et chronique familiale d'un auteur colombien encore peu connu dans nos contrées, L'histoire d'Horacio est un petit récit charmant et sympathique, tout en simplicité.

Horacio est un jouisseur inquiet. Il est fou de sa femme, de sa nombreuse famille qui criaille, de ses frères avec lesquels il refait sans cesse le monde. Fou de ses antiquités, Vierges et lustres mêlés, dont il est censé faire commerce mais qu il garde jalousement dans son hangar. Fou de ses deux vaches qu'il couve du regard et soigne scrupuleusement. Horacio fume cigarette sur cigarette, bichonne sa Volkswagen, fait des paris sur les courses de chevaux tous les jours et demande de l'argent à ses frères toutes les semaines.
Mais une idée fixe lui gâche la vie : celle de la mort. Un fait divers, une image, une pensée, suffisent à faire battre son coeur trop fort, le condamnant à un état d'exaltation permanent. Dans sa maison règne une ambiance joyeuse : les réunions de famille sont fréquentes, tendues, gaies, bruyantes. Mais dans sa tête tourne cette obsession qui le tourmente. 

Tragique et drôle à la fois, L'histoire d'Horacio trace le portrait chaleureux d'un homme trop sensible pour supporter la vie en acceptant sa fin.

Tomas Gonzalez est né à Medellin, en Colombie, en 1950. Il a étudié la philosophie à Bogota, passé une vingtaine d'années aux Etats-Unis avant de rentrer vivre dans son pays, où il est aujourd'hui largement reconnu et commenté comme écrivain. L'histoire d'Horacio est son deuxième roman traduit en français après Au commencement était la mer (Carnets Nord, 2010). 

Je remercie les éditions Carnets Nord pour l'envoi de ce livre.

EDIT: Je viens de lire un excellent billet qui explique fort bien l'impression que laisse ce livre sur laquelle je peine à mettre des mots. C'est sur Le littéraire...

GONZÁLEZ Tomás, L'histoire d'Horacio, ed. Carnets Nord, septembre 2012, 224p., traduit de l'espagnol (Colombie) par Delphine Valentin.
GONZÁLEZ Tomás, La Historia de Horacio, ed. Norma, janvier 2001, 155p. 

mercredi 24 octobre 2012

Clandestin de Philip Caputo

Pour ceux qui aiment: Tijuana Straits de Kem Nunn

Au bord du gouffre suite au décès de sa femme, victime des attentats du 11 septembre, Gil Castle accepte l'invitation de sa cousine et quitte tout pour s'installer dans le ranch familial en Arizona, à la frontière mexicaine. Les mois passent et Gil se reconstruit peu à peu, commençant même à apprécier sa nouvelle vie simple et la nature sauvage qui l'entoure. Mais le jour où il sauve un immigré clandestin devenu mule pour un trafiquant, Gil va devoir faire face à la violence de la frontière et à une ancienne vengeance familiale.  

Construction d'un mur plus que controversé au niveau international, guerre des cartels, corruption, milices américaines "chassant" le clandestin, assassinats et violence: l'évocation de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est loin d'une image de carte postale. Pourtant, c'est l'endroit que Gil Castle choisit pour échapper à la violence du terrorisme et au souvenir de sa femme. Dans un premier temps, les belles descriptions de la nature environnante semblent nous laisser penser que ce n'était pas un si mauvais choix. Mais le lecteur va vite plonger dans la réalité de cette région, où les clandestins pas assez rapides sont abandonnés à leur sort sans eau et où les chefs de cartels se livrent à une guerre sans merci dans laquelle les immigrés ne sont qu'une marchandise comme une autre qu'il faut parfois sacrifier. 

Philip Caputo mêle ici histoire mexicaine, histoire familiale et grande histoire avec un certain succès. J'ai particulièrement aimé les chapitres consacrés au grand-père de Gil, Ben Erskine, personnage obscur et complexe, sorte de dernier vrai cow boy de l'Ouest. La continuité entre ces chapitres se déroulant durant la première moitié du vingtième siècle et l'Amérique post-11 septembre est réussie et prend pour fil rouge la violence de cette zone sans loi. J'ai également trouvé passionnant de découvrir les différents acteurs de ce système gangréné par la corruption et d'en apprendre plus sur les différents "business" de la frontière et leur fonctionnement. 

Un contexte donc que j'ai trouvé passionnant et très bien décrit, entre nature grandiose et les plus grandes bassesses humaines. Mais, sans vraiment réussir à l'expliquer, je suis restée un peu à l'écart du récit. Les personnages sont bien construits mais ne m'ont pas vraiment accrochée; Yvonne en particulier m'a paru un peu caricaturale et son histoire personnelle enlève, à mon avis, de la force au récit. J'ai au final l'impression que Clandestin contient tous les éléments et les thématiques d'un grand roman américain, mais que la dernière petite touche magique manque pour que la sauce prenne vraiment. 

Un roman au décors décoiffant, à la fois paradis de la rédemption pour Gil et enfer de la réalité de la frontière où la violence est quotidienne. Une réalité effrayante que j'ai découvert avec un grand intérêt, mais quelque chose m'a manquée pour totalement accrocher à ce roman. 

Gil Castle, homme d'affaires new-yorkais, ne se remet pas de la disparition brutale de sa femme. Après une longue dépression, il décide de tout abandonner pour s'installer seul avec son chien en Arizona, dans une petite bicoque perdue au milieu des terres familiales, près du ranch de son cousin. Là, à quelques encablures de la frontière mexicaine, il commence peu à peu une nouvelle vie, s'enivrant le jour de la beauté des paysages, lisant Sénèque la nuit. Mais en recueillant un immigré clandestin, rescapé d'un deal de drogue ayant mal tourné, il va faire connaissance avec la face obscure de la frontière. Celle qui, depuis des générations, pèse sur sa famille. Et avec l'apparition d'Yvonne Menendez, figure haute en couleur d'un cartel mexicain, le passé et le présent ne vont pas tarder à converger vers un final étourdissant.

Philip Caputo, prix Pulitzer pour Rumeur de guerre, nous donne avec Clandestin son grand roman américain et son livre le plus poignant. Cette fresque pleine de bruit et de fureur brosse le portrait sans concession de deux grandes obsessions américaines : la violence et la frontière, à travers une passionnante méditation sur la nature, l'identité et les racines.

Les avis de Clara et Keisha sont par contre totalement enthousiastes alors n'hésitez pas à découvrir ce roman. 

Un grand merci à Olivier pour ce livre.

CAPUTO Philip, Clandestin, ed. Cherche midi, mars 2012, 733p., traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau
CAPUTO Philip, Crossers, ed. Vintage, 2009, 464p. 

mercredi 17 octobre 2012

Booker Prize 2012: And the winner is....

Les bookies ne s'étaient pas trompés et même si Will Self a plusieurs fois été évoqué comme possible gagnant, c'est au final bien Hilary Mantel qui a remporté, pour la deuxième fois, le Man Booker Prize pour Bring up the Bodies.



Hilary Mantel devient ainsi:

- Le troisième auteur a recevoir ce prix pour la deuxième fois, avec Peter Carey et J. M. Coetzee;

- La première femme a remporté le prix deux fois;

- La première britannique, hommes et femmes confondus, a le remporter deux fois; et

- Le premier auteur a recevoir le prix pour deux tomes d'une même série.

Bon, on pourrait continuer avec la première blonde portant une robe vaporeuse à recevoir le prix deux fois etc., mais il faut quand même avouer que recevoir ce prix prestigieux pour la suite de Wolf Hall, récompensé trois ans auparavant, c'est quand même assez fort. Et surtout, ça ne doit pas du tout lui mettre la pression pour l'écriture du dernier tome de la série qui devrait s'intituler The Mirror and the Light. Hilary Mantel a cependant parlé d'un "vote de confiance" qui l'encourageait pour la suite. 

J'ai commencé, il y a quelques jours, Wolf Hall et il est difficile d'en décrocher, bien que le style soit ardu et très travaillé. J'ai parfois un peu de peine à me sortir de la tête les images de la série des Tudors, mais pour le moment, j'accroche bien, et je peux comprendre, après moins de 100 pages, qu'un jury récompense une oeuvre, qui mêle à la fois un excellent style et une intrigue trépidante et bien construite. C'est de la très bonne littérature tout en restant lisible et plaisant, un mélange souvent difficile à obtenir. Bref, j'espère vous en parler plus en détails bientôt (bon c'est un pavé quand même, donc il faudra sûrement attendre quelques semaines). 

Pour visionner la remise du prix avec une Hilary Mantel plutôt attachante, c'est par là (courte pub de 11 secondes avant la vidéo): site de la BBC

Mais qu'attendent donc les éditeurs francophones??? 

mardi 16 octobre 2012

I'm back... presque à temps pour mon blog-anniversaire

Les années s'écoulent et se ressemblent... un peu! Comme l'année dernière, je reviens à la mi-octobre après avoir lâchement délaissé ce blog ces dernières semaines. Voyez-vous (ça, ça annonce un paragraphe où je vous raconte ma vie), depuis trois ans, je trime sur un Master tout en travaillant à 100% et depuis septembre, entre révisions de mes examens et finalisation de mon mémoire, je n'ai tout simplement plus eu le temps de lire, d'écrire ou même de profiter de quoi que soit. Oui, oui, vous pouvez verser une larme, c'est tragique... Bon allez, j'arrête de me plaindre car bonne nouvelle: j'ai passé il y a une semaine mes derniers examens. Enfin, les résultats devraient arriver en décembre mais soyons optimistes! Pour récompense, je me suis accordée un petit séjour là:



Et donc me revoilà maintenant en pleine forme, libérée, légère (enfin, légère dans la tête, parce qu'on ne peut pas vraiment dire que le régime haggis et full scottish breakfast aide franchement à garder la ligne) et prête à rattraper mon retard sur la rentrée littéraire. Je vais enfin pouvoir attaquer ma PAL et la liste énorme de billets que j'ai en retard (21 pour être exacte). Je n'espère pas pouvoir lire tous les excellents billets que vous avez sûrement publié durant ma pause blogesque, mais j'espère pouvoir, à partir de maintenant, être de nouveau plus présente sur vos blogs. 

Bon et à part ça, il y a deux jours, ce blog fêtait ses quatre années d'existence. Une année un peu plus "légère" en billets donc: manque de temps principalement et surtout j'ai décidé l'année passé d'éviter de me mettre la pression et d'aller à mon rythme. Du coup, je prends toujours autant de plaisir à tenir cet espace et à échanger avec vous et c'est le principal. Je pense donc continuer sur cette formule cette année. 

Tradition oblige, le TOP TEN des billets consultés cette année est le suivant:


1. Maus d'Art Spiegelman (10ème en 2011)
2. La vie d'une autre de Frédérique Deghelt (3)
3. La Promesse de l'aube de Romain Gary (1)
4. Peer Gynt d'Henrik Ibsen (6)
5. Cosmopolis de Don Delillo (-)
6. Enfant 44 de Tom Rob Smith (2)
7. Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma (7)
8. Les cendres froides de Valentin Musso (-) 
9. Le bouddha de banlieue d'Hanif Kureishi (-)
10. The Great Gatsby de F. Scott Fitzgerald (-)

Aucune sortie de l'année dans ce Top Ten, le premier livre publié fin 2011-2012 arrive en 12ème position et il s'agit de United Colors of Crime de Richard Morgiève, un livre dont la blogosphère a peu parlé mais qui apparemment a réussi à susciter l'intérêt des lecteurs. Peu de surprise sur la présence dans ce Top Ten de La vie d'une autre, The Great Gatsby et Cosmopolis, avec la sortie des films adaptés de ces romans cette année. D'ailleurs, ça me rappelle que je n'en ai vu aucun. Concernant Cosmpolis, vu mon avis sur le livre, vous comprendrez que je ne vais pas me précipiter. Par contre, pour les deux autres, je suis assez tentée. 

J'essaie de vous pondre un billet sur les perles des mots-clés tout bientôt (et du coup, j'ai maintenant 22 billets en retard, hum hum). 

Merci encore à tous de votre fidélité!  

vendredi 14 septembre 2012

La shortlist du Booker Prize



Surchargée de travail à cause de mon mémoire de fin de Master, je n'ai pas trouvé le temps de vous parler de la longlist du Booker Prize annoncée en juillet. Je me rattrape donc aujourd'hui avec l'annonce de la shortlist qui a été faite mardi.

Les six romans toujours en course sont donc:

1. The Garden of Evening Mists de
Tan Twan Eng: Le deuxième roman de cet auteur malaysien se déroule dans la Malaise de 1949. Yun Ling Teoh, survivante des camps de prisonniers de guerre japonais, revient dans la région où elle a grandi. Elle y fait la connaissance de Aritomo, l'ancien jardinier de l'Empereur du Japon et devient, malgré sa haine pour l'ancienne nation occupante, son apprentie. Alors que les guérillas communistes gagnent du terrain, Yun découvre que le jardin de Yugiri renferme bien des secrets.

2. Swimming Home de
Deborah Levy: Juillet, 1994: Joe Jacobs, un poète de renom arrive avec sa femme, Isabel, et leur fille de 14 ans dans la maison qu'ils ont loué près de Nice avec leurs amis Laura et Mitchell. Un jour, il découvre dans leur piscine, une femme nue, Kitty Finch. Cette dernière est recueillie par Isabel qui l'invite à séjourner pour les vacances avec eux. Concentré sur une semaine, Swimming Home suit ce petit groupe de touristes qui va vite être dévasté par l'étrange personnalité de Kitty Finch.

3. Bring up the Bodies d'Hilary Mantel: Après Wolf Hall, récompensé par le Booker Prize en 2009, voici le deuxième tome de la trilogie d'Hilary Mantel. En 1535, Thomas Cromwell, ministre en chef d'Henry VIII, doit gérer les affres provoquées par la condamnation d'Anne Boleyn et l'attirance du roi pour Jane Seymour.

4. The Lighthouse d'
Alison Moore: Suite à une séparation douloureuse, Futh décide de partir en Allemagne pour une randonnée et une bonne remise en question. Après une nuit dans le petit hôtel familial Hellhaus, et une curieuse rencontre, Futh débute une semaine de marche pendant laquelle ses pensées reviennent sans cesse à l'abandon de sa mère et à son premier voyage en Allemagne avec son père. De retour au Hellhaus, d'étranges événements l'attendent.

5. Umbrella de
Will Self: Umbrella raconte l'histoire d'Audrey Death sur un siècle entier. Audrey, féministe engagée et ancienne ouvrière, est enfermée depuis des décennies dans un asile du Nord de Londres, victime de l'épidémie d'encéphalite léthargique qui a sévi dans la région à la fin de la Première Guerre Mondiale. Le Dr. Zack Busner, nouvellement arrivé dans l'institution, décide d'employer un nouveau traitement pour la soigner, avec des conséquences surprenantes.

6. Narcopolis de
Jeet Thayil: Jeet Thayil invite le lecteur à une découverte des bas-fonds du vieux Bombay des années 70 au début du 21ème siècle, avec comme point de ralliement le bar à opium de Rashid. Narcopolis est souvent décrit comme un "Trainspotting indien".

Chez les bookmakers, Hilary Mantel est pour le moment en tête, suivie de Will Self. Viennent ensuite Alison Moore et Tan Twan Eng à égalité, puis Deborah Levy et Jeet Thayil. Si Hilary Mantel l'emporte, elle sera le premier auteur à recevoir un Booker Prize pour deux livres d'une même série. A suivre le 16 octobre

Et sinon, les six autres romans sélectionnés sur la longlist étaient:

7. Communion Town de Sam Thompson: L'histoire d'une ville qui n'est jamais deux fois la même, chaque citoyen la traversant l'imaginant en effet à sa façon. 

8. Philidia d'André Brink: 1832: Philida, esclave sud-africaine, a scellé un pacte avec François Brink, le père de ses quatre enfants et fils de son maître. Il devait lui rendre sa liberté, mais ce dernier décide de ne pas respecter sa promesse. Philida dépose plainte contre François au risque de sa vie et décide de rejoindre Stellenbosch à pied, en compagnie d'un esclave musulman, à la poursuite de son rêve de liberté. 

9. Skios de Michael Frayn: Sur l'île grecque de Skios, la présentation annuelle de la Fred Toppler Foundation doit être donnée cette année par le Dr. Norman Wilfred, une sommité mondiale dans le milieu scientifique. Le jeune et charmeur intervenant séduit vite toute son assemblée. Mais au même moment, de l'autre côté de l'île, un homme qui se présent comme le Dr. Wilfred et qui a perdu toutes ses affaires personnelles commence à perdre patience.

10. The Teleportation Accident de Ned Beauman: Bon, alors là, je vais peiner à résumer ce livre car je crains de ne pas avoir tout compris à l'intrigue. The Teleportation Accident suit Egon Loeser, un créateur de décors dans le Berlin des années 30, obsédé par deux choses: 1) le créateur de scène de la Renaissance, Adriano Lavicini, dont le Théâtre des Encornets à Paris s'effondra, tuant 25 spectateurs ainsi que Lavicini lui-même; et 2) la belle Adele Hitler. Deux obsessions qui le mèneront de Paris à Los Angeles. Le livre est un mélange de genres, entre thriller, comédie, science fiction et roman d'espionnage.

11. The Unlikely Pilgrimage of Harold Fry de Rachel Joyce: Un matin, Harold Fry, jeune retraité, décide d'aller poster une lettre à l'intention de l'un de ses amis mourant. Sans raison et surtout sans préparation, il décide soudainement de continuer à marcher et de traverser le pays tout en faisant le bilan de sa vie.

12. The Yips de Nicola Barker: “The Yips” décrit une condition de grande nervosité et de tension qui pousse l'athlète à la contre-performance. Stuart Ransom est un joueur de golf professionnel sur le déclin. Dans le bar du Thistle Hotel de Luton, il est entouré d'une galerie de personnages étranges, comme un sexologue musulman et sa femme pieuse, une famille de fascistes locaux et une barmaid un peu trop curieuse.

Après l'année passée où de nombreuses voix s'étaient élevées pour critiquer la sélection décrite comme trop "populaire" et pas assez littéraire, je dois dire que cette année, on a le droit à l'inverse, avec des intrigues assez obscures je trouve. A première vue, peu d'entre eux me tentent, mis à part le livre d'Hilary Mantel, mais je dois d'abord lire le premier tome qui traine dans ma PAL depuis deux ans. C'est, je l'espère, au menu pour tout bientôt. 

A part ça, comme pour Le Livre de Dave, le nouveau roman de Will Self m'intrigue. Je bloque cependant toujours sur le côté complètement déluré de l'auteur. Il faudra bien tenter un jour... Je pourrais également me laisser tenter par le Michael Frayn, Skios, et pourquoi pas The Garden of Evening Mists. Généralement peu adepte de la littérature asiatique, je pourrais être séduite par la littérature malaysienne, qui sait...

Et vous, des envies? Que pensez-vous de cette sélection?

 

mardi 11 septembre 2012

La malédiction des colombes de Louise Erdrich

Pour ceux qui aiment: Joseph Boyden (même si j'ai de loin préféré ce dernier à Louise Erdrich)

Pluto, petite ville perdue du Dakota du Nord où quelques familles descendant des premiers pionniers ou des tribus indiennes tissent une toile compliquée à travers les générations. Prenant comme point de départ l'invasion de la ville par des colombes menaçantes, Louise Erdrich donne tour à tour la parole à Evelina, au juge Coutts, à Marn Wolde et au Docteur Lochren. A travers leurs récits, c'est toute l'histoire de Pluto qui est retracée, de la première expédition de géomètres ayant essayé de s'approprier ces terres encore inoccupées, au terrible assassinat d'une famille entière qui mena à la pendaison de trois innocents, en passant par la création d'une secte locale. 

Je suis en retard pour mon billet sur cette lecture lue dans le cadre du Blogoclub. Cela s'explique en partie par l'extrême ennui ressenti à la lecture de ce livre. Je peine à expliquer pourquoi, mais je n'ai pas du tout accroché à ce roman. D'habitude, les romans polyphoniques me plaisent assez, tout comme les histoires de petites bourgades, le thème des indiens et les grands espaces américains. Mais ici, je n'ai tout simplement ressenti aucun (ou si peu) intérêt pour le destin de ces personnages, qui n'ont pas su me toucher. 

En fait, j'ai trouvé ce roman très plat. La première partie d'Evelina m'a paru interminable et m'a empêchée d'éprouver la moindre sympathie pour ce personnage récurrent et sa famille. Le personnage de Mooshum, sensé je pense être attendrissant, m'a ennuyée, particulièrement ses petites querelles avec le père Cassidy. Le récit de Marn, à l'ambiance très différente, m'a un peu plus accrochée mais je l'ai toute de même trouvé trop "ésotérique" pour vraiment me laisser emporter. 

Il serait faux cependant de dire que La malédiction des colombes est un mauvais roman. J'ai adhéré à certaines parties comme l'histoire du violon de Shamengwa que j'ai trouvée belle et poétique, ou le récit de la première expédition des géomètres. Mais voilà, cela n'a pas suffi! Arrivée à la fin du livre, j'ai remarqué dans les remerciements que certaines parties du livre avaient été publiées dans des magazines séparément. Et je me demande maintenant comment a été construit ce livre, qui ressemble plus au final à une suite de petites nouvelles aux fils rouges ténus. Bizarrement, je crois que j'aurais d'avantage aimé ce livre sous la forme d'un recueil. Pris une à une, je n'aurais pas eu l'impression de courir après une intrigue décousue, en essayant de donner du sens à une suite d'historiettes dont la présence ensemble dans un même roman me paraissait presque incongrue. Passer d'un enlèvement savamment orchestré, à une charmeuse de serpents prise dans les filets d'une secte, pour sauter ensuite à un asile de fous et à Anaïs Nin le tout en parlant de la condition indienne... la sauce n'a tout simplement pas pris.

Le style de Louise Erdrich m'a de plus semblé artificiel, surtout dans la première partie consacrée à Evelina. J'avais presque l'impression de lire une dissertation de "creative writing", du genre "là je dois mettre un adjectif, et là une comparaison". Le tout alourdit le récit considérablement et a gêné ma lecture à plusieurs reprises. 

Une intrigue lente et décousue qui n'a pas réussi à m'emporter. J'ai trouvé les personnages froids et plutôt sans intérêt. Je me suis forcée à le finir mais je ne peux que vous conseiller de vous faire vous-mêmes un avis sur ce livre qui a aussi passablement plu à la blogosphère. 

Pour un avis complètement différent du mien, allez voir chez Aifelle, Kathel ou encore Keisha.

Considérée comme l'une des grandes voix de la littérature américaine contemporaine, Louise Erdrich bâtit, livre après livre, une oeuvre polyphonique à nulle autre pareille. Dans ce roman riche et dense, elle remonte le fil de l'histoire collective et individuelle, explore le poids de la culpabilité et le prix de l'innocence. 
Depuis toujours, la petite ville de Pluto, Dakota du Nord, vit sous "la malédiction des colombes": les oiseaux dévorent ses maigres récoltes comme le passé dévore le présent. Nous sommes en 1966 et le souvenir de quatre innocents lynchés cinquante ans auparavant hante toujours les esprits. En écoutant les récits de son grand-père indien qui fut témoin du drame, Evelina, une adolescente pleine d'insouciance, prend soudainement conscience de la réalité et de l'injustice....

Lu dans le cadre du Blogoclub. J'avais souvent vu ce livre sur la blogo sans avoir vraiment envie de le lire. Cette lecture commune était une bonne occasion de le découvrir. Suite à cette lecture très mitigée, je ne pense pas poursuivre avec cet auteur, même si La Chorale des maîtres bouchers semble avoir touché certaines déçues de La malédiction des colombes

ERDRICH Louise, La malédiction des colombes, ed. Albin Michel, août 2010, 482p., traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez. 
ERDRICH Louise, The plague of doves, ed. Harper Perennial, 2008, 352p. 

samedi 1 septembre 2012

Millénium III: The Girl Who Kicked the Hornets' Nest de Stieg Larsson


Pour ceux qui aiment: John Le Carré

Attention, spoiler sur les deux tomes précédents

Arrêtée et hospitalisée entre la vie et la mort, Lisbeth Salander doit faire face  à une inculpation pour tentative d'assassinat contre son père, l'obscur Zalachenko. Et les dés semblent pipés dès le début. Un petit groupe de conspirateurs au sein de la police secrète, impliqués depuis des années dans la dissimulation de la plus grande défection d'espion soviétique de l'histoire de la Suède, compte en effet bien enterrer toute l'affaire pour de bon, Salander y compris. 
Enfermée dans une chambre d'hôpital, Lisbeth se retrouve démunie pour combattre la machine enclenchée contre elle. C'est sans compter le soutien d'un groupe hétéroclite de personnes qui vont s'allier pour faire éclater l'énorme scandale Zalachenko. 

Millénium est toujours présenté comme un trilogie. Cependant, si les personnages se retrouvent d'un opus à l'autre, le genre de chaque volume est plutôt différent. Après une enquête historique, un livre d'action et de poursuites, voici venu le temps du livre d'espionnage... et c'est loin de me déplaire.

Dans ce troisième tome, le rythme se ralentit, les intrigues se font plus politiques, teintées de Guerre Froide, avec pour cadre une Suède où un groupe d'agents secrets peut se jouer de toutes les lois. Fan de romans d'espionnage, j'ai beaucoup aimé ce troisième opus, qui est probablement mon préféré de la trilogie. Malgré des débuts très laborieux, je n'ai pu ensuite m'arrêter. 

Peut-être que ce volume est moins abouti au niveau des personnages. On avait découvert dans le premier tome Mikael, dans le deuxième on en avait beaucoup plus appris sur Lisbeth, avant d'avoir toute la lumière faite sur l'histoire de Zalachenko dans ce troisième tome qui est du coup plus "institutionnel", moins centré sur les personnages qu'on avait appris à aimer dans les premiers tomes. A part peut-être Erika que j'ai aimé découvrir sous un autre jour grâce à une intrigue parallèle.

The Girl Who Kicked the Hornets' Nest est un très beau final à cette trilogie qui aura su me faire vibrer. Si son succès phénoménal m'étonne toujours, on ne peut en aucun cas retirer à Millénium son originalité et la force de ses personnages. Lisbeth et Mikael m'accompagneront, j'en suis sûre, pendant encore longtemps et je me réjouis de les retrouver dans les films que je n'ai toujours pas vus. 

Une trilogie à découvrir absolument (mais qui n'en est pas encore convaincu?). Un seul regret: que la série s'arrête alors qu'il y avait encore amplement assez de matière et d'éléments irrésolus pour quelques tomes.

Lisbeth Salander - outsider and apparent enemy of society - is charged with attempted murder. The state has also ruled that she is mentally unstable, and should be locked away in an institution once again. But she is closely guarded in a hospital, having taken a bullet to the head, so how will she prove her innoncence?
Pulling the strings of the prosecution is the powerful inner circle of Säpo, the state security police. Determined to protect the secrets and corruption at Sweden's rotten core, Säpo is not an adversary to take on alone. 
Only with the help of Mikael Blomkvist and the journalists at Millennium magazine can Salander avoid the fate that has been decided for her. Together they form a compelling and dynamic alliance. This final volume of the Millennium Trilogy is the culmination of one of the most mesmerising fictional achievements of out time. 

Lecture commune avec Manu, DeL, Cynthia, Belledenuit et George. C'était très sympa de découvrir cette trilogie avec vous les filles!

LARSSON Stieg, Millénium III: The Girl Who Kicked the Hornets' Nest, ed. Quercus - Maclehose Press, 2010, 743p., traduit du Suédois par Reg Keeland
LARSSON Stieg, Luftslottet Som Sprängdes, ed. Norstedts, 2007