mercredi 30 juillet 2014

Souviens-toi de demain de Vanessa Caffin

Pour ceux qui aiment: Avant d'aller dormir de S. J. Watson 

Suite à une agression et après quelques semaines passées dans le coma, Charlie se réveille amnésique, sans aucun souvenir de sa vie passée et des événements qui l'ont menée à l'hôpital. Pire, sa mémoire est incapable d'enregistrer de nouveaux souvenirs et elle se réveille donc tous les matins, complètement perdue. Aidée d'un carnet dans lequel elle inscrit les informations collectées au fil des jours, Charlie se lance à la poursuite de son passé et tente de comprendre l'étrange message qu'elle semble s'être adressée: "Je vais mourir. Retrouver mon mari, retrouver Adam."

L'amnésie est un thème que je trouve généralement très prometteur et qui, bien exploité, peut donner des intrigues passionnantes. Je pense par exemple au film Memento de Christopher Nolan, à la série des Robert Ludlum, voire même dans un genre plus sensible à La vie d'une autre de Frédérique Deghelt. La barre était donc placée assez haut pour ce nouveau roman de Vanessa Caffin... trop haut malheureusement. 

Comparé à ses prédécesseurs, j'ai trouvé Souviens-toi de demain brouillon et peu crédible. Les réactions de Charlie m'ont paru étranges et incompréhensibles. En essayant de me mettre à sa place, non, je ne m’enfuirais pas de l'hôpital pour mener ma petite enquête mais attendrais bien patiemment que les médecins ou la police s'occupe de mon cas. J’inscrirais des notes très précises dans mon carnet plutôt que quelques bribes que je ne comprendrais plus le lendemain. Et si la nuit me faisait tout oublier... et bien je n'irais plus me coucher ;-) Non plus sérieusement, j'ai eu de la peine à suivre Charlie car j'ai trouvé qu'elle se comportait comme une "benêtte", d'où un degré de compassion proche de zéro à la lecture.   

De plus, le style de Vanessa Caffin m'a semblé sans relief et même parfois maladroit; par exemple: "Elle se perdit plusieurs fois dans les couloirs avant de retrouver sa chambre et dut demander l'aide d'une infirmière pour arriver à bon port." (p.36). Je ne sais pas vous, mais je trouve cet extrait, sans être catastrophique, mal construit. Les dialogues sont aussi un peu trop série B et l'ensemble passablement répétitif.   

Une rencontre ratée pour ma part, et c'est bien dommage, car il y a aussi de bons éléments dans ce roman, en particulier l'aspect manipulation qui est plutôt original et la fin convaincante et bien trouvée. A vous de tester!

Victime d’une agression, Charlie Longe se réveille à l’hôpital totalement amnésique. Non seulement elle a tout oublié de son passé, mais elle est incapable d’enregistrer de nouveaux souvenirs. Pour ne pas perdre le fil des événements, elle tient un journal. Sur la première page figurent quelques lignes pour le moins troublantes : « Je vais mourir. Retrouver mon mari, retrouver Adam », ainsi qu’un numéro de téléphone portable. Est-elle menacée ? Qu’est-il arrivé à Adam ? Pourquoi ne lui répond-on jamais lorsqu’elle appelle à ce numéro ? Déterminée à reconstruire le puzzle de sa vie, la jeune femme part en quête de la vérité, avec ses notes comme seule boussole ainsi que le badge d’une agence de publicité où elle semblait travailler avant son accident. Mais tout sonne faux et la voilà saisie d’une affolante paranoïa, d’autant plus que son entourage paraît s’acharner à brouiller les pistes. Charlie le sait, elle ne peut se fier à personne, ni même à sa mémoire…

Porté par une écriture efficace et des dialogues percutants, Souviens-toi de demain entraîne irrésistiblement le lecteur dans une descente aux enfers dont il ne ressortira pas indemne.
Un thriller psychologique palpitant, jusqu’au rebondissement final… machiavélique !


Journaliste et scénariste, Vanessa Caffin a publié en 2008 aux éditions Anne Carrière un premier roman très remarqué, J’aime pas l’amour, ou trop peut-être, suivi en 2010 de Mémoire vive aux éditions Belfond. Rossmore Avenue, paru chez le même éditeur, a été sélectionné pour être présenté au Festival du film de Berlin 2011. Créatrice et animatrice de Pitch Elevator, l’émission culte de yahoo.fr, elle termine l’écriture de son premier long-métrage.

Merci aux éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce livre. Je suis clairement du côté des schtroumpfs grognons pour ce roman et je vous invite donc à lire les avis bien plus positifs sur Babelio.

CAFFIN Vanessa, Souviens-toi de demain, ed. Calmann-Lévy, mars 2014, 240p.

jeudi 24 juillet 2014

Longlist du Booker Prize 2014

La Longlist du Man Booker Prize 2014 a été annoncée hier et cette sélection qui s'ouvre pour la première fois à tous les livres écrits en anglais (et pas seulement aux auteurs british et issus du Commonwealth) est plutôt alléchante. Les 13 romans retenus par le jury, présidé cette année par le philosophe Anthony Grayling, sont: 

To Rise Again at a Decent Hour de Joshua Ferris (USA): Paul O'Rourke est un dentiste réputé de New York en pleine crise de la quarantaine. Quand une page Twitter et Facebook apparaissent à son nom et relatent une vie bien plus excitante que la réalité, Paul commence à paniquer. Mais si Paul n'est pas l'auteur de cette vie virtuelle, qui peut bien être responsable? Une crise existentielle sur le mode de la comédie.

The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan (Australie): Depuis un camp de prisonniers de guerre japonais, durant la deuxième guerre mondiale, Dorrigo Evans raconte la folle passion qu'il a vécu deux ans plus tôt avec la femme de son oncle, tout en tentant de survivre et de maintenir le groupe d'hommes sous son commandement face à la maladie et aux privations extrêmes du camp.

We Are All Completely Beside Ourselves de Karen Joy Fowler (USA): Le récit tragico-comique de la jeune Rosemary, qui raconte comment sa soeur et son frère ont disparu de sa vie pour ne laisser que le silence d'une famille détruite.

The Blazing World de Siri Hustvedt (USA): Furieuse de ne pas être reconnue pour son art, Harriet Burden tente une expérience: elle créée une nouvelle exposition qu'elle fait passer pour le travail de trois artistes masculins. Racontés plusieurs années après la mort d'Harriet, les événements nous sont contés à travers le témoignage de son amant, de ses enfants et amis, ainsi que d'extraits de son journal ou d'articles publiés.
 
J de Howard Jacobson (UK): Dans un futur où les allusions au passé sont devenues taboues, mystérieuse et suspectes, deux jeunes gens tombent amoureux. Leur attraction est-elle un hasard, ou a-t-elle été planifiée?

The Wake de Paul Kingsnorth (UK): Suite à l'invasion normande de 1066, Buccmaster d'Hollande réunit un groupe de guerriers et se lance à l'assaut des envahisseurs. Un roman écrit avec un anglais moyenâgeux semi-inventé qui recrée la vie des Anglo-saxons du 11ème siècle.

The Bone Clocks de David Mitchell (UK): En 1984, l'adolescente en fuite Holly Sykes rencontre une étrange femme qui lui demande l'"asile". Il faudra plusieurs années à Holly pour comprendre que cette femme cherchait avant tout à se mettre à l'abri d'une guerre sans merci qui se joue aux frontièrex de notre monde. Un roman décrit comme un thriller métaphysique.

The Lives of Others de Neel Mukherjee (UK): Calcutta, 1967: Supratik disparait du foyer familial pour rejoindre le mouvement de rébellion Naxalite. Petit à petit, c'est toute la famille Ghoshes qui se désintègre, dans une société au bord de l'implosion, où les fractures entre les générations deviennent inévitables.

Us de David Nicholls (UK): Alors que son mariage part en morceau, Douglas Petersen voit dans les vacances d'été et leur grand tour des villes européennes une opportunité de reconquérir sa femme, Connie.

The Dog de Joseph O'Neill (Irlande): Brisé par une rupture, un avocat new-yorkais accepte l'offre d'un ami et part s'installer à Dubaï pour servir de gestionnaire de fortune d'une famille immensément riche. Une occasion en or qui va très vite se transformer en enfer. 

Orfeo de Richard Powers (USA): Suite à une descente de police, le compositeur septuagénaire, Peter Els, s'enfuit paniqué. Ses expériences en microbiologie sur la musique et l'homme ont attiré l'attention du gouvernement qui le considère comme un bioterroriste. Sentant le noeud se resserrer, Els échafaude un plan pour une dernière oeuvre magistrale et calamiteuse qui lui offrira l'audience phénoménale dont il a toujours rêvé. 

How to Be Both de Ali Smith (UK): Un roman qui saute d'époque en époque, en adoptant différentes formes et en ignorant les frontières entre réalité et fiction.

History of the Rain de Niall Williams (Irelande): Ruth Swain est grabataire. Pour occuper ses journées, elle tente de comprendre l'histoire de sa famille et de son père, un poète aujourd'hui disparu, en parcourant les 3958 livres que ce dernier lui a légué.
J Howard Jacobson (Jonathan Cape) 
Us, David Nicholls (Hodder & Stoughton)
The Dog, Joseph O'Neill (Fourth Estate)
Orfeo, Richard Powers (Atlantic Books)
How to be Both, Ali Smith (Hamish Hamilton)
- See more at: http://www.themanbookerprize.com/news/longlist-2014-announced#sthash.1pydQITJ.dpuf

Comparé aux années précédentes, on retrouve peu d'auteurs "ethniques" (mis à part l'auteur britannique, Neel Mukherjee née en Inde) dans cette sélection qui semble faire la part belle aux poids lourds des librairies... tout en ignorant Donna Tartt, une omission qui fait pas mal de bruit dans les médias.

Personnellement, je suis tentée par le Richard Flanagan. Je suis également très intriguée par The Wake et son vieil anglais mais j'ai peur de ne rien comprendre et je laisserai donc probablement Mr. Z jouer au cobaye (cas intéressant à suivre en cas de traduction...). Je ne suis pas sûre d'avoir vraiment compris l'intrigue de David Mitchell mais il pourrait a priori m'intéresser aussi... sauf que ses deux précédents romans trainent toujours dans ma PAL et j'essaierai donc d'être raisonnable. Pareil pour le Joseph O'Neill dont il me reste à lire Netherland et le Richard Powers, auteur que je n'ai encore jamais lu malgré les 2-3 titres présents dans ma PAL. En même temps, Orfeo a l'air franchement costaud et complètement barré (un vrai Lot 49), et je ne suis franchement pas sûre d'accrocher à ce délire musical. Même impression pour How to Be Both d'Ali Smith qui me semble plutôt obscure à ce stade. Enfin, History of the Rain de Niall Williams a l'air plutôt tentant mais j'ai lu un avis franchement mitigé le décrivant comme un roman complètement ampoulé de références littéraires... A voir donc!

Et vous, des envies?

La shortlist sera annoncée le 9 septembre, avant le choix final prévu pour le 14 octobre. Le favori des bookies est pour le moment The Lives of Others de Neel Mukherjee, talonné par David Mitchell et Ali Smith.

vendredi 18 juillet 2014

Ninive d'Henrietta Rose-Innes


Pour ceux qui aiment: J. M. Coetzee

Ninive est une ville de l'empire Assyrien antique. Aujourd'hui située près de Mossoul en Irak, elle était, jusqu'au VIème siècle avant J.-C., un important carrefour commercial, riche et parsemée de merveilleux palais, avant de s'effondrer sous les assauts des Babyloniens et des Mèdes (ou par punition divine selon l'Ancien Testament). Des inondations auraient également participé à la chute de sa massive muraille protectrice, conduisant à sa perte cette grandiose cité.

Le titre du premier roman traduit de l'auteur sud-africaine Henrietta Rose-Innes n'est ainsi pas complètement innocent. La Ninive moderne de son livre est une cité huppée, nouvellement construite dans la banlieue de Cape Town. Seulement voilà, une invasion de coléoptères a empêché jusqu'ici les nouveaux propriétaires de s'y installer. Le promoteur fait alors appel à Katya, de Painless Pests Relocation, une entreprise spécialisée dans la gestion des indésirables. L'occasion pour Katya d'une plongée étrange dans les racines et l'histoire de sa famille.

Comme une balade au fil de l'eau et du marais, j'ai suivi Katya à la découverte de Ninive et de sa nature cachée mais luxuriante. Il est difficile de décrire le thème central de ce roman, mélange entre un émerveillement pour le monde sous-terrain des insectes et autres nuisibles et belle réflexion sur l'héritage familial et la difficulté d'échapper à son influence aussi lourd soit-il. Katya est un personnage attachant, parfois impulsive, parfois contemplative; parfois grognon, d'autres fois drôle ou sensible. Elle est de plus entourée d'une brochette de personnages tout aussi originale et bien croquée, dont un père, Len, auquel elle a tenté d'échapper et qui refait pourtant surface dans les eaux boueuses de Ninive.

Ninive est un roman à l'intrigue simple mais étonnante, qui berce son lecteur tout en abordant des thèmes durs tels que la pauvreté des townships sud-africains, les inégalités frappantes de ce pays, ou la violence familiale. Je peine à vous expliquer pourquoi, mais c'est un roman qui m'a beaucoup plu et touchée.

Un roman sur l'amour filial au-delà des conflits et désaccords qui touche le lecteur sans le violenter.

L'univers de Ninive est aussi prenant, original, tragique que drôle. Ces qualités, l'héroïne du roman en hérite: Katya, la trentaine, vit au Cap dans une maison qui se fissure. Avec son entreprise de dératisation-désinsectisation, elle n'éradique pas, elle délocalise. Chenilles, geckos, pigeons, serpents, tous elle les déplace. Dans un monde chaotique, elle veut maintenir un ordre «humain» et «alternatif» et y trouver une place, elle dont les racines sont si peu profondes.

La nature dans ce roman n'est pas seulement belle et puissante, elle est bien souvent révélatrice des démons intérieurs des personnages, de ceux de Katya en particulier. Le regard que Katya porte sur elle-même, sur sa famille et sur le monde est lucide, insolite, captivant. Et tendre, malgré la violence.

Ce premier roman traduit en français d'Henrietta Rose-Innes, au ton aussi impertinent qu'empathique, confirme la réputation de cette Sud-Africaine comme l'une des jeunes voix les plus remarquables de la littérature très riche et vivante de son pays. Elle a figuré deux fois parmi les finalistes du
Caine Prize qu'elle a remporté en 2008.

Je remercie Babelio et les éditions Zoé pour la découverte de ce beau roman. Je suis maintenant très déçue d'avoir loupé l'auteur au Salon du Livre de Genève... Petit espoir pour le Livre sur les quais en septembre...

tous les livres sur Babelio.com

ROSE-INNES Henrietta, Ninive, ed. Zoé, avril 2014, 320p., traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Elisabeth Gilles
ROSE-INNES Henrietta, Nineveh, ed. Random House, août 2011, 207p.

samedi 12 juillet 2014

Of Wolves and Men de Barry Lopez

Pour ceux qui aiment: le fameux et "infâme" canis lupus

Publié en 1978, Of Wolves and Men est un classique de la littérature non-scientifique sur la faune sauvage. Barry Lopez fut en effet l'un des premiers auteurs à tenter de réellement comprendre le loup pour en dresser un portrait fidèle et dépourvu des fantasmes et idées reçues liées à cette espèce. Pour toute personne s'intéressant de près ou de loin au loup, Of Wolves and Men est donc une lecture presque obligatoire. Il s'avère que bien qu'ayant travaillé sur le sujet pour mon mémoire, j'avais jusqu'ici zappé cette lecture: trop d'articles scientifiques à lire, pas assez de temps et le mémoire terminé, un certain ras-le-bol du sujet. Puis un petit séjour sur les traces du loup en Slovaquie cet hiver m'a donné envie d'enfin attaquer ce classique qui trainait sur mes étagères depuis des mois.

Pour Of Wolves and Men, Barry Lopez a rassemblé les connaissances acquises sur le loup jusqu'aux années 70, mêlant à la fois biologie, histoire, sociologie et considérations plus culturelles. Le premier chapitre se concentre ainsi principalement sur des données biologiques et comportementales. La deuxième partie passe en revue les aspects plus culturels du loup et sa relation avec les populations amérindiennes. La troisième partie dénonce le massacre dont le loup a été victime, et plus particulièrement la politique d'annihilation totale conduite aux Etats-Unis jusqu'à la première moitié du 20ème siècle. Enfin, le dernier chapitre s'attelle à la représentation du loup dans la littérature et dans l'histoire.

Je pensais vraiment être passionnée par cette lecture et je dois vous avouer en ressortir un peu déçue. Je pense qu'après avoir tant lu sur le sujet ces trois dernières années, je sature probablement un peu. Autre conséquence: le premier chapitre plus scientifique m'a paru un peu dépassé, les connaissances sur le loup s'étant largement étoffées ces dernières années. Par exemple, Wolves de David Mech et Luigi Boitani offre un bien meilleur et complet tableau de l'espèce sans être beaucoup plus indigeste à la lecture.

J'ai également trouvé les chapitres plus "sociologiques" vraiment ennuyeux. J'avoue un petit désintérêt pour les cultures amérindiennes et leur mythologie. J'ai même trouvé les comparaisons entre l'organisation et la dynamique d'une meute avec celles des peuples indiens assez déplacées et inintéressantes, voire trop anthropomorphistes. Pareil pour le chapitre 4 sur l'image du loup dans l'intellectuel collectif que j'ai trouvé trop brouillon. À nouveau, sur le sujet, Marco Musiani, Luigi Boitani et Paul Paquet s'en sortent à mon avis mieux dans A new era for wolves and people.

Alors évidemment, ces livres cités bien plus récents ont bénéficié de la voie ouverte par Barry Lopez et n'existeraient peut-être pas aujourd'hui sans la publication en 1978 de Of Wolves and Men. Mais un lecteur qui aurait lu ces ouvrages ne pourra, je pense, pas s'empêcher de trouver au livre de Lopez un certain côté daté. D'autant plus qu'avec la réintroduction du loup aux Etats-Unis et leur réapparition en Europe de l'ouest à partir des années 90, la situation décrite par Barry Lopez a bien évolué. Il reste cependant intéressant de constater que les mentalités et les reproches faits au loup restent quant à eux très similaires et d'actualité. 

Malgré ces points négatifs, Of Wolves and Men reste une lecture que je recommande, parce qu'elle montre bien à quel point notre vision des animaux sauvages, de leur place dans notre société et leur étude ont été révolutionnées ces dernières années. La troisième partie du livre sur la chasse absurde qui a bien failli mener à la disparition de l'espèce du continent américain est également aussi passionnante qu'effrayante. Il est au final assez incroyable que l'auteur, dans la postface de cette nouvelle édition, puisse se réjouir du regain très fort de l'espèce après avoir concédé une défaite presque totale il y a 35 ans:

"It seems to me that somewhere in our history we should have attempted to answer to ourselves for all this. As I have tried to make clear, the motive for wiping out wolves (as opposed to controlling them) proceeded from misunderstanding, from illusion of what constituted sport, from strident attachment to private property, from ignorance and irrational hatred. But the scope, the casual irresponsibility, and the cruelty of wolf killing is something else. I do not think it comes from some base, atavistic urge, though that may be a part of it. I think it is that we simply do not understand our place in the universe and have not the courage to admit it." p.196


Un classique de la littérature sur le loup un peu daté, mais un excellent repère pour mesurer l'évolution de nos mentalités, sur la nature et la place que nous souhaitons y occuper.


"The wolf exerts a powerful influence on the human imagination. It takes your stare and turns it back on you."

In this astonishing portrait, Barry Lopez draws upon an impressive range of natural history, scientific fieldwork, and traditional folklore - along with his own personal experience living among captive and free-ranging wolves - to reveal the curious, controversial nature of Canis lupus. Originally published in 1978, and now with a new afterword by the author, Of Wolves and Men is classic wildlife literature at its best

Barry Lopez is the bestselling author of Arctic Dreams, Crow and Weasel, About This Life, Light Action in the Caribbean, Field Notes, and other works. He is a recipient of the National Book Award, the Award in Literature from the American Academy of Arts and Letters, the John Burroughs and John Hay medals, and other honors.

LOPEZ Barry, Of Wolves and Men, ed. Scribner, 2004, 323p.