Le Nao de Brown de Glyn Dillon


Nao, jeune anglo-japonaise, tente de se faire un place en tant qu'illustratrice tout en travaillant dans un magasin d'art toys. Sous ses airs de jeune fille modèle, Nao est victime de pulsions extrêmement violentes qui déchainent son univers imaginaire et ne facilite pas sa recherche d'amour et de sérénité. 

Premier constat pour cette BD et, à mon avis, son atout principal: le magnifique dessin de Glyn Dillon, des aquarelles très fines, avec de belles couleurs chaudes, qui loin d'un côté "délavé", donnent aux personnages de très belles expressions, à la fois douces et détaillées. Vraiment, Glyn Dillon a un coup de pinceau qui mérite à lui seul son Prix spécial du Jury d'Angoulême.

Le Nao de Brown, c'est également des personnages attachants. Nao, jeune femme d'apparence douce et fragile, mais à l'imagination aussi violente que paralysante. J'ai beaucoup aimé ce personnage qui lutte contre ses pulsions, et craint avant tout de perdre le contrôle et de sauter d'un avion ou d'écraser un enfant dans la rue dans un accès de folie. Avouez-le, pas classique comme héroïne! Les amis qui gravitent autour d'elle sont également fort sympathiques, en particulier Steve et ses histoires d'amours foireuses.

Glyn Dillon est anglais mais il nous offre avec Le Nao de Brown une BD à l'ambiance très japonisante, emprunte d'univers manga et de philosophie bouddhiste. C'est peut-être là que le bât blesse pour moi, car je n'ai, par exemple, pas compris l'intérêt de la fable avec Pictor et le Rien. Je dois dire que la fin m'a également laissée un peu perplexe, la trouvant trop abrupte, un peu mal-amenée, comme si l'auteur ne savait plus où aller avec ses personnages. 

Une BD aux illustrations superbes et à la thématique originale mais une intrigue qui reste, à mon avis, un peu légère. J'ai pris plaisir à faire la connaissance de Nao et de son univers, mais Glyn Dillon m'a à plusieurs reprises perdue en route. 

Je remercie PriceMinister pour l'envoi de cette BD dans le cadre de l'opération La BD fait son festival. Je lui donne la note de 14/20. 

DILLON Glyn, Le Nao de Brown, ed. Akileos, octobre 2012, 208p. 

Commentaires

  1. J'aime les dessins aussi. Mais c'est peut-être un peu trop réaliste pour moi.

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  2. La couverture et le titre ne m'attiraient pas vraiment mais ton avis a éveillé ma curiosité, et je me dis même que ça pourrait bien me plaire!

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  3. Pour la fin, c'est probablement le cas. Toute la difficulté, pour un auteur, est de réussir la chute. Courte, surprenante et vraisemblable, e,ta,t qu'auteur j'en connais les enjeux...

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  4. @Jackie: Trop réaliste? Tu parles du dessin? Parce que si tu crains trop de réalisme dans l'histoire, pas de souci à avoir, Nao a des hallucinations, on parle de déesse bouddhiste, d'un garçon à la tête de gland etc ;-)

    @A girl: Je pense en effet que tu pourrais être moins gênée que moi par certains aspects de la BD. Et bon, de toutes façons, il reste les illustrations.

    @Jeanmi: Il parait que l'auteur s'est blessé à force de faire toutes les illustrations à la main. Peut-être que le côté bâclé de la fin est un peu dû à ça aussi...

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  5. L'image que tu mets est, en effet, très convaincante. Je le note; merci.

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  6. Oui, le dessin. J'ai un peu honte de dire que pour moi la BD, c'est Astérix et Gaston Lagaffe. A part certains Corto Maltese, je n'ai jamais vraiment accroché aux dessins plus "réalistes".

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  7. @Lewerentz: Les illustrations valent vraiment la peine, après l'histoire... Mais n'hésite pas à y jeter un oeil.

    @Jackie: Hum hum, effectivement, on est assez loin d'Astérix côté illustrations ;-)

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  8. Le graphisme est singulier, il m'intéresse !

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  9. Ce que tu en dis ne me donne pas envie mais le dessin a tout pour me plaire.

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  10. @Philisine: Le graphisme est très beau et mérite définitivement d'être découvert... quitte à au moins feuilleter cette BD pour le plaisir des yeux.

    @Valérie: Il y a vraiment un problème sur la fin mais comme pour Philisine, à au moins feuilleter pour admirer ces magnifiques aquarelles.

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