Diane Arbus de Violaine Binet

Violaine Binet dresse, dans ce livre, le portrait de la photographe américaine Diane Arbus. Née dans une famille aisée de Manhattan, surprotégée durant toute son enfance, Diane Arbus n’aura de cesse de photographier les « freaks », les rebus de notre société. Ses portraits, reflets sans fard de l’humanité, sont devenus des icônes de l’Amérique des années 60 et leur auteur un mythe.

Violaine Binet passe en revu la vie de l’artiste : son enfance aisée, son mariage passionné avec Allan Arbus, ses débuts de photographe dans leur studio de mode, son évolution jusqu’à la photographie d’art, jusqu’à la fin de sa vie et son suicide en 1971. J’ai trouvé intéressant que l’auteure ne se focalise pas uniquement sur la période artistique de Diane Arbus, mais tente de donner au lecteur une vue plus générale, un réel parcours de vie, qui permet d’appréhender les motivations et la personnalité de Diane Arbus.

Cependant, il manque à Diane Arbus un réel souffle qui ferait revivre la photographe. Le fond Diane Arbus est géré par sa fille Doon, et l’accès aux sources primaires est très contrôlé. Violaine Binet n’a pu consulter les lettres et autres documents de ce fond, et s’appuie donc sur quelques interviews faits en 2006, notamment avec son mari, Allan Arbus et sa soeur, Renee Nemerov Brown, mais principalement sur des ouvrages déjà publiés, en particulier Diane Arbus, an Aperture Monograph, Revelations : Diane Arbus ou encore l’ouvrage de Patricia Bosworth. N’ayant pas lu ces ouvrages, je ne peux réellement juger de l’apport du livre de Violaine Binet, mais à plusieurs reprises, j’ai ressenti que l’auteure recourrait à des interprétations subjectives en raison de son manque d’informations primaires. En particulier, la fin de vie de Diane Arbus m'a semblé totalement fantasmée.

Ce manque d’informations s’exprime également dans les diverses transgressions que l’auteure fait sur la vie d’autres personnages entourant Diane Arbus. Si la découverte du milieu des débuts de la photographie d’art est sans aucun doute intéressante, ces éléments semblent parfois servir à combler « les vides » laissés par le manque de sources primaires.

Concernant la forme, le style est sans prétention et facile à lire. Toutefois, j’ai trouvé irritant l’emploi de mots anglais, tels que "breakfast", "teenager" ou encore "date" (pour rendez-vous) qui ne se justifie pas. Enfin, même si Violaine Binet ne se focalise pas sur l’analyse des œuvres de Diane Arbus, j’aurais apprécié que cet ouvrage soit accompagné de quelques photographies, ces dernières étant souvent dépeintes par l'auteure sans que l'on sache, finalement, à quoi elles ressemblent.

En conclusion, un ouvrage qui m'a permis de mieux découvrir cette photographe, mais qui n'apporte, vraisemblablement, que peu d'éléments inédits.

A Londres, en janvier 2006, l'exposition consacrée à la photographe Diane Arbus s'achève en triomphe. La presse entière acclame ce travail longtemps jugé dérangeant, voire " pervers ", comme le disait Susan Sontag. Les collectionneurs s'arrachent les tirages à prix d'or. Quelqu'un manquerait-il à la fête ? Diane Arbus n'est plus là. En juillet 1971, à l'âge de 48 ans, un jour de moite chaleur new-yorkaise, un ami la trouve les veines tranchées dans sa baignoire. Diane Arbus, née Nemerov sur Central Park West, petite fille gâtée de la grande bourgeoisie juive américaine, puis mère de famille se levant à 5 heures du matin pour courir les cirques ou les asiles psychiatriques, est une exploratrice du Barnum américain. Passée par la photographie de mode, travaillant pour Condé Nast, Harper's Bazaar ou Vanity Fair, elle s'émancipe vite, se brûle au contact des damnés de la ville. C'est l'une des premières, sinon la seule avec Lisette Model, à saisir les ombres errantes de Manhattan : elle flashe au vif avaleurs de sabre, femmes à peau de serpent, nudistes militants, aliénés hilares, géants, jumelles sibyllines au regard de glace, photographiés dans des hôtels miteux ou des recoins hors la loi de Central Park. " Je suis née tout en haut de l'échelle et, toute ma vie, j'en ai dégringolé aussi vite que j'ai pu ", disait-elle. Dans cette biographie riche d'éléments inédits, portrait de femme fragile, Violaine Binet revisite l'une des grandes artistes de la photographie du vingtième siècle. Violaine Binet a été rédactrice en chef adjointe à Vogue pendant treize ans. Diane Arbus est son premier livre


Livre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2010/catégorie document

BINET Violaine, Diane Arbus, ed. Grasset et Fasquelle, septembre 2009, 280p.




Pour un très bel aperçu du travail de Diane Arbus, vous pouvez consulter cet album online. Cliquez ici!


Commentaires

  1. Une grande photographe trop peu connue....

    RépondreSupprimer
  2. @Alex: Ses portraits sont vraiment marquants. Je connaissais un peu son travail mais pas vraiment sa vie. J'ai donc beaucoup appris sur Diane Arbus grâce à ce livre mais je pense que pour les connaisseurs, il contient peu de nouvelles informations.

    RépondreSupprimer
  3. Je l'ai eu en mains et j'ai hésité. Ton avis ne me le fait pas regretter !

    RépondreSupprimer
  4. @Theoma: En feuilletant un peu en librairie, je pense que le livre de Patricia Bosworth ou Revelations sont plus complets. Maintenant, si tu es intéressée par le sujet, je te l'envoie volontiers.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante

Blog-anniversaire: 8 ans déjà!

Petites envies de la rentrée littéraire 2016