vendredi 11 février 2011

Oeil-de-chat de Margaret Atwood


Elaine Risley revient dans la ville de son enfance, Toronto, pour assister au vernissage d'une rétrospective consacrée à ses peintures. Ce voyage va raviver de nombreux souvenirs, des amitiés cruelles de l'enfance à sa vie d'adulte en tant que mère et artiste. Ces quelques jours vont permettre à Elaine de faire le point sur sa vie et de comprendre la personne qu'elle est devenue.

Mon résumé est court car je peine encore à comprendre quel est vraiment le but du livre. Une Vie!!! Ca peut être simple ou compliqué, mais c'est bien là le sujet d'Oeil-de-chat. Margaret Atwood nous raconte les souvenirs d'Elaine Risley, née peu avant le début de la deuxième guerre mondiale dans une famille peu conventionnelle qui parcourt le nord du Canada à la suite d'un père biologiste. De retour à Toronto, Elaine va subir la cruauté si particulière des enfants, puis l'émancipation du collège et de l'université, les premiers amours, la maternité et une vie d'artiste réussie. Un parcours certes intéressant mais cela valait-il 674 pages??? Je n'en suis pas si sûre!

J'ai peiné pendant toute la première partie de livre sur l'enfance d'Elaine. Sa passivité face aux pressions de ses "amies" m'a franchement énervée et j'avais envie de lui mettre quelques claques, histoire de la faire réagir. Ayant toujours été plutôt forte tête, je n'ai juste pas du tout réussi à m'identifier à ce personnage mou, apeuré et sans volonté aucune. Heureusement, j'ai mieux accroché à la deuxième partie sur l'adolescence et la vie d'adulte d'Elaine, dans laquelle le personnage prend un peu plus d'ampleur. Elaine reste cependant, pour moi, un personnage sans grand intérêt et plutôt fade. Heureusement, j'ai aimé plusieurs personnages secondaires, comme le père d'Elaine, biologiste visionnaire, sa mère excentrique, son frère Stephen (dont la fin arrive un peu comme un cheveu sur la soupe), Josef, Jon et bien d'autres. C'est étrange, en fait, que tous ces personnages paraissent plus forts et plus nets que les personnages centraux que sont Elaine et Cordelia. Une vraie erreur de casting selon moi.

Oeil-de-chat reste un livre bien écrit. La première partie est peut-être un peu ampoulée par trop de métaphores curieuses, par exemple:

"Autour de moi flotte l'odeur de l'encre d'imprimerie et d'encaustique, l'odeur des tiroirs de commode de mes bas rugueux mélangés à celle des genoux noircis, l'âcre senteur du lainage écossais et l'odeur de litière de chat des petites culottes de coton." p.94

Mr. Z qui a lu The Blind Assassin il y a quelques semaines a d'ailleurs noté cette même profusion de métaphores, pas toujours des plus utiles. De manière générale, j'ai toutefois apprécié l'écriture de Margaret Atwood et je relirai certainement un autre de ses romans, probablement Le Tueur aveugle ou La Servante écarlate, qui ont l'air d'avoir plus à un grand nombre d'entre vous.

Un livre à l'intrigue plutôt plate et sans grand intérêt. C'est d'autant plus dommage que les personnages secondaires avaient un réel potentiel et que l'auteur aborde plusieurs sujets intéressants, tels que la dégradation de l'environnement, les interprétations farfelues des oeuvres artistiques, le féminisme, le terrorisme et bien d'autres, avant de les laisser filer sans les développer pour revenir à un personnage sans relief. Encore une fois, dommage!

Un oeil-de-chat, l'une de ces billes multicolores au moyen desquelles on peut regarder le monde qui nous entoure comme à travers un kaléidoscope... C'est sous ce prisme éclaté qu'Elaine Risley, femme peintre et la narratrice de ce livre, s'interroge sur elle-même, se penche sur son passé. Qu'est-ce qui a fait sa vie? Telle est la question fondamentale à laquelle elle va tenter de répondre en retournant sur les lieux de son enfance, dans sa ville de Toronto. Ses rencontres, ses amours - avec des filles comme avec des garçons -, voilà les pierres blanches de l'existence d'Elaine. Dans un jeu virtuose entre passé et présent, la grande romancière canadienne, auteur de chefs-d'oeuvre universellement admirés comme la Servante écarlate, Captive, Le Tueur aveugle - pour n'en citer que trois - trace l'admirable portrait d'une femme de bonne volonté qui s'est débattue avec ténacité dans ce monde plein de bruit et de fureur qui est la nôtre.

P.S. Je n'ai noté aucunes relations avec des filles de mon côté...


Je remercie Blog-O-Book pour l'envoi, ainsi que les éditions Robert Laffont que je profite de féliciter pour leur collection pavillons poche au format et la mise en page très agréables.

Oeil-de-chat est ma première lecture pour le Challenge Petit BAC d'Enna, catégorie "animal".


ATWOOD Margaret, Oeil-de-chat, ed. Robert Laffont, coll. Pavillons poche, janvier 2011, 674p., traduit de l'anglais (Canada) par Hélène Filion.

ATWOOD Margaret, Cat's eye, ed. O.W. Toad Limited, 1988.

20 commentaires:

  1. Suite à mon coup de coeur pour "La servante écarlate", j'ai sollicité ce titre. Je devrais le commencer bientôt mais je prends note de tes réserves ;)

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  2. Je sens la grosse déception ! Je me souviens avoir aimé Le tueur aveugle, mais c'est un roman plus récent et manifestement plus abouti. Je note le lien plus précis dans mon article !

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  3. Le tueur aveugle, excellent souvenir... Ainsi que pas mal d'autres, alors bonne pioche à toi!

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  4. La servante écarlate m'attend !

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  5. J'ai l'impression que les livres de cette auteure sont assez inégaux. J'avais adoré aussi La servante écarlate dont plusieurs personnes parlent ici, et noté d'autres titres chaleureusement recommandés (celui dont tu parles ne me dis rien), mais j'ai souvent entendu des avis mitigés, voire peu enthousiastes, sur d'autres de ses romans.

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  6. Les différents billets sur ce roman n'arrivent pas me convaincre de le lire ..

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  7. Eh bien, moi, j'ai ressenti beaucoup de difficulté à lire Le tueur aveugle, de l'ennui et tout comme ton homme l'impression de lourdeurs dans l'histoire. Et au final, tout ça pour ça. Je n'ai donc jamais eu envie de relire l'auteure, bien que les louanges lues ça et là me disent que j'ai peut-être tort. Ton avis quant à lui me font croire que certains lecteurs sont hermétiques à son style.

    Rien à voir mais que penses-tu de mi mai pour une LC de millénium ?
    Et j'ai acheté Les femmes ;-)

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  8. Ce n'est donc pas très tentant tout ça... j'ai deux livres de Atwood dans ma pile... je vais donc tenter de lire ceux-là...

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  9. Je l'ai dans ma PAL car j'aime beaucoup cette auteure en général ! Le tueur aveugle est quand même loin d'être mon favori ... je préfère nettement La servante écarlate ou Le dernier homme ou Alias Grace.

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  10. @Cynthia: Je suis curieuse de lire ton avis, surtout si tu as adoré "La servante écarlate". Soit ses livres sont un peu inégaux, soit je suis hermétique à son style...

    @Anne: Pas une grosse déception vu que j'ai trouvé le tout plutôt bien écrit mais déception quand même. J'ai entendu tant de bien de cette auteure que je m'attendais presque à un coup de coeur, mais j'ai vraiment trouvé l'intrigue trop plate. Et merci pour le lien ;-)

    @Keisha: Sûrement une mauvaise pioche pour ce roman. Mais je n'abandonne pas cette auteure. Elle aborde déjà ici le thème de l'écologie qui est, je crois, au centre de plusieurs de ses romans. Je sens qu'on va pouvoir trouver un terrain d'entente...

    @Clara: Ca sera peut-être le prochain pour moi aussi vu les très bons commentaires à son sujet...

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  11. @A girl from earth: Le Tueur aveugle a reçu le Booker Prize en 2000. Je crois en effet que son oeuvre est un peu inégale. Oeil-de-chat date de 1988 et je crois que ses romans les plus récents avec des thèmes un peu futuristes ou écolos pourraient me plaire d'avantage. Mais je note également La servante écarlate qui a plus l'air d'être dans ce style.

    @Aifelle: Les avis sur la blogo sont un peu mitigés en effet, mais j'ai lu beaucoup d'avis sur les blogs anglophones et sur amaz*n UK plus qu'enthousiastes, présentant même ce livre comme le meilleur de l'auteure...

    @Manu: C'est plus ou moins l'avis de Mr.Z. Il a trouvé le style un peu lourd, l'intrigue bien faite mais un peu prévisible et il aurait bien coupé une centaine de pages inutiles... Je tenterai sûrement à mon tour et on verra bien.
    Pour Millenium, mi-mai ça me parait faisable. Une date en particulier? Le 16 mai?
    Et pour Les femmes, je dois encore aller l'acheter. Tu n'es pas trop pressée?

    @Karine:): Lesquels as-tu dans ta PAL?

    @Joelle: Je note Le dernier homme ou Alias Grace que je ne connais pas du tout. On a apparemment pas pris l'auteure par le bon bout Mr.Z et moi ;-)

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  12. Eh bien décidément ! Je viens de chez Moustafette qui a rhabillé pour l'hiver un livre des éditions Robert Laffont chroniqué pour Babelio... Dur !

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  13. J'ai lu (assez vite) ton billet, je l'ai reçu par BOB aussi et j'espère être plus enthousiasmée que toi car 600 et quelques pages ainsi ce n'est pas très emballant ^^

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  14. Zarline et Karine, oui on dirait que ça rame un peu chez R Laffont en ce moment côté contenu, on comprend pourquoi ils soignent leurs couvertures !

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  15. @La Ruelle bleue: En même temps, Oeil-de-chat est une réedition (je crois que la première traduction française date de 1991) de l'un des principaux auteurs de la collection Pavillons. Je ne me fais pas trop de souci pour Robert Laffont, je trouve que leur catalogue est plutôt bon.

    @Sabbio: Les 600 pages se lisent relativement bien, il ne faut juste pas s'attendre à de grands rebondissements. Peut-être qu'ayant entendu parler des autres livres de cette auteure, j'attendais trop un retournement de situation qui n'est pas venu...

    @Moustafette: Il y a du bon et du moins bon, comme chez tous les éditeurs. Ce n'est pas ma maison d'édition préférée, mais j'y trouve quand même mon bonheur assez souvent et effectivement, les couvertures et la présentation sont toujours très soignées. J'espère qu'on fera une meilleure pioche la prochaine fois...

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  16. La couv' est sympa mais pour le reste, notamment le nombre de page et le manque de relief, je fuis !

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  17. Ai lu il y a quelques années un de ces romans et j'avais détesté et m'étais ennuyée avec de longues et lourdes descriptions (genre 4 pages pour décrire une tapisserie !) Je m'étais promis de refaire une tentative, mais ce ne sera pas avec celui-ci !

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  18. @Géraldine: Ce n'est pas une catastrophe non plus mais je crois que d'autres livres de Margaret Atwood sont plus recommandables (par contre pour le nombre de pages, les pavés ont l'air d'être plus ou moins la norme).

    @Eléa: 4 pages pour la tapisserie, pas mal ;-) Moins de descriptions ici mais un manque d'intérêt certain. Je crois que la Servante écarlate pourrait nous réconcilier toutes les deux avec l'auteure...

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  19. Lu récemment et je n'ai pas été convaincue non plus...

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  20. @Brize: Rien de catastrophique mais rien de vraiment passionnant non plus. Je tenterai peut-être un autre livre de cet auteur un jour... As-tu fait un billet?

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