jeudi 31 décembre 2015

Demain, une oasis d'Ayerdhal

Pour ceux qui aiment: Hunger Games de Suzanne Collins

Dans un futur proche, l'Europe, confrontée à la dégradation de l'environnement, s'est tournée vers l'exploration spatiale et la création de colonies habitables sur d'autres planètes. Le narrateur est un médecin employé sur un de ces programmes, dont la vie monotone de petit fonctionnaire se déroule sans asperité. Jusqu'au jour où il est kidnappé et où il se réveille dans un village reculé d'Afrique, au milieu d'habitants affamés. Une toute autre réalité s'offre alors à lui.

Demain, une oasis a été publié pour la première fois en 1992 mais en le lisant en 2015, on ne peut s'empêcher de penser qu'Ayerdhal a fait preuve ici de pas mal de clairvoyance dans l'écriture de ce roman d'anticipation. Le monde qu'il décrit n'est en effet pas si éloigné du futur auquel nous pourrions faire face: un monde, où les avancées technologiques compensent le manque d'actions entreprises pour sauver notre planète, mais où l'Afrique et les autres nations qui manquent de moyens pour rejoindre cette conquête de l'espace sont laissées à leur misère.

Ayerdhal nous offre donc une vision bien déprimante mais marquante de notre futur. Avant ma lecture, je craignais un peu le côté très "militant altermondialiste" de ce roman. Si on retrouve ici le cliché du Nord oppresseur, seul responsable de la situation dramatique de l'Afrique, l'auteur a heureusement évité d'autres pontifes. J'ai ainsi trouvé les réflexions du roman très intéressantes et les injustices dénoncées par l'auteur, dissimulées sous le couvert de roman d'anticipation, passent au final très bien et sonnent justes:

"D'abord, il y avait un monde découpé en trois zones: les pays industrialisés, riches, les pays en voie de développement, pauvres, et le tiers-monde, indigent. Les uns avaient salopé la planète pour conquérir l'opulence, les autres avaient tenté de les imiter, les derniers cherchaient seulement à bouffer.
Un jour, les riches ont pris conscience des dégâts produits et de l'irréversibilité du phénomène, mais leur technologie avait évolué et ils pouvaient continuer à nager dans le luxe. Alors ils ont demandé aux pauvres de rester propres, de ne pas aggraver la pollution avec des énergies polluantes, de limiter leur croissance." p. 53

J'ai également aimé l'idée de la fin de l'humanitarisme, remplacé pas des sortes de guerriers humanistes, même si le présent nous montre que la confusion de notre société motive au contraire beaucoup à chercher du sens dans l'engagement humanitaire (avec des résultats mixtes, mais cela est une autre histoire).

A mon avis, l'intrigue et les personnages passent un peu au second plan par rapport à ce message très fort. J'ai trouvé les personnages étranges et peu approfondis et l'histoire un peu trop survolée. Le style est également particulier et pas toujours très fluide, surtout pour un roman classé "young adult" par l'éditeur. D'ailleurs pourquoi cette classification? Parce que l'anticipation est automatiquement réservée aux adulescents?

Un roman d'anticipation éco-militant original, dont le message d'égalité et de justice original justifie une lecture malgré quelques faiblesses romanesques. 

Médecin doté d'une vie tranquille à Genève, que pouvait-il craindre? Deux limousines, un coup de frein, des portières qui claquent, un pistolet-mitrailleur, deux beignes, une cagoule et des jours dans une cave sous perfusion et somnifères... Un kidnapping.
A son réveil, il se retrouve quelque part dans un village africain dont un commando humanitaire lui confie la responsabilité. Sécheresse, famine, terrorisme: dans une Afrique qui se meurt, c'est en cherchant le sens du mot justice qu'il trouvera celui de sa vie.

Né en 1959 à Lyon, Ayerdhal vit à Bruxelles. Écrivain majeur, il a publié plus de vingt romans et a été lauréat deux fois du Grand prix de l'Imaginaire et du prix Cyrano pour l'ensemble de son oeuvre.
 
Merci à Babelio et aux éditions Au Diable Vauvert pour cette lecture.

AYERDHAL, Demain, une oasis, ed. Au Diable Vauvert, août 2015, 256p.   

tous les livres sur Babelio.com

vendredi 11 décembre 2015

Le Français de Julien Suaudeau

Rentrée littéraire 2015

Pour ceux qui aiment: Les Bienveillantes de Jonathan Littell

Comment un jeune français presque sans histoire, originaire d'Evreux, peut-il se retrouver à la une des médias du monde entier, dépeint comme l'horrible bourreau à la solde des djihadistes syriens? C'est ce que décrit Julien Suaudeau dans ce second roman, le Français.  

Le Français est un roman d'actualité brûlante. Peut-être trop d'ailleurs, au point où j'ai interrompu ma lecture à plusieurs reprises en raison des événements récents à Paris, aux USA, en Belgique, en Syrie, au Liban, au Nigeria, etc., etc. Ensevelie toute la journée sous des nouvelles plus sombres et déprimantes les unes que les autres, je n'arrivais tout simplement plus à me plonger le soir dans un roman abordant le même sujet. J'ai tout de même fini par atteindre la dernière page et mon avis est au final un peu partagé. 

Julien Suaudeau construit le portrait d'un banlieusard standard, d'un gamin un peu paumé oui, mais loin du voyou en quête de violence ou de l'extrémiste salafiste; un jeune comme il y en a des milliers dans nos pays, pas toujours bien dans leur peau mais très éloigné du profil fiché par nos autorités. Pourtant, après une suite de mésaventures plutôt banales et de mauvaises rencontres, le narrateur se retrouve à tuer des innocents en Syrie. 

J'ai trouvé ce parcours assez déprimant. Suaudeau tente de nous montrer qu'un bourreau sommeille potentiellement en chacun de nous, un peu à l'image de Aue dans Les Bienveillantes. C'est un gars qui fait le mal par ignorance, par indifférence, par malchance et même parfois pour ce qu'il croit être bien. Une vision bien sûr effrayante de la réalité mais probablement en partie correcte. Cependant, l'intrigue de Le Français ne m'a pas toujours paru crédible. J'ai trouvé la plupart personnages trop caricaturaux (je pense à Romain, Ali, etc.) et certains rebondissements, surtout sur la fin, semblent très forcés et artificiels.

Suaudeau offre ici une réflexion intéressante sur un des phénomènes les plus dangereux de notre époque, à savoir la radicalisation et le tourbillon de violences qui peuvent embarquer tout un chacun. Cependant, les invraisemblances de l'intrigue et le contexte lourd de ces dernières semaines font que je n'ai pas pu apprécier ma lecture plus que cela. A retenter peut-être dans quelques mois. 

Qu'y a-t-il dans la tête et le coeur de ces petits Français « de souche » qui partent se faire tuer en Syrie au nom du djihad ? Le Français est la réponse romanesque à cette interrogation.
Le narrateur, dont on ne connaîtra pas le nom, broie du noir dans sa Normandie natale, zone grise entre province et grande banlieue de Paris. La belle Stéphanie éclaire un temps la monotonie de ses jours, mais elle n'est qu'un mirage. Puisque l'horizon est sans issue, pourquoi ne pas fuir ? Ce sera d'abord l'Afrique, au Mali, dans le sillage d'individus peu recommandables. Aux portes du désert, il suffit de se rêver grand pour le devenir. Cette illusion-là non plus ne dure pas longtemps. Le rêve se termine quelque part en Syrie, dans une forteresse djihadiste ou les hommes ont oublié leur humanité. Le Français, dont nous avons suivi pas à pas le chemin, y devient un monstre presque contre son gré. Sa lucidité d'enfant perdu est un cri déchirant dont l'écho se prolonge bien après la dernière page.
En faisant parler son anti-héros à la première personne, Julien Suaudeau nous oblige à partager ses sentiments, ses peurs, ses envies. L'horreur du monde contemporain, vue mille fois dans les médias, devient une matière complexe et riche en nuances. Au-delà de sa résonance avec la réalité, ce parti pris audacieux donne un texte puissant, porté par une voix autre, un sens du détail et des dialogues qui évoque les grands naufragés du roman américain.

Merci aux éditions Robert Laffont pour l'envoi de ce livre.

SUAUDEAU Julien, Le Français, ed. Robert Laffont, août 2015, 216 p.

samedi 14 novembre 2015

Les Douze Portes dans la maison du sergent Gordon de George Makana Clark

Rentrée Littéraire 2015

Pour ceux qui aiment: une version africaine et beaucoup (beaucoup) plus sombre et ardue de Le coeur cousu de Carole Martinez

C'est une histoire qui commence par la fin alors que la mort a rattrapé le sergent Gordon. Un homme qui s'éteint alors que meurt également la Rhodésie et que nait la nouvelle nation zimbabwéenne.
C'est surtout le récit d'une vie, raconté à travers quelques étapes clés, comme douze portes donnant sur le destin de Gordon: le travail forcé dans les mines de cuivre, son adolescence dans une institution pour garçons difficiles, son enfance auprès d'un père méfiant et d'une mère silencieuse, jusqu'à sa naissance chaotique. Douze chapitres de vie qui nous font remonter progressivement ce parcours initiatique jusqu'au secret de ses origines.

Qu'est-ce qu'il est difficile de parler de ce roman, que l'on peut sans peine décrire comme exigeant: 

Exigeant par sa forme: le récit étant à rebours, chaque nouveau chapitre éclaire le précédant d'un jour nouveau et apporte certaines réponses. Une confusion pas toujours facile à appréhender et une fois le roman terminé, on a presque envie de tout reprendre depuis le début pour enfin mieux comprendre le parcours du sergent Gordon. Une construction stylisée donc mais qui exige pas mal d'efforts de la part du lecteur.

Exigeant par son contenu également: si l'histoire de la Rhodésie défile en filigrane, il n'est pas nécessaire d'être un as de ce pays pour suivre le destin de Gordon. Cependant, il faut accepter de plonger dans un univers fait de légendes, de fantômes et de devins. Dans ce sens, Les Douze Portes dans la maison du sergent Gordon est un récit très proche du conte africain, et j'avoue que malgré les origines en partie xhosas de l'auteur, je ne m'attendais pas à ce que cet aspect soit aussi présent.

Ces deux exigences surmontées, le lecteur découvre une belle réflexion sur les origines et sur le destin des hommes, sur les valeurs et l'importance des traditions. C'est perturbant, pas toujours facile à suivre, pas toujours palpitant non plus, mais George Makana Clark signe ici à mon avis un roman à part et dont on ressort un peu hébété.

Je n'ai qu'un mot: déroutant!

Voici l’histoire d’un homme qui commence par la fin, et l’histoire d’un pays qui connaît un nouveau départ. Le pays, c’est la Rhodésie, qui devient le Zimbabwe. L’homme est le sergent Gordon, dont la dépouille repose enfin en paix. De profundis s’élève le récit de ses années sur terre. Un chant puissant et ravageur qui conte à rebours le destin d’un damné : les années en enfer dans la prison d’une mine de cuivre, l’armée et la guerre dans un pays ensorcelé, l’adolescence rebelle entre les murs d’une institution religieuse pour délinquants, l’enfance éclatée, l’initiation, la naissance, le secret des origines…

George Makana Clark est né et a grandi au Zimbabwe ; il a des origines britanniques et xhosa. Il vit et enseigne aujourd’hui le creative writing à l’université de Wisconsin-Milwaukee.

Merci à Babelio et aux éditions Anne Carrière pour l'envoi de ce roman. 

MAKANA CLARK George, Les Douze Portes dans la maison du sergent Gordon, ed. Anne Carrière, août 2015, 320p., traduit de l'anglais (Zimbabwe) par Cécile Chartres et Élisabeth Samama
MAKAN CLARK George, The Raw Man, ed. Jonathan Cape, 2011 


jeudi 5 novembre 2015

Italian Shoes (Les chaussures italiennes) d'Henning Mankell

Pour ceux qui aiment: Sable Mouvant d'Henning Mankell, dont ce livre semble un étrange prequel

Suite à une faute professionnelle, Frederick Welin abandonne la chirurgie et se réfugie sur une île isolée du nord de la Suède. Avec pour seuls compagnons son chien et son chat âgés et les visites quotidiennes du facteur Jansson qu'il n'a même jamais invité à boire un café, les journées de Frederick se déroulent selon un rythme immuable que rien ne vient perturber.
Mais un jour d'hiver, une silhouette apparait sur la glace et malgré les années, Frederick reconnait très vite Harriet, la femme qu'il a abandonnée trente-cinq ans plus tôt. 

Suite au décès d'Henning Mankell il y a maintenant tout juste un mois (le 5 octobre 2015), Cryssilda a lancé l'idée d'une lecture hommage à cet auteur. Ce roman trainant dans ma PAL depuis plusieurs années, j'ai sauté sur l'occasion d'enfin le découvrir. 

J'aurais bien entendu voulu que cette lecture soit un coup de coeur, surtout que je me rappelle de billets élogieux dans l'ensemble à sa sortie. Malheureusement, sans que ce soit une déception, j'avoue m'être un peu ennuyée durant cette lecture. 

Les chaussures italiennes est un roman d'ambiance, où nostalgie et regrets se mêlent au climat brumeux et froid de ce paysage scandinave. Si j'ai beaucoup aimé ce décor et l'atmosphère du roman, j'ai trouvé l'intrigue lente et pas franchement palpitante. Peut-être avais-je des attentes infondées vu le statut d'auteur policier de Mankell? Quoi qu'il en soit, je ne m'attendais pas à un rythme aussi trainant et à cette histoire qui manque à mon goût de fil rouge. J'ai eu l'impression que Mankell avait quelques thèmes passionnants en tête et qu'il a essayé de les broder autour de cette introspection d'un homme qui voit sa vie chamboulée. Les passages sur les chaussures italiennes, Caravaggio, l'accueil des ados paumés, etc. sont certes très réussis et intéressants mais ne m'ont pas vraiment semblé former un tout cohérent. 

Dernier petit blocage enfin pour les personnages, complexes et bien construits mais assez déprimants et antipathiques. Frederick en particulier est typiquement le genre d'homme qui m'exaspère avec son petit côté Calimero et sa succession de mauvaises et lâches décisions. On est là dans un des thèmes du roman, mais je n'ai pas vraiment compris quel était le message final de l'auteur. Les autres personnages, tous porteurs d'une fêlure, d'une douleur différente, ne m'ont pas paru plus sympathiques ou attachants, faisant au final de ce roman une large galerie de personnages un peu plombante. 

Je crois que je vais arrêter là avant que cet hommage devienne un gros dommage. Cette déception n'enlève bien sûr en rien mon respect pour cet auteur, mais ayant à présent lu deux de ses ouvrages (celui-ci et Le cerveau de Kennedy) qui ne m'ont pas complètement convaincue, je me dis que je devrais retourner aux basiques et enfin tenter sa série des Wallander. 

Un roman introspectif un peu lent et mélancolique, qui n'a malheureusement pas résonné en moi. Malgré une belle écriture et quelques passages très inspirés, l'intrigue et les personnages ne m'ont tout simplement pas parlé.


A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

Un film était apparemment en projet, avec Judi Dench et Anthony Hopkins dans les rôles principaux, mais cela n'a pas l'air de s'être concrétisé pour le moment. A suivre... 

MANKELL Henning, Italian Shoes, ed. Vintage, 2010, 358p., traduit du suédois par Laurie Thompson
MANKELL Henning, Les chaussures italiennes, ed. Seuil, octobre 2009, 352p. 
MANKELL Henning, Italienska Skor, ed. Leopard Förlag, 2006

mercredi 4 novembre 2015

Top 3 zéro-livre d'octobre 2015: spécial grossesse

Comme certains le savent déjà, la famille Z devrait tout bientôt compter un nouveau petit lecteur (oui oui, il est prévu qu'il naisse avec un livre dans les mains). J'attaque en ce moment la toute dernière (longue) ligne droite et je me suis donc dit que c'était le moment parfait de vous présenter mon Top 3 des trucs qui m'ont bien sauvé la mise ces derniers mois. C'est parti:

1. Le site Bebetou: Si vous êtes comme moi et que jusqu'à il y a peu, la grossesse était un concept encore très très abstrait, le site Bebetou est fait pour vous. J'ai trouvé que c'était une mine d'informations claires mais décrites de manière sympathique. En particulier, la section "Votre grossesse semaine par semaine" m'a réellement aidée à appréhender tous les chamboulements des deux premiers trimestres. Ben oui, on est cartésienne ou on ne l'est pas et j'ai du coup eu besoin de savoir exactement ce qui se passait dans mon petit corps pour commencer à vraiment réaliser et vivre cette grossesse.



2. Les crackers Gran Pavesi: Adoptés suite aux conseils de ma collègue italienne durant un premier trimestre loin d'être drôle, les crackers Gran Pavesi m'ont presque nourri pendant trois mois alors que rien d'autres ne passait. Je ne suis pas sûre de pouvoir remanger un jour ces petits biscuits salés mais leur côté secs et un peu fades a fait mon bonheur pendant ces quelques mois. Rien à dire, la grossesse fait de nous des êtres étranges...



3. L'huile d'amande douce: Dès l'annonce de ma grossesse, j'étais bien décidée à gagner mon combat contre l'ennemie jurée de la femme enceinte, l'infâme vergeture. L'huile de massage vergetures de Weleda est bien sûr un classique mais si vous vous tartinez jusqu'à l'obsession comme moi, le budget final risque d'hypothéquer les perspectives futures d'envoyer Junior à l'université. Bref, j'ai finalement adopté de l'huile d'amande douce toute simple achetée en droguerie, sans packaging, sans marketing, sans odeur et pour le moment, je touche du bois, pas de vilaines vergetures à l'horizon. Est-ce que cela a vraiment aidé? Je n'en sais rien, mais dans le doute.... 
Et bon, pour voyager, le Mothers BALM de Neal's Yard Remedies à la cire d'abeille bio était pas mal aussi. Parce que même emballée dans 5 plastiques, votre bouteille d'huile en déplacement, c'est un peu chercher la petite bête. Avec ce baume, vous aurez toujours la sensation d'être une anguille bien huileuse quand vous vous mettez au lit (pour le plus grand bonheur de votre homme, car oui, quel homme n'a pas fantasmé sur la petite sirène? Rire jaune) mais au moins, le reste de vos affaires devraient être épargnées. 


Et vous, des conseils ou des trucs qui vous ont bien aidées durant la grossesse? 

A demain pour un billet en l'honneur d'Henning Mankell.

dimanche 1 novembre 2015

Le contrat Salinger d'Adam Langer


Rentrée littéraire 2015

Pour ceux qui aiment: Les films de Woody Allen ou La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Il y a quelques années, Adam Langer avait fait la connaissance de Conner Joyce lors d'une interview. A cette époque, tous deux avaient une carrière au beau fixe: Adam travaillait pour un magazine littéraire new-yorkais et enchainait les portraits des écrivains stars, alors que Conner était un des auteurs de polars les plus en vue du moment. 
Aujourd'hui, alors que les deux hommes se retrouvent dans une petite librairie de l'Indiana, tout a changé. La carrière d'Adam n'a jamais décollé suite à la publication de son premier roman et les dédicaces de Conner sont loin d'attirer les foules. Mais la vie de ces deux hommes va vite être bouleversée par une proposition étrange: un mystérieux collectionneur demande à Conner Joyce de lui écrire un livre dont il sera le seul lecteur et dont l'existence devra demeurer complètement secrète. 
En se confiant au fil des semaines à Adam, Conner va l'embarquer dans un tourbillon littéraire dont aucun ne sortira complètement indemne. 

J'avais été emballée par le roman précédant d'Adam Langer, Les Voleurs de Manhattan, que j'avais trouvé ingénieux et tout simplement jouissif. J'étais donc impatiente de retrouver l'auteur avec Le contrat Salinger. Et il faut le dire tout de suite, je n'ai pas été déçue car l'auteur reprend ici plus ou moins la même recette: du suspense, plein de références à la littérature, une critique acerbe mais qui reste relativement bonne enfant du milieu de l'édition américain et des personnages attachants et proches de vous et moi. 

Le thème des fausses vérités est lui aussi à nouveau très présent, avec ici une limite très confuse entre la fiction et la réalité, à commencer par la propre mise en scène de l'auteur. Le contrat Salinger trouble les frontières et présente une jolie réflexion sur comment un livre peut influencer ses lecteurs, aux dépends et parfois même au grand désespoir de l'auteur (pensez à L'Attrape-coeurs de Salinger justement). 

Bref, vous l'aurez compris, j'ai à nouveau passé un bon moment avec Adam Langer, bien que j'aie préféré l'intrigue plus crédible de Les Voleurs de Manhattan. En effet, la fin de ce Contrat Salinger part un peu dans tous les sens et les personnages sont parfois un peu trop caricaturaux à mon goût. Cependant, la crédibilité n'est probablement pas l'objectif premier de l'auteur avec ce roman qui reste avant tout un drôle d'hommage à la littérature et un joli pied de nez à ses acteurs. 

Un auteur original à ne pas rater. Tout amoureux des livres ne peut qu'être séduit par cette plongée dans les coulisses du milieu et par cette réflexion sur le pouvoir de la fiction sur la réalité. 


Journaliste sur le retour, Adam Langer s’ennuie loin de New York. Jusqu’à ce que sa route croise celle d’une vieille connaissance, Conner Joyce – auteur de thrillers à succès sur le retour –, venu à Bloomington, Indiana, pour assurer péniblement la promotion de son dernier roman. Bientôt, Conner révèle à Adam qu’il a reçu une offre des plus étonnantes : celle d’un certain Dexter Dunford (« Dex »), homme d’affaires richissime flanqué d’un inquiétant garde du corps, qui lui propose d’écrire un roman rien que pour lui, moyennant une rétribution considérable. Où est le piège ? (...).

Thriller psychologique d’une facture tout à fait unique, Le Contrat Salinger, qui brosse au passage un portrait au vitriol du paysage littéraire contemporain, est à la fois une formidable réflexion sur la façon dont la réalité et la fiction peuvent s’alimenter jusqu’à la dévoration, et une construction palpitante faite de rebondissements ingénieux et de révélations en cascade – un roman gigogne au goût de vertige qui tiendra son lecteur en haleine jusqu’à la toute dernière page.

Lu grâce à Netgalley. Merci aux éditions Super 8!

LANGER Adam, Le contrat de Salinger, ed. Super 8, août 2015, 311p., traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Emilie Didier
LANGER Adam, The Salinger Contract, ed. Open Road Media, septembre 2013, 280p. 

mardi 20 octobre 2015

We are all completely beside ourselves de Karen Joy Fowler


We are all completely beside ourselves est le récit des Cooke. Une famille américaine de prime abord plutôt classique: un père psychologue, une mère attentionnée, un grand frère protecteur et deux soeurs, Rosemary et Fern qui se chamaillent mais s'adorent. Sauf qu'une quinzaine d'années plus tard, quand Rosemary commence son récit, le cocon familial a littéralement explosé: son frère Lowell est recherché par le FBI et Fern a disparu, laissant le reste de la famille enfermé dans son mutisme. Que s'est-il donc passé?

Il serait dommage d'en dire plus sur ce roman qui réserve bien des surprises et qui m'a complètement bluffée. Franchement, je n'ai rien vu venir et j'ai parcouru les premiers chapitres de ce roman dans un flou total, ne comprenant pas vraiment où l'auteur essayait de m'emmener. Les billets élogieux de Cuné, Keisha et Cathulu me laissaient cependant entrevoir qu'il fallait que je persévère et c'est petit à petit que j'ai découvert un roman à l'ampleur bien plus grande et profonde que le simple récit de famille qu'il augure. 

We are all completely beside ourselves est un roman à la fois drôle, poignant, triste, subtil, malin, et réellement intéressant. On passe très vite de réflexions éthiques et psychologiques sur la culpabilité à un pétage de plomb hilarant avec une marionnette. 
La construction de l'intrigue est volontairement en forme de puzzle, faite de souvenirs parfois flous et mélangés. Ce choix réserve bien sûr un maximum de surprises au lecteur mais peut le perdre un peu aussi, surtout que Rosemary n'est pas une narratrice toujours facile à suivre. Ce sentiment de confusion, presque permanent à la lecture, explique peut-être pourquoi j'ai frôlé le coup de coeur de près, sans toutefois complètement l'atteindre (ben oui, I'm a control-freak). 

Frôlé de très près le coup de coeur hein, donc précipitez vous sur We are all completely beside ourselves. Apparemment Les Editions Presse de la Cité aurait acheté les droits de la traduction française (source ici). 
Une histoire familiale surprenante qui amène le lecteur bien au-delà des limites vers lesquelles il pensait plonger. Une réussite!

ET SURTOUT N'EN LISEZ PAS TROP SUR L'INTRIGUE!!!!

So meet the Cooke family. Our narrator is Rosemary Cooke. As a child, she never stopped talking; as a young woman, she has wrapped herself in silence: the silence of intentional forgetting, of protective cover. Something happened, something so awful she has buried it in the recesses of her mind. It changed Rosemary - and it destroyed her family. 
Now Rosemary's adored older brother is a fugitive, wanted by the FBI for domestic terrorism. An her once lively mother is a shell of her former self, her clever and imperious father now a distant, brooding man. 
And Fern, Rosemary's beloved sister, her accomplice in all their childhood mischief? Fern's is a far more terrible fate than the family, in their innocence, could ever have imagined. 

FOWLER Karen Joy, We are all completely beside ourselves, ed. Penguin, 2013, 308p

mercredi 14 octobre 2015

Billet bla bla: résultat du Man Booker Prize 2015 et blog-anniversaire

Le Booker Prize 2015 a été annoncé hier soir et il y a du sang neuf et de l'originalité... Le lauréat est en effet:

A Brief History of Seven Killings
de Marlon James

Pavé de 686 pages (un titre ironique donc), A Brief History of Seven Killings prend comme point de départ 1976 et la tentative d'assassinat de Bob Marley, simplement nommé "The Singer". A travers les voix d'une myriade de personnages (plus de 75), Marlon James tente de recréer l'ambiance violente mais incroyablement vivante du Kingston des années 70. Dans un tourbillon de politique, de corruption et de reggae, il emmène son lecteur de la Jamaïque aux États-Unis, gangrénés par ses guerres de gangs et autres cartels de drogue.

Crédit: Janie Airey, The Man Booker Prize

Marlon James, aujourd'hui établi aux États-Unis, devient ainsi le premier auteur jamaïcain à remporter le Booker. Le choix final en aura surpris plus d'un car A Brief History of Seven Killings partait loin du favori (mais controversé) A Little Life de Hanya Yanagihara. 

Pour ma part, je suis plutôt contente car il s'agit du titre qui me tentait le plus parmi une sélection un peu pâlichonne à mon goût. J'espère tenter l'aventure prochainement, même si les références à l'argot jamaïcain et à la violence, tout deux apparemment omniprésents dans le roman m'effraient un peu. A voir...  

 
Et vous, tentés? 



Et sinon, aujourd'hui, ce blog fête son âge de raison (hum hum, si seulement).

Sept années et il y a encore tellement de choses que j'aimerais partager avec vous, au point d'être souvent frustrée du manque de temps que j'ai à consacrer à ces pages et aux vôtres. J'ai au moins dix billets en retard, y compris trois-quatre lectures de la rentrée littéraire plutôt pas mal. 

Étant en pleine couvade, pour un heureux événement qui devrait survenir dans les prochaines semaines, je pensais avoir plein de temps pour ce blog. Sauf que j'ai eu la bonne idée d'être en plutôt bonne forme et qu'il n'y a donc pas de raison d'arrêter de travailler. Je cours donc (enfin courir est un grand mot, vu mon gabarit de cachalot) depuis plusieurs mois, entre boulot et préparatifs et je m'effondre lourdement (là par contre, c'est assez proche de l'effet visuel réel) en fin de journée, sans avoir le courage d'allumer mon ordinateur. 

Bref, tout ça pour dire que j'espère être plus présente bientôt et je croise les doigts pour que Mini-Z soit un futur petit lecteur calme et bon dormeur.  

En attendant, je vous remercie tous et toutes pour votre fidélité et nos échanges, qui année après année me donnent envie de continuer l'aventure.


Et pour honorer la tradition, voici le top 10 des billets les plus lus au cours des 12 derniers mois:
 
1. Enfant 44 de Tom Rob Smith (9) 
2. L'Aventurière des Sables, de Sarah Marquis (8) 
3. Maus d'Art Spiegelman (1) 
4. Le Petit Grumeau illustré de Nathalie Jomard (-)
5. Wolf Hall - Le Conseiller d'Hilary Mantel (-)
6. The Great Gatsby de F. Scott Fitzgerald (7) 
7. Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma (3)
8. La Promesse de l'aube de Romain Gary (4)
9. Peer Gynt d'Henrik Ibsen (2) 
10. Loving Frank de Nancy Horan (6)

La première parution 2014-2015 pointe à la 13ème place avec Terminus Allemagne d'Ursula Krechel.
 
Voilà, je vous dis à très vite!

vendredi 2 octobre 2015

Petit liste d'envies pour la rentrée littéraire 2015


Maintenant que le défrichage est en bonne voie parmi les presque 600 parutions de cette rentrée littéraire, je me suis préparée cette nouvelle petite liste d'envies, qui ne manquera pas d'influencer mes descentes en librairie ou en bibliothèque ces prochaines semaines. 

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, car loin d'être figée, cette liste risque d'encore beaucoup évoluer... 

Plus ou moins par ordre d'intérêt:


In utero de Julien Blanc-Gras (PALé)

- La quête de Wynne d'Aaron Gwyn (PALé)

- Le maître des apparences de Jane Gardam

- Djibouti de Pierre Deram

- Amelia de Kimberly McCreight

- Juste avant l'oubli d'Alice Zeniter

- Vernon Subutex de Virginie Despentes

- Intérieur nuit de Marisha Pessl

- Ce qui ne me tue pas (Millenium 4) de David Lagercrantz

- Le Livre des Baltimore de Joël Dicker

- Montecristo de Martin Suter

- Le printemps des barbares de Jonas Lüscher

- Tout ce qui est solide se dissout dans l'air de Darrah McKeon

- Today We Live d'Emmanuelle Pirotte

- Neverhome de Laird Hunt

- Tous nos noms de Dinaw Mengestu

- Deux messieurs sur la plage de Michael Köhlmeier

- Le censeur de Clélia Anfray

- Le Français de Julien Suaudeau (PALé)

Allez je vous laisse, j'ai une furieuse envie d'aller me balader en librairie après ce billet ^_^

mercredi 30 septembre 2015

La Fille du train de Paula Hawkins

Rachel prend tous les jours le train entre la banlieue où elle réside et le centre de Londres. A chaque trajet, le train marque un arrêt devant une maison dont elle connait à présent tous les contours. Par ses fenêtres, Rachel guette l'apparition du couple parfait qui y habite et qu'elle a surnommé Jess et Jason. Jour après jour, elle observe cette vie qui lui rappelle tant son propre bonheur passé et la vie heureuse qu'elle a perdue depuis son divorce.
Mais un matin, ce n'est pas Jason qu'elle voit enlacer la jeune femme blonde. Complètement chamboulée, Rachel décide d'en apprendre d'avantage, quitte à avertir Jason de la tromperie de sa partenaire, afin de lui éviter les désillusions qu'elle a elle-même vécues. Mais avant même qu'elle puisse agir, la une des quotidiens annonce la disparition de "Jess", dont le vrai nom est Megan Hipwell.

Énorme best-seller de ce printemps, on ne présente plus La Fille du train qui a débarqué dans nos librairies après un raz-de-marée chez nos amis anglophones. Et alors, succès justifié me demandez-vous?

A mon avis, oui. La Fille du train est un excellent page-turner, que j'ai lu avec plaisir et qui m'a tenue en haleine du début à la fin. J'ai aimé l'alternance des trois narratrices: trois femmes aux nombreuses fêlures mais avec lesquelles le lecteur sympathise facilement. J'ai particulièrement apprécié le personnage de Rachel, dont les problèmes d'alcool sont si désespérants qu'on ne peut qu'avoir envie de lui mettre des claques... mais qu'on finit par aimer et par avoir envie d'aider. 
Des personnages principaux comme vous et moi donc et un décor de banlieue plus que banal qui permettent au lecteur de plonger très rapidement au coeur de l'intrigue, comme si l'auteur décrivait votre propre voisinage.

Le rythme, calqué sur les aller-retours de Rachel en train (matin-soir) est suffisamment soutenu pour que l'on ne s'ennuie pas et la construction, sous forme de confession des trois narratrices est bien gérée, évitant répétitions et lourdeurs. L'intrigue tient la route, la résolution de l'affaire aussi, pour un tout crédible.

En résumé, un thriller tout simplement efficace et suffisamment original et sympathique pour mériter, à mon avis, les bons échos (si ce n'est les louanges) qui lui sont faites.

Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour: le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 le soir. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

HAWKINS Paula, La Fille du train, ed. Sonatine, mai 2015, 378p., traduit de l'anglais (Angleterre) par Corinne Daniellot
HAWKINS Paula, The Girl on the Train, ed. Doubleday, 2015

mercredi 16 septembre 2015

Shortlist du Man Booker Prize 2015

Hier, le président du jury, Michael Wood a annoncé les six romans de la Shortlist du Man Booker Prize 2015, à savoir: 

A Brief History of Seven Killings de Marlon James (Jamaique): Le 3 décembre 1976, quelques jours avant son concert mythique Smile Jamaica censé apaiser les tensions à l'approche d'élections, la maison de Bob Marley est attaquée par sept hommes armés. Basé sur des événements réels, le roman de Marlon James, premier jamaïcain à être shortlisté, revient sur une période troublée de la Jamaïque. 
Plus de 700 pages, mélangeant argot jamaïcain, politique, violence et magouilles pour le roman de cette sélection qui retient peut-être le plus mon attention.

Satin Island de Tom McCarthy (UK): Les interrogations de U., un consultant en anthropologie dans une boîte huppée de Londres, sur ce qui fait le monde d'aujourd'hui et sur ce qui lui donne du sens.  
Le précédent roman shortlisté de McCarthy, C, me laissait déjà dubitative. Je crois que cet auteur est tout simplement trop conceptuel pour moi. 

The Fishermen de Chigozie Obioma (Nigeria): Quatre frères rencontrent un jour un original qui leur annonce que l'un d'eux, un pêcheur, tuera un autre de ses frères. Une prophétie qui va profondément diviser la fratrie, déclenchant un cercle infernal dans le contexte tendu du Nigeria des années 90.  
Le côté prophétie me retenait un peu (je craignais le côté fable africaine qui ne me plait pas toujours) mais vu les avis plutôt positifs lus, je pourrais quand même y venir. 

The Year of the Runaways de Sunjeev Sahota (UK): Treize jeunes hommes vivent dans une maison de Sheffield. Tous ont fui l'Inde à la recherche d'une nouvelle vie en Angleterre mais il est parfois difficile de se séparer de son passé. 
Une histoire d'immigration très actuelle, décrivant les difficultés rencontrées par ces illégaux pleins d'espoir.

A Spool of Blue Thread d'Anne Tyler (USA): La famille Whitshank se réunit au complet pour prendre une décision difficile: comment s'occuper au mieux des parents, Abby et Red, qui vieillissent et que faire de la maison familiale. Une réunion qui ravive les peurs et tensions du passé, pour ce qui pourrait être le dernier roman de l'auteur. Déjà un bestseller!

A Little Life de Hanya Yanagihara (USA): Quatre amis du Massachusetts s'établissent à New York. Parmi eux, le beau Willem, qui espère devenir comédien; JB, l'aspirant artiste; Malcolm, l'architecte frustré; et l'énigmatique et brillant Jude, le pilier du groupe. Au fil des ans, c'est pourtant ce dernier, hanté par une enfance traumatisante, qui va remettre en question l'équilibre de leur amitié. Un pavé très noir de 750 pages qui semble diviser les foules.

Le choix vainqueur sera annoncé le 13 octobre. A Little Life de Hanya Yanagihara est toujours le favori parmi les bookmakers... 

Et vous, un pronostic?

mardi 1 septembre 2015

A Mercy (Un don) de Toni Morrison

Après quelques années de dur labeur, Jacob Vaark est devenu un homme prospère qui vit sur sa ferme, entouré de son épouse Rebekka et de trois femmes qu'il a recueillies au fil des ans pour lui servir de servantes. Il y a tout d'abord Lina, l'indienne, Sorrow, l'enfant recueillie d'un naufrage et enfin Florens, petite esclave noire offerte par un planteur en remboursement d'une dette. 
Grâce au récit de chacun de ces personnages, Toni Morrison nous dévoile, par petites touches, cette Amérique naissante du 17ème siècle.

Tout d'abord, il faut peut-être que j'avoue ne pas avoir commencé cette lecture avec un regard complètement neutre. Sans savoir exactement pourquoi, Toni Morrison (tout comme Joyce Carol Oates par exemple) font partie des grands auteurs vers lesquels je n'ai jamais été vraiment attirée, convaincue que leurs romans n'étaient pas faits pour moi. Mais le Blogoclub est justement là pour nous faire dépasser nos a priori et j'ai donc attaqué A Mercy, un peu à reculons bien sûr, mais sûrement. 

Résultat: sans avoir été transportée dans une autre dimension par le génie de Toni Morrison (sérieux, certaines critiques américaines n'y vont pas avec le dos de la cuillère), j'avoue que j'ai trouvé ma lecture de A Mercy... intéressante. J'ai beaucoup aimé découvrir les différents personnages de cette Amérique encore toute jeune du 17ème siècle, dominée par les évangélistes et autres communautés religieuses, les planteurs et leurs premiers cargos d'Africains, les indiens ayant survécu aux différents massacres et le reste de "vermine" envoyée par l'Europe pour se refaire une vertu de l'autre côté de l'Atlantique. Tous un peu esclave de quelque chose ou de quelqu'un d'autre, les parcours de vie de chacun des personnages constituent, au fil des pages, le tableau intéressant et complexe de ce pays en devenir. 

Si j'ai donc aimé les chapitres consacrés aux personnages secondaires, le récit de Florens m'a lui plutôt ennuyée. J'ai trouvé ces passages, narrés à la première personne, presque incompréhensibles et beaucoup trop lyriques. Florens est ainsi le personnage qui m'a paru le plus antipathique et éloigné malgré la connivence qu'a essayé d'instaurer l'auteur dans son récit. L'intrigue en elle-même ne m'a pas non plus passionnée et sa structure complètement éclatée a fait que je n'étais pas forcément pressée de retrouver, chaque soir, l'univers de Toni Morrison. 

Au final, il s'agit donc d'une lecture en demi-teinte: tout y est ou presque, que ce soit les personnages, le contexte ou le lieu, mais j'ai eu comme l'impression que ce roman n'avait jamais vraiment décollé. A Mercy a ainsi un peu confirmé ce que je pensais de l'auteur, mais m'a quand même suffisamment intéressée pour retenter l'expérience, probablement avec Beloved

On the day that Jacob agrees to accept a slave in lieu of payment of a debt from a plantation owner, little Florens' life changes. With her intelligence and passion for wearing the cast-off shoes of her mistress, Florens has never blended into the background and now at the age of eight she is taken from her family to begin a new life. She ends up part of Jacob's household, along with his wife Rebekka, Lina their Native American servant and the enigmatic Sorrow, who was rescued from a shipwreck.

Together these women face the trials of their harsh environment as Jacob attempts to carve out a place for himself in the brutal landscape of the north of America in the seventeenth century.

Lecture faite dans le cadre du Blogoclub. Retrouvez tous les autres billets ici.

MORRISON Toni, A Mercy, ed. Vintage, 2009, 165p. 
MORRISON Toni, Un don, ed. 10x18, 2010, 192p. 

lundi 17 août 2015

Haut Val des Loups de Jérôme Meizoz

Dans un village de montagne, un jeune militant écologiste est sauvagement passé à tabac. Plus de vingt ans plus tard, les coupables n'ont toujours pas été arrêtés. Hier, comme aujourd'hui, les langues ne se délient pas facilement dans le Haut Val et les idées de la victime en dérangeaient plus d'un. 
Pour lutter contre l'omerta et l'oubli, le narrateur revient sur ses souvenirs de jeunesse, à l'époque où un groupe d'étudiants naïfs et idéalistes, dont lui et le jeune écologiste faisaient partie, discutaient des heures durant de leur monde idéal. Au fil des courts chapitres, l'auteur peint ainsi le portrait du Haut Val, une région à la face sombre mais au décor merveilleux.   

Il faut le dire tout de suite: malgré le sous-titre du livre de Jérôme Meizoz, mentionnant ironiquement "vrai roman",  impossible pour moi de lire Haut Val des Loups comme une simple fiction. Car le Haut Val, malgré son pseudonyme, est clairement identifié comme ma région d'origine et le point de départ du livre est un événement qui y a fait grand bruit en 1991.

J'ai donc lu Haut Val des Loups presque comme une chronique des vingt dernières années de ma région. Malgré l'absence de noms, on reconnait facilement les personnages qui l'ont marquée, du poète des cimes blanches, au promoteurs-patron de football, jusqu'à un ministre empailleur de loups; les affaires qui l'ont secouée, des votations sur les résidences secondaires, au retour du loup et à l'attaque toujours inexpliquée d'un petit garçon.

Haut Val des Loups est une lecture qui m'a, sous certains aspects, fait mal. Comme Meizoz, j'ai quitté le Haut Val pour la ville et quand je reviens dans les lieux de mon enfance, je me sens parfois décalée. L'accent de "chez nous" me fait sourire, les magouilles et copinages politiques m'exaspèrent, le côté "nous contre les autres" m'énerve parfois, l'attitude du canton face à sa nature me déprime souvent. Et pourtant, je reste fière de ma région, de ce caractère si particulier qui fait l'identité de ses habitants, de la beauté des paysages, de ses vins, de ses traditions qu'elle a réussi à maintenir. Je monte aux barricades pour la défendre dès qu'un "étranger" s'en prend à elle et pourtant, je m'énerve de tenter d'expliquer ces histoires stupides qui ternissent son image et confirment tous les stéréotypes (pour les français, imaginez la Corse et vous n'êtes pas si loin du compte).

Une longue digression pour vous expliquer mon attitude face à ce livre. J'ai été parfois énervée que Meizoz montre le "Haut Val" sous ce jour peu flatteur. Et puis, je pense comprendre que l'auteur a probablement une attitude aussi ambivalente que la mienne pour notre région: un amour passionné que ces affaires sordides entachent et qu'il a donc décidé de dénoncer.

Je serais incapable de dire si c'est un bon roman. Je m'attendais à une histoire plus suivie, à une tentative d'explication des événements de 1991, à une intrigue, basée sur des faits réels, mais à une fiction quand même, plutôt qu'à cette succession d'images et de moments de la vie de l'auteur, qui diverge au final très vite du fait divers initial pour présenter une étude presque ethnologique du Haut Val. La structure complètement éclatée m'a également étonnée et je me demande si un lecteur externe peut s'y retrouver. Y trouvera-t-il même de l'intérêt?

Je retiens toutefois le portrait assez fin d'une région et de très beaux passages sur la nature ou l'identité du Haut Val. Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de partager cet extrait ici:

"Le Haut Val (obturé à l'est par un glacier et à l'ouest par un lac) et ses allures de corridor sans issue; les autochtones y vivaient depuis des siècles comprimés entre deux chaînes de montagnes, bon an mal an, ignorant les ciels immenses d'Asie ou d'Afrique, mais avec le soutien de la religion, dominés tantôt par ceux du Haut et leur langue rugueuse, tantôt par ceux du Bas dont les armées avaient toujours remonté le Val; ceux qui étaient demeurés chez eux s'étaient bâti un fier récit (ils disaient une identité), à partir de cette situation plutôt inconfortable sur une terre aux hivers interminables, envahie de marais ou de glaces, faisant nécessité vertu jusqu'à proclamer bénie de Dieu cette cuvette ou ce couloir que les poètes officiels aimaient comparer généreusement à un berceau; ayant en eux, dès lors, avec l'orgueil des survivants, la colère ombrageuse contre qui se mêlerait de leurs affaires, leur rappellerait l'ingratitude du lieu, le peu de promesses qu'il tenait, l’exiguïté des terres et, parant, leur malchance, le retrait où il étaient tenus par une géologie impitoyable; eux, ayant lutée des siècles contre ces terre amères, impavides et revêches, auxquelles ils avaient bien dû, pour ne pas désespérer, prêter des beautés secondes; œuvrant pour rendre cette nature peu à peu habitable à coups de pioches et de fusils, la tenant en respect comme une sourde menace, un ennemi séculaire; eux qui pensaient que les "bestioles" devaient être exterminées ou réduites par dressage, les forêts essartées devant le bétail, les cours d'eau captés vers les villages; eux qui contre ces forces muettes avaient soutenu l'assaut, obstinés et taiseux; eux qui de cet interminable différend avec le monde, avaient gardé au fil des générations une sévérité rieuse, un goût du sacrifice et de la force, un fatalisme puissant dénué de pitié.

Alors qu'on vienne un jour leur parler de biotopes, de batraciens menacés et de restrictions de chasse, qu'on prétende protéger une forêt, contester une route et tout de suite on passerait pour un causeur des villes, un étranger qui ne connaît rien au lieu et à ses lois, un ennemi des ancêtres ayant maintenu envers et contre tous ces villages de bois, ces prés dégagés, ces routes de forêt; on passerait pour un traître désireux de revenir en arrière, ennemi d'une prospérité tardive et méritée, débarqué du train pour convaincre les natifs du charme des sous-bois" p. 54-55

Un faux roman, pas totalement documentaire, pas totalement essai. Une dénonciation, qui, sans chercher à obtenir justice ou à désigner des coupables, tente plutôt de décrire un contexte où règne encore trop souvent la loi du silence. Ayant réellement vécu, en spectatrice bien sûr, les divers évènements évoqués, je l'ai lu avec intérêt, mais je me demande si Haut Val des Loups peut vraiment être lu et apprécié comme de la fiction? Je n'en suis pas certaine mais je suis curieuse de tout autre avis. 

A lire les quelques avis sur Babelio, c'est plutôt l'incompréhension qui règne.

Un village de montagne, la nuit. Un étudiant sauvagement battu par trois inconnus. Le Jeune Homme se consacrait à la défense de l’environnement. Un groupe de militants candides soutient la cause qui lui a presque valu la mort. Dans les cafés, chacun y va de son avis. La rumeur galope. Les preuves manquent, l’enquête s’enlise et la justice finit par déclarer forfait. La police a-t-elle examiné toutes les pistes de l’affaire ? Qui n’a pas intérêt à ce que la vérité éclate au grand jour ? Épais comme un roman, le dossier reste secret. Mais parfois le silence ne suffit plus : ici commence la littérature.
Haut Val des loups reconstitue les années ardentes et cocasses de jeunes gens aux prises avec une société close, décidés à sauver la nature et changer le monde…

MEIZOZ Jérôme, Haut Val des Loups, ed. Zoé, février 2015, 128p.

mardi 4 août 2015

July's People (Ceux de July) de Nadine Gordimer

Pour ceux qui aiment: Absolution de Patrick Flanery

Après des années de tensions, l'heure de la révolte a sonné: la population noire d'Afrique du sud s'est soulevée contre le régime de l'Apartheid et les violences ont éclaté dans toutes les villes du pays. La famille Smales, des blancs pourtant plutôt libéraux, a dû fuir sa maison en catastrophe, sans rien, sans plan, sans sortie de secours. Jusqu'à ce que leur fidèle boy, July, leur propose de se réfugier dans son village natal.

Autant le dire tout de suite, cette lecture a été une vraie claque pour moi et pourtant, je peine à trouver mes mots pour vous en parler. Car les événements qui se déroulent au fil de ce court roman de 160 pages peuvent au final tenir sur une ligne: Les Smales apprennent à vivre dans un village de brousse. Ce n'est cependant pas l'intrigue qui fait de July's People un livre coup de poing, mais plutôt toute les réflexions qu'il soulève sur les jeux de pouvoirs, la relation blancs-noirs et l'attitude paternaliste que l'on peut parfois adopter en étant pourtant de bonne foi.

Ce fut aussi une claque pour les raisons suivantes: 

Primo: Il est bon de rappeler que July's People a été écrit en 1981, quand bien sûr le régime de l'Apartheid "péclotait" un peu, mais on était encore loin de l'effondrement décrit dans le roman. Comment un auteur sud-africain, vivant à l'époque dans le pays, a eu le courage d'écrire une telle histoire? J'avoue que j'en reste sans voix.

Deuxio: Grâce probablement à la sagesse de Mandela, on a évité le scénario catastrophe imaginé par Gordimer. Mais tout de même, les tensions entre population noire et blanche décrites par l'auteur dans un monde libéré des règles de l'Apartheid sont aujourd'hui malheureusement en partie réalisées et criantes d'actualité.

Terzio: Ces tensions, qui justement sont au centre du roman. Gordimer parvient, en quelques dialogues, en quelques scénettes du quotidien des Smales, à nous faire comprendre toutes les frustrations, toutes les incompréhensions entre July et son ancienne "maîtresse" Maureen. L'évolution et la redéfinition de leur relation est tout simplement passionnante. July prend de l'assurance dans un nouveau rôle de pourvoyeur tandis que Maureen, confrontée aux reproches et à l'humiliation passée de July, remet en question son image de patronne juste et charitable. Ajoutez à cela la relation de couple entre Maureen et Bam, elle aussi complètement chamboulée par cette nouvelle vie, celle tendue entre les Smales et le reste du village, et enfin les conséquences du retour imprévu de July parmi les siens, lui qui ne passaient que quelques semaines par année au village, vous obtenez un cours accéléré de psychologie humaine dans un contexte explosif.

Si j'ai trouvé ma lecture parfois ardue, en raison d'une vo assez complexe et de situations plus souvent suggérées que décrites (j'ai pensé à ma lecture de The Great Gatsby), je pense que July's People va m'accompagner encore plusieurs mois.

Sans avoir besoin d'une intrigue trépidante, July's people est une lecture fine et subtile sur l'Afrique du sud et sur les jeux de domination en général. Bluffant!

For years, it had been what is called a "deteriorating situation". Now all over South African the cities are battlegrounds. The members of the Smales family - liberal whites - are rescued from the terror by their servant, July, who leads them to refuge in his native village. What happens to the Smaleses and to July - the shifts in character and relationships - gives us an unforgettable look into the terrifying, tacit understandings and misunderstandings between blacks and whites.
 
J'ai bien envie à présent de lire les écrits plus récents de Mme Gordimer comme None to Accompany Me (Personne pour m'accompagner) ou Get a life (Bouge-toi!) pour voir ce qu'elle a pensé de l'après-apartheid et de l'avenir de ce pays qui me tient tant à coeur.

Lecture commune avec A girl from earth, décidée suite au décès de l'auteur le 14 juillet 2014. Curieuse de savoir ce qu'elle en a pensé...

GORDIMER Nadine, July's People, ed. Penguin, 1981, 160p.
GORDIMER Nadine, Ceux de July, ed. Livre de Poche, 1985, 187p.

Et pourquoi, ô pourquoi ce livre semble-t-il si difficile à trouver en français? Etrange pour l'un des livres les plus connus d'un auteur ayant reçu le prix Nobel en 1991. 

jeudi 30 juillet 2015

Longlist du Booker Prize 2015

Et oui, il est déjà l'heure de l'annonce de la Longlist du Booker Prize 2015. Le temps passe décidément très vite... Voici donc les 13 romans retenus par le jury, présidé cette année par le professeur émérite de Princeton University, Michael Wood:


Did You Ever Have a Family de Bill Clegg (USA): Alors qu'elle devait célébrer ce jour-là le mariage de sa fille, June Reid assiste à l'incendie de sa maison et se réfugie dans une chambre de motel. Qu'a-t-elle fait de faux avec son unique fille Lolly? Did You Ever Have a Family est un roman polyphonique sur le thème de la famille, où chaque voix du roman apporte un élément supplémentaire, faisant au final éclater au grand jour les événements qui ont mené à cette tragique journée. 

The Green Road d'Anne Enright (Irlande): Roman irlandais sur une famille qui s'est dispersée à travers le monde mais qui se retrouve en Irlande pour un dernier Noël avant la vente de la maison familiale, pilier de leur enfance et de leurs racines. 

A Brief History of Seven Killings de Marlon James (Jamaique): Le 3 décembre 1976, quelques jours avant son concert mythique Smile Jamaica censé apaiser les tensions à l'approche d'élections, la maison de Bob Marley est attaquée par sept hommes armés. Basé sur des événements réels, le roman de Marlon James revient sur une période troublée de la Jamaïque.

The Moor's Account de Laila Lalami (USA): Emmené comme esclave sur l'expédition ratée visant à coloniser la Floride au 16ème siècle, Estebanico raconte le voyage des survivants à travers le Nouveau Monde, tout en rêvant d'un jour retrouver son Maroc natal.

Satin Island de Tom McCarthy (UK): Les interrogations de U., un consultant en anthropologie dans une boîte huppée de Londres, sur ce qui fait le monde d'aujourd'hui et sur ce qui lui donne du sens.  

The Fishermen de Chigozie Obioma (Nigeria): Quatre frères rencontrent un jour un original qui leur annonce que l'un d'eux, un pêcheur, tuera un autre de ses frères. Une prophétie qui va profondément diviser la fratrie, déclenchant un cercle infernal dans le contexte tendu du Nigeria des années 90.  

The Illuminations d'Andrew O'Hagan (UK): Plus personne ne s'en souvient, mais dans sa jeunesse, Anne Quik a été une pionnière de la photographie documentaire. Son petit-fils Luke, un capitaine de l'armée britannique de retour brisé de mission en Afghanistan, va peu à peu découvrir, au cours d'un week-end à Blackpool,  le passé d'Anne et les secrets sur la laquelle sa famille s'est construite .  

Lila de Marilynne Robinson (USA): Négligée dans son enfance, Lila est sauvée par Doll avec laquelle elle s'enfuit pour une vie de bohème, faite de galères et de débrouilles. Arrivée à Gilead, Lila se marie avec le tranquille John Ames. Mais Lila peine à s'habituer à cette nouvelle vie confortable et à oublier le passé.   

Sleeping on Jupiter d'Anuradha Roy (India): Dans la ville de Jarmuli, la jeune Nomi est placée dans un ashram géré par un guru charismatique. Mais sous ses airs charmants, ce dernier va vite révéler un visage beaucoup plus sombre. Vingt ans plus tard, Nomi revient à Jarmuli pour filmer un documentaire et tenter de panser les blessures de son passé.

The Year of the Runaways de Sunjeev Sahota (UK): Treize jeunes hommes vivent dans une maison de Sheffield. Tous ont fui l'Inde à la recherche d'une nouvelle vie en Angleterre mais il est parfois difficile de se séparer de son passé. 

The Chimes de Anna Smaill (Nouvelle-Zélande): Dans un monde où la musique a remplacé tous les documents écrits et où la mémoire est gérée par l'Ordre et son Carillon, un instrument géant qui rend la population amnésique, Simon, un jeune orphelin découvre un jour que ses souvenirs reviennent petit à petit et que tout pourrait à présent changer.   

A Spool of Blue Thread d'Anne Tyler (USA): La famille Whitshank se réunit au complet pour prendre une décision difficile: comment s'occuper au mieux des parents, Abby et Red, qui vieillissent et que faire de la maison familiale. Une réunion qui ravive les peurs et tensions du passé.  

A Little Life de Hanya Yanagihara (USA): Quatre amis du Massachusetts s'établissent à New York. Parmi eux, le beau Willem, qui espère devenir comédien; JB, l'aspirant artiste; Malcolm, l'architecte frustré; et l'énigmatique et brillant Jude, le pilier du groupe. Au fil des ans, c'est pourtant ce dernier, hanté par une enfance traumatisante, qui va remettre en question l'équilibre de leur amitié.




J Howard Jacobson (Jonathan Cape) 
Us, David Nicholls (Hodder & Stoughton)
The Dog, Joseph O'Neill (Fourth Estate)
Orfeo, Richard Powers (Atlantic Books)
How to be Both, Ali Smith (Hamish Hamilton)
- See more at: http://www.themanbookerprize.com/news/longlist-2014-announced#sthash.1pydQITJ.dpuf



Une sélection qui me semble être placée sous le signe de la famille et de l'héritage du passé, deux thèmes qui sont un peu "ça passe ou ça casse" chez moi. Du coup, cette longlist me parait moins attirante que celle de l'année dernière; ma PAL va être contente ^_^ 
A priori, je pourrais quand même me laisser tenter par The Moor's Account, un roman historique par une auteure d'origine marocaine. Et j'avoue être assez intriguée par le récit reggae-violent de Marlon James. 

Et vous, des envies?

La shortlist sera annoncée le 15 septembre, avant le choix final prévu pour le 13 octobre. Le favori des bookies est pour le moment A Little Life de Hanya Yanagihara, talonné par Marilynne Robinson et Andrew O'Hagan.