vendredi 12 juin 2009

Une "petite victoire" en souvenir de Ken Saro-Wiwa


Juste un petit message aujourd'hui pour vous relayer mon sentiment partagé sur l'annonce, en début de semaine, de l'abandon des poursuites contre Shell par la famille de l'écrivain Ken Saro-Wiwa et d'autres activistes nigériens, en échange de 15,5 millions de dollars.

Pour petit rappel, l'écrivain nigérien, Ken Saro-Wiwa, à la tête du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP), avait été arrêté par les autorités nigériennes, puis pendu en 1995, avec 8 autres activistes, à la suite d'un procès dénoncé par de nombreux gouvernements et défenseurs des droits de l'homme. Ken Saro-Wiwa s'était attiré les foudres du gouvernement nigérien en organisant des manifestations et des actes de sabotage contre Shell, poussant cette compagnie à cesser ses activités au Nigéria. Le MOSOP reprochait à Shell son impact désastreux sur l'environnment de la région, mais demandait également une meilleure répartition des profits du pétrole avec la population et dénonçait la corruption du gouvernement militaire de Sani Abacha.

Les familles des victimes soupçonnent Shell d'avoir été impliqué dans la mort de l'écrivain et des autres membres du MOSOP et d'avoir financé les violents groupes armés du gouvernement nigérien, chargés de protéger les installations pétrolières. Shell a donc décidé de payer ces 15,5 millions de dollars pour s'éviter un procès et des révélations embarrassantes pour la firme anglo-néerlandaise.

Je suis contente pour les familles et pour les ONGs qui vont bénéficier de cette manne de 15,5 millions. Cependant, qu'est-ce que 15,5 millions pour une firme comme Shell? J'aurais aimé de vraies explications, mais Shell a décrit le versement de cette somme comme "un geste humanitaire" et a déclaré "ne rien avoir à se reprocher dans la mort de Ken Saro-Wiwa". Un dénouement donc en demi-teinte à mon avis.

En attendant, cet événement m'a rappelé que le livre de Ken Saro-Wiwa, Sozaboy, sur les enfants soldats au Nigéria durant la Guerre de Biafra, traîne dans ma PAL depuis bien trop longtemps. Un livre à lire donc, en souvenir de ce grand écrivain africain et défenseur des droits de l'homme qui déclarait "the writer cannot be a mere storyteller, he cannot be a mere teacher, he cannot merely X-ray society's waeaknesses, its ills, its perils. He or she must be actively involved in shaping its present and its future." De nobles convictions qui nous ont malheureusement privés bien trop tôt de cet auteur.

5 commentaires:

  1. Ce qui est arrivé à Ken Saro-Wiva me bouleverse et m'indigne profondément profondément. J'avais entendu parler de ce procès, mais je ne me souvenais pas (ou ne savais pas), qu'il avait été condamné à mort! Merci pour ce billet, qui évoque son souvenir...

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  2. Je ne connaissais pas du tout cet évènement. J'aurai appris quelque chose en venant sur ton blog.

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  3. Sozaboy : un livre fort ! Merci pour ce petit rappel...

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  4. Pfiouf, merci pour ce moment culturel qui me fait réaliser que je n'ai pas encore élargi mon horizon de lecture assez loin!;)

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  5. @Hermione: je suis également indignée et à l'époque, je ne pouvais pas croire que le gouvernement nigérien allait éxecuter un auteur reconnu malgré des protestations dans le monde entier. Comme quoi, le pouvoir de la communauté internationale est encore bien limité.
    @Naina: c'est une événement vieux de presque 15 ans. Les gens ont tendance à vite oublier malheureusement.
    @Alex: oui, il faut absolument que je le lise
    @A girl from earth: je crois que l'horizon de lecture est infini, donc il y a du boulot pour tout connaitre...

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