mercredi 9 décembre 2009

Ce n'est qu'un au revoir...



Et voilà, comme certains d'entre vous le savent déjà, il est temps pour moi de vous abandonner jusqu'en janvier.

Je pars cependant bien équipée, avec 7 livres reçus pour le Grand Prix des Lectrices de ELLE, à savoir,

1. Lark et Termite de Jayne Ann Phillips
2. Le Choeur des Femmes de Martin Winckler
3. Assez Parlé d'amour d'Hervé Le Tellier
4. Diane Arbus de Violaine Binet
5. Lila, être esclave en France et en Mourir de Dominique Torres et Jean-Marie Pontaut
6. Un pied au paradis de Ron Rash
7. Le Guérisseur de Inger Ash Wolfe

Je ne sais pas encore comment je vais caser tout ça dans mon petit sac à dos et surtout dans les limites de 20kg de bagages mais, au moins, mes livres seront bien protégés grâce au SLAT reçu de Celsmoon, que je remercie du fond du coeur. Merci beaucoup, les couleurs sont juste parfaites!!!


Merci à tous pour cette année riche en échanges et je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année.

Rendez-vous en 2010!!!

Gomorra de Roberto Saviano


Plus besoin de présenter ce livre, vous en avez sûrement déjà entendu parler. Gomorra, c'est un énorme best-seller en Italie et dans le reste du monde, une adaptation au cinéma par Matteo Garrone qui a reçu le Grand Prix du Jury à Cannes en 2008 et un énorme raz-de-marée dans les milieux des affaires et de la politique, visés par les révélations de Roberto Saviano.

J'ai plongé avec un grand intérêt dans les coulisses de la Camorra, ce système mafieux basé dans la région de Naples, souvent moins connu que la Cosa Nostra de Sicile, bien que tout aussi puissant et violent. Gomorra est un livre difficile à classer car il mêle à la fois des éléments biographiques de l'auteur, une enquête approfondie sur les mécanismes de la Camorra, des résumés d'enquête et des anecdotes plutôt sympathiques. On ne peut donc parler d'un simple documentaire. Certains passages sont tout simplement passionnants, en particulier la description des ateliers de haute couture de Campanie, l'explication de l'affaire des déchets de Naples ou encore la comparaison entre réalité et fiction hollywoodienne.

J'ai beaucoup appris sur la mainmise de la Camorra sur tous les aspects de la vie de cette région du Sud de l'Italie, sur la mentalité des habitants de cette région et sur la raison de leur omerta. Roberto Saviano décrit également très bien toutes les ramifications et l'emprise des réseaux mafieux sur l'économie en Italie et à l'étranger, sur la politique et sur le trafic d'armes et de drogue. J'ai cependant parfois eu du mal à suivre. Roberto Saviano donne en effet de nombreux détails, tels que les noms et surnoms de tous les mafieux et les adresses des magasins et restaurants leur appartenant. Cette avalanche de détails, nécessaire à l'objectif de dénonciation de l'auteur, peut parfois rendre la lecture assez ardue. Gomorra est définitivement un livre à cogiter et non pas une simple lecture plaisir.

Gomorra reste un livre indispensable car il décortique des mécanismes trop souvent passés sous silence. Je salue d'ailleurs le courage de Roberto Saviano, qui a osé dénoncer cette situation, quitte à risquer sa vie.

Naples et la Campanie sont dominées par la criminalité organisée - la camorra - sur fond de guerre entre clans rivaux et de trafics en tout genre : contrefaçon, armes, drogues et déchets toxiques. C'est ainsi que le Système, comme le désignent ses affiliés, accroît ses profits, conforte sa toute-puissance et se pose en avant-garde criminelle de l'économie mondialisée. Roberto Saviano, au péril de sa vie, a choisi l'écriture pour mener son combat contre la camorra. Il met au jour les structures économiques et territoriales de cette mafia surpuissante. L'œuvre de Saviano s'est vendue à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde et a été traduite dans plus de quarante pays. Porté à l'écran par Matteo Garrone, Gomorra a été récompensé par le Grand Prix du Festival de Cannes en 2008.

Écrivain et journaliste italien, Roberto Saviano est né à Naples en 1979. Après des études de philosophie, il s'intéresse à la question du crime organisé et réalise de nombreux reportages sur le sujet pour l'hebdomadaire L'Espresso. Paru en Italie en 2006, son premier livre, Gomorra, consacré à la camorra, l'organisation mafieuse napolitaine, s'est vendu à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde ; il a été traduit dans plus de quarante pays.

SAVIANO Roberto, Gomorra, Dans l'empire de la camorra, ed. Gallimard, coll. Folio, septembre 2009, 459 p.
SAVIANO Roberto, Gomorra, ed. Arnoldo Mondadori, 2006

Je remercie Guillaume de Babelio et les éditions Gallimard qui m'ont permis de lire ce livre.

jeudi 3 décembre 2009

Tag Kreativ Blogger et Tag de l'amitié


Mango et A Girl from Earth m'ont tagguée sur ces deux tags assez similaires et j'ai donc décidé d'y répondre d'un coup.

Le but est de décrire sept activités que l'on aime faire en ce moment.



1. DORMIR!!!
Je suis hyper fatiguée en ce moment. Je n'arrive pas à dépasser la page 100 de mon livre car je m'endors tous les soirs après 5 minutes. Pourtant le livre, Gomorra, est très bien mais j'ai vraiment vraiment vraiment besoin de vacances.

2. Ecouter le CD des Ting Tings pour me mettre la pêche.

3. Promener mon chien baveux (mais qui ne pue pas, je précise pour Enna). L'air frais et la nature, c'est un besoin vital pour moi.

4. Explorer mon nouvel ordinateur, un joli netbook Vaio et sa version Windows 7. Je n'ai pas encore tout capté...

5. Regarder la série Planet Earth avec les commentaires de David Attenborough. Des images superbes qui ne peuvent que convaincre les sceptiques de la protection de l'environnement.

6. Monter à cheval: Ma grande passion depuis déjà 15 ans, mon moyen de relaxation le plus efficace.

7. M'occuper de mon blog, lire les vôtres, planifier tous mes prochains achats de livres pour le mois de mai, dès que le Prix ELLE sera terminé. Je vous assure que la liste est déjà très très longue.

Voilà, je ne tague personne car je sais qu'en ce mois de décembre, tout le monde a beaucoup à faire. Mais ce n'est que partie remise à janvier ;-)

lundi 30 novembre 2009

Le Touriste de Olen Steinhauer


Pour ceux qui aiment: La Mémoire dans la peau de Robert Ludlum

Milo Weaver est un agent de la CIA, autrefois chargé des missions les plus inavouables en tant que "touriste", les agents secrets de l'Agence américaine. Depuis quelques années, il a cependant retrouvé une vie plus conventionnelle, avec un emploi de bureau, une femme et une fille. Mais les événements vont se précipiter quand il est chargé d'enquêter sur sa vielle amie Angela, qui est soupçonnée de trahison. Milo est alors pris dans une spirale infernale, et se voit forcé de retrouver ses habitudes de "touriste" pour déjouer une importante machination.

Le Touriste est un livre d'espionnage qui se veut crédible et proche de la réalité du terrain, raison pour laquelle ce livre ne contient que peu d'événements exceptionnels, de rebondissements ou d'action, mais plutôt de longues réflexions et recherches qui dévoilent peu à peu le fin mot de l'histoire. Passé les premiers chapitres qui peinent un peu à démarrer, j'ai trouvé l'intrigue plaisante mais j'aurais apprécié que les éléments soient plus fouillés, par exemple les éléments soudanais de l'intrigue. J'ai par contre bien aimé retrouver des lieux connus de Genève, même si on parle du Lac Léman et pas du Lac de Genève (attention à la vengeance des Vaudois et des Valaisans) ;-)

J'ai cependant une grosse réserve sur la traduction de ce texte. Après réflexion sur le nom du traducteur, M. William Olivier Desmond, (une double nationalité?) je pense que ce dernier doit être plus à l'aise en anglais, car certains passages ne sonnent pas totalement correct en français. Par exemple: "Il voyait l'ensemble de la petite salle dans le reflet de la vitre: le comptoir tout en longueur avec sa caisse enregistreuse, tenue par une fille à casquette jaune, l'air de s'ennuyer à périr." p.159
"Ces ablutions limitées une fois terminées, il fut capable de voir un Einner qui n'était plus flouté en retournant dans la chambre." p.172
Je ne sais pas vous, mais je n'aurais pas choisi ces expressions ou cet ordre des mots. Ok, je suis une pinailleuse mais j'ai eu l'impression d'un manque de "fluidité" dans le style.

Un roman d'espionnage sympa mais pas sans défaut et une fin un peu frustrante car ouverte pour les deux prochains livres de cette trilogie, centrée sur le personnage de Milo Weaver.

Milo Weaver a longtemps été un "Touriste", un agent secret sans foyer et sans identité. II occupe désormais un poste de cadre au siège de la CIA et vit avec sa femme et sa petite fille dans une jolie maison de Brooklyn. Son ancienne vie, encombrée de secrets et de mensonges, est définitivement derrière lui, du moins l'espère-t-il. Mais le tueur à gages qu'il poursuivait depuis des années lui révèle des machinations insoupçonnées au sein de l'agence. Rattrapé par son passé, il n'a d'autre choix que de retourner sur le terrain. Et le terrain ne connaît pas de frontières. De Paris à Francfort, de Genève à Austin, Milo est pris à nouveau dans le Tourist-land.

Olen Steinhauer, deux fois nominé au prestigieux EdgarAward, a grandi en Virginie et vit aujourd'hui à Budapest. Sa série située derrière le rideau de fer est publiée en France aux éditions Liana Levi. Avec Le Touriste, roman d'espionnage admirablement structuré, Olen Steinhauer rejoint les maîtres du genre. Le nouveau John Le Carré? C'est en tout cas ce qu'on murmure à Hollywood...

Une adaptation au cinéma est en préparation, avec Georges Clooney dans le rôle principal. A suivre...

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE / catégorie policier

Un autre avis chez Armande.

STEINHAUER Olen, Le Touriste, ed. Liana Levi, 2009, 522p.
STEINHAUER Olen, The Tourist, ed. Harper Collins, 2009

mercredi 25 novembre 2009

Happy Sex de Zep


Pour ceux qui aiment: La série Sex and the City

Attention! Si vos têtes blondes sont fans de Titeuf, ne laissez pas traîner cette BD sur la table du salon. En effet, si la découverte de la sexualité est au centre des aventures de Titeuf, avec Happy Sex on est vraiment un... enfin deux ou trois crans au dessus, ce qui justifie amplement l'appellation "BD pour adultes".

Dans Happy Sex, les planches sont chaudes, les dessins ne cachent rien, les tabous explosent, mais Zep ne tombe jamais dans le vulgaire. Cette BD m'a donné l'impression de confidences entre copins(es), d'où la comparaison avec la série Sex and the City, qui arrive toujours à parler de sexe de manière rigolote.

Une BD qui vous fera assurément sourire et vous rappellera certainement quelques souvenirs ;-)

D'autres avis chez Fabula Bovarya et Leiloona.

ZEP, Happy Sex, ed. Delcourt, octobre 2009, 61p.

vendredi 20 novembre 2009

L'année brouillard de Michelle Richmond


Pour ceux: qui ont suivi l'affaire Maddy McCann avec passion

Abby se promène sur Ocean Beach, une plage de San Francisco, avec la fille de son fiancé, Emma. Son attention se détourne quelques instants, et c'est le drame: Emma disparaît. Michelle Richmond nous emmène sur les traces d'Abby et de sa quête désespérée pour retrouver Emma. Alors que les mois défilent et que les espoirs s'amenuisent, Abby s'acharne sur ses souvenirs pour essayer de trouver l'indice qui la mènera à la petite fille et lui permettra peut-être de retrouver le bonheur perdu sur cette plage.

Ce livre est l'incarnation des cauchemars de tout parent: la disparition d'un enfant. N'ayant pas encore goûté aux joies (hum hum) de la maternité, je pensais que j'allais être moins touchée par ce livre. Etonnement, j'ai trouvé la première partie du livre absolument oppressante, stressante et obsédante. Je me suis complètement mise à la place d'Abby qui perd l'enfant d'un autre et j'ai imaginé l'horreur de la culpabilité.
Au fil des mois, une sorte de routine s'installe et on suit Abby dans ses questionnements perpétuels. Le rythme du livre et l'intensité ralentit alors grandement et on entre dans le "creux de la vague". Plusieurs billets parlent d'ennui à ce moment du livre, mais pour ma part, ces passages ne m'ont pas gênée. J'ai beaucoup aimé les réflexions sur le fonctionnement de la mémoire, sur la jeunesse d'Abby, sur San Francisco et sur la photographie. Jusque là donc, tout allait bien pour moi.
C'est en fait la dernière partie qui m'a déçue et la fin que j'ai trouvée très peu réaliste. Dommage, car ce roman m'avait vraiment tenue en haleine jusque là. Je reconnais cependant la difficulté de conclure de manière adéquate un livre sur ce sujet... mais j'ai l'impression que l'auteure a choisi la facilité.
Un bon livre tout de même, roman plus psychologique que policier haletant, qui amène le lecteur à un stade d'identification avec Abby assez angoissant. Malheureusement, une conclusion qui, selon moi, n'est pas à la hauteur.

En juillet, sur un plage de San Francisco nappée d'un épais brouillard, une petite fille de six ans, Emma, et la fiancée de son père, Abby, marchent en cherchant des coquillages. Abby, photographe professionnelle, détourne un instant son regard d'Emma pour fixer de son objectif un phoque éventré. Quand elle relève la tête, la petite fille a disparu. Le pire vient de se produire. L'angoisse et la panique s'installent ; où est Emma ? Emportée par les vagues rugissantes du Pacifique ? Ou par cette camionnette blanche entrevue sur le parking voisin ? Ou encore par le flot ininterrompu de voitures sur cette route de Californie ?... L'enquête piétine. La police est sur le point de classer l'affaire. Jake, le papa, se décourage tout en s'éloignant de sa fiancée qu'il en silence. Abby prend alors les choses en main. Armée des larmes du désespoir Et de l'énergie née de sa culpabilité, fouillant tous les recoins de sa mémoire à la recherche d'un détail crucial, elle nous emmène à des kilomètres de là vers une découverte stupéfiante... Roman psychologique à suspense, admirablement porté par une écriture visuelle et minutieuse, L'Année brouillard rivalise de talent et de lucidité dans l'exploration impitoyable de la disparition d'une enfant.

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE / catégorie roman

D'autres avis répertoriés sur Blog-O-Book.

RICHMOND Michelle, L'année brouillard, ed. Buchet/Chastel, 2009, 508p
RICHMOND Michelle, The Year of Fog, ed. Bantam Dell, 2007

mardi 17 novembre 2009

Tag de l'automne

Keisha m'a taguée sur le thème de l'automne et je trouve enfin un moment pour y répondre. Il était temps car l'hiver est déjà aux portes de Genève. Mais, toujours pas de neige en plaine, Keisha...

Le principe est simple, il suffit de citer sept choses qui rythment mon automne:

1. Les promenades avec mon homme et mon chien, dans les forêts désertées (mais où vont les autres propriétaires de boules de poils?), avec les merveilleuses couleurs de l'automne, le calme, l'odeur, la sérénité. J'adore!

2. Les CVs, lettres de motivation, annonces immobilières, recherche de master, assurances et autres papiers administratifs qui nous compliquent la vie. Je vous assure que la paperasse sur mon bureau est presque aussi épaisse que la couche des feuilles des arbres dehors.



3. Le boulot. Et oui, à l'approche de Noël, ça bosse dur au bureau.

4. Les préparations de voyage. Car oui, amis lecteurs, je vous annonce déjà que je vous abandonnerai en décembre pour partir à l'autre bout du monde, au pays des Kiwis, de la Haka et du Seigneur des Anneaux. Youpiiiii!

5. La préparation de la saison de snowboard et de ski que j'ai malheureusement loupée l'année passée. J'ai bien l'intention de me rattraper en 2010.

6. Les bons chocolats chauds. Mhhhhh!

7. Les lectures du Prix ELLE avec un rythme de croisière bien installé maintenant.

Voilà, je crois que ce tag a déjà pas mal circulé, donc je ne tague personne mais si l'envie vous vient...

mercredi 11 novembre 2009

Retour d'exil d'une femme recherchée d'Hélène Castel


Pour ceux qui aiment: Y a-t-il une vie après la prison de Jean-Marie Montali et Jacques Lesinge

Hélène Castel, un nom qui a fait les gros titres en janvier 2006, quand elle fut jugée pour l'attaque à main armée d'une banque, commise le 30 mai 1980, alors qu'elle était âgée de 20 ans. Deux ans plus tard, Hélène Castel décide de témoigner dans ce livre, pour raconter ses 24 années d'exil, ses "retrouvailles" avec la France, la prison et enfin son procès.

Retour d'exil d'une femme recherchée présente une forme très intéressante. Le livre est divisé en trois chapitres: (1) ses années au Mexique et son arrestation; (2) Fleury-Mérogis, la prison dans laquelle elle passera 12 mois en préventive; et enfin (3) Paris et le procès. Le récit est également entrecoupé de flashbacks sur son enfance, son adolescence et bien sûr le casse en lui-même, qui permettent d'apprendre à connaître Hélène Castel, telle que la femme d'aujourd'hui se voit et analyse sa propre histoire.

J'ai beaucoup aimé suivre ce parcours de vie hors du commun et les réflexions d'Hélène Castel sur l'exil ou l'identité quelle retrouve grâce à son arrestation. J'ai également particulièrement apprécié ses descriptions du milieu carcéral. Comme le dit Nancy Huston dans sa préface, il est rare que les personnes emprisonnées maîtrisent suffisamment les mots pour partager leur expérience avec nous, lecteurs. Retour d'exil... permet donc une plongée, côté détenu, dans la vie d'une prison et dans les coulisses du pouvoir judiciaire.

J'ai cependant deux réserves de taille sur ce livre. La première se rapporte au fond. J'ai failli abandonner ma lecture dès la préface, tant les propos de Nancy Huston, "marraine d'écriture" d'Hélène Castel m'ont irritée. Ses paroles si optimistes, presque idéalisatrices pour cette femme qui a quand même braqué une banque, m'ont profondément ennuyée. Le discours de victimisation sur son arrestation ou sur les conditions d'emprisonnement m'a tout simplement insupportée. Cela me rappelle grandement les discours sur l'arrestation de Polanski. Une femme, ayant commis un crime et ayant fui la justice pendant près de 24 ans, devrait-elle échapper à son jugement, sous motifs qu'elle est devenu mère et psycho-thérapeute??? Heureusement, Hélène Castel est plus mesurée dans ses propos, même si j'ai trouvé ses plaintes sur le système carcéral parfois un peu exagérées. Dans ce sens, je me placerais plutôt du côté de ceux qui lui répètent à plusieurs reprises "Mais vous êtes en prison madame!" Cependant, s'il faut noter un livre et pas ses idées, je reconnais à Retour d'exil... le mérite de pousser à la réflexion et de susiciter le débat.

Ma deuxième réserve concerne le style, auquel j'ai vraiment eu de la peine à me faire. Trop de points de suspension (minimum un par page), de suite d'adjectifs, de phrases sans verbe, qui m'ont au final donné l'impression d'un style parfois prétentieux, mais souvent maladroit.

Retour d'exil... reste cependant un récit intriguant et instructif, qui donne un éclairage intéressant sur un parcours de vie mais avant tout sur le système carcéral et sur les inégalités du système judiciaire.

Après un casse raté, Hélène Castel doit fuir la France au début des années 1980. Elle s'installe au Mexique pour refaire sa vie. Elle y reste vingt-quatre ans, jusqu'à ce que son passé vienne la rattraper, quelques jours seulement avant la prescription de sa peine, et l'envoie en prison. Dans ce récit d'une rare dignité, Hélène Castel va et vient entre sa mémoire et la réalité accidentée de la détention, entre le Mexique qui l'a adoptée et ses " retrouvailles" avec la France... Mettant en miroir ses deux identités, son livre éclaire le chemin singulier qu'elle a dû emprunter dès le moment de son arrestation, jusqu'à son procès fortement médiatisé. Nancy Huston écrit dans sa préface: "Ce qui était grave, ce n'était ni son braquage, rocambolesque et tragique, ni son exil sous un faux nom, ni son arrestation au Mexique par Interpol en raison d'un ordre donné par le ministre français de l'Intérieur [...]. Non, ce qui était grave, c'était la prison. C'était à cela qu'elle avait envie de réfléchir, de cela qu'elle avait envie de parler. C'étaient les lumières de l'ombre que, désormais et de façon urgente, elle avait à cœur de partager."


Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE / catégorie document

D'autres avis chez Armande, et Flora

CASTEL Hélène, Retour d'exil d'une femme recherchée, ed. Seuil, février 2009, 245p.

jeudi 5 novembre 2009

Les Contes de Beedle le Barde de J.K. Rowling


Pour ceux qui aiment: Harry Potter, of course!

Après la lecture éprouvante du Vampire de Ropraz de Chessex, j'avais besoin d'un livre léger. Je me suis donc tournée vers Les Contes de Beedle le Barde, qui regroupe cinq contes que tous les petits sorciers connaissent depuis leur enfance. Il s'agit également du livre que Dumbledore transmet à Hermione dans le 7ème tome. Chaque conte est suivi d'un commentaire de Dumbledore qui nous en apprend plus sur la signification ou l'histoire de ces contes.

J'ai beaucoup aimé retrouver l'ambiance des Harry Potter, lire les commentaires de Dumbledore et en apprendre plus sur les personnages et les créatures magiques du monde inventé par J. K. Rowling. Cette lecture m'a vraiment donné envie de me replonger dans la saga Harry Potter. Le cinquième conte, le Conte des Trois Frères, donne également des indications intéressantes pour la lecture d'Harry Potter et les Reliques de la Mort.

Cependant, je dois quand même dire, que pour la première fois depuis ma découverte d'Harry Potter, j'ai vraiment senti que ce livre faisait partie de la catégorie jeunesse. Le tout est selon moi un peu gentillet et loin d'être aussi passionnant que les aventures d'Harry. Je pense que l'idéal est d'offrir ce livre à un enfant qui découvre le premier tome, pour un joli cadeau de Noël par exemple. La couverture et les illustrations sont vraiment charmantes (mis à part le côté un peu DVD du coffret) et les profits reviennent à l'oeuvre de charité Children's High Level Group qui défend les droits des enfants.

Un joli livre pour les enfants qui découvrent Harry Potter mais de loin pas un recueil indispensable.

Les Contes de Beedle le Barde sont les cinq contes de fées qui bercent l'enfance des jeunes sorciers. Chacun de ces contes a sa magie particulière qui enchantera les lecteurs et les fera tour à tour rire ou frissonner. Les commentaires passionnants et malicieux du professeur Albus Dumbledore qui accompagnent chaque récit seront appréciés des sorciers comme des Moldus. Le professeur y donne de nombreuses clefs et dévoile, par la même occasion, maint détail de la vie de Poudlard.

Un ouvrage magique à garder comme un trésor, enrichi des illustrations originales de J.K. Rowling.


Amazon présente également des photos de l'un des sept exemplaires faits main qu'Amazon a acheté lors d'une vente aux enchères pour le prix astronomique de 2,5 millions d'euros. Une édition collector (en anglais) qui en est inspirée, très belle mais évidemment pas donnée (153 euros), est également disponible sur leur site. Je vous laisse découvrir tout ça ici.

ROWLING J. K., Les Contes de Beedle le Barde, ed. Gallimard jeunesse, déc. 2008, 124p.
ROWLING J. K., The Tales of Beedle the Bard, ed. Children's High Level Group/Bloomsbury Publishing Plc, déc. 2008, 108p.

lundi 2 novembre 2009

Goncourt, prix littéraires, sondage, etc.


Et voilà, le résultat est tombé à 12h45, le Prix Goncourt a été attribué à:

Trois Femmes puissantes de Marie Ndiaye

Marie Ndiaye a obtenu 5 votes dès le premier tour, contre 2 pour Jean-Philippe Toussaint, et 1 pour Delphine de Vigan.

Le Prix Renaudot est quant à lui revenu à:

Un roman français de Frédéric Beigbeder

N'ayant lu aucun de ces deux livres, je ne peux vous faire part de mes impressions. J'ai cependant lu des billets assez mitigés sur Trois Femmes puissantes et je dois dire que le Beigbeder ne me tente pas du tout. Je crois donc, que pour la première fois depuis plusieurs années, je vais faire l'impasse sur les prix littéraires.

Pour plus d'informations, je vous invite à lire les articles du Monde publiés aujourd'hui ici ou ici.


En regardant les résultats du sondage d'octobre, quatre livres récoltent 2 voix, à savoir Trois femmes puissantes, Ce que je sais de Vera Candida, Des Hommes et Mauvaise Fille. Le reste de la sélection récolte 1 voix, à l'exception du roman de Toussaint qui ne reçoit aucun vote.
Je vais pour ma part attaquer très prochainement le livre de V. Ovaldé, vu qu'il fait partie de la sélection du Prix ELLE. Une possibilité de rattrapage pour les récompenses de ce côté-là??? A suivre en mai.

Enfin, pour faire suite au sondage de septembre sur les prix littéraires, je vous livre ces résultats que je trouve assez étonnants et qui devraient faire plaisir aux organisateurs du Booker Prize.

En effet, à la question "A quel prix littéraire faites-vous généralement confiance pour vos lectures?", vous avez été une majorité (8) à répondre le Man Booker Prize. Un avis que je partage d'ailleurs, vu qu'il semble que j'apprécie beaucoup plus les lauréats de ce prix anglophone que ceux du Goncourt par exemple, souvent plus "prise de tête". Ce dernier arrive tout de même deuxième avec 6 votes sur 22. Le reste du classement est composé du Grand Prix des Lectrices de ELLE et du Nobel (5), le Femina et le Prix Médicis (3) et enfin le Prix Renaudot (2).

Et vous, êtes-vous satisfaits, déçus, carrément euphoriques ou totalement dégoûtés des résultats de ces prix? Quel livre récompensé pensez-vous lire cette année?

jeudi 29 octobre 2009

Le Vampire de Ropraz de Jacques Chessex


Pour ceux qui aiment: Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé

La mort de Jacques Chessex, le 9 octobre 2009, a fait l'effet d'une bombe en Suisse romande. Toute la presse s'est faite l'écho de la disparition de ce grand auteur romand, seul auteur suisse à avoir été récompensé du Prix Goncourt, pour l'Ogre, en 1973.

J'ai pour ma part toujours eu un problème avec cet auteur. Après une lecture très pénible de l'Ogre, et après avoir assisté à plusieurs de ses conférences lors du Salon du Livre de Genève, le personnage m'a toujours laissé une impression plutôt négative. Mais voilà, à quelques jours d'Halloween, j'ai décidé de lire Le Vampire de Ropraz, pour essayer de changer ma perception, un petit hommage posthume en quelque sorte.

Nous sommes en 1903, à Ropraz, un petit village du Jorat vaudois. La tombe de la jeune vierge Rosa, enterrée la veille, a été profanée de manière horrible durant la nuit. Tout le village s'emballe et une chasse au "vampire" se met en marche. Deux autres profanations suivent et l'affaire défraie la chronique et échauffe les esprits.

Ce livre est apparemment inspiré d'un fait divers. Jacques Chessex, qui habitait justement à côté du cimetière de Ropraz, a repris et romancé cette affaire dans ce court récit. J'ai éprouvé, à la lecture de ce livre, un grand malaise. On a le droit tour à tour à des descriptions horribles de découpage de cadavres, beaucoup de sex**, des éléments pédoph***, zooph***, des longues descriptions de péni* (désolée pour les astérisques mais j'essaie d'éviter que mon blog devienne le repère de pratiques douteuses, grâce aux recherches Google), qui font que ce livre est tout simplement repoussant. Je ne suis pas une grande sensible et les images violentes ne me dérangent pas si elles ont pour but de dénoncer, les travers de notre société par exemple. Mais durant tout le livre, je n'ai pu m'empêcher de penser que Jacques Chessex utilise ces images dans le seul but de choquer son lecteur et ainsi de faire parler de lui. Je trouve la démarche tout simplement malsaine.

Au final, j'éprouve moins de dégoût pour le personnage du Vampire de Ropraz que pour son auteur. Cette lecture, loin de me faire changer d'avis, n'aura fait que confirmer mes impressions suite à la lecture de l'Ogre. Je ne lirai probablement pas d'autres oeuvres de Chessex, en particulier Un juif pour l'exemple, où, une fois encore, j'ai l'impression que Jacques Chessex a utilisé un fait sordide et toujours douloureux dans un but que je soupçonne d'être plus commercial que littéraire. Un gâchis pour moi, car force est de constater que l'écriture est belle...

Reste la disparition d'un grand auteur romand, qui repose à présent dans ce même cimetière de Ropraz. Cet avis étant totalement personnel, je ne peux que vous encourager à vous faire votre propre opinion et à découvrir, si ce n'est les idées, au moins le style de Chessex.

Jacques Chessex, 1 mars 1934 - 9 octobre 2009


En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination- meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la " crasse primitive ", la solitude, les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?

CHESSEX Jacques, Le Vampire de Ropraz, ed. Grasset, février 2007, 107 p.

Je vous invite également à lire cet article très intéressant, paru dans Le Temps, le 23 octobre, sur la relève littéraire de Suisse romande.

mardi 27 octobre 2009

L'Intranquille de Gérard Garouste avec Judith Perrignon

Gérard Garouste est un peintre d'art moderne reconnu. Si sa peinture s'expose dans plusieurs galeries à travers le monde, on connait moins les aspects sombres de son créateur. Garouste se livre dans ce texte et nous raconte son père antisémite, son enfance, ses débuts de peintre et tente d'expliquer ses crises de folie qui l'ont mené à plusieurs reprises dans des asiles psychiatriques.

Dans L'Intranquille, Garouste est touchant de sincérité, surtout quand il aborde sa dépression. On sympathise avec sa condition, on admire la persévérance de sa femme et on essaie de comprendre. J'ai également bien aimé les passages sur ses débuts de peintre. J'ai par contre été moins touchée par ses considérations sur la religion, bien qu'elles se justifient dans le texte. Je n'ai pas non plus su apprécier à leur juste valeur les descriptions de ses peintures, vu mon manque de connaissances des oeuvres de ce peintre.

Dans l'ensemble, j'ai apprécié ce texte et à titre de comparaison, j'ai préféré L'Intranquille au texte d'Eric Fottorino qui pour moi présentait peu d'intérêt pour le lecteur. Cependant, je confirme que ce type de texte n'est franchement pas mon genre. Je n'aime pas les introspections et les déballages dans la littérature et je n'aurais jamais choisi ce texte de moi-même. Mais là est tout l'intérêt du Grand Prix des Lectrices de ELLE, sortir de nos petites habitudes...

"Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. À vingt-huit ans, j'ai connu une première crise de délire, puis d'autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris. "

Gérard Garouste est un artiste internationalement reconnu, ses oeuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde. " L'Intranquille " est son premier récit personnel. Judith Perrignon est journaliste et écrivain. Elle est notamment l'auteur, chez le même éditeur, de " C'était mon frère... Théo et Vincent an Gogh " (2006), qui a connu un remarquable succès médiatique et public.


Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 / catégorie document

D'autres avis chez Armande, Sandra M., Marie-Claire et Flora.

GAROUSTE Gérard et PERRIGNON Judith, L'Intranquille, Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, ed. L'Iconoclaste, 2009, 202p.

Image: Le Masque de Gérard Garouste du site de la Galerie Daniel Templon

mercredi 21 octobre 2009

Les pièges du crépuscule de Frank Tallis

Pour ceux qui aiment: Manhattan Freud de Luc Bossi

Voici le quatrième volume de la série des Carnets de Max Liebermann. J'ai cependant lu ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE, sans connaître les épisodes précédents. Heureusement, cela n'a pas vraiment gêné ma lecture.

Frank Tallis retrouve ici son duo: Max Liebermann, jeune psychiatre juif et l'inspecteur Rheinhardt. Ce dernier est appelé sur la scène du meurtre d'un moine, antisémite notoire, qui semble avoir été décapité avec une force surnaturelle. Rheinhardt décide de faire appel à son ami Liebermann pour l'aider dans son enquête.

J'ai trouvé les prémisses de cette histoire vraiment prometteuses. Le contexte de Vienne au début du XXème siècle, qui voit la montée de l'antisémitisme, mais également les débuts de la psychanalyse freudienne (Freud fait d'ailleurs quelques apparitions dans le récit) et les éléments un peu fantastiques de l'enquête m'annonçaient un bon moment de lecture.

Malheureusement, la sauce n'a pas vraiment pris. Les pièges du crépuscule est construit comme si on suivait vraiment le quotidien de Max Liebermann et de ce fait, l'enquête devient parfois secondaire, au profit d'autres petites trames, comme les histoires d'amour de Liebermann, les cas psychiatriques qu'il étudie ou sa passion pour la musique ou la nourriture (beaucoup d'allusions aux excellentes pâtisseries viennoises qui donnent envie mais qui n'ont pas vraiment leur place ici). J'ai eu parfois l'impression que la trame partait un peu dans tous les sens et j'aurais souhaité plus d'attention sur les crimes eux-mêmes. Au final, j'ai trouvé l'enquête un peu bâclée et la fin relativement prévisible.

Je crois donc que là s'arrête mon aventure avec Les carnets de Max Liebermann.

Au début du XXe siècle, à Vienne, le corps d'un moine est découvert devant une des églises de la ville. Le psychiatre Max Liebermann est appelé sur les lieux par son meilleur ami, l'inspecteur Rheinhardt. Il apparaît que la victime, considérée par beaucoup comme un saint homme, était en fait un farouche militant antisémite. Si rapidement les soupçons se portent sur la communauté hassidique, Liebermann cherche une autre vérité à cette pénible affaire. Car pour tous les Juifs de la capitale autrichienne, l'atmosphère se fait de plus en plus lourde, attisée par le maire en personne... Et tandis que la haine grandit, une ombre inquiétante l'accompagne, celle d'une créature de glaise, magique et vengeresse, le golem... L'Anglais Frank Tallis, par ailleurs docteur en psychologie, invente un tandem particulièrement original en associant un policier et un psychiatre détective, tous deux mélomanes de surcroît.

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010 / catégorie policier

D'autres avis, tous plutôt mitigés, chez Sandra M., Flora et Marie-Claire.

TALLIS Frank, Les pièges du crépuscule, ed. 10/18 coll. Grands Détectives, 2009, 409p
TALLIS Frank, Darkness Rising, ed. Century, 2009, 391p

vendredi 16 octobre 2009

Mausolée de Rouja Lazarova


Vingt après la chute du Mur de Berlin, les récits sur la vie dans le bloc communiste commencent à fleurir, et après Enfant 44, voici que je reçois, dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE, Mausolée.

Rouja Lazarova nous invite à une plongée dans la Bulgarie communiste, de 1944 jusque à l'aube du XXIème siècle. A travers trois générations de femmes, Gaby, sa fille Rada et sa petite-fille Milena, qui est également la narratrice de ce récit, le lecteur découvre le quotidien du régime communiste, ses privations, ses peurs, sa corruption, ses répétitions et ses absurdités. Rouja Lazarova nous décrit un système cruel, auquel les trois femmes de ce récit vont opposer une résistence minime et silencieuse, mais une résistence tout de même.

J'ai trouvé cette immersion dans la Bulgarie communiste absolument fascinante. Depuis quelques années, j'ai l'impression que le système communiste est parfois un peu idéalisé et que les gens oublient trop facilement les atrocités commises sous l'URSS. Dans ce sens, j'ai trouvé Mausolée très pertinant, car sans forcer sur le dramatique, il nous montre les disparitions quotidiennes, les privilèges des membres du Parti et l'absurdité des décisions prises. J'ai également beaucoup aimé le récit de l'après-1989, avec le chaos des privatisations en masse, l'arrivée du capitalisme acharné et ses laissez-pour-compte.

Le style est agréable mais je dois avouer m'être perdue à plusieurs reprises dans les méandres de ce récit qui regorge de personnages secondaires et dont la chronologie est plutôt aléatoire. Certains éléments sont soulevés puis il faut attendre plusieurs dizaines de pages pour vraiment les comprendre. Cette construction, un peu anarchique, m'a empêchée de toujours apprécier ce récit et fait que j'ai eu du mal à me souvenir de tous les éléments de l'histoire.

Un bon roman donc, mais surtout un beau témoignage fictionnel (même si je soupçonne beaucoup de vécu derrière ce récit). En tous cas, il m'a donné envie de me replonger dans les photos de mon voyage en Bulgarie, en 1990 (et oui, je sais, quelle idée???) où j'ai pu assister à ce grand moment d'histoire.

Bulgarie 1944-1990. Un demi-siècle de communisme, de peurs et de trahisons, quand se taire devient le mot d'ordre de la survie. Gaby, sa fille Rada et sa petite-fille Milena survivent. Mais elles disent aussi leur haine du régime et rient de ses absurdités. En même temps que la peur, elles se transmettent le désir de révolte. Avec férocité. humour et tendresse. Rouja Lazarova raconte le totalitarisme à l'échelle des sans noms.

Née en Bulgarie communiste, Rouja Lazarova vit en France depuis 1991. Mausolée est son quatrième roman.

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010/catégorie roman

D'autres avis, tout aussi charmés, chez Sandra M., Flora, Armande et Marie-Claire.

LAZAROVA Rouja, Mausolée, ed. Flammarion, 2009, 331p.

mercredi 14 octobre 2009

BLOG-ANNIVERSAIRE


Le 14 octobre 2008, j'ai décidé de commencer ce blog, croyant en faire un carnet de lecture à usage plus ou moins personnel. Ne connaissant pas du tout la blogosphère littéraire, je ne pouvais deviner que j'allais devenir totalement accro aux échanges avec d'autres lecteurs passionnés, que ma PAL allait presque tripler en un an (et croyez-moi, si je ne participe pas (encore) à l'objectif PAL, c'est que le monstre est juste invincible) et que je prendrais autant de plaisir à rédiger ces billets.

Ma première idée en ouvrant ce blog était de mettre à l'honneur les récits de voyage et les livres sur l'Afrique, mais depuis que je lis vos blogs, mes lectures se sont tellement diversifiées que cet objectif est passé en arrière plan. Je promets cependant d'essayer d'y revenir un peu dès mai et la fin du Grand Prix des Lectrices de ELLE, qui cette année est plus tourné vers l'ancienne URSS que vers le continent Africain.

Encore un grand MERCI à tous ceux qui passent par ici et qui ainsi contribuent à faire vivre ce blog.

vendredi 9 octobre 2009

L'Homme qui m'aimait tout bas d'Eric Fottorino


Pour ceux qui aiment: L'Invention de la Solitude de Paul Auster

Dans L'Homme qui m'aimait tout bas, Eric Fottorino rend hommage à son père adoptif, Michel Fottorino, un kinésithérapeute originaire de Tunisie, à la suite de son suicide. Le récit alterne entre les interrogations inévitables sur cette mort choisie et des souvenirs de l'auteur qui remontent à la surface, provoqués par des petits gestes ou images du quotidien.

L'Homme qui m'aimait tout bas est un récit très personnel et c'est peut-être là le problème. Les souvenirs évoqués par l'auteur n'ont qu'un intérêt limité pour le lecteur et mettent celui-ci dans une position inconfortable de voyeur. D'un autre côté, Eric Fottorino décide de jouer la carte exhibitionniste en nous faisant partager tous ces moments de vie, mais refuse de pousser le concept jusqu'au bout en nous livrant les réponses à des questions telles que le contenu de la lettre laissée par son père, ou la raison du divorce de ses parents. J'aurais peut-être voulu mieux comprendre cet homme et ses actes, maintenant que l'auteur m'en avait dessiné les contours.

Malgré cela, j'ai été touchée par l'amour que dégage ce récit et la douleur qui transperce les pages quand l'auteur interpelle son père avec l'emploi du "tu", tel un dialogue sans réponse. Le style d'Eric Fottorino est également très beau et ce livre m'a vraiment donné envie de découvrir les romans de cet auteur, tels que Coeur d'Afrique ou Baisers de cinéma.

Un livre qui ne me laissera donc pas une empreinte indélébile mais qui peut apporter un éclairage intéressant aux lecteurs de Fottorino, qui s'est apparemment inspiré à plusieurs reprises de son père pour ses personnages. (L'auteur aurait d'ailleurs pu éviter de citer ses propres livres mais bon...) L'Homme qui m'aimait tout bas permet de découvrir cet auteur, côté intime, pour ensuite peut-être mieux appréhender son oeuvre. A noter également que ce livre faisait partie de la 1ère sélection en lice pour le Goncourt 2009, mais qu'il n'a pas passé le cap du 2ème tour.

Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait " à l'ancienne ", ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. " Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil ", écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.

Éric Fottorino est né en 1960 à Nice. Il est notamment l'auteur de trois romans publiés aux Éditions Gallimard, " Caresse de rouge " (prix François-Mauriac), " Korsakov " (prix des Libraires) et " Baisers de cinéma " (prix Femina).

D'autres avis chez Armande, Marie-Claire, Sandra M., Flora, Audrey A. et Bookomaton

Livre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE/catégorie document

FOTTORINO Eric, L'Homme qui m'aimait tout bas, ed. Gallimard, 2009, 148p.

lundi 5 octobre 2009

AND THE WINNER IS......


...... WOLF HALL de Hilary Mantel

Petite traduction du résumé, à ma sauce:

Dans les années 1520, Henry VIII règne sans partage mais n'a aucun héritier. Le Cardinal Wolsey, son conseiller principal, est chargé d'obtenir le divorce que le Pape refuse au Roi. C'est à ce moment qu'apparaît Thomas Cromwell, le premier subordonné de Wolsey, qui deviendra plus tard son successeur. Cromwell, fils d'un forgeron violent, est un génie politique, un excellent corrupteur, un charmeur, un tyran et un manipulateur. Impitoyable dans la poursuite de ses propres intérêts, son ambition politique et personnelle est sans limite. Il gère son agenda de réformes politiques, jonglant entre un parlement égocentrique et un Roi qui passe de passions romantiques à des rages meurtrières.

Wolf Hall est un vrai roman anglais qui explore la personnalité profonde des personnages et les ficelles de la politique. Avec une belle galerie de personnages et de nombreux rebondissements, Wolf Hall nous montre l'Angleterre des Tudors, comme une société inachevée, pleine de passions, de souffrance et de courage.

Hilary Mantel est née à Glossop, le 6 juillet 1952. Elle a étudié le droit à la London School of Economics et à l'Université de Sheffield. Elle a travaillé dans le social et a vécu au Botswana pendant 5 ans, et en Arabie Saoudite pendant 4 ans. Elle rentre en Grande Bretagne dans les années 80. Ses précédents livres sont Eight Months on Ghazzah Street (1988), Fludd (1989), A Place of Greater Safety (1992) sur la Révolution Française, A Change of Climate (1994) (Changement de Climat, ed. Gaïa), An Experiment in Love (1995), The Giant, O’Brien (1998) , Giving Up the Ghost: A Memoir (2003), Learning to Talk: Short Stories (2003) and Beyond Black (2005) (La Locataire, ed. Joëlle).

Pour ma part, je suis très contente de ce choix et Wolf Hall est déjà en bonne place sur ma LAL.

Pour une interview de l'auteure (en anglais), cliquez ici.

jeudi 1 octobre 2009

Tag des livres


A girl from earth m'a taguée sur ce questionnaire très sympa et après de longues réflexions, voici enfin mes réponses:

1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture?

Toute la série des Oui Oui de Enid Blyton et les versions simplifiées de Jane Eyre de Charlotte Bronte et de Croc-Blanc de Jack London.

2. Quel est le chef-d'oeuvre "officiel" qui te gonfle?
La Métamorphose de Kafka et Madame Bovary de Flaubert (que j'ai promis de relire... un jour)

3. Quel classique absolu n'as-tu jamais lu?
J'ai beaucoup de lacunes côté classiques, mais, eh, je suis encore jeune ;-) Par exemple: 1984 de George Orwell (qui est dans ma liste Blog-O-Trésors), plusieurs Jane Austen, et Le Rouge et le Noir de Stendhal. Il y a encore du boulot!

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as "honte" d'aimer?
Je n'ai pas "honte" mais j'avoue avoir eu une grande phase "Bicyclette Bleue" de Régine Desforges. Et depuis, impossible de passer à côté d'un nouvel opus, même si je les trouve de plus en plus mauvais.

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer?
Dernièrement, je me suis sentie assez seule sur Enfant 44 de Tom Rob Smith, dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE.

6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier?
Wildlife: Mon combat pour sauver les trésors naturels de l'Afrique de Richard Leakey, parce qu'il traite d'un sujet qui me tient à coeur, à savoir la lutte contre le commerce de l'ivoire, et que même si le style laisse à désirer, le récit de Leakey est passionnant.

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer?
Quelle Famille! de Tom Sharpe.

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire?
Je ne relis pas vraiment mais peut-être la série des Rougon Macquart de Zola, j'aime pouvoir faire des nouveaux liens entre les personnages quand j'ai lu un livre supplémentaire de la série.

9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité?
N'importe quel récit de voyage d'Ella Maillart, de Nicolas Bouvier ou de Paul Theroux.

10. Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes?
Euh... Je ne vois pas... Peut-être une petite larme à la fin de L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery

11. Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique?
Je n'irais pas jusqu'à parler de "forte émotion érotique" mais j'ai trouvé, à l'époque lointaine de mon adolescence (j'exagère là...) que les Bicyclettes Bleues comportaient plusieurs scènes assez osées.

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte?
Un énorme pavé dont je repousse toujours la lecture, par exemple Guerre et Paix de Tolstoï ou Les Misérables de Victor Hugo.

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience?
Je ne suis pas trop "suite" mais j'aimerais bien lire le dernier Daniel Kehlmann que j'ai vu en anglais en librairie la semaine passée.

14. Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi?
La trilogie du Seigneur des Anneaux de Tolkien, que je croyais vraiment inadaptable.

Voilà, j'ai vu que beaucoup avaient déjà répondu à ce tag, mais si je ne m'abuse, Hermione, Stephie et Bouquineuse n'y sont pas encore "passées". Si le coeur vous en dit...

mercredi 30 septembre 2009

La Promesse de l'aube de Romain Gary


Note: 8/10

Dans ce livre autobiographique, Romain Gary raconte, entre autres, son enfance en Russie, ses années vécues en Pologne, son arrivée en France, ses débuts d'écrivain ou encore son engagement dans l'Armée de l'Air durant la Deuxième Guerre Mondiale. Mais La Promesse de l'aube est avant tout une formidable déclaration d'amour à sa mère, une ancienne actrice, excentrique et grande admiratrice de la France, dont les espoirs fous poursuivront l'auteur tout au long de sa vie, jusqu'à leur réalisation.

Romain Gary est l'un de mes auteurs favoris et il est toujours intéressant de plonger dans l'intimité de ses auteurs chouchous pour mieux appréhender leur oeuvre. La Promesse de l'aube m'a ainsi aidée à mieux comprendre les choix de vie et le parcours assez exceptionnel de cet auteur. Les passages sur la recherche d'un pseudonyme ou son avis sur le suicide sont, pour la même raison, passionnants.

Le style est toujours fabuleux et les anecdotes sur la vie de Romain Gary m'ont à plusieurs reprises faite sourire. Le personnage de sa mère est tout simplement fantastique. J'ai toutefois été quelque peu gênée par certaines répétitions mais dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce livre.

Après la lecture de la Promesse de l'aube, j'ai voulu savoir si tous les éléments du récit étaient véridiques ou s'il s'agissait d'une autobiographie romancée. En faisant des recherches sur internet, j'ai été intriguée par les nombreuses versions de sa biographie, en particulier les éléments concernant son enfance. Roman Kacew (son vrai nom) aimait en effet se créer de nombreuses personnalités et je n'ai pas été capable de démêler les mystères de son origine (russe, lithuanienne, polonaise?), ou l'identité de son père (le livre contient une allusion à la possible filiation de Gary avec l’acteur Ivan Mosjoukine). J'ai également trouvé intéressant que l'auteur occulte complètement ses origines juives dans ce récit. Toutes ces incertitudes donnent, à mon avis, encore plus d'intérêt à la Promesse de l'aube, ce récit de la vie de Romain Gary telle qu'il voulait bien nous la présenter et qui laisse passablement de non-dits, renforçant ainsi le mystère entourant ce grand écrivain.

Je vous recommande donc vivement ce récit touchant et dont la fin est absolument bouleversante.

Je partage avec vous cet extrait que j'aime beaucoup sur l'amour inconditionnel de sa mère, cette "promesse de l'aube":

"Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours." p.38

"Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele d'Annunzio, Ambassadeur de France - tous ces voyous ne savent pas qui tu es! Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports: - Alors, tu as honte de ta vieille mère?"

Lu dans le cadre du Challenge Blog-O-Trésors de Grominou - 2/4

GARY Romain, La Promesse de l'aube, ed. Gallimard (folio), 1980, 391p.

mercredi 23 septembre 2009

Paris-Brest de Tanguy Viel


Pour ceux qui aiment: Le concept "du livre dans un livre"

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas aimé ce livre. Le narrateur de Paris-Brest nous dresse un portrait au vitriol de sa famille à l'occasion de son retour dans le Finistère pour les fêtes de fin d'année. Il nous fait part de souvenirs d'enfance et nous raconte l'exil de ses parents, la fortune inattendue de sa grand-mère ou encore son amitié avec le fils Kermeur. La réalité se superpose aux éléments de fictions contenus dans le roman qu'écrit le narrateur pour se décharger de tous les secrets familiaux.

J'ai trouvé l'histoire de Paris-Brest peu crédible et les personnages caricaturaux, sans être aussi horribles que le narrateur essaie de nous le faire croire. Le style de Tanguy Viel m'a également déplu. Au dos de mon édition, une journaliste du Temps décrit le style de Viel comme étant "d'une remarquable économie". Je ne peux que contredire ce jugement (d'ailleurs, les commentaires de la couverture ne semblent pas concerner le livre que j'ai devant moi). J'ai trouvé l'écriture répétitive et la ponctuation très aléatoire. Tanguy Viel affiche un désamour flagrant des points finaux et ses phrases à rallonge ont beaucoup gêné ma lecture.

Un exemple: "Alors dès que j'ai compris que mes parents allaient revenir s'installer en Bretagne, dès que je l'ai senti dans la voix de ma mère, dans le ton mielleux de ma mère qui évoquait l'idée d'un retour, dès que j'ai senti le triomphe de ma mère j'ai commencé à mettre mes affaires dans des cartons, mes livres surtout dans des cartons tandis qu'elle négociait déjà l'achat d'une maison sur la côte et négociait avec mon père pour savoir où ils achèteraient, dès lors que mon père avait prévenu qu'il était hors de question de s'installer à Brest, en pleine ville, hors de question de devoir se passer une écharpe sur le nez pour sortir de chez lui, qu'à la condition d'être hors de la ville il voulait bien revenir dans le Finistère, à condition d'habiter au plus loin du stade de football, à condition d'avoir la mer pour seule voisine" p. 142 (ponctuation recopiée fidèlement)

Paris-Brest restera donc pour moi une lecture sans grand intérêt et son style très "parlé", genre "one man show", n'a pas su me plaire, ni même me faire sourire.

Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.

D'autres avis chez Yohan, Flora, Sophielit et Marie-Claire qui ont apprécié, et chez Bookomaton et Sandra M., qui sont plus sceptiques.

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010/catégorie roman

VIEL Tanguy, Paris-Brest, ed. Les Editions de Minuit, 2009, 190p

mardi 15 septembre 2009

Le Jeu de l'Ange de Carlos Ruiz Zafón


Note: 3/10
Pour ceux qui aiment: L'Ombre du vent au risque pourtant d'être déçus.

Depuis que je me ballade sur la blogosphère, le nom de Zafón et de son roman, L'Ombre du vent revient régulièrement comme un livre à ne pas manquer. Je suis d'habitude assez méfiante avec les bestsellers, mais quand Blog-O-Book a proposé de recevoir un exemplaire du nouveau livre de cet auteur, j'ai sauté sur l'occasion. J'ai donc abordé cette lecture sans avoir lu L'Ombre du Vent.
Après des années de misère, David Martìn est devenu un écrivain à succès. Cependant, quand la chance commence à tourner, David va être poussé à accepter une proposition étrange d'un éditeur français, Andreas Corelli: écrire un texte sacré qui servira de base à une nouvelle religion. Du jour où David accepte, sa vie va basculer dans un monde étrange et effrayant.

Partie avec des a prioris négatifs, je dois avouer avoir été, dans un premier temps, séduite par Le Jeu de l'Ange. J'ai beaucoup aimé l'ambiance un peu gothique et triste de ce Barcelone des années 20 et les références à l'Exposition Universelle. J'ai trouvé les personnages, en particulier le libraire Sempere et Isabella, très attachants et les dialogues un peu taquins et ironiques m'ont plu. J'ai même accroché à l'histoire, malgré les longueurs et les digressions philosophiques et religieuses de l'auteur, plutôt communes mais que Zafón semble élever au rang de révélations. J'ai même fait abstraction de mon irritation face à l'épisode du Cimetière des Livres, totalement inutile mais repêché de son précédent opus. J'ai trouvé ce passage déplacé et, à mon sens, recycler ses précédents livres dénote tout de même d'un manque d'imagination.

Je suis donc restée captivée par ce livre jusqu'à la page 400 environ et là... tout s'est effondré. L'intrigue principale disparait totalement, le narrateur, plutôt calme et indifférent, se transforme en un tueur n'éprouvant aucun remords, l'histoire devient tout à fait illogique et aucune vraie conclusion n'est apportée au mystère développé pendant près de 400 pages. Pour couronner le tout, la fin est totalement risible, voire presque malsaine.

Je suis donc énormément déçue d'avoir lu 537 pages mais de rester complètement sur ma faim. Du coup, j'hésite vraiment à lire L'Ombre du Vent. J'ose encore espérer que ce dernier vaut vraiment la peine et que Carlos Ruiz Zafón s'est simplement reposé sur les lauriers de la gloire pour ce nouveau livre.
« Je t'emmènerai dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire... »

"Dans la turbulente Barcelone des années 1920, David, un jeune écrivain hanté par un amour impossible, reçoit l'offre inespérée d'un mystérieux éditeur: écrire un livre comme il n'en a jamais existé, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d être tués», en échange d'une fortune et, peut-être, de beaucoup plus.
Mais du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique de destruction se met en place autour de lui, menaçant les êtres qu'il aime le plus au monde. En monnayant son talent d'écrivain, David aurait-il vendu son âme au diable ?
Pour reprendre sa liberté et sauver la femme qu'il aime, David puise ses forces dans la Barcelone envoûtante du Cimetière des livres oubliés, où se côtoient des êtres abandonnés de l'humanité mais aussi des personnages attachants, uniques, puissants, à l'image de ceux qui ont fait de l'Ombre du vent un immense succès international.

Ecrivain catalan, Carlos Ruiz Zafón est né en 1964. L'Ombre du vent, son précédent roman, a reçu le prix Planeta (2004), le Prix du meilleur livre étranger - roman 2004, et a été sélectionné pour le prix Femina étranger. Il s'est vendu à dix millions d'exemplaires dans le monde. Carlos Ruiz Zafón vit aujourd'hui à Los Angeles, où il est également scénariste."

Je remercie encore Blog-O-Book, qui, en partenariat avec les éditions Robert Laffont, m'a permis de me faire une idée sur ce livre phare de la rentrée littéraire. Je vous invite à lire les autres avis très partagés, répertoriés sur ce site.
ZAFÓN Carlos Ruiz, Le Jeu de l'Ange, ed. Robert Laffont, 2009, 537p.
ZAFÓN Carlos Ruiz, El Juego del Àngel, ed. Vintage, 2008, 672p.

lundi 14 septembre 2009

La "Shortlist" du Man Booker Prize

Et voilà, les vacances sont déjà terminées et je fais mon retour sur la blogosphère, reposée, rassasiée de gelati et totalement satisfaite de mon petit séjour en Toscane et à Rome. Vivement l'année prochaine!

Pour revenir aux choses sérieuses, j'avais promis de vous tenir au courant des avancées du Man Booker Prize. Le mardi 8 septembre, la shortlist, composée des 6 derniers ouvrages en compétition a été publiée. Il s'agit de:

1. A. S. Byatt, The Children's Book - Une saga familiale faite de secrets et de mystères.
2. J. M. Coetzee, Summertime - Le 3ème volume des mémoires fictives de J.M Coetzee.
3. Adam Foulds, The Quickening Maze - Une fiction inspirée de la vie du poète John Clare et de son séjour dans un asile de fous.
4. Hilary Mantel, Wolf Hall - Une fiction autour de Thomas Cromwell. Avis aux fans des Tudors.
5. Simon Mawer, The Glass Room - La Tchécoslovaquie durant la 2ème Guerre Mondiale.
6. Sarah Waters, The Little Stranger - Un récit psychologique et surnaturel avec comme toile de fond une maison hantée.
Les favoris sont toujours Hilary Mantel et Sarah Waters. Il est en effet peu probable que J.M. Coetzee remporte le prix pour la 3ème fois ou même A. S. Byatt pour la deuxième. Beaucoup de personnes voudraient voir Sarah Waters l'emporter mais The Little Stranger semble soulever moins d'enthousiasme que Fingersmith. Et vous, qu'en pensez-vous?
Rendez-vous le 6 octobre pour le résultat final.