RL 2017: Les pleureuses de Katie Kitamura

Rentrée Littéraire 2017

Que faire quand la mère de votre futur-ex mari vous appelle en s'inquiétant de la disparition de son fils. Faut-il lui avouer la séparation que son fils vous a demandé de garder secrète? Ou alors faire comme de rien et partir à la recherche de votre mari sur une île désertée du Péloponnèse?

C'est cette deuxième option que choisit la narratrice de Les pleureuses, troisième roman de la jeune auteure américaine Katie Kitamura. Les pleureuses nous emmène donc à la recherche de Christopher, auteur d'essais à succès, intelligent, séducteur et coureur de jupons. Leur relation a pris l'eau il y a plusieurs mois mais le secret qui entoure encore leur séparation pousse la narratrice à se conformer une fois encore au rôle de bonne épouse. 

Accueillie dans un hôtel déserté d'une île grecque dévastée par les incendies, la narratrice dont on ne connaitra pas le prénom, profite de ces quelques jours pour passer en revue sa relation avec Christopher et les raisons de son échec avec la lucidité permise par une séparation déjà murie. 

C'est ce dernier aspect qui m'a le plus plu dans le livre. Souvent, les romans qui traitent des séparations amoureuses sont très portés sur la tragédie et la surenchère émotionnelle. A contre-pied,  Katie Kitamura aborde le sujet avec recul, objectivité, et psychologie. On sent que la relation a dû être passionnelle et la rupture douloureuse, mais le temps a ici déjà fait en partie son labeur et laisse la place à une analyse relativement froide...bien que tortueuse.

Les pleureuses reste en effet un roman introspectif, lent et long monologue intérieur d'une narratrice perdue et indécise. Partant d'une disparition et d'une enquête, Les pleureuses n'est de loin pas un roman policier et les rebondissements de ces 300 pages se comptent sur les doigts d'un main. On sent l'influence "creative writing" de l'auteure, qui s'applique à certaines descriptions, à certains instants insignifiants du roman (je pense en particulier à une dispute interminable), en oubliant son intrigue et l'approfondissement de ses personnages. J'ai eu l'impression d'un récit "qui aime s'écouter" si vous voyez ce que je veux dire. Le décor d'un île grecque touristique, abandonnée à ses habitants une fois la saison terminée, et le sujet des pleureuses auraient également pu être mieux exploités.

Un récit intimiste sur la fin d'une relation amoureuse et l'analyse distanciée de ses causes et conséquences. Une approche originale pour un roman que j'ai malheureusement trouvé trop superficiel. 

« Christopher avait tous les droits de disparaître sans que je  le pourchasse. Mais partir si longtemps sans laisser de mot ?  N’y avait-il pas quelque chose d’étrange ? »

La narratrice est séparée de son mari, Christopher, depuis  six mois mais personne ne le sait. Quand sa belle-mère  l’appelle pour lui dire qu’il a disparu, elle accepte de partir à  sa recherche dans le Péloponnèse. Elle s’installe dans l’hôtel  où il a été vu pour la dernière fois, et les jours passent sans  que Christopher réapparaisse...
Dans cette campagne grecque ravagée par les incendies, la  jeune femme retrace l’histoire de leur relation et interroge  sa propre responsabilité dans l’échec de leur mariage.

Merci à NetGalley et aux éditions Stock de m'avoir permis de découvrir ce livre.

KITAMURA Katie, Les pleureuses, ed. Stock, août 2017, 304p., traduit de l'anglais (États-unis) par Denis Michelis
KITAMURA Katie, A Separation, ed. Riverhead Books, février 2017

Commentaires

  1. Merci de ton avis... j'attendrai pour le lire éventuellement, en ce moment j'ai du mal avec les longueurs. ;-)

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    1. C'est loin d'être un thriller même si on ne s'ennuie pas. Je pense que dans le flot de la rentrée, il y a sûrement plus indispensable.

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  2. Mouais, je vois très bien ce 'se regarder écrire'
    A separation traduit par Les pleureuses, à mon gout ça change un peu l'angle, non?

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    1. En fait les deux titres fonctionnent assez bien mais je vois que le titre français peut avoir un petit côté presque "misogyne", genre la nana qui pleurniche après une séparation. Mais ce n'est pas à ça que le titre fait référence...

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  3. Un peu trop superficiel ? C'est dommage, le sujet était tentant.

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    1. Oui, on ressent vraiment le côté creative writing, au détriment de l'intrigue. Dommage!

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