lundi 9 mars 2009

Torturez l'artiste! de Joey Goebel

Pour ceux qui aiment: T-C Boyle
Torturez l’artiste ! est basé sur une idée totalement immorale. Nouvelle Renaissance, une académie qui cherche à améliorer la culture et le divertissement américain, décide de torturer, ou plutôt de tourmenter ses jeunes élèves pour en faire des « artistes maudits », et donc, du même coup, prolifiques et inspirés. L’histoire raconte donc la vie de Vincent, un jeune prodige, et de son manager Harlan, qui va commettre des actes horribles pour maintenir Vincent dans un état de tristesse profonde, propice à l’écriture.

L’idée de ce livre m’a tout de suite attirée et au final, j’ai apprécié cette lecture, drôle, légère et facile à lire. Cependant, ce livre est également une critique très acerbe du milieu du divertissement et des émissions idiotes et abêtissantes qu’il produit. Un milieu que l’auteur connaît d’ailleurs bien, vu qu’il a lui-même été chanteur dans des groupes punk, puis critique musical.
Le style de Goebel pourrait cependant poser problème à certains. Il est très proche du langage parlé et de nombreuses références, qui s’exportent assez mal, à des marques, émissions et chanteurs américains jalonnent le récit. J’ai remarqué cependant que c’est assez fréquent dans les romans américains contemporains et les lecteurs de T-C Boyle retrouveront plusieurs caractéristiques de cet auteur.

Un livre sympa donc, mais qui me donne envie de me plonger dans un bon classique au style parfait…. un Zola pourquoi pas.

Les Etats-Unis sont en mal de chefs-d’oeuvre. L’influent Lipowitz fonde une société destinée à repérer au berceau des génies propres à régénérer l’art américain. Le principe est simple : l’activité artistique s’étant toujours nourrie de la souffrance, à chaque prodige en herbe est attribué un manager chargé de transformer sa vie en cauchemar.
Harlan, jeune musicien et critique à la dérive, chaperonne le petit Vincent que la vie a doté de talents exceptionnels, d’une mère nymphomane et fauchée, d’un physique ingrat et d’une affreuse fratrie. Harlan veille à enrichir ce terrain prometteur en multipliant les interventions traumatisantes.
Dans la tradition du
Monde selon Garp, avec un humour décapant, Joey Goebel épingle l’industrie du divertissement. Une critique au vitriol de l’Amérique d’aujourd’hui.

Torturez l'artiste!, Joey GOEBEL, ed. Héloise d'Ormesson, 2007, 365pp
Torture the artist, Joey GOEBEL, ed. MacAdam/Cage, 2004, 250pp

2 commentaires:

  1. Je l'ai adoré celui-là, je l'avais même offert à un swap ! C'est une ode à la manipulation ce bouquin.

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  2. C'est sûr. Je trouve presque même inquiétant que l'auteur ait eu l'idée de ce livre...lol

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