mercredi 26 décembre 2012

Petites perles des mots-clés (3)

Avant que cette année s'achève, petit topo des recherches en mots-clés qui vous ont menés sur ces pages:

Ceux qui ont abusé de la moquette:

general caca
girafe écossaise
image de yaourt les plus drole
je fais caca des billets 
un caca qui parle
chaton tente le suicide pour la croquette
 
Les dyslexiques:

"disgrace" de jean-marie coetzee
durrenmatt ecrivain belge
Le corps des femmes wincler
Lovening wrigh et femmes de frank lloyd
loving frank tc boyle
un cheval qui murmure à l'oreille d'un cavaliere

Et le norvégien qui pose définitivement beaucoup de problèmes. Aperçu des orthographes utilisées pour ce pauvre Peer Gynt: Pear Gynt, Peer Gaynt, Peer Gnt, Peer Grynt, Peer Gunt, Peer Guynt, Peer Gybt, Peer Gyent, Peer Gynf, Peer Gyny, Peer to Gynt, Peerginrt, Per Gunt, Per Gynt, Pete Gint, Peter Gynt, Pier Gint, Ppeer Gynt, Peer Grint et Peeter Gynt.

Les paresseux:

Les idee importante de Stephane hessel sur son texte indignez-vous: alors que le texte fait 32 pages...

Et toutes les demandes pour connaitre la fin de La vie d'une autre, Toutes ces vies qu'on abandonne, Le cerveau de Kennedy, Quand souffle le vent du nord, Millénium ou encore L'année brouillard.

On n'est pas sorti de l'auberge:

indignez-vous personnages principaux: Faut-il préciser que ce n'est pas un roman?
je cherche un écrivain de lire benevole: Pour une autobiographie de Justin Bieber?
je veux etre une bonne esclave: Encore une qui a succombé à Fifty Shades
la vie d'une autre tirée de quel livre? :Laissez-moi réfléchir... La vie d'une autre?
le beaux frere qui baise ma famme: L'ambiance du repas de Noël en famille devait être intéressante cette année...
maman me crois que je prepare a l'examen: J'espère que ce n'était pas un examen de français...
Romain Gary la promesse de l'aube qui est l'auteur de ce texte?: Je suis sans voix


Ouais ok, mais on s'en fiche:

moi j'aime bien national geographic
j'ai fini guerre et paix: chapeau bas!
j'aime les limaces
je connais personnellement guillaume musso
je deteste nouvelle zealand
je veux avoir un cerveau cartésien
je veux lire une histoire d'amour

Où je compatis:

amnésique!!!
pas de temps pour lire
pas du matin

Où je partage mes conseils avisés:

tableau de la national gallery: Whistlejacket de Studd, sans hésitation.
prix toile gerard garouste: comme on dit, if you have to ask the price, you can't afford it.
combien de livre dois je lire pour devenir fort en français: encore plus  
endroit paradisiaque en europe: la Corse? au pied du Cervin à Zermatt? sur une falaise près de Santorin?
moment préféré guerre et paix: la fin? Non, je plaisante. Je dirais la partie ou Natacha s'occupe d'Andrei, un des seuls moments où j'ai vraiment accroché à ce roman.

Et toutes les demandes pour un auteur semblable à Guillaume Musso. Marc Lévy? Douglas Kennedy? D'autres conseils?

Là où je ne peux pas vous aider:

a quoi tu pense Karine risley
127 heures philosophie: ouais, je n'irais pas jusqu'à dire que Ralston soit un grand philosphe
film d'un homme qui au moment ou tout le monde allaient voir hitler cour derriere un oiseau se trouve chez une femme: ça évoque quelque chose à quelqu'un?
hilary mantel wolf hall traduction française: LA grande question...
lire millenium gratuitement c'est pas demain la vieille à mon avis...
vos impression blog j ai pas aime au bonheur des dames emile zola: ayant adoré....

Les questions existentielles:

comment font les girafes pour avoir des enfants
comman ce faire aimer grave par une fille kon aime
j'ai 15 ans et je suis sado mazo
a ton avie combien de livres faut-il lire dans un mois
pourquoi Maus dessin en noir et blanc: une question qui semble en titiller beaucoup...

Et pour les profs pas inspirés pour le programme littérature de l'année prochaine, voici le top ten des romans chroniqués ici et étudiés en classe par vos collègues (au vue du nombre de requêtes genre analyse complète par chapitre, thème de ci ou de ça, résumé complet etc de vos élèves paresseux):

1. Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma: gagnant incontesté dans cette catégorie.
2. La promesse de l'aube de Romain Gary: choix que j'approuve complètement, la lecture de Romain Gary ayant été pour moi une révélation au lycée. Mais à mon avis, La vie devant soi est plus adapté...
3. The Great Gatsby de F. Scott Fitzgerald: rude pour des élèves, non?
4. L'Argent d'Emile Zola: pile poil dans l'actualité, on devrait presque le lire en cours d'économie.
5. Le bouddha de banlieue d'Hanif Kureishi: j'avoue que je ne comprends pas vraiment pourquoi lire ce livre en classe.
6. La vie d'une autre de Frédérique Deghelt: mouais, les garçons de la classe doivent apprécier...
7. L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas.
8. Cosmopolis de Don Delillo: Alors là, pauvres élèves! Quoique, les demandes d'analyse et de résumés complets viennent peut-être de gens qui, comme moi, n'ont rien compris au livre ou au film. Désolée, je ne peux vraiment pas vous aider...
9. Peer Gynt d'Henrik Ibsen: Pas plus de chances du côté des analyses sur ce livre, je suis plutôt passée à côté.
10. The adventures of Huckleberry Finn de Mark Twain: oui, mais dans sa nouvelle ou ancienne édition?

ENCORE UN JOYEUX NOËL A TOUS!!!

jeudi 13 décembre 2012

Testament d'une race de Stanislas Kowalski

Pour ceux qui aiment: Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien

Testament d'une race est la confession d'un vieil homme mourant, Kuntara, autrefois chef guerrier de Mania. Dans une longue lettre, Kuntara raconte la perte de son peuple dans une guerre sanglante face aux envahisseurs locustes, des premières initiatives diplomatiques, aux sièges des grandes cités de Mania et des combats sans merci qui s'en suivirent. 

Premier roman auto-publié de Stanislas Kowalski, Testament d'une race fut pour moi une lecture à la fois étonnante et par certains côtés frustrante. J'avais reçu il y a quelques mois un mail de l'auteur, accompagné des trois premiers chapitres du livre. Après avoir lu le début du roman, j'avais été intriguée par cette histoire mélangeant cérémonie d'initiation aux inspirations africaines et peuples légendaires, façon mythologie antique et tolkienienne. Bref, curiosité oblige, je voulais connaitre le sort du peuple de Kuntara et j'ai donc accepté l'offre de l'auteur. 

J'ai au final bien fait, car j'ai passé un bon moment avec Testament d'une race, alors que le genre "fantasy" et les récits épiques ne sont pas forcément ma tasse de thé. Il y a, en effet, de très bonnes choses dans ce roman, à commencer par un style que j'ai trouvé très mature et réussi. C'est assez lyrique et construit, sans devenir lourd ou prétentieux. Il y a de belles tournures de phrases, entremêlées d'un vocabulaire propre à l'univers créé par l'auteur, sans que cela soit rébarbatif. 

Par contre, pour moi, ce livre est une très belle ébauche d'univers, mais il manque plusieurs éléments capitaux pour en faire un vrai bon roman. L'histoire est intéressante et je ne me suis pas ennuyée, mais il lui manque un peu de corps. Tout d'abord les personnages, dont la psychologie n'est pas assez développée, empêchant ainsi qu'on s'y attache. A peine quelques mots sur Karm, le meilleur ami de Kuntara, dont on ne comprend au final pas vraiment les motivations; des enfants et une femme à peine évoqués, dont on se débarrasse et qui refont surface, toujours sans être nommés, devenant tout à coup la raison de vivre de notre héros; une jeune fille à peine rencontrée à qui on donne tous les honneurs alors que Kuntara laisse mourir des gens qui lui sont chers sans cligner des yeux, etc. J'ai trouvé tout cela peu crédible. 

Il manque également un travail de description, primordial à mon sens dans ce genre de roman où tout un monde est créé. Oui, on peut laisser travailler l'imagination du lecteur, mais une base doit être donnée. J'ai ainsi eu de la peine à rentrer dans l'univers de l'auteur, n'ayant pratiquement aucun repère visuel.

Un livre loin d'être sans défaut donc, mais avec lequel j'ai passé un bon moment. J'en ressors avec un sentiment de beau potentiel pour l'auteur mais il manque quelques éléments essentiels pour faire de ce roman un très beau récit épique au lieu d'un bon "scénario" au contenu parfois un peu maigre. 

Kuntara est désormais un vieil homme.
Il relate la destruction de son peuple dans une guerre qu’il n’a pas vue venir.
Il raconte ses projets et les espoirs perdus de sa jeunesse.
Il raconte ses choix d’homme mûr et les combats qu’il a dû mener pour sa patrie, ses compagnons et sa famille.
Il raconte son héroïsme, auquel il ne croit plus lui-même.
Bravoure, vulgarité, altruisme et cruauté se mêlent et interrogent son désir d’être civilisé.


Diplômé de lettres classiques, Stanislas Kowalski a commencé à enseigner il y a une dizaine d’années. Il a notamment des expériences de volontariat de solidarité internationale (VSI). Dans ce cadre, il a enseigné le français dans une université chinoise et a dirigé un centre d’alphabétisation à Djibouti.
Depuis 2005, il est un des rédacteurs du webzine Sanqua : www.sanqualis.com. Dans ses articles, il réfléchit, parmi bien d’autres sujets, sur les cultures lointaines et sur les technologies du futur.
Depuis peu, il publie ses poèmes sur son blog : http://egomet.sanqualis.comTestament d’une race est son premier roman.

Je remercie l'auteur pour l'envoi de ce livre et je vous souhaite plein de succès pour la suite. 

Lecture commune avec Philisine Cave. Allez vite voir son avis.

KOWALSKI Stanislas, Testament d'une race, ed. lulu.com, septembre 2012, 182p. 

mardi 4 décembre 2012

Tigre, tigre! de Margaux Fragoso

Pour ceux qui aiment: Lolita de Vladimir Nabokov

A l'âge de sept ans, Margaux rencontre à la piscine Peter Curran, un homme de cinquante et un ans, qui devient très vite son compagnon de jeux. Margaux est fascinée par la maison de Peter, remplie d'animaux et synonyme de liberté, et ses visites à son nouvel ami deviennent très vite indispensables à son bonheur. Peter incarne peu à peu un père de remplacement, avant d'exiger d'elle des "petits cadeaux", et de devenir, au fil des quinze années de leur relation, son amant et sa prison.

Tigre, tigre! relate l'évolution de ce lien entre une petite fille et un pédophile. Sans essayer d'analyser en profondeur les événements de sa vie, Margaux Fragoso relate avec beaucoup de recul les faits et les mécanismes de manipulation de cette relation. 

En lisant Tigre, tigre!, on oublie parfois qu'on a affaire ici à un témoignage, tellement l'auteur semble distante. Et pourtant, à chaque fois que je me le rappelais, un gros poids s'abattait sur ma poitrine. La façon dont Peter amène Margaux dans cette relation malsaine est tellement bien aboutie, qu'on en a des frissons dans le dos en pensant que beaucoup de petites filles auraient pu se laisser piéger. Et pourtant,  l'auteur ne diabolise pas non plus l'homme qui l'a accompagnée à travers une adolescence difficile, dans une famille complètement brisée... sans le défendre non plus et en étant totalement consciente de l'impact dévastateur qu'il a eu sur elle. Cette lucidité donne à ce livre tout son intérêt. Les faits sont décrits de manière brute, sans larmoiement ou apitoiement, sans être embellis, accentués ou passés sous silence. Tigre, tigre! se lit au final plus comme un documentaire qu'un témoignage mais cela n'enlève rien au récit qui est aussi passionnant que terrifiant. 

Difficile de parler du style, sur lequel on s'attarde peu au final, vu le malaise qu'on éprouve à la lecture de ce livre, mais j'ai su apprécier la plume précise de l'auteur. Il y a aussi un travail de fiction, particulièrement dans la retranscription des dialogues des premières années, qui rend le récit vivant. Par contre, si ce livre a dû être une libération pour Margaux Fragoso, les 400 pages sont assez "pénibles" à lire pour le lecteur. Il y a  un côté voyeuriste assez gênant à rentrer dans cette relation, et j'aurais volontiers interrompu ma lecture ou réduit le rythme. Peut-être qu'un long article plutôt qu'un roman m'aurait mieux convenu sur ce sujet. 

Une relation entre une petite fille et un pédophile dévoilée au grand jour pour un témoignage impressionnant. Une lecture qui met bien évidemment mal à l'aise mais que j'ai appréciée pour sa force et son impact. A lire pour comprendre l'incompréhensible!

Je remercie Oliver de Price Minister pour l'envoi de ce livre. Il a voyagé dans toutes les postes d'Europe mais je suis très heureuse qu'il ait trouvé le chemin de ma boîte aux lettres au final, car c'est une lecture que je n'oublierai pas de si tôt. 

Ma note: 16/20

Par une belle journée d'été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans; il en a cinquante et un. Quand Peter l'invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d'animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d'ami, puis de père, et d'amant. Charmeur et manipulateur, Peter s'insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l'enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée. Lyrique, profond et d'une limpidité hypnotique, Tigre, tigre ! dépeint d'une manière saisissante les forces opposées de l'emprise et de la mémoire, de l'aveu et du déni, et questionne nos capacités de guérison. Un récit extraordinaire qui dévoile de l'intérieur la pensée d'une jeune fille au bord de la chute libre.

Margaux Fragoso est née à Union City dans le New Jersey en 1979. Tigre, tigre ! est son histoire. Il est en cours de publication dans 24 pays. Touchée par la force de ce récit, Marie Darrieussecq en a assuré la traduction.

FRAGOSO Margaux, Tigre, tigre!, ed. Flammarion, août 2012, 407 p., traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Darrieussecq. 
FRAGOSO Margaux, Tiger, Tiger: A Memoir, ed. Farrar, Straus and Giroux, mars 2011, 336p.  

samedi 1 décembre 2012

My Brilliant Career (Ma brillante carrière) de Miles Franklin



Bush australien, fin 19ème siècle: Sybylla est une jeune adolescente de 16 ans avec des rêves plein la tête et une bonne dose de volonté. Prisonnière d'une vie qu'elle déteste sur la ferme de ses parents, où les journées sont rythmées par la traite des vaches et la tournée des bars pour retrouver son père alcoolique, Sybylla voit enfin son avenir s'éclaircir quand sa grand-mère lui propose de venir habiter chez elle. S'ouvre alors un monde de volupté, où Sybylla peut enfin déployer ses ailes, parler littérature et musique et peut-être rencontrer l'amour...

Classique de la littérature australienne, Ma brillante carrière invite dès les premières pages le lecteur à se plonger dans la vie du bush australien des années 1890. J'ai beaucoup aimé cette atmosphère qui m'a réellement transportée vers ces terres brûlées par la sécheresse. Grâce aux différentes fortunes de Sybylla, le lecteur découvre toutes les couches de la société de l'époque, des fermiers à la bourgeoisie du bush, des vagabonds aux "jackeroos". Les formules aussies donnent également un charme certain à ce roman... mais ne simplifie pas toujours la lecture en vo. 

Un contexte et une ambiance que j'ai donc beaucoup aimés découvrir et qui reste l'aspect que j'ai préféré dans ce livre. L'intrigue en elle-même m'a malheureusement moins séduite. Si j'ai été tenue en haleine pendant toute ma lecture et si j'ai trouvé la plupart des personnages plutôt attachants, le personnage de Syb m'a exaspérée. Il y a chez elle un côté égoïste, et une tendance calimero qui m'a gênée et j'ai peiné à voir dans ce personnage l'image féministe dont les critiques parlent souvent. Oui, elle poursuit ses rêves à tout prix mais les références incessantes au fait qu'elle n'est pas assez bien pour si ou pour ça, tout en se pensant si différente de tout le monde m'ont agacée. Une conséquence de l'âge de l'auteur qui était elle-même très jeune à la publication de ce roman?

Miles Franklin m'a également laissée sur ma "fin". L'intrigue aborde des éléments intéressants, comme la carrière de chanteuse ou d'écrivain, les colères d'Harold ou la vie de vagabond, sans au final les exploiter. Et que dire de la partie romantique du roman qui retombe comme un soufflé. J'ai, pour ma part, trouvé cette fin "militante" décevante car trop abrupte et peu argumentée. Miles Franklin sacrifie le romanesque à ses idéaux féministes, sans vraiment pousser la réflexion plus loin. Dommage!

Un récit emprunt de bush australien qui mérite une lecture rien que pour cela mais qui manque de romanesque et de maturité. Beaucoup de bons points qui auraient mérité d'être plus développés mais un résultat plutôt impressionnant au regard de l'âge de l'auteur et de l'époque. Récit de jeunesse, Ma brillante carrière est loin d'être sans défaut, mais il me donne au final très envie de découvrir le personnage intriguant de Miles Franklin et "Her brilliant career" (titre de la biographie de Jill Roe).

Ce chef-d'oeuvre de la littérature australienne contient tous les ingrédients qui font les meilleures recettes littéraires : un cadre exceptionnel, celui des gigantesques espaces australiens apprivoisés petit à petit par des hommes et des femmes aussi courageux que tenaces -, une saga familiale dramatique, une merveilleuse histoire d'amour, et la volonté farouche (le Miles Franklin de réussir une brillante carrière de femme et d'écrivain. Un pari totalement réussi !


Miles Franklin (1879-1954) est un auteur de romans, de nouvelles et d'essais qui sont tous devenus des classiques. Elle a laissé son nom au plus prestigieux des prix littéraires australiens.


Blogoclub: retrouvez tous les autres billets ici.

Un film a apparemment été tiré de ce livre en 1979. Est-ce que quelqu'un la vu?

FRANKLIN Miles, My Brilliant Career, ebook disponible sur le Projet Gutenberg, 1901
FRANKLIN Miles, Ma brillante carrière, Editions de l'Aube, mai 2012, 457p, traduit de l'anglais (Australie) par Nelly Lhermillier