dimanche 7 juillet 2013

Quelques sorties culturelles à faire ici et là...

En attendant que j’attaque enfin la longue liste de billets en retard sur mes lectures (à venir, Gone with the wind de Margaret Mitchell, La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker, Une pincée de terre et de mer de Dina Nayeri, etc.), voici quelques expos et pièces vues ces derniers mois qui m'ont laissé un bon souvenir. 


L'exposition Life and death in Pompeii and Herculaneum au British Museum, Londres: 

L'éruption du Vésuve en l'an 79 de notre ère détruisit les deux villes de Pompeii et Herculaneum, tuant des milliers d'habitants piégés et surpris par la mort dans leurs tâches quotidiennes. Événement tragique mais vraie aubaine pour les archéologues, le destin de Pompeii et Herculaneum nous permet aujourd'hui de mieux comprendre comment vivaient les Romains. Le British Museum utilise les objets déterrés et les connaissances acquises grâce aux fouilles conduites dans ces deux villes pour reconstruire une maison romaine et le quotidien de ses habitants, ne consacrant au final que quelques salles à la fin tragique de ces deux villes.

J'ai visité Pompeii et Herculaneum, pour la dernière fois il y a bien 20 ans, et en garde un souvenir très fort. Des émotions retrouvées lors de la visite de cette exposition. Comment ne pas être émue face à des dattes, céréales et figues conservées depuis presque 2000 ans; face à des tables et un berceau en bois transformés en charbon par la chaleur de l'éruption? Comment ne pas être bouleversée par ces moulages de plâtre des victimes qui m'avaient tant impressionnée petite?

Une exposition bien faite (peut-être parfois un peu trop simpliste et bien-pensante, mais je pinaille), pour tous ceux qui n'ont pas l'occasion d'aller à Naples et pour tous les autres qui souhaitent retrouver l'atmosphère si particulière de ces lieux, avec en prime des informations riches sur la vie du commun des mortels à l'époque romaine, de l'aristocrate au marchand, du tavernier à l'esclave. Espérons également qu'une partie des bénéfices de cette exposition ira à la préservation des sites...

Life and death in Pompeii and Herculaneum
British Museum
28 mars - 29 septembre 2013


One man, Two Guvnors au Theatre Royal Haymarket de Londres:

Prenez une pièce de Carlo Goldoni dans la tradition de la comedia dell’Arte (ici Arlequin serviteur de deux maîtres) ; transposez le tout à Brigthon dans les années 60; ajoutez de la musique de crooner, une bonne dose d’humour anglais et vous obtiendrez One man, Two Guvnors. 

Difficile de résumer l’intrigue de cette pièce où les malentendus, les imbroglios se succèdent. Pour faire simple, disons que Francis s’engage au service de Roscoe Crabbe, petit caïd de la région. Mais sous les traits de Roscoe, se cache en fait Rachel, sa sœur jumelle, qui a pris la place de son frère pour protéger son petit ami, Stanley Stubbers, qui se trouve être aussi le meurtrier de Roscoe. Vous me suivez toujours ? Quand Stanley arrive à Brighton, il tombe sur Francis et l’engage comme serviteur. Partagé entre deux patrons mais motivé par la perspective d’un gain doublé, Francis va devoir faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour servir ses deux maîtres sans qu’ils se rencontrent. 

Nous voulions à la base aller voir The Audience sur les réunions entre la reine (Helen Mirren) et tous les premiers ministres de son règne, mais il ne restait que des places debout (bof, pendant plus d’une heure de spectacle) ou à plus de 90£ (Gloups!). Nous avons donc opté pour cette pièce un peu par hasard, sans avoir au préalable lu les excellentes critiques de la presse britannique. Au final, je pense que nous n’avons pas trop perdu au change, bien que la comparaison entre les deux pièces soit difficile. 

Dans un genre complètement différent donc, loin de la politique et des affaires de la couronne britannique, One man, Two Guvnors a vraiment été une bonne surprise. J’ai trouvé les acteurs vraiment excellents et surprenants dans les petites parties chantées entres les actes ainsi que durant les scènes improvisées. Il se dégage de cette pièce une énergie folle, un dynamisme qui ne vous laisse pas une minute de repos. Résultat, on remarque à peine les deux heures du spectacle. 

Petit conseil cependant : il faut quand même avoir un certain niveau d’anglais, car les dialogues et les bons mots fusent à une vitesse folle. Ah oui, et si j’étais vous, j’éviterais les sièges en fin de rangée du parterre…  

Une excellente pièce, vraiment drôle tout en évitant l’humour lourd et gras. Un univers coloré, dynamique et musical qui m’a mis une pêche d’enfer pour le reste de la soirée. Vraiment, je suis une grande difficile pour les comédies mais là, je n’ai pas trouvé grand-chose à y redire. N’hésitez plus si vous avez besoin d’un petit remontant !  

Fired from his skiffle band, Francis Henshall becomes minder to Roscoe Crabbe. But Roscoe is really Rachel, posing as her own dead brother – who’s been killed by her boyfriend Stanley Stubbers. Francis spots the chance of an extra meal ticket and takes a job with one Stanley Stubbers – but to prevent discovery, he must keep his two guvnors apart. Simple.

One man, Two Guvnors de Richard Bean
Adapté de: Arlequin serviteur de deux maîtres de Carlo Goldoni
Avec : Sam Alexander, Martin Barrass, Mensah Bediako, David Benson, Owen Brazendale, Gillian Budd, Ian Burfield, Rhona Croker, Amy Cudden, Derek Elroy, Rufus Hound, Max Hutchinson, Harry Kershaw, Tom Lorcan, Aimee Parkes, Kelly Price et Hugh Sachs
Musique : Grant Olding
Theatre Royal Haymarket 
Jusqu’au 1 mars 2014  


Exposition Qin - L'empereur éternel et ses guerriers de terre cuite au Musée d’Histoire de Berne:

L’armée de terre cuite de l’empereur Qin Shi Huangdi (259–210 av. J.-C.) est connue à travers la planète et pourtant, pouvoir l'admirer reste un privilège rare. Pour la première fois, un groupe entier de vraies figures en terre cuite provenant du mausolée de l'empereur a fait le voyage jusqu'en Suisse pour y être présenté au grand public. Ayant toujours été intriguée par cette découverte mais n’étant pas particulièrement attirée par la Chine pour une prochaine destination voyage (sans que je puisse vraiment l’expliquer d’ailleurs), je ne pouvais pas manquer ça et j’ai sauté sur l’occasion de découvrir quelques-unes de ces statues et leur histoire. 

J’ai par contre eu la mauvaise idée d’y aller un dimanche de week-end prolongé. Alors que nous avions un horaire d’entrée assez stricte, j’ai trouvé l’exposition vraiment surpeuplée, au point de devoir faire la queue pour voir les vitrines (j’avoue que j’ai un peu fait ma welsch sur ce coup-ci et que je n’ai pas toujours bien sagement attendu mon tour). Du coup, je n’ai pas pu admirer à mon aise ces soldats à l’allure si humaine et étrange, produites en série mais dont le visage a été individualisé. Malgré cela, j’ai été subjuguée par la petite dizaine de statues exposées, dont la finesse des détails et les regards sont vraiment déroutants. J’aurais bien sûr aimé en voir d’avantage, mais les modèles choisis sont très beaux et peuvent en soi justifier le prix assez élevé de l’exposition. Le reste est bien sûr moins impressionant mais fournit quelques explications intéressantes sur l'époque et la vie de l’empereur Qin. Par contre, j’ai trouvé la mise en contexte un peu fouillie et parfois peu claire, surtout sans avoir pris d’audioguide. 

Au final, je suis vraiment heureuse d’avoir eu l’occasion d’admirer de plus près cette armée enfouie. Tout comme la visite de l’exposition sur Pompeii (dont je vous parle ci-dessus), on ressort de l’exposition avec l’envie de visiter le site, afin de vraiment se rendre compte de la taille et la richesse de ces découvertes archéologiques. Comme quoi, la Chine…maybe !

Qin - L'empereur éternel et ses guerriers de terre cuite
Musée d’Histoire de Berne
15 mars – 17 novembre 2013


Bronx de Chazz Palminteri avec Francis Huster

Dans le Bronx des années 60, Cologio, 9 ans, assiste à un meurtre perpétré par la capo du quartier, Sonny. Face à la police, il refuse de dénoncer ce dernier, s’attirant ainsi ses faveurs. Devenu comme un fils pour Sonny, Cologio traverse son adolescence tiraillé entre l’argent facile et le respect réservé aux mafiosi et les valeurs que son père essaie de lui transmettre. 

Pour qui a vu l’adaptation du livre autobiographique de Chazz Palminteri, Il était une fois le Bronx, réalisée par Robert de Niro en 1993, difficile d’imaginer que Francis Huster puisse se retrouver seul sur scène pour son adaptation au théâtre. Et pourtant, pendant un peu plus d’une heure, ce n’est pas moins de 18 personnages qui seront interprétés par l’acteur. 

Cologio, devenu adulte, raconte donc son enfance passée dans le Bronx sous l’aile du mafioso Sonny. Dans des dialogues récités à la vitesse éclair, Francis Huster interprète tour à tour les personnages du quartier, modulant sa voix, ses attitudes à chacun d’eux. Si le processus est tout d’abord déroutant, on s’y habitue plutôt vite et on rentre dans ce texte martelé comme des coups de pistolet, sans le moindre temps d’arrêt.

J’ai trouvé la performance de Francis Huster vraiment impressionnante et dans l’ensemble convaincante. J’ai eu un peu plus de peine avec le personnage de Cologio, qui conserve ses attitudes enfantines même à l’âge adulte, probablement pour faciliter l’identification du personnage. Étonnamment, j’ai trouvé Francis Huster plus crédible sous les traits de Sonny et des mafiosi du quartier, alors qu’admettons-le, il n’a pas franchement la tête de l’emploi. Après, il était pour moi parfois difficile de vraiment rentrer dans ce récit de la vie du Bronx avec des textes en français et la bonne diction de Francis Huster, surtout avec les quelques souvenirs du film qui me restaient. 

Dans l’ensemble, j’ai quand même apprécié cette pièce et surtout le travail d’adaptation et de mise en scène que j’ai trouvé remarquable. Petit bémol par contre pour l’emploi de micro, presque obligatoire vu la taille de la salle, mais qui déforme la voix de l’acteur et me gêne généralement au théâtre (puriste vous dites ?).

New York, 1960. Cologio ( 9 ans ) est témoin d’un meurtre dans le quartier du Bronx. La mafia y règne sans partage et le racisme devient omniprésent. L’enfant n’est pas pour autant perturbé par ce drame. Il y a comme une fascination chez lui pour les malfrats. Il ne dit rien ni à la police ni à son père, chauffeur d’autobus très soucieux d’intégrité. Le meurtrier en est reconnaissant à Cologio et le prend sous son aile. Mais l’enfant, qui grandit vite, va devoir choisir son clan et ses valeurs, entre la franchise et l’honnêteté de son père ou l’appât du gain des affranchis… Un récit autobiographique de l’auteur américain Chazz Palminteri ( 60 ans ) dont Robert de Niro avait tiré un film en 1993 : Il était une fois le Bronx. Dans cette version théâtrale, Francis Huster incarne à lui seul 18 personnages, dont l’enfant, tout en délicates modulations à la fois espiègles et bouleversantes.

Une pièce qui a déjà pas mal tourné, originellement montée au Théâtre des Bouffes parisiens en 2012. A priori, la tournée est terminée, mais qui sait…

Bronx de Chazz Palminteri avec Francis Huster
Mise en scène : Steve Suissa
Avec : Francis Huster
Théâtre du Jorat
31 mai – 2 juin 2013


The Judas Kiss de David Hare:

crédit: www.islingtongazette.co.uk
En 1895, Oscar Wilde, écrivain reconnu et controversé, est débouté par la justice dans le conflit qui l’oppose au père de son amant, le Marquis de Queensberry, qui l’avait traité de “somdomite”. Exposé à présent à des poursuites pour conduite indécente, il refuse toutefois de s’enfuir et de quitter le jeune Bosie, au risque de se voir emprisonné. 

Pièce en deux actes, The Judas Kiss avait été présentée une première fois en 1998, puis rejouée en 2012 au Hampstead Theatre de Londres, avec dans le rôle d’Oscar Wilde, Rupert Everett, à peine reconnaissable, et dans celui de Bosie, Freddie Fox.  

Avec un jeu d'acteurs et une mise en scène irréprochables, The Judas Kiss est une très belle pièce sur les dernières années solitaires du grand Oscar Wilde. Connaissant très peu encore cet auteur (mais étant décidée à m’y plonger sérieusement), j’ai aimé découvrir cet aspect du personnage, plus âgé, plus passif et affaibli, que l’on connait peut-être moins. Difficile en effet d’imaginer le pétulant auteur se soumettre aux caprices d’un novice irritant tel que Bosie. 

L’ambiance de la pièce est assez pesante et triste mais on rit aussi grâce à quelques bons mots. Et que dire de l'éphèbe italien, dont le rôle consiste à se prélasser entièrement nu sur la scène... en tous cas, ça a eu le mérite de faire glousser mes voisines (pour ma part, je me concentrais sur la pièce, bien entendu ;-)). L'ensemble est équilibré, intéressant et bien joué, mais peut-être qu'il manquait un petit quelque chose (une petit peu plus d'entrain au niveau du texte?) pour vraiment adorer cette pièce. N'hésitez cependant pas si vous avez l'occasion de la découvrir; la tournée anglaise s'est achevée en avril mais on ne sait jamais...

The Judas Kiss de David Hare
Mise en scène: Neil Armfield
Avec: Rupert Everett, Freddie Fox, Alister Cameron, Tom Colley, Ben Hardy, Cal Macaninch and Kirsty Oswald
Hampstead Theatre

10 commentaires:

  1. Bravo pour tous ces compte-rendus de sorties culturelles ! L'expo du British Museum doit être passionnante !

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  2. Quelle chance tu as de voir tous ces spectacles londoniens ! Je n'aurais pas dis non à "The Judas Kiss". L'expo à Berne ne me tente pas mais j'en ai entendu du bien.

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  3. Je conseillerais l'expo Ron Mueck à la fondation Cartier.

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  4. @Kathel: Passionnante oui, mais pas aussi prenante que le site en lui-même...

    @Lewerentz: Ah oui, The Judas Kiss valait la peine. Typiquement le genre de pièce qui aurait de la peine à être montée par ici à mon avis. Quant à l'expo Qin, un peu comme pour l'expo Van Gogh d'il y a quelques années, je trouve que le tout est un peu trop business, matraquage de pub, prix élevé, etc. En même temps, avoir la chance de voir ces oeuvres ici en Suisse, ce n'est pas tous les jours que ça arrive...

    @Valérie: Petite sorties parisienne prévue en automne donc qui sait... J'ai vu que l'expo avait été prolongée jusqu'à la fin du mois d'octobre.

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  5. l'expo de Pompéi me tenterait bien alors que je suis clouée chez moi avec cannes et autres joyeuseté


    gros soupir .........................

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  6. @Dominique: Aïe, je ne savais pas, qu'est-ce qui t'est arrivé? Bah, tu peux utiliser ce temps pour booker un voyage vers Naples pour le printemps prochain...?

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  7. J'ai très envie d'aller voir l'expo des guerriers à Berne, mais à combien se monte l'entrée ?

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  8. @Eléa: C'est assez cher, CHF 28.- en tarif plein. Ouch je sais!

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  9. Ah oui quand même !! et il faut encore que je compte le billet de train .. ça fait cher la journée culturelle ..
    Merci pour le renseignement ;-)

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  10. @Eléa: C'est clair, c'est pas donné. Mais c'est meilleur marché qu'un voyage en Chine ;-) Tiens-moi au courant si tu te décides à y aller...

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