lundi 28 novembre 2011

C'était pas ma faute de Kristof Magnusson

Kristof Magnusson réunit trois personnages dans son deuxième roman, C'était pas ma faute: Jasper Lüdemann est un trader allemand, installé à Chicago. Employé moyen, il rêve de se voir confier les rênes des grosses opérations qui lui donneraient enfin accès aux bonus de fin d'année. Henry LaMarck est un auteur confirmé et déjà récompensé par un Pulitzer mais en manque cruel d'inspiration pour son nouveau roman que tout le monde attend... et tout particulièrement Meike Urbanski, sa traductrice allemande, qui a désespérement besoin de travailler. Tous ces personnages vont se retrouver à Chicago dans une suite de quiproquos mêlant littérature et grande finance internationale. 

Ce livre est une vraie belle surprise. J'ai tout de suite été attirée par le côté finance de ce roman. Et oui, je sais, l'économie a mauvaise presse sur la blogo littéraire mais il se trouve que c'est un sujet qui me passionne. Mais je vous rassure tout de suite, il n'est absolument pas nécessaire d'avoir des notions d'économie pour apprécier ce livre. Vous comprendrez par contre comment des séismes bancaires ont pu être provoqués par un seul trader à la Jérome Kerviel. 

J'ai beaucoup aimé découvrir les liens entre ces personnages et leur voix respectives à travers l'alternance des narrateurs. Ce genre de récit me laisse souvent une impression un peu artificielle, que je n'ai pas du tout ressentie ici. L'auteur tisse en effet sa toile avec finesse et les trois histoires s'emboitent parfaitement et naturellement. J'ai de plus trouvé les personnages attachants, plein de défauts et de faiblesses. Embarqués dans une suite d'évenements qui les dépassent, ils se retrouvent tous à une période charnière de leur vie. 

Il est, au final, difficile de parler de ce roman qui peut paraître, à première vue, banal mais qui par sa simplicité, sa construction intelligente et son style agréable, fonctionne parfaitement. Kristof Magnusson nous offre un moment de lecture tout simplement jouissif. La littérature allemande a décidément beaucoup à offrir...

Jasper Lüdemann, trader dans une grande banque d’investissements à Chicago, a réussi à être promu à la salle des opérateurs de marché et ne vit que pour l’avancement de sa carrière. Meike Urbanski est traductrice de Henry LaMarck, un auteur de best-sellers qu’elle essaie de retrouver à Chicago car il n'a pas rendu le manuscrit qu’elle doit traduire, ce qui menace sa survie économique. Elle ne sait pas que sa conscience professionnelle de traductrice qui pose des questions mettant l’auteur face à ses négligences et sa désinvolture ont fait d’elle la bête noire de l’écrivain, qui s’emploie à l’éviter. Henry LaMarck pour sa part ne peut plus écrire et s'est réfugié incognito dans un hôtel. Ces trois personnages vont se chercher et se croiser, multiplier les quiproquos dans cette histoire d’argent, de littérature et d’amour. L’écrivain tombe en effet amoureux d'une photo du jeune banquier au regard désespéré devant l’effritement des cours boursiers. Jasper essaie d’impressionner Meike rencontrée dans un café et de la draguer avec une maladresse impressionnante, tout en essayant de dissimuler une erreur de transaction qui mènera sa banque à la faillite, et qui va permettre au lecteur de comprendre les faiblesses du système financier et son fonctionnement. Tous les trois se retrouvent obligés de fuir et iront par hasard chercher refuge au même endroit, pour le plus grand plaisir du lecteur… 

C’était pas ma faute est le deuxième roman de l'auteur islando-allemand Kristof Magnusson, né en 1976 à Hambourg. Après un service civil auprès des sans-logis à New-York, cet organiste de formation a étudié à l'Institut littéraire de Leipzig puis à l'Université de Reykjavik. Maintenant installé à Berlin, il vit de sa plume et de ses traductions de l'islandais (poésies et sagas). Sa comédie Crèche pour hommes (2005) a été représentée dans plus d'une trentaine de théâtres, à Berlin. L'adaptation du roman présenté ici a également été mise en scène à Bâle, où elle connaît actuellement un franc succès. Son premier roman, Retour à Reykjavik, a été couronné par le prix littéraire autrichien de Rauris en 2006.


Un grand merci à Babelio et au aux éditions Métailié pour l'envoi de ce livre. 

MAGNUSSON Kristof, C'était pas ma faute, ed. Métailié, septembre 2011, 288p., traduit de l'allemand (Allemagne) par Gaëlle Guicheney
MAGNUSSON Kristof, Das war ich nicht, ed. Verlag Antje Kuntsmann GmbH, 2010



10 commentaires:

  1. J'ai passé aussi un excellent moment avec ce livre, et pourtant l'économie et moi çà fait deux. Mais l'essentiel est ailleurs ..

    RépondreSupprimer
  2. De mon côté, l'aspect économie aurait plutôt eu tendance à me faire fuir mais plusieurs billets ont souligné que ce n'était pas un problème pour lire ce roman même si c'était un thème qui n'attirait pas alors je l'ai noté :)

    RépondreSupprimer
  3. Une lecture à ne pas rater, un chouette roman vraiment!

    RépondreSupprimer
  4. Tu es le second avis que je lis qui dit que ce roman rend l'économie abordable. Je crois que je vais finir pare me laisser tenter.

    RépondreSupprimer
  5. Une très bonne surprise pour moi aussi !

    RépondreSupprimer
  6. Je n'arrive pas à être tentée malgré les avis positifs !

    RépondreSupprimer
  7. Tu me confortes dans l'idée que je m'en étais faite. Encore un auteur à découvrir avec un roman que j'avais noté dans ma très longue liste...

    RépondreSupprimer
  8. @Aifelle: C'est vraiment un mélange surprenant de thème et de personnage. Une belle réussite qui peut vraiment plaire à tout le monde à mon avis.

    @Joelle: ... et tu as bien fait. La petite touche est très bien traitée et sert plus à la construction du personnage sans être le thème principal du roman. J'espère qu'il te plaira.

    @Keisha: Rien à ajouter, je suis tout à fait d'accord avec toi ;-)

    @Alex: Il rend un petit aspect de l'économie abordable mais ce n'est heureusement pas le seul thème du roman et les fans de littérature seront gâtés aussi avec les deux autres personnages, un écrivain et une traductrice.

    @Kathel: Décidément, ce livre a été une belle surprise pour nous toutes!

    @Manu: J'étais à la base plus intriguée que tentée. J'espère qu'à nous toutes, on arrivera à éveiller ta curiosité pour ce roman ;-)

    @Ikebukuro: Je confirme. Ce n'est pas le roman du siècle mais c'est intelligent, fin, bien écrit, bien construit... Un bon roman quoi!

    RépondreSupprimer
  9. Je découvre ton avis par hasard. C'est un livre que j'ai lu récemment car l'auteur venait dans ma librairie et que, comme toi, je n'ai rien contre la finance. Très belle surprise en effet ! Et je te rejoins dans ton avis, notamment sur le fait que si le roman peut être qualifié de "choral" comme c'est la mode désormais, ce choix est ici tout à fait judicieux et pas du tout opportuniste.

    RépondreSupprimer
  10. @Flo: Tout à fait d'accord. Un livre simple mais bien construit et une lecture vraiment plaisante. Je file voir ton billet.

    RépondreSupprimer