mercredi 27 avril 2011

Salon du Livre de Genève J-2


Et voilà, je suis (déjà) de retour après quelques jours de repos, de soleil et de gelati en Toscane. Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour lire vu que je dois rattraper tout le retard accumulé pour mon Master mais j'ai quand même fini L'Infini Ment de Régine Magda Lên (billet ci-dessous) et j'ai bien attaqué Room d'Emma Donoghue (billet le 17 mai en LC).

Aujourd'hui retour au boulot mais mon esprit divague déjà vers le Salon du Livre de Genève qui ouvrira ses portes pour cinq jours le vendredi 29 avril, avec une entrée gratuite ce jour-là. La nocturne se déroulera cette année le lundi 2 mai jusqu'à 21h30. Toutes les infos et programme ici.

Je pense être au rendez-vous le samedi et dimanche. Je n'ai pas épluché le programme en détail mais j'ai déjà repéré la venue de Frédérique Deghelt le samedi de 15:30-16:30 et celle de Louis-Philippe Dalembert, dont j'ai récemment beaucoup aimé Noires Blessures, le samedi de 16:00 à 17:00 et le dimanche de 11:00 à 12:00. Au programme également l'Arménie en hôte d'honneur, l'apparition d'un Laboratoire des nouvelles lectures, une exposition pour les 100 ans de Gallimard, le Salon africain, la grande exposition sur l'art de la Franc-maçonnerie, des débats et le stand anglophone qui va de nouveau faire mal à ma PAL.

Qui y sera? Un petit café bloguesque vous tente?

samedi 23 avril 2011

L'Infini Ment de Régine Magda Lên


De nos jours, dans un Vietnam réunifié, François raconte à ses enfants ses guerres, de l'occupation japonaise durant la deuxième guerre mondiale à son engagement auprès des troupes françaises dans leur lutte désespérée pour préserver les territoires coloniaux Indochinois. L'Infini Ment est ainsi l'histoire de la folie des hommes mais c'est avant tout une histoire d'amour, d'amitié et d'engagement.

L'Infini Ment m'a fait passer par toute une série de sentiments. L'histoire principale, centrée sur la guerre d'Indochine est passionnante et j'ai beaucoup aimé ce contexte finalement plutôt absent de la littérature. Si le lecteur suit François des camps d'entrainement à ceux de prisonniers, du Laos à Diên Biên Phu, Régine Magda Lên a cependant décidé de traiter le sujet de manière très "humaine" en se concentrant sur une suite de rencontres entre François et la belle infirmière Inès, l'intriguant mais fidèle ami René, Marcel, Pierrot et les autres à travers l'histoire troublée du Vietnam. Les personnages sont bien croqués et attachants mais j'ai trouvé que l'intrigue restait parfois un peu en surface et j'aurais justement voulu avoir plus de détails sur le cours des événements et sur l'engagement de chacun dans le conflit. Au final, j'ai un peu l'impression d'avoir survolé l'album photo d'une vie et d'une guerre, sans vraiment connaitre le contexte et les implications de chaque cliché.

C'est cependant le style qui me laisse partagée. La plume de Régine Magda Lên est riche, très fleurie et métaphorique. Durant ma lecture, j'ai pensé au Coeur cousu de Carole Martinez. J'ai trouvé certains passages vraiment magnifiques, preuve en est les nombreuses pages cornées, alors que d'autres phrases ne faisaient, selon moi, pas vraiment sens ou sonnaient un peu clichées. Un passage qui donne une bonne idée de la manière dont l'auteure joue avec les mots:

"Le constat, c'est que la guerre n'a pas de camp. La guerre est une abstraction ou un cul-de-jatte si tu veux; sans territoire, sans camp, sans coeur, sans rien. Amputée de tout, nous en sommes les jambes et nous la promenons à travers le monde. En troupes disciplinées nous lui composons des bras aussi, des bras armés et meurtriers. La guerre est un cul-de-jatte avec une tête qui pense la mort, pour nous. Elle nous donne une raison, une organisation, un choix qui nous convainc de la transporter. Bien sûr, elle change souvent de conviction pour qu'il y ait toujours une raison quelque part, suffisamment impérieuse et noble pour aller tuer et se faire tuer. On parle de machinerie et de puissance de feu à propos de la guerre. La machinerie, c'est nous, nous tous, dans les différents camps. Et la puissance de feu dont il s'agit, c'est de la conjugaison; c'est l'imparfait de l'humanité. Elle nous décline les uns après les autres eu feu monsieur et feue madame, et avec notre accord par dessus le marché." p. 60-61

J'ai été touchée par le récit de François et l'esquisse de ces vies et de ces temps troublés malgré quelques maladresses.
Une lecture intéressante et prenante mais dans laquelle on avance lentement en raison d'un style que l'on pourrait qualifier tour à tour de riche ou d'ampoulé.

« Je la connais, la mort » : c'est presque sur ces mots que commence l'histoire de François. Le vieil homme révèle à ses enfants ce que furent ses véritables luttes Indochine, Vietnam, et toutes ces guerres innommées, intimes. François exhume ces années de feu qui lui ont dérobé sa liberté, son honneur et son grand amour. Entre Danang, le Laos et Diên Biên Phu, on le suit de tranchées en tranchées, de camps en camps, égaré dans une Histoire qui lui échappe. Plus on avance dans le récit, plus ce tempérament à la fois rebelle et sage nous frappe par sa lucidité et sa générosité. « Nous sommes à chaque instant ce que le passé nous a commandé de devenir, et ce que l'avenir nous commande de dépasser » : ces propos résument parfaitement l'état d'esprit du narrateur ; déchiré et cependant tout dune pièce. Témoignage édifiant et incarné d'un périple qui, du maquis Vietminh aux troupes colonialistes françaises, nous entraîne à travers une histoire mouvementée. Les amitiés s'éprouvent, les amours s'obstinent, les masques tombent parfois Basé sur des faits historiques réels, très bien documenté, ce récit distille les essences aigres-douces d'un ailleurs volontiers dépaysant et terriblement touchant.

Je remercie Blog-O-Book et les éditions Publibook pour la découverte.


LEN Régine Magda, L'Infini Ment, ed. Publibook, janvier 2011, 272p.

jeudi 14 avril 2011

Citation du jeudi (12)


Sur une idée de Chiffonnette:

"Nous sommes à chaque instant, ce que le passé nous a commandé de devenir, et ce que l'avenir nous commande de dépasser. C'est de le savoir le plus éreintant, alors on appelle ça vivre."

L'Infini Ment de Régine Magda Lên, p.42

Citation de ma lecture du moment au style parfois un peu alambiqué mais qui offre de très belles phrases au détour des pages. Je vous en parle très vite.

vendredi 8 avril 2011

In caca veritas de Josh Richman, Dr. Anish Sheth et Tebo


Pour: votre pote à l'humour scato

C'est un billet un peu particulier que je vous propose aujourd'hui et surtout trèèèèès éloigné de mes lectures habituelles. J'ai d'ailleurs longtemps hésité à vous en parler, voulant éviter l'arrivée d'une faune particulière sur ce blog, mais au final, comme j'ai trouvé cette lecture "sympa" (autant que le sujet puisse l'être), vous excuserez donc cette occurrence de mauvais goût sur cet humble blog.

Je vous rassure tout de même, j'ai à la base acheté ce livre comme cadeau. Vous en avez sûrement un parmi vos amis, auteur (et fier de l'être) de blagues douteuses qui ont l'art de provoquer des rires graveleux autour de la table du bistrot, majoritairement parmi la gente masculine et des "euhhhh, c'est dégueu!" parmi le sexe sophistiqué dont je fais partie. Bref, je trouvais que cet ouvrage serait un joli message et juste le titre vaut selon moi le détour.

Mais assez de justifications sur le pourquoi, du comment de la lecture de ce livre... Qu'en est-il au final? In caca veritas est LE livre gadget par excellence, mais j'avoue qu'au final, il m'a arraché plusieurs sourires (et oui, fini la sophistication féminine du coup). Les auteurs listent toutes les formes de spécimens possibles, du Flotteur au Caca-thlétique. Vous l'avez compris, aucun humour fin à l'horizon mais les adeptes du genre devraient apprécier. A noter quand même que chaque page est accompagnée d'explications du Dr. Colombin et que, ma foi, j'y ai même appris des choses.

A laisser "trôner" aux toilettes, vos invités n'oseront pas l'avouer mais ils apprécieront sûrement le clin d'oeil.

"Le cac*, c'est un peu comme les flocons de neige: chaque cr*tte est unique. Grâce à ce livre-hommage qui démystifie l'obscur fonctionnement du système digestif et analyse votre état de santé d'après celui de la cuvette, vous saurez tout, tout, tout sur le cac*! Vous trouverez ici la description aussi limpide que cocasse de dizaines de cr*ttes différentes, ainsi que des anecdotes, des annales médicales et autres précisions pour pousser plus loin."



Et parce que l'humour gras n'a pas de limite, In pipi veritas existe également.

RICHMAN Josh et SHETH Anish, illustrations: TEBO, In caca veritas, ed. Glénat, octobre 2008, 96p. traduit et adapté de l'anglais (Etats-Unis) par Alice Marchand
RICHMAN Josh et SHETH Anish, illustrations: ARKLE Peter, What's your poo telling you?, ed. Chronicle Books, mai 2007, 96p.

mardi 5 avril 2011

Already back from London

Et oui, je suis déjà de retour après quelques jours passés à Londres. Je sais, encore Londres, mais 1) comme le disait Samuel Johnson, cité par Mr.Z, "When a man is tired of London, he is tired of life" et 2) ce deuxième petit séjour est dû à un épisode très très stupide, qui se résume à devoir racheter un billet d'avion aller-retour en octobre car mon avion décolle d'un aéroport situé tout à l'ouest de Londres alors que j'ai mis tant d'efforts à arriver tout à l'est. Oui, oui, vous pensiez que ce genre d'épisode n'arrivait que dans les films, mais non, il existe réellement des personnes assez étourdies et déconnectées après leurs examens pour faire ce genre d'énormités. Enfin bref, au final, j'ai passé un très agréable séjour et vous trouverez ci-dessous quelques idées si vous avez la chance de traverser la Manche dans les prochaines semaines.

- Exposition Sexual Nature au Natural History Museum: Une exposition vraiment très sympa et délicieusement irrévérencieuse sur la vie sexuelle des animaux. Elle présente des informations vraiment surprenantes qui nous montrent que tous les goûts et pratiques sont dans la nature. L'exposition est composée de petits textes informatifs, de très belles images et films façon BBC, des fameux petits films de green p*rno avec Isabella Rossellini qui sont hilarants et une belle réflexion sur l'attirance et la sexualité. Une expo vraiment originale et bien construite, à la fois drôle et informative. Attention quand même, à déconseiller aux têtes blondes. Jusqu'au 2 octobre 2011.


- The Brickhouse: pour un dîner-spectacle dans le quartier à la mode de Shoreditch. L'endroit est vraiment sympa et le spectacle burlesque avec travest*s, imitations de Prince, trapèze et strip-tease gentillet, est à prendre au deuxième degré. L'ambiance est très détendue, le service sympa, la nourriture plutôt bonne et de bon rapport qualité-prix. Une soirée sympa entre filles, à la Sex and the City.

- Legally Blonde, The Musical: Alors je suis normalement plutôt sceptique sur les comédies musicales mais j'avoue avoir passé un bon moment avec cette adaptation du film. Le casting est très réussi et certaines voix vraiment magnifiques, le scénario drôle et la mise en scène assez impressionnante. Il se dégage de ce spectacle une vraie énergie et on en ressort avec une pêche d'enfer. Une fois encore, à réserver à un public plutôt féminin. Savoy Theatre



- L'afternoon tea au Sheraton Park Lane Hotel: Un thé plutôt traditionnel servi dans le hall art déco de l'hôtel. Les finger sandwichs, les scones avec clotted cream et lemon curd et les pâtisseries étaient à tomber et les goûts très fins. L'ambiance était reposante, animée par une harpiste de talent. Un bon compromis selon moi par rapport aux thés plus "touristiques" du Savoy ou du Claridge's. J'aimerais quand même tester à l'occasion l'afternoon tea du Dorchester qui semble avoir été bien modernisé.

- La visite traditionnelle à "mon" tableau de Stubbs, "Whistlejacket" à la National Gallery.


Voilà pour quelques highlights entre séances de shopping, ballades dans les parcs et flâneries dans les musées. Finalement, ça a du bon d'être une tête en l'air... Prochain voyage en octobre pour mes exas (tout de suite moins drôle). Je reste dans une ambiance british avec ma lecture du moment, The Turn of the Screw d'Henry James en lecture commune avec L'or des chambres pour le 11 avril.