Toutes ces vies qu'on abandonne de Virginie OLLAGNIER


NOTE : 4/10
Pour ceux qui aiment
: Un mélange de romanesque, de guerre, de religieux, de psychiatrie, etc.

Je commence directement pas vous dire que ce livre m’a déçue. J’avais lu plusieurs billets assez positifs notamment chez Antigone, Clarabel ou Line. Je m’étais faite une idée de l’histoire, que je voyais comme une analyse romancée du traumatisme des soldats revenus de la Grande Guerre. Au final, le livre de Virginie Ollagnier, c’est un peu ça, mais c'est aussi beaucoup (trop) d’autres choses.
Toutes ces vies qu’on abandonne raconte le parcours de Claire, une jeune novice, qui travaille en tant qu’infirmière dans un asile accueillant les soldats revenus du front. Intriguée par un soldat inconnu, prostré dans une sorte de mutisme, Claire essaie de le « ramener à la vie » par des massages. On suit donc en parallèle la vie de Claire et les réminiscences du soldat inconnu provoquées par les massages de la novice.
La relation entre l’infirmière et le malade inconnu m’a fait beaucoup, même trop, pensé au Patient Anglais de Michael Ondaatje. J’ai cependant apprécié les liens faits entre les parties du corps massées et les souvenirs provoqués. Malheureusement, j’ai trouvé que ces réminiscences sur l’enfance ou la relation adultère du soldat inconnu n’apportaient pas grand chose au roman. J’aurais trouvé plus pertinent de se concentrer sur des souvenirs de guerre. Les interrogations de Claire sur son engagement en tant que nonne et le côté religieux du livre m’ont également gênée. Un dernier aspect très irritant à mon goût est le choix des noms des personnages. On retrouve un Jacquet et un Janet, une Claude et une Claire, un Paul et DEUX Pierre. N’y a-t-il pas assez de prénoms dans la langue française ???

En conclusion, j’ai trouvé l’idée de suivre la thérapie d’un soldat au début de la psychiatrie intéressante mais le livre laisse l’impression que la psychiatrie n’a été qu’un prétexte pour un livre un peu « fourre-tout ». Le contexte de cette fin d’année 1918 et le traumatisme des soldats auraient pu être mieux exploités et les personnages plus développés. Telle quelle, l’histoire de Toutes ces vies qu’on abandonne ne présente pas vraiment d’intérêt et laisse une impression de copie inachevée.

En 1918, l’armistice est signé, mais les trains continuent de ramener du front des hommes meurtris. L’un d’eux, soldat anonyme au visage émacié, semble ne pas vouloir se réveiller. Est-ce l’étrange beauté de ce corps muet qui éveille les sentiments de Claire ? Ou sa détermination à soulager les souffrances ? De confessions timides en aveux fervents, la jeune infirmière et l’inconnu se découvrent…
Virginie Ollagnier, née à Lyon en 1970, est formatrice en communication écrite et en ergonomie, et scénariste de la bande dessinée Kia Ora. Toutes ces vies qu’on abandonne est son premier roman.
OLLAGNIER Virginie, Toutes ces vies qu’on abandonne, ed. Points (Liana Levi), 2007, 264pp

Commentaires

  1. Les seules parties vrraiment intérantes du livre sont celles écrites en italique et racontant le resenti du soldat.

    RépondreSupprimer
  2. @Yv: Oui, mais un peu plus de souvenirs guerre auraient été intéressants à mon avis. Tu n'as pas vraiment aimé?

    RépondreSupprimer
  3. C'est le contraire pour moi ... J'ai beaucoup aimé même si je suis restée sur ma faim au dénouement !

    RépondreSupprimer
  4. @Le coin littéraire: J'ai trouvé l'ensemble un peu plat. J'ai adoré Le Patient Anglais qui traite aussi de la relation patient infirmière mais j'ai trouvé ce dernier beaucoup plus réussi et le livre de Ollagnier a souffert de cette comparaison.

    RépondreSupprimer
  5. Le patient anglais, je ne l'ai pas lu mais je vais le mettre tout de suite sur ma liste :)
    Peut être qu'après l'avoir lu je penserai la même chose !

    RépondreSupprimer
  6. @Le coin littéraire: J'espère que cette lecture te plaira. Le film avec Juliette Binoche et Ralph Fienes est très bien aussi.

    RépondreSupprimer
  7. Cela doit être dur pour l'auteur de voir cet article. Ce n'est jamais plaisant de voir qu'on ne satisfait pas aux lecteurs. Personnellement, je n'ai pas encore lu le livre. Mais j'aime bien les thématiques qu'il traite. Donc, je ne peux pas donner mon avis juste en me basant sur cela.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est clair que mon billet est assez dur et que ça ne doit pas être agréable pour l'auteur. En même temps, quelques années après lecture, il ne me reste presque rien de cette histoire donc je suppose que ces mots durs reflètent au final bien mon ressenti.
      Après, il s'agit toujours d'un avis personnel et si les thématiques te tentent, n'hésite pas!

      Supprimer
  8. Je n'ai pas encore lu le livre, mais personnellement, je n'aime pas avoir les avis des autres avant d'en lire un. Sinon, il est fort possible d'être déçu comme vous l'avez été.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les avis de lecteurs peuvent souvent donner envie et j'espère pour ma part de pas vous avoir découragée de découvrir celui-ci, qui sait, il pourrait vous plaire. Bonne lecture!

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante

Blog-anniversaire: 8 ans déjà!

Vie et oeuvre de Constantin Erod de Julien Donadille